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 Thème du 15 janvier au 15 février 2012

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Quelle nouvelle préférez-vous parmi les quatre participations ci-dessous ? [Attention : choix multiple]
Le repas de l'An, par Tristann
10%
 10% [ 2 ]
La Mesure de la Surprise, par Eléa
33%
 33% [ 7 ]
Pensées de Maximilian Muerte, par Tomus
10%
 10% [ 2 ]
Les petites contributions, par Pohore
47%
 47% [ 10 ]
Total des votes : 21
 

AuteurMessage
Capitaine
Admin Fondateur


Messages : 88

MessageSujet: Thème du 15 janvier au 15 février 2012   Dim 15 Jan - 14:47




Thème du 15/01/12 au 15/02/12




Bonjour à tous !

Suite à l'engouement de quelques membres, je lance avec enthousiasme le nouveau thème du mois de janvier-février.

En cette chaleur torride, on aurait bien envie d'une pièce bondée dans laquelle se mêler à quelques convives autour d'un énorme repas (oui oui, faut que je me justifie pour amener le thème en douceur =D). C'est pourquoi vous entrez dans la salle d'un banquet et vous retrouvez devant une foule de mets fastueux. Conversations houleuses et délices des sens, décrivez. Le style et la musicalité de votre texte devront exprimer l'enchantement surpris de votre personnage et les sentiments que son environnement proche lui procurent. Pas de restriction de taille pour ce thème.

Vous pouvez participer à partir d'aujourd'hui, jusqu'au 15 février.
Ce concours est comme d'habitude optionnel. Vous pourrez cependant voter pour le texte que vous préférez, que vous fassiez partie des concourants ou non, et que vous soyez inscrit ou non, à partir de la fermeture des candidatures.

Bonne chance à vous !





Dernière édition par Capitaine le Mar 21 Fév - 12:45, édité 4 fois
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Tristann
Barman


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MessageSujet: Ma Nouvelle Casino   Sam 21 Jan - 16:18

Le repas de l'An

J'avais reçu l'invitation à ce banquet depuis maintenant un mois. Je comptais ne pas y aller, mon état de santé se dégradant. Mais, pris d'une soudaine envie irrésistible de raffinement et de luxe, je décidais d'y aller. Clef au moteur, mains sur le volant, je démarrais mon Audi TT, et me rendis vers le Manoir Bellefaste, où avait lieu le banquet. La route était longue jusque là-bas, et, m’ennuyant considérablement au volant, j'allumais l'auto-radio pour écouter, comme à chaque fois que je roule, les musiques du jeu "Grand Fantasia". Elles sont si poétiques et fantastiques...

Mais je m'égare... Quand je suis arrivé au Château, je pus observer que je n'étais point le premier arrivé. Dans la cour trônaient déjà deux Mercedes-Benz : une dorée, avec intérieur cuir blanc et diamants, l'autre argentée, intérieur cuir noir et boiseries. Moi qui voulait du luxe, j'étais servi. Un majordome ouvrit la porte de ma voiture, me permettant ainsi de sortir facilement. Il prit la voiture et alla la garer. L'aide qu'il m'apporta pour monter les escaliers jusqu'à la salle m’enjoua d'autant plus. Quand ce jeune homme ouvrit la porte devant moi, je fus ébloui.

J'ignore combien avait coûté la rénovation de la pièce, mais, vis à vis de la dernière fois où je suis venu, on pouvait dire que la salle était correctement décorée : murs en boiseries, avec de fines décorations dorées. Le sol, en parquet chevron, formait de fines flèches pointant le centre de la pièce. Ce salon était empli de beau monde : je reconnu le maire, le préfet et quelques autre hommes et femmes importants de la région. Un orchestre symphonique sur l'estrade jouait du Bach.

Quelques tableaux de maîtres embellissaient merveilleusement la pièce, et au centre de celle-ci, s'affichait une fontaine d'intérieur, entourée par un somptueux banquet. Ce dernier, composé de quatre tables, remplissait tout mes voeux : la première des tables contenait l'apéritif. Quelques flûtes de champagne et des amuses-gueules. Toasts avec saumon fumé, langoustes, moules et huîtres, caviar et autres fruits de mer s'étalaient gracieusement sur la table des entrées. En guise de plat principal, quelques magrets de canard au miel et des cuisses de poulets de Bresse rôtis s'affrontaient sur la nappe bleue mer. Enfin, en dessert, je pus observer une magnifique bûche de Noël. Séparée en trois parties, elle semblait exquise : la première semblait être aux agrumes, la seconde à la poire, et la tierce au chocolat. Il me semblât tout de même d'un mauvais goût de servir une bûche de Noël pour le Nouvel An. Je pris une des flûtes de champagne, et me dirigeais vers un coin tranquille de la salle.

Tandis que je dégustait tranquillement ce champagne du splendide cépage de Riveros, et d'un excellent millésime, l'hôte de ce réveillon me rejoignit. Charles-Hubert de Bellefaste me tendit la main :
"- Bonjour, Nicolas. Comment te portes-tu ces derniers temps ?
- Fort bien, comme tu le vois... Vous avez refait la décoration du grenier à ce que je vois...
- En effet. Cela te plait-il ? Je suis désolé pour toi, mais l'espace au rez-de-chaussée est insuffisant pour y installer un tel salon.
- Ce n'est pas grave. Votre majordome m'a aidé à monter. Combien cela vous a t'il coûté ?
- Énormément cher. Je n'ai pas le montant exact en tête, mais, rien qu'en regardant autour de soi, on le devine facilement.
- C'est ce que l'on peux appelle du luxe, cela. Je vais goûter au banquet. Je reviens dans un instant !

J'aurais pour lui dire n'importe quelle excuse pour échapper à ses fanfaronnades. On voyait facilement que le parquet et les boiseries murales étaient en contre-plaqué, les dorures en plaqué or et l'orchestre jouait faux. J'imaginais déjà la qualité du repas qui m'attendait.

Tout à coup, la musique d'ambiance s'arrêta, et mon "très cher" ami monta sur l'estrade. Après un discours aussi ennuyeux que lamentable, il commença le décompte du nouvel an. 10...9...8...7...6...5...4...3...2...1... Joyeuse année à tous ! Sauf à moi. Personne n'est venu me la fêter. Même pas l'hôte de la fête. Je dirigea mon fauteuil roulant vers la sortie, et le majordome Jérôme m'aida à descendre. A peine remonté dans ma voiture, je me mis à rouler, sans musique, et en sanglotant. Comme chaque année...

[Relu et corrigé par Tildu]


Dernière édition par Tristann le Mar 24 Jan - 11:29, édité 2 fois
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Eléa
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MessageSujet: Re: Thème du 15 janvier au 15 février 2012   Sam 21 Jan - 17:51

La Mesure de la Surprise.


Assise sur l’herbe, dans le parc avoisinant son lycée, Léna lisait tranquillement sa revue, arrivée le matin même. Le soleil était à son Zénith, et le Sandwich à moitié grignoté accompagné d’une bouteille d’eau semblait indiquer l’heure de la pause déjeuné. Pourtant, ce pique-nique de fortune semblait avoir un intérêt bien moindre, comparé au magazine de papier glacé que la rouquine dévorait. On pourrait presque croire que cela la nourrissait plus, si seulement l’esprit pouvait contenter un estomac avide et à vide. Ayant fini son article, elle leva un instant les yeux vers la balançoire, apercevant un petit animal qui se faufilait derrière l’aire de jeu. Ce n’était pas tant de voir un lémurien se balader en pleine ville qui la surprit, ni même le fait que celui-ci était d’un rose incarnadin peut-être même pas que ce petit animal courait en chantant une chanson qui pouvait ressembler. Ce qui retint assez son attention pour ne pas la faire retomber dans sa lecture fut le fait qu’il portait sur son dos une passoire. Cette vision assez casuelle la fit bondir sur ses pieds, les yeux interrogateurs. Laissant là son repas et sa revue qui semblèrent tout d’un coup sans intérêt aucun, elle suivit le petit lémurien, qui disparut dans un buisson.

Léna arriva juste à temps pour le voir s’engouffrer dans l’entrebâillement d’une porte rouge, et à peine avait-elle sauté dans l’embrasure que celle-ci se claqua derrière elle. Surprise, elle se retourna dans un premier temps, mais ne chercha pas à la rouvrir. Au fond d’un couloir rouge et blanc, le Lémurien courait toujours, comme s’il n’avait rien remarqué. Décidée à aller au bout de sa curiosité, Léna le poursuivit, arrivant devant une autre porte, cette fois déjà close. Une porte qui avait tout de rassurant, puisqu’elle était faite en mousse si légère qu’on aurait envie de se jeter dessus et de s’endormir, sans même se coucher. Il y avait une serrure, et Léna regarda dedans, pour se rassurer avant d’entrer dans ce lieu qu’elle ne connaissait pas. En calant son œil, elle sursauta. Un autre œil l’observait de l’autre côté de la porte, de grande pupilles topaze qui la regardait en clignant des paupières. Surprise, la jeune fille se recula d’un bond, regardant la porte d’un air maintenant interrogateur. La créature ouvrit la porte. C’était un homme aux cheveux bleus, avec comme chapeau une Pastèque coupée en deux et une moustache rose qui tournoyait sur ses joues. Un grand sourire jovial ne suffit pas à contrer l’étonnement de la jeune fille. Mais elle ne pouvait ressentir de la peur, l’ambiance qui semblait se dégager de cet étrange personnage et de la pièce derrière lui émanait bien trop de chaleur pour en être effrayante. Avec un simple « Bienvenue, Mademoiselle », il se courba en avant et la laissa rentrer. Une grenouille sur son épaule poussa un petit rire, la fixant d’un œil globuleux.

Sa présence ne semblait donc déranger personne, et Léna pénétra donc à l’intérieur de la pièce. L’étonnement ne s’arrêta pas. Attablé devant une gigantesque pastèque coupée en deux, qui servait de table, les invités étaient assis sur des petits amas de mousse multicolores, qui semblaient aussi confortable qu’un petit chaton. Même si Léna ne s’était jamais assise sur un petit chaton. Le Lémurien était au fond de la salle, et lavait des fraises dans un lavabo bleu ciel, à l’aide de sa salière. Une femme corpulente, au tablier blanc et au chapeau haut de forme, les pieds enfoncés dans des Ananas, le sermonnait en le traitant d’inconscient, de tête en l’air et de retard ataire. Ses cheveux aussi verts que les yeux de Léna voletaient au-dessus de sa tête comme un nuage de feuillage. Un guépard, dressé sur ses deux pattes, vint à la rencontre de Léna, l’invitant à rejoindre leur table. Un Lapin à l’air hautain, les yeux cerclés par de grosses lunettes de soleil, s’allongeait lascivement sur son bout de mousse, grignotant une espèce de légume rose fuchsia, qui semblait un peu trop vivant pour plaire à la rouquine. Elle salua un petit séraphin aux joues rondes, qui dévorait avec un appétit plaisant un bout de viande. Une auréole en forme de 33 tour noir pendait au-dessus de sa tête, et il était habillé d’une robe faite de tongs violettes. Ce dernier discutait avec un être semblant tout droit sorti d’un film d’animation, un petit oiseau en pâte à modeler, dont les ailes frétillaient au rythme de la conversation.

S’asseyant sur un coussin de mousse, Léna poussa un petit cri en s’enfonçant délicieusement à l’intérieur. Comme si elle était posée sur un socle de crème fouetté, mais qui ne tachait pas les vêtements. Levant les yeux vers la table, ses yeux s’écarquillèrent. Amas délicieux de nourriture, bonheur visuel et jouissance olfactive. On aurait dit qu’un fumet précieux se dégageait de ses plats magnifiquement présentés, comme une douce mélodie nasale qui enchantait la jeune fille. Avec un petit rire mesquin, elle pensa à son pauvre sandwich qui l’attendait en haut, et sa bouteille d’eau à moitié vide. Tous les verres étaient remplis de liquide plus colorés qu’un arc en ciel, et les plats regorgeaient de mets étranges et appétissants. Fébrile, elle avança sa main vers l’assiette la plus proche, hésitant un instant entre ce qui semblait être une crème rose et un gâteau blanc et rouge. Mais à l’instant où sa main se posa finalement sur la gâteau, tous ses compagnons de fortune se mirent debout, leur tête tournant en sifflant comme une cocotte. D’abord effrayée, elle se boucha les oreilles, une sonnerie retentissant jusqu’au plus profond de son âme. Se levant, elle se prit les pieds dans son siège et tomba en arrière. Étonnamment, sa chute ne cessa pas au contact du sol, elle le traversa et tomba dans les ténèbres. Respirant un grand coup, elle ouvrit les yeux et redressa le buste.

La jeune fille était allongée dans le parc, et la sonnerie de son lycée résonnait au loin, comme un retour brusque à la réalité. Regardant tristement son sandwich qu’elle n’aurait donc même pas le temps de terminer, elle rassembla ses affaires et se dirigea vers le portail.





Dernière édition par Eléa le Dim 22 Jan - 18:59, édité 1 fois
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Tomus
Invité



MessageSujet: Re: Thème du 15 janvier au 15 février 2012   Sam 21 Jan - 20:54

Pensées de Maximilian Muerte
-Fouarf !-
...
Où suis-je ? Encore une de ces satanées téléportations à l'improviste, dont le mage de pacotille, qui me sert de professeur, s'amuse à faire ! Je le déteste. Je jure que je lui ferais la peau quand le charme prendra fin ! ... Quoi ? Qu'est-ce ces bruits bizzares qui se dégagent de derrière cette porte ? Et quelle est cette pièce plongée dans le noir ? Bon aller je vais ouvrir, parceque je n'ai pas l'intention d'attendre ici  éternellement.
...
Wouah ! Quel choc ! Mais pourquoi ce vieux fou m'as t'il envoyé vers un banquet ? La table est énorme ! Il y a au bas mot cinquante personnes assisent autour ! Les lumières colorés qui ornent les murs aux teintes jaunes-ocres sont assez belles à vrai dire. Leurs nuances bleues contrastent bien avec le reste. Surtout que ... Mais, il vont se taire eux deux ? Qui a fait le plan de table ?! On dirait deux clochards soûls en plein milieu de la nuit ! ... Ben tient ! Ils parlent de vin et de femmes, comme je pouvais m'en douter. D'ailleurs les deux femmes assisent à coté ont l'air d'etre dérangées par leurs beuglements.
...
Oh mais que vois-je ? Quel est cette magnifique créature ? Je vais m'approcher.
...
Oh non elle est mariée ! Et celui qui est assis en face doit etre son mari. Il la regarde avec tant de tendresse... Ca me rapelle quand ...
Non, il ne faut pas que j'pense à ça !
...
Tient les deux papys assis à coté d'eux ont l'air d'avoir une discussion passionnée.
...
Ah ! En effet, la guerre déchaine des passsions !
...
...
Mon dieu ! Quel est ce parfum !
Toutes ces conversations m'on fait faire abstraction de mon nez ! Hummm... Des odeurs de viande cuite au four par ici, les fumets du pain chaud par là.
...
Mon dieu ! Je n'avais pas remarqué tous ces plats ! Il y a sur la table autant de nourriture que je n'en verrais en un mois !
...
Quelle belle nape !
...
Biensure elle est tachée près des deux clochards. Je sens que je vais aller leur dire deux mots à ceux là !
...
-Fouarf !-
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Invité
Invité



MessageSujet: Re: Thème du 15 janvier au 15 février 2012   Sam 28 Jan - 9:32

Les petites contributions


« -C’est bien ici pour le banquet ?
-Oui madame.
-J’étais en train de déménager lorsque j’ai reçu cette invitation. Seulement, il faudra revoir le système de distribution du courrier car je l’ai reçu avec six mois de retard.
-D’accord madame.
-Je peux quand même entrer ?
-Oui madame, ici le banquet dure toute l’année. Il faut cependant être déguisé.
-Je le suis.
-En quoi s’il vous plait ?
-Et bien en femme !
-Oh ! D’accord ma…monsieur. Entrez je vous en prie. »

L’homme déguisé en femme s’en va faire la fête. A l’intérieur de la grande salle, un orchestre se met à jouer. C’est de la musique dansante. Du folk alternatif ou de l’électro-jazz expérimental. Le son exotique des ukulélés retentit tandis qu’il s’avance dans le brouhaha des discussions, la forte lumière des plafonniers et la délicate odeur de la bonne nourriture.

La pièce est gigantesque, il n’en voit pas le fond. Au loin cependant, au travers d’une épaisse brume pailletée, il aperçoit la table de banquet autour de laquelle est rassemblé une grande partie des convives. L’orchestre est tout à droite, sur une estrade en rondin de bambou. Un grand type aux cheveux rouges et pointus se met à chanter :

« Mon petit cochon est bien maigrichon
Tout fatigué et tout pâlichon
Il a perdu son gros bidon
Dommage je voulais en faire du jambon »

L’homme déguisé en femme se met à marcher dans la direction du festin. Il traverse la masse d’invités bigarrées et colorées. Il en reconnait certain. Cerise est déguisée en cerise. Jean en jambon. Anne, elle c’est en banane. Et amandine en amande. Il y a Xavier, habillé en clown et qui murmure tout bas : « Je ne suis pas fou. Si je l’étais je m’en rendrais compte non ? » Il passe devant Christophe, méconnaissable sous son costume de gorille, qui mange une ratatouille en s’en mettant partout et dit : « Certain dirons que j’ai un cœur de pierre, d’autre que j’ai des nerfs d’acier, mais peut importe la matière dont je suis fait, je trouve cette ratatouille excellente. » Soudain Nicolas, dans un costume de kangourou sur ressort lui passe par dessus en discutant avec Gabrielle, travestit en ressort sur kangourou. L’homme déguisé en femme entend dire : « La littérature est l’art par l’échec. Tu écris, tu relis, tu trouves ça mauvais, tu barres, tu recommences. Et pour ne pas faire les mêmes erreurs, tu lis tes ratures. » Il croise aussi cette tête de mule de François qui comme d’habitude parle tout haut : « Un imbécile ma traité de tête de mule. C’est absurde. Je ne ressemble pas à une mule. »

Un peu sonné, l’homme déguisé en femme arrive enfin devant l’immense table en chêne. L’odeur et la diversité de ce qu’il se trouve dessus le stupéfie. Des centaines de plats raffinés et multicolores sont entassés dessus, avec pour chacun, une petite étiquette en bristol indiquant son nom.

Des plats qu’il n’aurait jamais cru voir en vrai un jour. Crotale en croute, amandin au daim, blanquette de mourut à l’aye-aye confit, veuve-noire à la nage, aiguillette d’anguille au citron confit, fouine farci aux champignons, gaspacho d’intérieur de veau, cigare croustillant à la nicotine, aspic de tétrodon et hamster, clafouti d’hérisson, marquise aux glaçons de banquise, bonbon mauvais, filet d’agouti dégoutant, chèvre froids aux cerises acidulées, coquille Saint-Jacques et sa julienne de vers de terres, bouchée au springbok, île flottante au coulant de pieuvre, galette des reines au cacao de Cuba.

Et tant d’autre qu’il ne connait pas. Blanc-manger aux rats musqués, asperge à l’avocat et aux œufs de fennec, carré aux rectangles est aux triangles isocèles, marmite de mite et sa pile de vêtements troués, brochette de brochet, navarin de groin de porc, fetuccinni à l’italien, foie maigre de canard, gerbille déguisée en gerboise, champignon farci à la fouine, moelleux aux porc- épics, chipirons façon chameau basquais, coupe d’artichaut froid, pavé du petit manifestant, paella marine à l’espadon.

Les noms tournent et se mélangent dans sa tête. Boa au rhum, huit huitres chaudes au cidre, granité au red bull sablé aux testicules de taureau, gratin de haddock et pomme de terre au tintin, pigeonneaux de pigeon, sabayon au bœuf musqué, entremet au saucisson, bar au porc en papillote, chocolat frappé à la chèvre.

Il est écœuré, à envie de vomir. Brioches de biche et oranges caramélisés, médaillons de platine et téton d’échalote, barquette à la moufette et aux giroles, salade d’obus à la roquette, mille-feuilles de mille-pattes, pain retrouvé, manchons de manchots sur salade aux truffes, nems de poulet en pastilla, miroir au reflet de narcissique boutonneux, marinière de truite à l’anus, noisette d’écureuil aux cerises, carpaccio de chauve-souris au diamant noir, riz jaune et sa petite blague ratée, pâté de mouton sans pâte.

Trop d’apparat, trop de faste et trop de volupté. Cochon avec sa petite pomme dans la bouche et sa grosse carotte dans le cul, ailes de pécari à la purée d’herbe, patte de lapin à la bolognaise, pétoncles de pédoncules de roses, puits de science, Simon mariné aux rivesaltes, savarin aux insectes exotique, queue d’étalon en rut, escalope de salope, pressé de pommes de terre en retard, pilaf au sourcil épilé à la provençal, strudel au que sa quo, paupiette collées à la conjonctivite, soupe de poison, nage d’alpaga au safran, sabayon au bœuf musqué, trio de fenouil et d’orange, truffes de hot dog.

Il n’aurait pas du venir. Risotto de riz gluant au blobfish gélatineux, terrine de zibelines et courgettes, sushis et sa ribambelle de problèmes, tartare de chiots bâtards, velours de morse lourd et velu, amour de lucane cerf-volant, tarte de ricotta aux framboises, praire farcies à l’herbe de prairie, tournedos de boudeur, assiette lesbienne, aumônière de chou à la chouette et lentilles, petit soufflé aux poumons de fumeurs, soles et sa sauce à la dorémifa, suprême de poularde, œuf et son embryon surprise.

Et les bavardages irritants et enfiévrés des convives tout autour. Et le vacarme de l’orchestre derrière. Et la lumière crue des plafonniers. Tout cela rend la tête de l’homme déguisé en femme toute rouge. Il craque. Ses yeux sortent de leur orbites, ses cheveux se dressent sur sa tête, son front se strie de veines bleu. Sa bouche se fend en un rictus affreux et il hurle. Il donne des coups de pieds et des coups de poing dans le vide et tente d’exécuter un salto avant. Il retombe sur la tête et se fait mal au dos. Les convives autour de lui le regardent avec mépris.

L’homme déguisé en femme se relève avec difficulté et traverse à nouveau la masse grouillante et bruyante, puis passe devant l’orchestre. A l’entrée le majordome l’empêche de sortir en lui barrant la route de son corps massif et épais.

« -Vous partez ?
-Oui. Je n’aurais pas du venir. Je n’avais pas vraiment faim. Et puis tout ce monde, tout ce bruit, tous ces plats. J’ai été submergé.
-Vous êtes venue avec six mois de retard sur l’invitation.
-Non c’est l’invitation qui est venue avec six mois de retard.
-Peut importe. Vous êtes venu en retard.
-Vous avez dit que cela ne posait pas de problème. Vous n’allez pas me faire payer tout de même ?
-Non mais je vais vous demander une petite contribution.
-Une contribution ? Quel genre de contribution ?
-Pour un plat. Tous les invités en retard donnent une petite contribution pour un plat.
-Je n’aurais pas du venir.
-Oui madame.
-Je suis un homme.
-D’accord monsieur.
-J’aurais du finir de déménager. J’aménage au pont supérieur. Quand j’étais au pont inférieur je recevais les ordures balancées par les passagers du pont supérieur. Je ne sais pas pourquoi je vous raconte ça. Vous êtes un salaud.
-Oui madame. Vous ne partirez pas sans avoir donné votre petite contribution.
-Prenez ma perruque. Vous arriverez bien à la faire passer pour de la choucroute.
-Merci monsieur, bonne fin de soirée.
-A vous aussi. »

L’homme qui n’est plus déguisé en femme traverse quelque coursive et revient à l’air libre. Sur le pont il s’accoude à la rambarde et regarde la mer. Dans la salle de banquet il avait presque oublié qu’il était sur un bateau. Si seulement cette lettre n’était jamais arrivée. Peut être qu’ils avaient fait exprès de la lui envoyer en retard. Pour l’obliger à donner sa petite contribution. Peut être que tout les plats de ce foutu banquet étaient tous des petites contributions.

L’homme qui n’est plus déguisé en femme soupire. La mer est belle la nuit. Avec la lune qui se reflète dedans, le doux bercement des vagues. Le silence. Le calme.
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MessageSujet: Re: Thème du 15 janvier au 15 février 2012   Mer 15 Fév - 13:22

J'ai le plaisir de vous annoncer
que les participations sont arrêtées
>> et les votes OUVERTS jusqu'au 15 mars <<

BONNE CHANCE A TOUS !!!
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Capitaine
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MessageSujet: Re: Thème du 15 janvier au 15 février 2012   Dim 4 Mar - 13:39

Voici les grand gagnants ! Merci à tous d'avoir participé !

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MessageSujet: Re: Thème du 15 janvier au 15 février 2012   Aujourd'hui à 21:57

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Thème du 15 janvier au 15 février 2012
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