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 L'Atelier de Septembre-Octobre : Décrire pour englober

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MessageSujet: L'Atelier de Septembre-Octobre : Décrire pour englober   Dim 14 Sep - 17:20



DÉCRIRE POUR ENGLOBER

Il faut que je vous parle d'un truc.

Je ne sais pas vous, mais quand j'étais plus jeune, si y a un truc que j'avais du mal à digérer, c'était les looongues descriptions qui coupaient le rythme du roman trépidant que j'étais en train de dévorer, et dont je devais ingurgiter des paragraphes entiers avant de pouvoir connaître la suite des aventures des personnages.

Le pire, c'est quand on m'a collé mon premier Balzac dans les mains : une nouvelle imbitable et indigeste, qui m'a fait pendant longtemps mépriser cette "littérature classique" tant encensée par les enseignants du secondaire.

Quelques années plus tard, je redécouvrais le réalisme, et plus précisément, le naturalisme, à travers les ouvrages d’Émile Zola.

Et puis on m'a expliqué le délire de ces maîtres de la description : les réalistes avaient la folie furieuse de l'exactitude ; il s'agissait de restituer le réel. Tout le réel. Non pas en le suggérant par de simples allusions, non. En l'englobant. Par une description méthodique, d'une exhaustivité quasi-scientifique : il fallait tout faire rentrer entre les pages de ces bouquins.

Un petit exemple, peut-être ?
Zola, dans “Au Bonheur des Dames”, a écrit:
Tout le linge de la femme, les dessous blancs qui se cachent, s'étalait dans une suite de salles, classé en divers rayons. Les corsets et les tournures occupaient un comptoir, les corsets cousus, les corsets à taille longue, les corsets cuirasses, surtout les corsets de soie blanche, éventaillés de couleur, dont on avait fait ce jour-là un étalage spécial, une armée de mannequins sans tête et sans jambes, n'alignant que des torses, des gorges de poupée aplaties sous la soie, d'une lubricité troublante d'infirme ; et, près de là, sur d'autres bâtons, les tournures de crin et de brillanté prolongeaient ces manches à balai en croupes énormes et tendues, dont le profil prenait une inconvenance caricaturale. Mais, ensuite, le déshabillé galant commençait, un déshabillé qui jonchait les vastes pièces, comme si un groupe de jolies filles s'étaient dévêtues de rayon en rayon, jusqu'au satin nu de leur peau. Ici, les articles de lingerie fine, les manchettes et les cravates blanches, les fichus et les cols blancs, une variété infinie de fanfreluches légères, une mousse blanche qui s'échappait des cartons et montait en neige. Là, les camisoles, les petits corsages, les robes du matin, les peignoirs, de la toile, du nansouk, des dentelles, de longs vêtements blancs, libres et minces, où l'on sentait l'étirement des matinées paresseuses, au lendemain des soirs de tendresse. Et les dessous apparaissaient, tombaient un à un ; les jupons blancs de toutes les longueurs, le jupon qui bride les genoux et le jupon à traîne dont la balayeuse couvre le sol, une mer montante de jupons, dans laquelle les jambes se noyaient ; les pantalons en percale, en toile, en piqué, les larges pantalons blancs où danseraient les reins d'un homme ; les chemises enfin, boutonnées au cou pour la nuit, découvrant la poitrine le jour, ne tenant plus que par d'étroites épaulettes, en simple calicot, en toile d'Irlande, en batiste, le dernier voile blanc qui glissait de la gorge, le long des hanches. C'était, aux trousseaux, le déballage indiscret, la femme retournée et vue par le bas, depuis la petite-bourgeoise aux toiles unies, jusqu'à la dame riche blottie dans les dentelles, une alcôve publiquement ouverte, dont le luxe caché, les plissés, les broderies, les valenciennes, devenait comme une dépravation sensuelle, à mesure qu'il débordait davantage en fantaisies coûteuses. La femme se rhabillait, le flot blanc de cette tombée de linge rentrait dans le mystère frissonnant des jupes, la chemise raidie par les doigts de la couturière, le pantalon froid et gardant les plis du carton, toute cette percale et toute cette batiste mortes, éparses sur les comptoirs, jetées, empilées, allaient se faire vivantes de la vie de la chair, odorantes et chaudes de l'odeur de l'amour, une nuée blanche devenue sacrée, baignée de nuit, et dont le moindre envolement, l'éclair rose du genou aperçu au fond des blancheurs, ravageait le monde. Puis, il y avait encore une salle, les layettes, où le blanc voluptueux de la femme aboutissait au blanc candide de l'enfant : une innocence, une joie, l'amante qui se réveille mère, des brassières en piqué pelucheux, des béguins en flanelle, des chemises et des bonnets grands comme des joujoux, et des robes de baptême, et des pelisses de cachemire, le duvet blanc de la naissance, pareil à une pluie fine de plumes blanches.

Cette façon de faire des réalistes a été longuement critiquée, notamment par les auteurs du Nouveau Roman. Quelle naïveté que de vouloir restituer la diversité et l'infinité des détails du réel par les mots ! Les mots ne sont pas, et ne seront jamais, la réalité. Leur pouvoir est limité.

Même en gardant cette critique en tête, nous pouvons tenter, surtout pour l'exercice de style, de nous mettre dans la peau d'un auteur réaliste ou naturaliste, et nous essayer à une description la plus exhaustive qui soit.



Et maintenant, place aux travaux pratiques !


Si vous êtes prêts, décrivez le plus minutieusement possible ce que vous voyez devant vous (certainement votre bureau).

Attention : pour ne rien oublier, il faut organiser la description.
• Préparez donc dans votre tête une structure pour votre texte : le regard peut par exemple se déplacer de gauche à droite, de bas en haut, commencer par un détail pour finir dans une vision plus globale...
• N'hésitez pas à rajouter des énumérations, qui permettent de ranger les objets dans des catégories virtuelles.

Soignez votre style !
• N'oubliez pas d'éviter le plus possible les lourdeurs.
• Vous pouvez, comme le fait Zola, vous concentrer sur un trait particulier des éléments décrits (chez Zola, la couleur et la matière des étoffes).

À vos pinceaux.

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Loulounette
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MessageSujet: Re: L'Atelier de Septembre-Octobre : Décrire pour englober   Mar 16 Sep - 20:45

Dans cette chambre, rien ne semblait dépasser. Les tee-shirts, les pulls, les pantalons, les culottes, les chaussettes, les robes, tout était aligné sur des portants, soigneusement rangé sur des cintres. Les livres, rangés par ordre alphabétique pour les plus récents, ordre de préférence ou encore de taille pour les plus anciens, occupaient une majeure partie de la pièce. Sur le bureau, les cahiers avaient été positionnés perpendiculairement aux coins, allant du plus petit au plus grand, et les rares stylos se tenaient tous bien droits dans le pot à crayons. Le mur était le seul élément permettant d'affirmer que cette chambre était bien habitée à plein temps, et les photos savamment disposées réchauffaient l'ambiance. Les rideaux, d'aspect rugueux, s'accordaient parfaitement aux teintes de la chambre, en harmonie avec les draps et la frise murale. Mais malgré le rangement excessif, on pouvait deviner un goût avenant pour la musique, comme le prouvaient le pupitre et la flûte, remisés dans un coin, et la lecture. Seuls objets n'étant pas 'classés', l'ordinateur et le roman, sans doute en cours de lecture, dénotaient dans cette ensemble trop parfait, digne de la couverture d'un magazine de décoration d'intérieur. S'il arrivait parfois que l'on ne fasse pas son lit le matin, elle s'empressait de remettre chaque pli à sa place dès son retour.

Bon, il fallait bien que quelqu'un commence. Au début je pensais décrire méthodiquement ma chambre, mais c'est vite devenu trop long donc j'ai raccourci! S'il le faut je reprendrai... Je suis ouverte à tous les avis et les critiques sont bienvenues pas trop mauvaises hein.

Autre chose, qui n'a aucun rapport ('fin un peu quand même), que penseriez-vous de créer un atelier (ou autre chose) qui décrirait la vie sur un bateau, les soirées etc. ? Je trouvais que ce serait sympa, et que ça tombait bien dans le cadre de LE... Breeef je sais c'était pas trop l'endroit....
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Artimeus
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MessageSujet: Re: L'Atelier de Septembre-Octobre : Décrire pour englober   Ven 19 Sep - 23:26

( voilà, peut être pas assez minutieux, pas assez précis mais on fait ce qu'on peut)

Il y avait les montagnes de désordre qui se dressaient effrontément sur mon bureau, sculptées par le temps et la précipitation, creusées par les avalanches, tassées par le rangement. Leur ossature n’était pas de basalte mais de graphite lové au coeur des crayons, de pierre ponce qui donne corps aux gommes, d’acier aiguisé des ciseaux. On y trouvait, pêle-mêle, carte de bus, taille-crayon, enchevêtré en vrac, câble USB, équerre, en imbroglio chaotique compas et chargeur de portable.

Et il y avait les montagnes. Les vraies, géants millénaires, immensités immortelles qui se dressaient devant moi sans pourtant parvenir à briser la mince pellicule de verre qui nous séparait.

Il y avait les arbres policés et rectangulaires qui donnaient forme à mon bureau. De leur vie passée ne subsitait que le parcours sinueux de nervures fragiles. En les suivant du doigt on se laissait surprendre par la brutalité du néant rectiligne que l’homme y avait imprimé.

Et il y avait les arbres, qui, dehors, dévalaient les montagnes comme une armée silencieuse. Rien ni personne ne pouvait les arrêter. Pourtant, tout entier dressés vers leurs cimes, ignorant les bassesses du béton qui m’emmurait, ils n’entendaient pas mes appels au secours.

Il y avait les feuilles, vierges, quadrillées, couvertes de gribouillis insignifiants, déchirées, couvertes d’autres gribouillis sans plus de sens, roulées en boule et jetées dans un coin. Il y avait les feuilles administratives, les formulaires épais, terrifiants, les feuilles de route et les feuilles de dessins fantaisistes, les feuilles à jeter et celles qu’ils fallaient rendre pour demain.

Et il y avait les feuilles, effrontément vertes et pimpantes qui se laissaient porter par le vent sans avoir à se soucier, elles, du temps qui passe et de celui qui ne passe pas. Les feuilles qui se laissaient bercer par la brise, loin, très loin de la rigidité implacable d’un bureau.

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Anaël
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MessageSujet: Re: L'Atelier de Septembre-Octobre : Décrire pour englober   Sam 20 Sep - 22:07

C'est beau :').

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Julie
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MessageSujet: Re: L'Atelier de Septembre-Octobre : Décrire pour englober   Dim 21 Sep - 11:05

Waou, les deux textes sont très différents et très beaux tous les deux.
Loulounette, j'ai adoré ta façon d'organiser la description de la chambre, j'ai eu l'impression que tu la rangeais sous mes yeux au fur et à mesure que tu écrivais c'est fou. Seul détail bizarre, le "elle" à la fin qui surgit, alors qu'avant tu ne définissais aucun personnage et tu parlais en "on". Je trouve que ça surprend, mais c'est juste mon avis. Enfin bref c'est superbe, je suis bluffée.
Artimeus ton texte m'a bluffée aussi, il sonnait tellement bien que je me suis mise à lire à voix haute. Tu ne t'es pas contenté de décrire platement, tu as rajouté une dimension poétique et métaphorique très bienvenue qui fait s'échapper du cadre de la simple représentation minutieuse tout en élaborant un classement assez déroutant. Ce que j'aime beaucoup aussi c'est qu'en dressant ce parallèle entre le bureau et l'extérieur, tu traces un pont imaginaire qui est sans cesse rompu par la vitre ou le béton qui se trouvent au milieu ; ça m'a donné une légère sensation de claustrophobie.


Autour de la table ronde en bois, usée par le temps et marquée de zébrures involontaires, quatre chaises, placées de manière irrégulière, montaient la garde dans une longue veille monotone. Vu d'en haut, ce plan de travail circulaire pouvait se diviser en quarts inégaux. Sur le premier quart reposait un épais bottin rectangulaire recouvert d'un tissu opaque, qui servait autrefois de rehausseur aux enfants maintenant grands. A droite du vieil annuaire inutile était posée, en suspens, une lampe de bureau à l'abat-jour longiligne et aux formes tremblantes dont le câble, débranché, avait été enroulé autour du cou. Toujours dans le sens des aiguilles d'une montre, le troisième quart de la table disparaissait sous un amas de sacs vides et inutilisés, qui avaient échoué et gisaient là depuis des années. Par-dessus cet empilement approximatif, une grande mallette, éventrée, ouvrait sa gueule béante dans un dégoulinement figé. Le dernier quart était consacré à l'ordinateur qui, au centre, tentait d'immortaliser ce guéridon désert.

Bon c'est un peu court, je trouve, mais j'ai fait de mon mieux et j'ai exploité au maximum le vocabulaire de la mort et du temps qui passe pour évoquer la sensation de vide qui émane de cette table d'appoint où on pose à-peu-près tous les objets dont on n'a pas besoin. Du coup ça peut justifier le fait que ce soit court, après tout : y a pas tant de matière que ça à décrire ^^"

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MessageSujet: Re: L'Atelier de Septembre-Octobre : Décrire pour englober   Dim 21 Sep - 11:57

Merci, c'est vrai que le elle peut surprendre mais il fallait bien mettre un peu d'humanité dans ce texte .
Le texte de Artimeus est vraiment super, félicitations!
Ton texte n'est pas si court si on considère que tu ne décris qu'un objet et j'aime bien l'idée de diviser en quarts.
Qui fait le prochain?
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Artimeus
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MessageSujet: Re: L'Atelier de Septembre-Octobre : Décrire pour englober   Dim 21 Sep - 13:31

Merci Anaël et Julie, j'ai eu l'idée très vite mais j'ai galéré a l'écrire, certaines formulations me paraissent encore un peu lourde mais globalement ça va. Loulounette a une chambre beaucoup trop rangée pour moi, ça me stresserait, mais bien joué!

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Anaël
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MessageSujet: Re: L'Atelier de Septembre-Octobre : Décrire pour englober   Dim 21 Sep - 21:44

Lourd, non, surprenant peut-être avec tes énumérations pêle-mêles enchevêtrées en vrac (ça m'a fait bizarre à la première lecture mais j'aime bien, finalement) ; mais touchant, certainement. Poétique, en fait. Simple, loufoque, personnel, une rareté ! Merci.

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Artimeus
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MessageSujet: Re: L'Atelier de Septembre-Octobre : Décrire pour englober   Lun 22 Sep - 23:54

Ahah merci mais faut faire attention à mon ego ça gonfle vite c'est chose là! Enfin tant mieux alors j'étais content de mon idée mais j'avais eu du mal à l'écrire.

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Modjita
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MessageSujet: Re: L'Atelier de Septembre-Octobre : Décrire pour englober   Sam 11 Oct - 5:26

Le bureau avait du insidieusement passer du "bordel agréable" au "bordel bordélique" pour se retrouver dans cet état là.
Un ordinateur fièrement ouvert au milieu dominait l'ensemble, dont la lumière bleutée de l'écran éblouissait ; juste à sa gauche, un cahier à la couverture violette tentait de garder le dessus sur des feuilles de brouillons, de définitions ou de vocabulaire, et parvenait tant bien que mal à garder sa leçon visible et lisible, écrasant pour cela sans pitié le dessin d'une tête de cheval qui se détruisait peu à peu, faute d'un produit pour immobiliser le trait dessiné rapidement, ainsi qu'un classeur vert dont quelques feuilles indisciplinées dépassaient. On ne pouvait distinguer qu'ensuite le disque dur noir qui émergeait vaguement dans le fatras, les feuilles de papier millimétré, l'otipax, le feutre orange, l'attache pour la carte de bus, le tas de pièces de un ou deux centimes, le livre de théâtre, et enfin, avec juste un coin de la couverture qui apparaissaient sous des pages d'anglais, le documentaire "La vérité sur la viande".
Si l'on s'attardait encore, on pouvait comprendre que le minuscule bout noir qui apparaissait juste au-dessus du livre n'était pas l'ombre de deux feuilles mais un coin d'un portable, relié à l'ordinateur par un câble vert qui passait au-dessus d'un bic noir sans bouchon. Ce câble était branché à une prise USB de l'ordinateur portable blanc, voisin de la prise du fil blanc d'un casque qui était utilisé. Juste à côté, une souris noire attendait patiemment son tour en se reposant sur une feuille à grands carreaux plié en deux et à moitié écrasé sous l'ordinateur, improvisé tapis de souris. Les feuilles blanches, sur lesquels on distinguaient des lettres imprimées dont le langage était dur à discerner -anglais encore ?-, auraient pourtant pu faire un meilleur tapis de souris, mais elles étaient, avec un paréo, coincées sous une pochette noire d'ordinateur, lui-même écrasé sous un roman et un agenda, position qui faisait se dresser d'indignation la protection d'écran blanche coincée entre les deux.

Une fois passé en revue tous les éléments du bureau, l'erreur était de se retourner. Car alors... on survolait une bibliothèque, un lit, quelques cahiers et manuels dispersés au pied de ce dernier, deux Cheval Pratique et une lampe posée sur un bureau, pour se retrouver face à un autre bureau, croulant sous divers manuels scolaires, classeurs, parfois cahier ou pochettes, feuilles volantes ou magasines. Et on se rappelait le terme de "bordel agréable" du début.




.... Faut vraiment que je range tout ça, moi xD *ira le faire quand elle aura fini de répondre à ces chères questions d'History du cahier violet//PAN/*
N'hésitez pas si vous avez des commentaires à faire, même si ce soir je ne sais apparemment faire que des textes bordéliques (influence de mon bureau) :') Et désolée s'il y a des fautes ^^'

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MessageSujet: Re: L'Atelier de Septembre-Octobre : Décrire pour englober   Sam 11 Oct - 9:50

J'aime beaucoup ta description, avec le rappel des couleurs et tout!
*pense que tu devrais quand même ranger*
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Zois'O
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MessageSujet: Re: L'Atelier de Septembre-Octobre : Décrire pour englober   Mar 14 Oct - 19:44

Description géniale et détaillée qui reste très agréable à lire. Le truc super là-dedans c'est la personnification des micro-détails qui offre un aspect "vivant" de ton bureau. Ça me fait penser aux colonies d'insectes mélangés et heureux entre eux. Un autre truc cool, c'est l'accroche qui happe tout de suite, et ça, c'est important pour le lecteur. Tu auras donc compris que j'aime bien ton texte. Et je suis épatée d'imaginer la masse d'encombrement de ton bureau (et pourtant par ici on a plutôt du niveau).
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Anaël
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MessageSujet: Re: L'Atelier de Septembre-Octobre : Décrire pour englober   Mar 14 Oct - 19:52

_____Mouhaha il n'y a pas plus en bordel que ma chambre : il faut un doctorat en archéologie pour y retrouver quoi que ce soit ;p. Mais sinon je suis d'accord avec Zois'O : tu as parfaitement saisi l'essence du réalisme avec des mini-détails-qui-grouillent qui rompent avec l'image chiante à mourir que je me fais des textes descriptifs (jamais pu piffer Zola) !

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Modjita
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MessageSujet: Re: L'Atelier de Septembre-Octobre : Décrire pour englober   Mer 15 Oct - 21:49

Merci ! J'suis contente que ce petit machin vous plaise (:
Ana -> tu as déjà pensé à organiser une chasse au trésor dans ta chambre ?

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Anaël
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MessageSujet: Re: L'Atelier de Septembre-Octobre : Décrire pour englober   Jeu 16 Oct - 19:19

Yeah, mais voilà une bonne idée xD ! Le problème c'est que ça manque un peu de surface :/...

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MessageSujet: Re: L'Atelier de Septembre-Octobre : Décrire pour englober   Sam 18 Oct - 15:38

Bouah, c'pas grave... Tu mets une affiche "réservé au petit peuple"

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MessageSujet: Re: L'Atelier de Septembre-Octobre : Décrire pour englober   Sam 18 Oct - 17:11

Aaaaah je suis pas la seule avec une chambre à ranger, donc xD La chasse au trésor me semble une bonne idée, je vais y songer aussi... x)

Et oui oui, je poste mon texte, attendez...

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MessageSujet: Re: L'Atelier de Septembre-Octobre : Décrire pour englober   Lun 27 Oct - 13:00

_____Bon, j'ai essayé d'être le plus fidèle possible mais je n'ai pas pu tout décrire parce qu'après c'est trop long et vous allez avoir peur (d'accord c'est déjà beaucoup trop long TT-TT). J'aurais aimé pouvoir vous parler plus longuement de ma fenêtre et de mon réveil et surtout de mon étagère avec tout un univers de livres dessus, de mon bureau... Mais bon faut faire des choix dans la vie ^^. En tous cas la description n'est vraiment pas mon exercice préféré mais j'espère que ça va vous plaire :).

_____Entourée de quelques nuages blancs, la pleine lune s’élève et englobe le port de son manteau d’argent. De grandes ombres se dessinent. Il y en a trois en arrière-plan, percées chacune de quarante-huit trous de lumières, fenêtres jaunes donnant sur une autre vie. La ville est grande. Il y a des gratte-ciels, de puissants buildings des immeubles par milliers. Tout est grouillant, dense, présent avec un calme froid et figé, immobile. Il est seul. Il s’avance lentement sur sa petite barque. Il est debout, à l’arrière, s’appuyant sur le long morceau de bois qui lui sert à progresser. Il porte un chapeau de paille qui dissimule ses traits et accentue encore l’obscurité de la nuit. Devant lui un immense voilier rouge ressort des ténèbres en créant des vaguelettes, son ombre fantomatique se reflétant silencieusement sur les eaux du port de Hong Kong. Et alors, il pense.

_____Autour d’eux, l’univers. Une éternité d’étoiles jaunes et bleues, vertes et marron, plongées dans l’infinitude d’un fond blanc parsemé de cartes postales, d’autocollant, de photographies et d’un album de Tahigo. À gauche de l’interrupteur un dessin tentaculaire et sans queue ni tête qui semble courir et voler, une armée de post-it qui défile en rangs serrés, un porte-clefs Tom&Jerry qui pend tristement de la serrure, une poignée de porte qui supplie « Ouvre-moi ! », le tout sur un fond bleu monochrome condamnant les sombres secrets d’un placard poussiéreux. En bas un oreiller, ou peut-être une serviette, une couverture. Un boudin une bouche avec une bave verte et des dents visqueuses grouillant à même le sol, rampant désespérément à la recherche de ceux qui pourront les soulager. Mais ce sont les yeux aveugles et froids de la prise électrique qui sont les plus terrifiants. Sa tête est carrée, parfaitement d’équerre. Son visage est un cercle sans défaut, ombragé quelques fois par la lumière descendante des feux du matin. Il est seul, il est triste, il ne peut parler. Au milieu de son front une épine argentée.

_____Bien sûr, le lit. Un bois massif, simple et rectangulaire qui soutient un matelas encombré de couvertures déformées, repliées, ondulées. Le parquet blanc est jonché de feuilles de papiers. Copies simples feuilles de brouillons, polycopiés agrafés déchets à recycler. Feuilles transparentes, aussi. Et puis des tâches. Bizarres. Nul ne sait ce qu’elles sont n’y d’où elles viennent. Ce qu’elles deviendront ni où elles iront. Quel avenir pour ces tâches ? Café renversé ou chocolat au lait, rayures sur le parquet traces noires laissées par les chaises. Toutes s’en iront. Certaines reviendront. C’est ainsi. À même le sol vivent également un magasine publicitaire ventant les mérites de Télécom Paris Tech, un petit sac rose Vicomte A. qui a été offert à Anne-Sophie pour Noël, un effaceur, le N version XXL de Welcome Anaël et la deuxième partie de la carte des alentours de la Ville Imprenable. Entre les fils électriques et si vous cherchez vraiment bien, vous trouverez peut-être mes chaussons. Si vous cherchez.

_____À gauche du lit, cachée par le conduit vert de la cheminée, une invisible bibliothèque trônant dans un recoin minuscule. Des livres des bandes dessinées, des tiroirs vides ou abandonnés, des essais de philosophie. Des ouvrages alignés sur la verticale ou l’horizontale. Des choses qui ne seront plus jamais lues ni ouvertes. Délaissées là, oubliées de tous, elles existent. Prennent la poussière en silence sur leurs étagères, attendant patiemment le jour de leur retour triomphal dans l’attention du lecteur qui un temps pourtant les avait aimées.

_____Sur les murs il y a des posters, des affiches d’album des souvenirs de voyage, des dessins des croix gammées, des citations un calendrier, une enveloppe un album de Marie-Mai. Sur la fenêtre un panda collé sourit à Cavendish Timothée.

_____Mais outre le school bus qui traîne sur le rebord à côté de l’insigne de mon ancien lycée, outre la serviette froissée dont personne ne sait ce qu’elle pourrait bien faire là et la boîte de nettoyants optique inutilisée depuis l’an deux mille, il y a cette fenêtre. Et les années passées à la contempler. Car derrière, il y a le monde. Le soleil qui se couche et se lève. Les collines et les forêts, les arbres les jardins les enfants qui courent et qui jouent, les balançoires les sapins les trottoirs les gamins, les rues et les parkings, les habitations et les maisons, les bâches vertes et le cours des saisons.

_____Sur la commode au pied du conduit se trouve une sautillante armée de minions, un effaceur bleu, un bout de carte des alentours de la Ville Imprenable enseveli sous des feuilles de notes et d’idées d’histoire, d’ébauches de scénarios gribouillis quand il est tard. Des cahiers de brouillons de notes et des carnets. Des recueils de rimes de réflexions et d’idées. Une autre boîte de nettoyants optiques. Sous un cahier un jeu échecs qui lui-même écrase une revue un article de science deux cahiers vingt-et-un/vingt-neuf sept une pile de papiers. On peut voir qui dépasse le bout d’une règle bleue avec marqué « Thomas » dessus. Sa fête est le trois juillet. Peut-être un ami d’Anne-Sophie… Sur le recueil de rimes la carte européenne d’assurance maladie. Le tout recouvert de la pochette de mon ordinateur portable. Et puis, à côté, occupant le dernier centimètre carré de cette commode surpeuplée, deux jeux de cartes qui écrasent un marque-pages « matière recyclée ».

_____Au milieu de la chambre, il y a une table avec une chaise. Et sur cette table, un bordel indescriptible à côté duquel la petite commode ressemble plus à la chambre de Loulounette qu’à quelque chose de mal rangé. Parce que dans cette chambre grouillante d’histoire, sur cette table et sur mon bureau, au cours d’un long processus de sédimentation s’opérant au fil des siècles, des couches géologiques se sont déposées. Un docteur en archéologie pourrait dater les objets en fonction de leur profondeur. Par exemple, le livre de grammaire que vous ne voyez pas parce qu’il est sous mon classeur de physique de l’année dernière, il date de mon année de sup. Si vous regardez bien, il y a deux piles de papier qui débordent de sous le classeur. Ce sont les exercices à faire pendant les vacances, et l’énoncé de mon dernier DS de maths. Sur mon cahier de khôlles que je tenais l’an dernier se trouve mon deuxième trieur, lui-même enterré sous un amoncellement de feuilles d’exercices et de planches d’oraux, avec dessus une copie double, séquelle du devoir maison que j’ai fini la veille. Il y a bien sûr des stylos des feutres des cartouches, un compas des marqueurs, des effaceurs, des crayons un dictionnaire bilingue de poche, des stabilos un tube de colle des post-it pratiques pour repérer le début d’un nouveau chapitre dans un classeur, la boîte du compas, deux autres paquets de post-it pratiques, le bout de carton dont l’un d’entre eux est issu, une paire de ciseaux, mon téléphone portable, un truc pour faire des trous sur les feuilles et comme ça on peut les mettre dans un classeur et des bouchons de stylos qui traînent un peu partout.

_____Sur les devoirs d’informatiques donnés à l’X, à côté du livre de grammaire que vous ne voyez pas parce qu’il y a mon classeur de physique dessus, il y a un bouquin d’informatique pour tous sur lequel se trouve mon dixième cahier de maths. Mais vous ne voyez rien de tout ceci car par-dessus se trouve mon premier trieur, lui-même caché par un aide-mémoire Caml. Au milieu de la table, il y a mon classeur de physique de cette année, un bloc-notes et une chemise à papiers. Sur le classeur de physique qui est ouvert parce que je suis censé réviser le DS de la rentrée, à l’intérieur, donc, il y a un cahier marron avec marqué « dp/dz=ρg » dessus, et une feuille de brouillon avec des calculs de moments cinétiques. Le classeur ouvert s’appuie sur mon classeur de maths sur lequel se trouve ma trousse éventrée dont le contenu s’est éparpillé un peu partout. Du classeur de maths, nettement moins garni que le classeur de physique, on peut voir dépasser une énième pile de feuilles et une pochette transparente, chose très habituelle au final. Au coin à gauche, il y a bien sûr des piles de feuilles, mais aussi et surtout des polycopiés intitulés « Thermochimie du premier principe », à moitié dissimulés par mon douzième cahier de maths ainsi qu’une feuille d’exercice sur les groupes. Il y a dans le coin une boite à lunettes et un appareil photo, et si vous creusez un peu vous trouverez peut-être la source de toutes ces pochettes transparentes.

_____Mais le plus important dans tout ça c’est peut-être mon réveil. Même s’il y a marqué 6 :30 dessus et que j’aurais préféré que ça soit 10:30, j’y tiens beaucoup, à ce réveil. C’est lui qui m’a accompagné durant toutes ces journées de travail, m’encourageant silencieusement au fil des heures. C’est à travers lui que j’ai vu les journées défiler, moi, qui étudiais là au milieu de ce foutoir, j’y avais un point de repère : l’heure qui tourne, dernier ancrage avec la réalité d’aujourd’hui. Et ce réveil qui m’accompagne depuis trois ans déjà, trois ans de labeur à travailler d’arrache-pied sur cette même table, j’aime le consulter pour savoir l’heure, avoir une mesure de mon accomplissement. C’est comme ça.

_____Vous pensez peut-être que ma chambre est mal rangée ? Vous n’avez pas vu mon bureau.


    _____PS :

  • Concernant mon bureau, il est encore plus en bordel que ma table et il y a vraiment beaucoup beaucoup de choses dessus pour deux fois moins de surface. C'est un petit univers à lui tout seul. Mais bon le décrire n'aurait pas apporté grand-chose de plus après la description de la table alors...
  • Mes étagères aussi, ce sont des univers, mais je suppose que vous avez les mêmes chez vous !
  • Si jamais vous connaissez le nom officiel du long bâton-qui-sert-à-faire-avancer-les-barques/pirogues/gondoles-en-le-plantant-dans-le-sol, ou encore du truc-qui-fait-des-trous-dans-les-feuilles-et-comme-ça-on-peut-les-mettre-dans-un-classeur, faîtes-moi signe !
  • Je n'ai strictement aucune idée de qui pourrait bien être Anne-Sophie.
  • N'hésitez pas à commenter !!

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Loulounette
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MessageSujet: Re: L'Atelier de Septembre-Octobre : Décrire pour englober   Lun 27 Oct - 13:45

Waouh! Je pense que c'est toi qui t'apparentes le plus à Zola avec cette description énorme pour décrire une si petite surface! En tous cas, bravo!
Le truc-qui-fait-des-trous-dans-les-feuilles-et-comme-ça-on-peut-les-ranger-dans-un-classeur c'est une perforatrice.... ^^
Je suis sure que t'as une soeur et qu'inconsciemment tu t'es senti obligé de la mettre dans ton texte, sous le pseudo 'Anne-Sophie' !
Et Loulounette est flattée de cette petite référence à son bureau Mais pas d'inquiétude, en période de DS c'est le bazar bon peut-être pas autant que toi mais c'est bordélique quand même !
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Anaël
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MessageSujet: Re: L'Atelier de Septembre-Octobre : Décrire pour englober   Lun 27 Oct - 18:33

_____Ben c'est-à-dire que j'ai été assez choqué en lisant ton texte tellement ta chambre était rangée ! Du cou je t'ai fait un petit clin d’œil.

_____Yeah, j'ai vraiment une sœur, en plus ! Mais je ne pense pas qu'il y ait un rapport avec le fait que j'ai un petit sac rose avec marqué "Anne-Sophie" dessus ;p.

_____Par contre je n'ai vraiment décrit qu'une partie de ma chambre, moins de la moitié... Il m'aurait fallu beaucoup plus de place pour tout décrire mais je ne pense pas que ça aurait apporté beaucoup de choses supplémentaires donc j'ai fait des choix ^^.

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MessageSujet: Re: L'Atelier de Septembre-Octobre : Décrire pour englober   Lun 27 Oct - 20:56

Ah, c'est assez fantastique comme description. L'aspect long intimide au début, mais ça nous quitte avec la fluidité du reste. En réalité, je me suis rendue compte que ta description était ultra structurée, comme si cette chambre était passée au scanner avant que tu nous en fasses l'inventaire. Ça a un rendu vraiment dense et j'ai eu plus l'impression d'écouter une récitation par coeur qu'une analyse scientifique. C'est rigolo. Aussi, ce qui te différencie des autres, c'est la mise en contexte (avec l'intro narrative par exemple) et un plus grand rapport à toi finalement. Ça donne un ton personnel avec la sensation que tu nous livres un secret - au début, on ne sait pas de quelle oreille écouter et puis finalement on trouve que c'est chouette car différent. Pour ce qui est des détails, j'ai l'impression que les effaceurs sont des petits êtres qui habitent ta chambre et je me demande ce que font sur ton murs des croix gammées en pleine discussion circonflexe.
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Modjita
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MessageSujet: Re: L'Atelier de Septembre-Octobre : Décrire pour englober   Mar 28 Oct - 22:00

*o*

J'adore (le commentaire constructif commence bien), le début avec la carte (ou un truc du genre) qui fait s'interroger ; les premières interventions à la première personnes m'ont surprises, j'avais l'impression d'errer dans la chambre et qu'on me remettait brusquement les pieds au sol, mais ça a permit d'introduire un autre ton ensuite, et... Et comme je ne peux pas te donner un commentaire constructif j'vais te donner un conseil autrement : Fais une chasse au trésor. Vraiment.
(Et j'adore. Parce qu'il faut au moins le dire deux fois :p )

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MessageSujet: Re: L'Atelier de Septembre-Octobre : Décrire pour englober   Mer 29 Oct - 1:00

Cela risque d'être la description la plus chiante de votre vie, c'est pourquoi ça me rend encore plus demandeuse de toutes vos critiques d'amélioration, perçantes, qui-appuient-sur-l’endroit-où-ça-fait-mal, bisounours, dans tous les sens.

S’asseoir devant ce bureau revient à en être prisonnier, car nos sens sont éblouis par les éboulis à l’aise de matières et de curiosités.

Sur les rebords arrondis, nos doigts glissent au gré du vernis. Très vite sont-ils arrêtés par une foule armée de papiers décoiffés, froissés ou rangés, pointus et coupants. Fort d’une expérience désagréable, il est peu recommandé de s’y frotter. La main est alors entraînée vers des asiles plus hospitaliers : la douce âpreté d’un chiffon à nuage, l’irrégularité des touches d’une calculette, la rondeur des anneaux d’un classeur et la chaleur d’une ampoule à économie d’énergie.

Si l’on pouvait s’élever dans les airs, on observerait de haut, comme sur un planisphère, les contours floutés par la poussière. On considérerait le miroir de verre comme l’océan et alors il serait facile de reconnaître, des îlots et leurs continents. Le premier dressé au Nord-Centre est, de tous les massifs, le plus élevé. Construite par empilements successifs de disques et de cassettes accumulées là à portée de ciel, cette montagne s’adosse par son flanc ouest à une robuste bouteille dont le sommet, blanchi comme de la neige est chapeauté d’un volant. Un cadran ouvert sur les marais la relie à la colline, sa voisine du Nord-Est, penchée au-dessus de la falaise marquant la fin du monde. De consistance très proche du premier, ce continent est fondé sur une base de vinyles s’élevant en CDs jusqu’à mi-hauteur des plus hautes chaînes montagneuses et finit en tête de boîte en papier. Le reste du bureau, en relief est peu fourni : Quelques lacs d’équerres, des icebergs pots-à-crayons, deux antennes tubes-de-colle, et une sculpture métallique en forme de Suède. La lampe, dont la tête est penchée avec fatigue, ressemble au soleil luisant aux bords des tropiques du cancer. Au total, six continents, dispersés aux quatre points cardinaux, profitent de ses bienfaits. Sur leur matière quadrillée ont poussé des exercices, des équations et des champs dont le maïs est dissertation. Le dernier et sixième continent, dont les frontières frôlent le cercle polaire au Nord-Ouest, est de tous le moins éclairé : son allure de radeau abrite les objets dont on ne veut pas se débarrasser ou qu’on se promet de jeter. En somme, les déchets oubliés. Enfin, les terres du Sud, souvent balayées par un vent musculaire, n’ont pas de place constante : c’est ce qui donne sens au terme « tectonique des plaques ».

Si l'on avait pu réduire notre taille à l'échelle de ce monde, on aurait pu s'assoir sur le corps fantomatique d'une trousse sondant en bon iceberg les fonds océaniques. Celle-ci dont les effluves d’encres amers charrient le goût métallique des mines de stylos à billes deviendrait alors centre de curiosité. L’odeur de plumes, apaisante, se distinguerait de celle, synthétique, des quinze stabilos de couleurs conservés en boite. A ceci s’ajouterait l’arôme mat de la colle et l’indéfinissable parfum des pelures de crayon. Cependant, le plus étonnant en inspiration serait le contenu de la petite boîte de porcelaine située, à vu de nez,  au plus éloigné de l’odorateur. Mélange de terre portugaise et de grains de pastel, il suffirait de passer son museau au-dessus pour éternuer comme s’il avait été question de renifler le chiffon à poussière.

C’est peut-être par un bruyant éternuement que vous auriez pu briser le silence retenu de ce bureau. Quelle que soit sa composition, et la manière dont il est arrangé, le cinquième sens ne peut se manifester qu’en votre présence. Fermez les yeux et écoutez : le frôlement agité d’une feuille, l’immuabilité stridente d’un ultra-son, le cliquetis d’un walkman faisant marche arrière, le criquettement d’un morceau de scotch qu’on étire et le rythme paisible de votre respiration.


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Anaël
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MessageSujet: Re: L'Atelier de Septembre-Octobre : Décrire pour englober   Mer 29 Oct - 20:42

_____Yeah, je suis content que ça vous ait plu ! J'ai juste essayé d'être fidèle et de vous montrer ma chambre comme elle est (pour moi), et c'est vrai que la description en est devenu très personnelle ; mais c'est logique puisque la chambre est le lieu de l'intimité et tout donc quand je vous la décris c'est un peu comme si je vous livrais un secret comme dit Zois'O : ).

_____Zois'O ta description commence bien : première phrase waouh. Je suis bien sûr surpris, je m'interroge, je ne comprends pas... Du coup je lis la suite x) ! Et la suite. Mais c'est génial. C'est léger, simple, rythmé, ça rime... J'ai l'impression de lire une poésie !

Zois'O a écrit:
Fort d’une expérience désagréable, il est peu recommandé de s’y frotter.

_____Ça c'est bizarre : Fort de qqch implique un sujet et pourtant tu utilises le passif, du coup ça me donne l'impression d'un contre-sens grammatical qui ne gène pas pour autant la lecture. Peut-être aurais-tu dû mettre "Forte d'une expérience désagréable, je vous déconseille blablabla"...

_____D'ailleurs l'expérience désagréable est très originale : tu nous décris les choses avec le sens du toucher ! Après tu nous fais une métaphore filée digne de toi, et comme à chaque fois ça m'amuse. Oui, c'est vrai, je n'ai jamais vu ma chambre de haut vu que je ne suis pas un oiseau. Mais si j'avais des ailes, si je pouvais m'élever vers le plafond, j'y verrais un continent, un océan blanc avec des îles marrons. Par contre tu as une manière absolument chaotique de placer les virgules, ce qui gêne vraiment la lecture... C'est fait exprès ?

_____En tous cas les images sont très jolies : à portée de ciel, la fin du monde... On a l'impression que tu nous emmènes en voyage. Un voyage au pays des merveilles au sens Alice du terme, avec des associations d'idées absurdes et des champs lexicaux collés ensembles comme par enchantement, c'est magique. J'ai l'impression que des mots "tombent" tellement ils n'ont rien à faire là.

Zois'O a écrit:
Les plumes, corps à l’odeur apaisante, se distinguent de celle, synthétique, des quinze stabilos de couleurs conservés en boite.

_____On comprend que tu veux parler de l'odeur des plumes (d'ailleurs ça a quelle odeur les plumes ?) mais le sujet de la phrase est "les plumes" donc tu as encore une contradiction !

_____Je pense que tu aurais dû continuer la logique de ta visite "sensuelle" en te posant sur la trousse puis en respirant les odeurs, et comme ça tu aurais fait le lien avec ce qui précède tu vois. Tu passes du toucher à la vue en t'envolant : tu peux passer de la vue à l'odorat en te posant, puis à l'ouïe en éternuant ; ç'aurait été plus logique et plus complet ! Parce que là tu passes au parcours olfactif sans véritable lien avec ce qui précède, et j'ai juste l'impression que tu mets ça parce que tu avais l'intention de faire le tour des cinq sens et qu'il t'en restait deux à faire, version safari photo tu vois. Mais dès le début, tu nous emmènes en voyage, alors pourquoi ne pas profiter de ce voyage pour faire parler les cinq sens ? Inscris donc l'avant-dernier paragraphe dans la logique de son prédécesseur et utilise quelque chose pour les lier, que le voyage ne s'arrête pas si brutalement en nous laissant là, pris de vertiges et sans repères !

_____En tous cas merci pour la visite ! Plus que de ta chambre c'est du monde que nous avons fait le tour : ).

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MessageSujet: Re: L'Atelier de Septembre-Octobre : Décrire pour englober   Jeu 30 Oct - 20:43

Anaël a écrit:
Par contre tu as une manière absolument chaotique de placer les virgules
Heureusement que tu le dis, c'est le genre de truc que j'aime bien placer un peu partout (je n'ai soigné la place des virgules et c'est nul, mais parfois c'est utile en poésie de bousculer le lecteur comme ça). Du coup, je ne sais pas si je les garde comme tel. Il y a en spoiler la version 2 où je les ai déplacées pour toi et sur laquelle je me rabattrais si ça choque tous les autres, mais j'attends de voir si c'est vraiment grave. Dis-moi quand même si, dans la version 2, ça te paraît plus clair ou si tu trouves d'autres lieux à fluidifier.

- "Fort d’une expérience désagréable, il est peu recommandé de s’y frotter." T'as sûrement raison niveau justesse de la langue française, mais je ne trouve pas d'autre expression adéquate. L'impersonnel permet de rester flou sur la source de la recommandation. C'est comme si un grand nombre d'individus étaient passés par là avant et donnaient tous le même conseil. Donc je n'ai pas trop envie de le changer, surtout si ça ne gène pas la lecture.

- "Les plumes, corps à l’odeur apaisante, se distinguent de celle, synthétique, des quinze stabilos de couleurs conservés en boite." Ah, bien vu ! Remplacé par :"L’odeur de plumes, apaisante, se distinguerait de celle, synthétique, des quinze stabilos de couleurs conservés en boite." Et en parlant de plume, je voulais dire stylo-plume mais stylo apparait dans la phrase d'avant, même crayon-plume ne marche pas parce qu'il est à la fin de la phrase. Je ne sais pas quoi faire pour que ce soit plus clair.

- Logique de la visite sensuelle : Très juste remarque. J'ai essayé de lier les deux paragraphes par un "Si l'on avait pu réduire notre taille à l'échelle de ce monde, on aurait pu s'assoir sur le corps fantomatique d'une trousse sondant en bon iceberg les fonds océaniques." mais dans l'immédiat je ne peux pas faire grand chose de plus.
Version 2:
 
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MessageSujet: Re: L'Atelier de Septembre-Octobre : Décrire pour englober   Ven 31 Oct - 15:02

Euh, je ne comprends pas vraiment ta phrase de liaison par contre. Si tu veux faire comme pour le troisième paragraphe autant mettre "si l'on pouvait" non ?

Pour les virgules c'est un peu mieux mais ce n'est pas encore ça je trouve ^^. J'ai mis en rouge celles que j'aurais supprimées et en vert celles que j'aurais rajoutées pour que tu te fasses ton avis ^^.

Sinon je comprends ce que tu veux dire pour ton expérience désagréable mais bon ce n'est quand même pas une raison pour laisser des fautes de français non mais x). Quoi que je n'ai pas de propositions qui me viennent sur le coup donc bon...

Au fait tu as écrits "des asiles plus hospitaliers" mais je suppose que c'est "peu" hospitaliers non ?

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MessageSujet: Re: L'Atelier de Septembre-Octobre : Décrire pour englober   Sam 1 Nov - 15:45

Allez je vous décris mon ancien bureau, chez mes parents. Il a été laissé en suspens près mon déménagement donc pas d'indignation sur le bordel qui s'y tient s'il-vous-plaît xD

Sur le bureau blanc usé par le temps figuraient des graffitis, vieilles cicatrices laissées par les nuits d'ennui et d'insomnie, quelques taches de peintures ou d'encre colorée que le bois avait fini par épouser. Abandonnées négligemment, quelques feuilles auxquelles la caresse du crayon avait donné vie attendaient patiemment d'être à nouveau l'objet d'une attention. Dans un coin, une pile de romans prenaient la poussière, écartelés par les marque-page et abîmés par la lecture excessive. Le premier livre de la pile, à la couverture bleue et dont le titre était écrit en cyrillique, s’était couvert de poussière après un mois d’absence de sa propriétaire.

A côté, un tas de lettres en désordre formait un impressionnant tapis multicolore. Enveloppes bleues, blanches, oranges et rouges côtoyaient papier de soie émeraude et cartes postales pour créer un amas de souvenir. Inutile de voyager ; la simple lecture d’une lettre ou d’une carte postale suffisait à amener à soi un fragment du monde : Paris, New York, Moscou, Hawaï, Londres, Barcelone, Berlin, Tokyo, en passant par Vantaa et les petites villes de France. Le tout était surplombé de trois photos. La première représentait deux vieux amis, un garçon aux cheveux châtains et une petite fille à la robe blanche, tous deux assis dans un arbre. La deuxième, beaucoup plus grande, laissait entrevoir une trentaine d’amis qui étaient partis ensemble en vacances dans la Ville aux Belles Etoiles. Enfin, la dernière, déchirée dans les coins, représentait deux jeunes punks, une jeune femme à l’air assuré et une autre beaucoup plus timide, souvenir d’une vieille histoire berlinoise.

A droite du bureau, adossés au mur, deux vinyles se dressaient comme pour s’élever du joyeux bazar qui s’étendait à leurs pieds. Leurs pochettes, toutes deux bariolées et sur lesquelles figuraient encore le prix en livre sterling, étaient constellées des signatures des membres de leurs groupes rencontrés un soir au détour d’un bar du Camden Town de Londres. Pour les accompagner, un tourne-disque plutôt neuf mais déjà utilisé à l’excès attendait d’être réutilisé ou emprunté par une cousine complice. Glissé à côté, un papier officiel usé réclamait le titre de Prima Ballerina tandis que près de lui, un vieux CV de danseuse venait mourir dans le vide qui le jouxtait.

Comme un serpent discret, un ruban rose cheminait sur le bazar ambulant et dominait le tout. En le suivant, on arrivait à une vieille paire de chaussons de danse dont l’usure laissait voir la résine des pointes. Le satin couleur saumon, brûlé par les pirouettes et abîmé par les glissades, avait été retiré puis recousu pour plus d’accroche puis s’était déchiré par lui-même. Le bout des chaussons, recouvert de sang, avait laissé une traînée de colophane toxique que personne n’avait osé nettoyer. Une des semelles, qui portait les sutures de la couture rapide et nerveuse des danseuses, s’était mollement détachée comme si elle voulait signifier son abandon, donnant davantage aux chaussons l’apparence d’un cadavre décharné que le temps décomposait malheureusement sur place.

A côté, une boite ouverte laissait entrevoir quelques bobines de fils roses, blancs et noirs, accompagnées d’aiguilles bien luisantes et d’un dé à coudre. Le couvercle de la boite, qui ne fermait plus depuis longtemps car le mécanisme s’était déformé au fil de ses voyages dans un sac, supportait le poids d’un couteau à la lame fine mais précise qui servait  plus à déchirer les fils et les cuirs qu’à se défendre des jeunes femmes malencontreuses qui venaient attaquer la loge de la première danseuse. Bien utilisée, la lame pouvait découper les semelles les plus fines et les satins les plus fragiles.

Enfin, un briquet rouge dérobé à Berlin et sur lequel figurait le proverbe « Es ist nicht alles Gold, was glänzt » (« Tout ce qui brille n’est pas or ») achevait d’apporter la dernière touche vive à la guerre que semblaient se livrer les objets sur les quelques centimètres de vide qui restaient sur le bureau.

Ouais je suis d'accord, faut que je range tout ça... >_<

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MessageSujet: Re: L'Atelier de Septembre-Octobre : Décrire pour englober   Sam 1 Nov - 16:58

Oh magnificence.
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Fred
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MessageSujet: Re: L'Atelier de Septembre-Octobre : Décrire pour englober   Sam 1 Nov - 18:15

Bon ben voilà, et soyez indulgents s'il-vous-plait c'était suuuuper hard pour moi.


Bien que ce fût un après-midi, la pièce était déjà parcourue par une triste obscurité due à un ciel gris et menaçant. Sur une étagère était posée une lampe puissante éclairant un coin du lit, mais celle-ci ne constituait pas la seule source de lumière. Avaient en effet été posées sur le sol trois bougies, dont une qui s’était éteinte de fatigue – peut-être fallait-il d’ailleurs songer à les ramasser avant que quelqu’un n’eut ouvert la porte, renversant ainsi les petites flammes qui se seraient propagées, brulant alors tout le sol fait de bois. Pour cela, il aurait bien évidemment fallu que la larve humaine occupant cette chambre eut trouvé la foi de quitter son lit, ce qui aurait constitué une espèce de phénomène exceptionnel et miraculeux. Cette larve n’avait toujours pas défait son sac de voyage qui, depuis trois jours, trainait par terre, et en plein milieu de la pièce qui plus est afin d'éviter qu’elle n’oublie de le faire. A côté de cette valise, on trouvait des cahiers et feuilles ayant été abandonnés après avoir demandé un effort intellectuel qui, bien que minime, dépassait les capacités cérébrales d’une jeune fille ayant bien trop peu dormi la nuit dernière.
Sur les étagères d’à côté étaient délicatement posées, au milieu d’un bazar innommable, une photo noire et blanche, souvenir d’une journée ensoleillée d’un bel d’automne, une autre floue sur laquelle on discernait le mouvement courbé de deux robes de la Renaissance se relevant brusquement, puis une de deux jeunes adultes un peu bêtas que l’on aurait internés à cause de leurs grimaces dans un ancien temps.

Le manque de luminosité était également dû aux murs, certes à l’origine blancs, mais qui avaient été recouverts depuis de tout plein de fouillis ; par là quelques cartes postales provenant des quatre coins du globe, par ici des jolies enveloppes ne méritant certainement pas d’être enfermées dans des tiroirs étroits et surchargés, un peu plus loin, des articles découpés dans des magazines et ayant été la cause d’une crise de nerfs du frangin, et surtout des photos entremêlées sur un tableau de liège, jolies petites captures de moments passés.
En dessous de ce tableau se dressait un bureau si bordélique que sa description donnerait le tournis à quiconque la lirait. Pour ordre idée, il était en pire état que le lit. Celui-ci avait été noyé sous un mélange de crayons, papiers, magazine rendant hommage à deux trois artistes, hérisson en peluche, texte à apprendre à propos du conflit Israélo-Palestinien, tablatures d’un groupe dont le nom porte à confusion et magnifique guitare qui poussait trop souvent notre larve humaine à procrastiner.

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MessageSujet: Re: L'Atelier de Septembre-Octobre : Décrire pour englober   Sam 1 Nov - 22:19

Hellloooo !! Bon voilà, voilà. Je suis nulle en description. Mais genre vraiment nulle. Du coup, je me suis permise d'être un peu hors sujet. Vous le verrez bien par vous même. Ce texte aurait certes pu être rédigé par une gamine de huit ans, mais j'y ai mis tout mon cœur, donc soyez mignon (a)


Mon bureau vient d’être rangé, mais il est loin d’être parfait. Je collectionne feuilles, papiers et désordre complet : le pot à crayons est plein et contient une multitude de stylos multicolores. Tous semblent me regarder fièrement et n’attendent qu’à être utilisés. Alors, en attendant, ils séjournent sagement dans l’espoir de mon retour. Parmi le bazar ambiant, on y retrouve tout et n’importe quoi : de la poussière, des chiquettes de papier que le temps a abandonné, quelques gadgets stupides. J’ai une boite de Ferrero rochet que j’ai rempli d’autres stupidités. Elle est pleine à craquer et contient aussi bien des fournitures de bureau que des petits souvenirs précieux comme inutiles. Mes clés USB traînent partout. Il y en a dans la boite ou à côté de la boite. Je passe mon temps à les chercher, guère de quoi s’étonner. Sur la boite, il y a deux rouleaux de scotch, dont un qui est totalement fini, mais que je laisse là, sans me préoccuper de sa présence pourtant néfaste. Puis, il y a cette petite gomme rose en forme de chien que j’ai acheté au marché de Noël en Allemagne. Enfin, mon appareil photo, parce qu’il doit y avoir la place, est posé là.
Il y a cette boite que j’utilise pour ranger mes bijoux et sur laquelle se trouve un petit chat en savon imprégné de particules de poussière collantes. (hé oui) Juste à côté, sur l’une de mes enceintes, un galet marqué d’une étoile de mer n’a pas bougé depuis dix ans ! Et puis, ces quelques boites que voilà renferment un peu de parfum. Mais l’objet fétiche que je préfère n’est autre que ce calendrier de bureau qui m’offre, chaque jour une nouvelle image, une nouvelle citation que je partage parfois. Pour terminer, au bout de mon bureau se trouvent tout une panoplie d’objets plus encombrants que superflus : gel hydroalcoolique, mousse coiffante et gants en latex (J’ignore qui a mis ça là, il y a aujourd’hui trois années lumières) Et il y a le reste, éparpillé un peu partout sans ordre ni fonction, ma boite de lunettes (sans les lunettes) se fond dans la masse, parmi les boites de médicaments et les échantillons divers à moitié consommés. À ma gauche, quelques magazines y ont trouvé leur place et masquent sans regrets la paperasse du dessous, une trousse mobile est pleine à craquer, en dessous de mon sous-main gisent montagnes russes de papier et voilà que ce foutu mini mars revient encore à moi et qui, depuis plus d’un mois, déjà, ne demande qu’à être consommé. Là, juste devant moi, une brochure est ouverte à la page 28 et me nargue à l’idée de la lire. Enfin, mon bureau me supplie de le ranger encore, mais c’est plus fort que moi, je n’aime pas ce qui est rangé !

Si je tourne la tête, la bibliothèque me fait face. En accord avec sa fonction, elle est remplie de livres de toutes catégories et de toutes les couleurs. Tout en bas, les classiques tombent les uns sur les autres, tandis que l’étage du dessus semble bien plus à l’aise, bien que fort compressé. Il semblerait entendre les livres scolaires hurler à mes oreilles de les sortir de là tant l’étouffement est fort, tant ils aimeraient prendre l’air de temps en temps. Mais, rien à faire, cet alignement parfait m’apparaît comme la plus belle chose qui soit. Le troisième étage est plutôt particulier, mes cahiers et livres de cours y sont chez eux et regrettent de n’y rester si peu. (Ils ne sont pas les seuls !) Les voisins du dessus sont plutôt mécontents, les magazines s’aplatissent les uns sur les autres tandis que les livres de poche ne trouvent plus de place et sont près à dégringoler, emportés par la loi de la gravité. Au-dessus, pourtant, ces livres enfantins sont bien contents d’y être. Tout colorés et vivants, ils arpentent une modestie parfaite dans leur assortiment. Un peu plus haut encore, les Tom-Tom et Nana s’adorent. Ce sont eux les plus grands, les plus imposants. On y voit quelques séries incomplètes, parfois même des intrus gênés d’y être. Enfin, tout en haut, si bien que je suis obligée de lever la tête, les plus grands livres du monde se dressent. Le dictionnaire est le plus robuste et les autres sont au régime. Loin d’être parfaits, ils tiennent de manières précaires et ont besoin des uns et des autres pour se soutenir. C’est comme dans la vie en fait. Comme ce bureau qui ne veut rien dire, mais qui n’est autre que mon bureau, autre que moi qui y passe des heures durant sans chercher à comprendre, sans plus me poser de questions, car celui que je viendrai à remplacer ne connaîtra que ce même désordre et cette même disparité.


Et j'ai vraiment rangé mon bureau aujourd'hui, ce n'est pas une blague !

PS : La citation du jour nous vient de Freud : "Si tu veux pouvoir supporter la vie, sois prêt à accepter la mort." ♥
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Anaël
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MessageSujet: Re: L'Atelier de Septembre-Octobre : Décrire pour englober   Mar 11 Nov - 13:51

_____Laure, tu as choisi une description un peu impersonnelle, je trouve : c'est le point de vue de la caméra qui dresse objectivement la liste des objets visibles, établissant l'inventaire des objets de ta chambre. Mais ces objets portent des marques : les livres sont abîmés par la lecture excessive, le bureau a été souillé de graffitis, des dessins traînent, aussi, et les romans sont même "écartelés" par un marque-page. J'ai l'impression d'être dans un conte de fées. On entre dans une maison abandonnée depuis longtemps, vide et mystérieuse, et pourtant il y a des traces de vie. Comme si le propriétaire venait tout juste de s'absenter pour un voyage...

_____Et ce voyage, un abandon. C'est vrai, j'ai l'impression que ta chambre est une ville-fantôme abandonnée, avec des objets qui traînent, inertes. Tu as décidé de ne pas leur donner vie de les laisser là, présents, de les décrire froids et immobiles, comme si une distance incommensurable te séparaient d'eux. Car le propriétaire ne reviendra jamais. Ta chambre que tu nous décris n'est jamais qu'une image à des années-lumière d'ici, et on ne pourra jamais l'atteindre tellement le processus de distanciation a été efficace.

_____Au fur et à mesure que je progresse dans ta description, je suis de pus en plus mal à l'aise : les traces de vie, chaussons de danse et rubans roses, ne font qu'accentuer ce sentiment d'abandon puisque tout est usé, abîmé, laissé pour mort : Il y a d'ailleurs des cadavres, et tout un champ lexical qui reflète l'usure, comme si le temps avait insidieusement transformé ta chambre en un champ de ruines. Je les entends. Les cris de douleur de tous ces objets, cette part de ton intimité que tu as laissée derrière, et c'est triste. C'est ta chambre, un endroit où tu es censée vivre, et pourtant je m'attends presque à y trouver des toiles d'araignées x) ! Il faudrait que tu prêtes plus d'attention à ce qui t'est précieux, n'est-ce pas ? (Ou peut-être que tes affaires sont justement trop précieuses pour toi pour que tu veuilles les remplacer ;p.)

_____Quoi qu'il en soit c'est un beau texte. Sublime, presque, par la dualité entre toutes les marques de ta présence, qui montrent que l'endroit est habité, et cette esthétique de la désolation, le thème de l'abandon et de l'usure. Ton texte est beau comme un vieux temple en ruine : en y pénétrant, on voit qu'il a une histoire, que des gens y ont vécus, respiré. On sait qu'il a été le berceau de bien des espoirs ; porteur de rêves ; mais on sait aussi que c'est fini. Oui c'est le révolu qui frappe quand je lis ton texte ; et c'est un peu bizarre parce que j'ai l'impression que tu as 25 780 ans et que tu viens soudainement de retourner dans la chambre où tu étais étant enfant ^^

_____Voilà voilà, en espérant que cet avis te sera utile somehow...


_____Fred, tu as toi aussi un regard extérieur et mènes une approche descriptive, un peu à la manière d'un dictionnaire ou d'une encyclopédie. Tu nous fais une description pure et, même si tu t'autocritiques dans ton attitude de larve, je te trouve plus impersonnelle que Laure (qui nous communique une impression d'abandon, d'usure...). Mais du coup c'est assez plat ^^. Tu t'es prêtée à l'exercice, donc, décrire pour englober, en gardant une approche purement réaliste. Peut-être as-tu essayé de restituer les choses comme elles l'étaient sans les déformer de ton point de vue ? Pourtant je pense qu'il manque encore quelques détails, c'est-à-dire que tu n'es pas entrée dans la "folie furieuse de l'exactitude" : j'ai l'impression que tu ne nous livres qu'un petit aperçu de ta chambre et que la description est incomplète... Sûrement parce que tu remplaces les descriptions par "innommable" ou "si bordélique que sa description donnerait le tournis" pour ne te focaliser que sur les éléments qui te semblent les plus importants.

_____Ce n'est donc pas vraiment une encyclopédie mais, disons... une brochure publicitaire ? Quoi qu'il en soit c'est ton choix et je ne vais pas te le reprocher, mais je pense que tu aurais pu rajouter les détails qui tuent et dont tout le monde se demande bien ce qu'ils vont bien faire là quand on lit un texte réaliste. Quoi que ça s'accorde bien avec ton texte si l'on considère qu'il doit sûrement y avoir un rapport entre la personne occupant ta chambre et celle qui l'a décrite n'est-ce pas ? (D'ailleurs maintenant que j'y pense c'est presque un clin d’œil involontaire de l'auteur.) Par contre il y a vraiment un truc qu'il faut que tu m'expliques.

_____Comment tu mets autant de trucs sur ton LIT O_o ??? (Dont toi.)

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MessageSujet: Re: L'Atelier de Septembre-Octobre : Décrire pour englober   Mar 11 Nov - 18:39

J'ai un lit presque double.

Merci!

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MessageSujet: Re: L'Atelier de Septembre-Octobre : Décrire pour englober   Mar 18 Nov - 11:37

Waou, c'est vraiment génial tous ces textes vraiment différents, personnels et bien creusés.
Je sais que ça a demandé des efforts pour certains de s'exercer à la description qui n'est pas forcément ce qu'ils préfèrent, et vous vous en êtes tous bien sortis.
Les textes sont rangés dans la bibliothèque (mais je ne désespère pas qu'on en fasse quelque chose un jour...).

Je vous remercie tous pour votre participation, et j'espère que ça vous a plu autant que j'ai aimé vous lire.

On se donne rendez-vous pour une prochaine édition en Janvier-Février !

Et en attendant, si vous avez des suggestions concernant le mode de fonctionnement du prochain Atelier, n'hésitez pas à répondre ici ou envoyer un MP au Capitaine.

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MessageSujet: Re: L'Atelier de Septembre-Octobre : Décrire pour englober   Mar 25 Nov - 10:57


    (Coucou, c'est moi !)
    J'aime bien vos textes. Non j'aime beaucoup en fait. Et ça me rassure de voir que certaines chambres semblent dans le même état de bordélitude que la mienne \o/ (non, je ne citerai pas de nom). C'est beau, de rentrer comme ça dans vos chambres, c'est un lieu intime je trouve, ce qui rend certainement les textes à la fois touchants et très personnels, on n'a presque pas besoin de savoir qui l'a écrit pour retrouver son propriétaire (:
    (Voilà voilà... c'est tout ce que j'avais à dire :°)

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MessageSujet: Re: L'Atelier de Septembre-Octobre : Décrire pour englober   Mer 26 Nov - 0:18

Et ben ça a beaucoup avancé ici^^

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MessageSujet: Re: L'Atelier de Septembre-Octobre : Décrire pour englober   Jeu 13 Aoû - 17:25

Attention attention, bravo à nos artistes :






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MessageSujet: Re: L'Atelier de Septembre-Octobre : Décrire pour englober   Ven 14 Aoû - 12:40

Trop beau. Surtout le portrait d'Arti :')

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MessageSujet: Re: L'Atelier de Septembre-Octobre : Décrire pour englober   Aujourd'hui à 4:59

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