LEVEZ L'ENCRE : Ateliers d'écriture réservés aux lycéens et +
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 Thème du mois de juillet-août

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Quel texte avez-vous préféré ?
Le Bruit
38%
 38% [ 3 ]
La peur, la curiosité, le courage et moi.
25%
 25% [ 2 ]
Né pour revivre
37%
 37% [ 3 ]
Total des votes : 8
 

AuteurMessage
Fred
Commandant de Bord


Messages : 645
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MessageSujet: Thème du mois de juillet-août   Mer 24 Juil - 15:39

Tintintiiiiiin c'est l'heure du nouveau thème !
Bon Tildu m'avait demandé de m'occuper du casino cet été résultat jusque là j'ai rien fichu (enfin si j'ai finalisé l'autre mais. Bon. Hum.) DONC je me rattrape !
Je vous prie de faire preuve d'indulgence quant au thème-bateau qui suit parce que je n'ai jamais été très douée pour en trouver mais voila voila :

En gros vous avez un personnage (ou plusieurs, mais avec plusieurs ça risque d'être long) qui s'aventure dans une maison hantée pour une raison que vous devrez trouver, et vous avez pour rôle de décrire ses sentiments et le paysage tout ça. En sachant qu'à la fin il doit se retrouver face à la chose qu'il craint le plus et réagir à la manière que vous souhaitez (un peu comme s'il voyait un épouvantard, vous voyez ?) et après soit il peut mourir, ou réussir à s'échapper, ou autre genre enfaitc'étaitpasunevraiemaison vous vous débrouillez voilaaaaaaaaaaaaa
Ai-je été claire ?
(ah et si vous participez, envoyez les textes sur mon compte. Avec ou sans titre )

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J'prends ma canne à garder la pêche pour attraper des poissons clowns
Et des casquettes ratons-laveurs, et toutes mes chaussettes assez cools
Des bretzels peace and love et mes patins à glace à la vanille
Des visas à vie pour des paysages sans vis-à-vis


Dernière édition par Fred le Ven 16 Aoû - 19:34, édité 2 fois
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Zois'O
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MessageSujet: Re: Thème du mois de juillet-août   Mer 24 Juil - 20:38

On a jusqu'à quand mon commandant de bord ?
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Lyadrielle
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MessageSujet: Re: Thème du mois de juillet-août   Mer 24 Juil - 21:08

Hm, le sujet a l'air génial :p
ça me donne trop envie d'y participer!

Je me pose la même question pour la date
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Invité
Invité



MessageSujet: Re: Thème du mois de juillet-août   Mer 24 Juil - 21:23

Je participe !
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Anaël
Commandant de Bord


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MessageSujet: Re: Thème du mois de juillet-août   Mer 24 Juil - 21:37

Mdr ça a l'air marrant comme thème même si ça semble plus approprié pour Halloween x)
Je vais peut-être participer si je trouve la motivation/l'inspiration/divination/ettoutpleindetrucsention.

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Les relations seules comptent pour l'homme. Mes relations, c'est toi.

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Fred
Commandant de Bord


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MessageSujet: Re: Thème du mois de juillet-août   Jeu 25 Juil - 0:29

Euh jusqu'au. Jusqu'au. Jusqu'au 15 ça vous va ?

Anael tais toi on s'en fiche tfaçon Halloween en France c'est pas drôle parce que personne le fête VOILA

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Elisheba
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MessageSujet: Re: Thème du mois de juillet-août   Jeu 25 Juil - 10:38

No way! xD J'avoue, personne ne le fête plus en France -_-

Je participe!! \o/

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Je ne savais pas que c'était impossible, alors je l'ai fait ~
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Dreamland
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MessageSujet: Re: Thème du mois de juillet-août   Jeu 25 Juil - 10:40

Je ne peux pas participer, raison : vacances sans Internet.
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Ezla
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Où suis-je ? : Sur mon balai volant

MessageSujet: Re: Thème du mois de juillet-août   Jeu 25 Juil - 15:56


    Le thème est sympa, mais je ne pourrais pas participer... Mais ! je viendrai lire (& voter s'il est encore temps ;D) ♥

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Sens dessus dessous. Sans dessus, sans dessous.
Sens qui se noient, sens qui se perdent.
Se perdre pour mieux se retrouver.
Et écrire pour mieux contempler.


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Dreamland
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MessageSujet: Re: Thème du mois de juillet-août   Jeu 25 Juil - 20:49

Au pire, je peux toujours faire mon texte avant. Mais bon Fred, si t'as rien reçu avant le quatre c'est que je ne participe pas et que je ne pourrai pas voter non plus ^^Moi, inutile ? X)
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Fred
Commandant de Bord


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MessageSujet: Re: Thème du mois de juillet-août   Ven 26 Juil - 1:29

Okedac ! ...?

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Elshalan
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MessageSujet: Re: Thème du mois de juillet-août   Ven 26 Juil - 20:52

Je joue !

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Puisque même les Dieux peuvent mourir, alors la Mort est le Dieu des Dieux
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Fred
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MessageSujet: Re: Thème du mois de juillet-août   Lun 12 Aoû - 20:33

(tintintin plus que trois jouuurs)

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MessageSujet: Re: Thème du mois de juillet-août   Jeu 15 Aoû - 11:53

Plus que... euh... C'est le jour !
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Elisheba
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MessageSujet: Re: Thème du mois de juillet-août   Jeu 15 Aoû - 12:27

Ah oui!! Et...Je suis en retard O_o *pastaper!!*

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Lyadrielle
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MessageSujet: Re: Thème du mois de juillet-août   Jeu 15 Aoû - 12:46

Je viens d'envoyer mon texte !

J'espère qu'il a bien été reçu =)

Bonnes vacances à tous !
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Fred
Commandant de Bord


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MessageSujet: Re: Thème du mois de juillet-août   Ven 16 Aoû - 19:32

Et voilaaaaaaa ! Et maudits soient ceux qui s'inscrivent et ne préviennent pas qu'ils n'enverront pas de textes, TSSSS.


Le Bruit




Elle est dans le jardin, petit ange blanc de douze ans, sans trop savoir quoi faire. Un peu fée, un peu sorcière, Sarah se glisse entre les grilles rouillées et avance dans les herbes hautes d’une allée abandonnée, poussée par les figures grimaçantes d’adolescents qui lui hurlent d’y aller. Alors qu’elle laisse les mauvaises herbes et les ronces écorcher ses chevilles, les cris fusent dans son dos comme des fléchettes empoisonnées qui la somment de se dépêcher et de retourner parmi les « siens », les esprits de cette maison désertée depuis plus d’une centaine d’années. Elle marche vers le perron en serrant sa pierre de lune fétiche contre son cœur et en songeant aux raisons qui ont poussé les autres à la mener ici ; elle a souvent entendu ces rumeurs de couloir, ces mauvaises langues qui la disaient médium et capable de ressentir les revenants.
Aujourd’hui, elle doit le montrer. Démentir ou prouver, elle ne sait pas, elle ne sait plus. Tout ce qu’elle veut c’est s’échapper, filer loin dans un endroit connu d’elle seule et ou personne, oui absolument personne, ne pourrait la retrouver.

Elle traine les pieds et marque un temps devant la demeure en se souvenant de Psychose, son film préféré, car elle trouve que l’habitation qui se dresse, imposante devant elle, a un petit air de la maison des Bates. Secrètement, elle espère ne pas se faire assassiner froidement dans un coin de salle de bain, mais elle chasse rapidement cette idée en se disant que très certainement son imagination mêlée d’angoisse lui joue des tours. Puis, en soupirant, elle allume la chandelle qu’on avait bien voulu lui céder pour qu’elle s’éclaire et enjambe des rosiers sauvages qui avaient envahi les marches du perron comme pour en garder l’accès.

Lorsque Sarah ouvre en tremblant la porte de la maison, son cœur se serre violemment comme aux prises des griffes d’un aigle qui lui dévore l’intérieur et qui s’appelle Peur. Elle pénètre dans l’entrée et remarque le parquet de bois sombre qui n’était plus de première jeunesse, le papier peint déchiré et jauni par le temps, les toiles d’araignées qui dentelaient le lustre de cristal à moitié brisé. La jeune fille jette aussi un œil à l’escalier qui mène à l’étage et dont les marches rongées par le manque d’entretien semblent prêtes à se briser à chaque seconde puis se dirige vers la première porte à sa gauche, intriguée par quelques notes de musique qui se font entendre.

Après avoir poussé le battant de bois, elle arrive dans un salon de taille moyenne dont les grandes baies vitrées qui devaient donner autrefois sur un jardin s’étaient brisées pour une raison obscure. Le lierre du dehors en avait profité pour s’infiltrer à l’intérieur et s’était mêlé aux fissures du mur, créant un ensemble de formes sinistres sur les boiseries blanches de la pièce. Reléguée dans un coin, une chaise à bascule gisait misérablement près d’une cheminée éteinte dans laquelle il y avait encore quelques vieilles cendres grises tandis que près des fenêtres un piano à queue très abîmé semblait attendre depuis une éternité d’être utilisé.
Tout d’un coup, une petite voix retentit. Une voix d’enfant, chevrotante mais ponctuée de malice. Elle chante cette vieille comptine que Sarah entendait alors qu’elle n’était qu’une toute petite fille, cette chanson inquiétante dont la mélodie et le rythme sonnent, saccadés, comme les pas d’une mort certaine qui arrive petit à petit : « Ashes, ashes, we all fall down… ». La jeune fille sent la peur glisser sous sa peau le long de ses muscles et voit les touches jaunâtres du piano s’enfoncer de manière aléatoire puis s’assembler enfin pour jouer une Sonate au Clair de Lune désaccordée. Sur le piano, un verre de cristal dans lequel trainait une trace de vin rouge vibrait avec la musique. C’était comme si les derniers propriétaires de la maison étaient partis précipitamment en laissant leurs biens derrière eux.
Au bout d’un moment, la chaise à bascule se met à bouger en grinçant et, dans le miroir qui lui fait face, Sarah distingue une longue silhouette…qui disparait après quelques secondes. Puis le silence. Pesant. Plus rien. Tout cesse de bouger. Il y a juste ce bruit, ce tic-tac comme le son d’une horloge qui s’approche. Doucement.
Sarah regarde en vain autour d’elle, il n’y a rien qui peut produire un tel bruit. Rien ne semble bouger, rien ne semble se cogner. Et pourtant, le tic-tac approche, menaçant. Le cœur de la jeune fille commence à s’accélérer, sa respiration à se bloquer. Elle court hors de la pièce pour échapper à ce qu’elle entend. Elle ne craint pas les esprits, elle ne craint pas leur présence non plus. Elle n’a pas peur de ce qu’elle voit, mais elle est horrifiée par ce qu’elle ne peut pas percevoir. Dans le hall d’entrée, le bruit s’est estompé.
La jeunette s’est quelque peu calmée, cependant elle ne peut ignorer cette sensation bizarre qui l’oppresse. Elle se sent observée. Où ? Elle ne sait pas, c’est nulle part et partout à la fois. Lorsqu’elle regarde quelque part, il lui semble qu’on l’épie à l’opposé, comme si une force malfaisante se jouait d’elle et se dérobait indéniablement à son regard. De temps en temps, elle a l’impression que quelque chose la frôle et cela lui donne la chair de poule. Tout en tentant d’oublier ces idées folles, elle grimpe doucement les escaliers, soulevant sur son passage de lourds nuages de poussière.

Derrière elle, le bruit reprend, cette fois près de la porte d’entrée. Il se déplace doucement et tourne en rond dans le hall comme à sa recherche, mais alors que la jeune fille croit y échapper, il monte les escaliers, marche après marche. Sarah fait un pas. Tic. Encore un autre. Tac. Puis à nouveau plus rien.

Le premier étage de la maison est, contrairement au rez-de-chaussée, complètement débarrassé et constitué d’une succession de pièces vides et délabrées. Cependant, il n’est pas en meilleur état : le parquet s’est effondré à quelques endroits et les murs sales suintent d’humidité. Dans la salle de bain au carrelage ébréché, le robinet de la baignoire crasseuse de poussière noire fuit en laissant s’échapper des gouttes qui résonnent dans un bruit désagréable. Le reste des pièces sont banales, excepté une chambre carrée dans laquelle git sur le sol une vieille poupée grise à l’œil arraché, aux cheveux à moitié brûlés et à la robe de mousseline décomposée.
Sarah frissonne en posant son regard sur le jouet qui fait horreur à voir. Mais c’est désormais sans importance : le tic-tac est revenu. De plus en plus fort, de plus en plus vite. Il avance dans le couloir. En tendant l’oreille, on peut s’assurer de sa progression rapide dans la maison.

La jeune fille recule précipitamment, s’attendant à voir quelque chose débarquer tout près d’elle alors qu’elle se terre dans la chambre près de la poupée qui tourne doucement la tête vers elle et la regarde fixement de son œil de verre dans lequel brille un éclat vivant. Sur le mur, elle peut lire une inscription écrite d’une main tremblante et gravée dans le plâtre : « VA-T’EN ». La lumière de sa bougie vacille dangereusement comme pour signaler l’approche d’un danger.
Sarah hurle. Sa tête lui fait mal, elle a une boule à l’estomac. Lorsque le bruit la suit dans la pièce et se précipite vers elle accompagné d’un grincement de parquet, elle sort précipitamment de la chambre en jetant derrière elle sa bougie qu’un courant d’air froid avait éteinte.
Elle descend les escaliers en courant, brise une marche dans sa course et se précipite dans le hall pour tomber contre la lourde porte d’entrée. En haut, le bruit chemine dans le couloir et entame une descente dans les escaliers. Paniquée, Sarah tire sur la poignée de la porte mais la peur empêche les quelques tours de forces auquel elle s’adonne pour s’enfuir. Le battant ne cède pas sous la pression de ses mains. La porte, rouillée par les siècles, est comme bloquée. Le tic-tac accélère, il descend les escaliers marche après marche.  La jeune fille frappe contre la porte en hurlant :
 -JE VEUX SORTIR !!
Rien n’y fait. Ses mains devenues moites glissent sur la poignée et elle se dépêche de trouver un moyen de sortir. Le bruit approche encore, elle l’entend qui avance dans le hall et qui va la rattraper en moins de dix secondes. Dix. Neuf. Ses yeux s’écarquillent, d’une main elle force la poignée tandis que son autre main tire la porte pour la faire céder et gratte violemment contre le bois dans un geste de désespoir, écorchant la paume de sa main et faisant saigner ses ongles. Huit. Sept. Six. Cinq. Bientôt les battements de son cœur qui s’accélère se mêlent au tic-tac, formant dans sa tête un brouhaha insupportable. Le sang afflue violemment dans ses veines, il lui semble que quelque chose au font d’elle va exploser, se détruire ; sa respiration déjà courte se bloque. Quatre. Trois. Deux…Un. Le bruit approche, il est à quelques centimètres d’elle et… Sarah pousse un cri. La porte s’est enfin ouverte. Elle saute dehors, se prend les pieds contre les rosiers, se blesse contre les épines mais ne se soucie pas de la douleur. Elle se sent s’éloigner du bruit tandis qu’elle court dans les ronces qui bloquent ses mouvements. Dans l’allée, une brume épaisse s’est formée, empêchant Sarah de voir où elle va. Son cœur bat plus vite, plus fort encore. Quelque chose la poursuit, court après elle sans qu’elle ne sache ce que c’est. Une petite voix l’encourage dans sa tête à accélérer car tôt ou tard elle arriverait aux grilles et serait sauvée.

C’est effectivement le cas. Alors qu’elle court à perdre haleine, elle distingue les adolescents qui l’ont emmenée sur les lieux et qui attendent le nez contre la grille. Lorsqu’ils la voient arriver, ils hurlent et secouent la grille en lui criant de se dépêcher mais la brume commence à prendre du terrain.
 -Allez allez alleeeeeez !!! cria un des adolescents en tendant la main vers Sarah qui court encore.
Elle y est presque… Cinq mètres. Quatre. Trois…

Mais soudain, les visages des adolescents se décomposent. Ils se frottent les yeux en observant Sarah avec surprise. Mais déjà elle n’existe plus. Sa course se fait plus légère, ses mouvements plus souples. Déjà elle disparait pour se transformer, pour ne plus devenir qu’un être de vapeur évanescente. Brume parmi les brumes, elle est engloutie par le brouillard et expire en lâchant un râle.
 -Qu’est-ce qu’il s’est passé ?! s’écrie un autre gamin dont la peur faisait dérailler la voix.
 -Elle est où ? Elle est où ?! hurle un autre en cherchant Sarah des yeux dans le brouillard.
Ils se taisent puis, l’angoisse se faisant de plus en plus oppressante, l’un deux s’exclame :
  -Merde ! MERDE !! On se casse les gars, on se casse !!
Ils partent tous en courant et sans se retourner, abandonnant leur victime à son triste sort.

Depuis ce jour-là, aucun d’eux n’a osé revenir à la maison hantée dont on dit quelque fois entendre les cris d’une jeune fille pendant la nuit, suivis d’un tic-tac grandissant. Sarah, quant à elle, a disparu pour de bon. On ne l’a jamais retrouvée.


La peur, la curiosité, le courage et moi.


   Si je vous dis que je ne suis pas une trouillarde, vous me croyez ? Pourtant, en ce moment même,  je crois bien que j’ai peur.

Quelle idée j’ai eu de rentrer dans cette fichue maison ! Il y fait sombre et humide, des toiles d’araignées font office de rideaux aux fenêtres dont les volets sont fermés pour la plupart bien sûr, sinon ce ne serait pas drôle. Je me croirais presque dans un mauvais film de zombies. Mais pour l’instant, pas de zombie en vu, simplement un escalier sinistre dont je ne finis plus de compter les marches.

   Qu’étais-je venue chercher déjà ? Ah oui, je me rappelle : assouvir ma curiosité, celle-là même qui est en train de me causer bien des frayeurs.  Cependant, je ne me trouve qu’au beau milieu d’un bois, dans une maison abandonnée, si je peux encore l’appeler « maison » vu son état, qui me renvoie des sons dont personne ne saurait me donner l’origine. Rien de bien méchant jusque là, je vous assure. Et c’est maintenant que ça dérape : les lattes moisies du semblant de parquet se mettent à grincer, sans que je ne les y autorise en marchant dessus. Je prends tout de même la peine de me retourner. La porte d’entrée est face à moi, des caisses de bois l’encadrent de part et d’autre. Sur un appui de fenêtre, je remarque un vase en terre cuite encore rempli de terre et sa branche morte se prenant pour une fleur. Je tends l’oreille. Toujours rien. Je me retourne à nouveau vers l’escalier trônant devant moi. Personne n’aurait l’idée de monter sauf moi et ma curiosité. Je fais donc plusieurs pas vers cet escalier miteux et m’arrête devant afin de l’observer. Celui-ci s’enfonce dans un mur et je remarque les gonds d’une porte maintenant inexistante. Des portraits de gens inconnus et plutôt âgés sont accrochés le long des murs recouverts eux-mêmes d’une tapisserie usée par le temps. Je me retourne une dernière fois vers la porte et vérifie qu’elle est bien ouverte avant de m’engager.

   Mon cœur commence à se calmer. Je monte les marches une à une, lentement mais avec assurance dans le but de ne louper aucun détail. Heureusement qu’il fait encore jour permettant à la lumière de pénétrer à travers quelques fenêtres cassées ou abîmées. J’ai cependant un drôle de ressenti. Quelque chose me regarde attentivement. Je m’arrête alors de monter et jette un coup d’œil aux portraits. La peinture est écaillée et les décors sont les plus touchés. Quant aux visages des personnages, eux sont intacts. Coïncidence ? Sans doute. Il faut bien que je me rassure d’une manière ou d’une autre. Je décide alors de progresser vers l’étage.

   En haut de l’escalier, une porte se dresse devant moi. Je n’ai aucune idée de ce qu’il peut y avoir derrière. Curiosité ou prudence ? Je prends mon courage à deux mains et ouvre la porte.

   Un mur. Un mur de briques s’élève devant moi. Et comme s’il m’attendait depuis longtemps, un trou suffisant pour y passer à quatre pattes le rend désormais inutile en vue de mon passage. C’est comme si je participe à une chasse aux trésors ! L’excitation monte en moi, et je m’engage sans hésiter, en laissant de côté le tapotement des escaliers…

   Tout ça pour rien. Je débouche sur une pièce unique dont la charpente du toit est apparente. Après quelques pas, je ne peux pas en faire un seul supplémentaire sinon, je tombe dans le grand trou béant situé  en plein milieu du sol vermoulu. Dommage, j’aurais aimé approcher cette petite cheminée et examiner de plus près les bibelots posés dessus. Mais prudence oblige : demi-tour. Enfin, maintenant je sais ce qu’il y a dans cette maison et la curiosité arrêtera de me tarauder. Uniquement à ce sujet, bien entendu.  

  Je n’ose plus avancer. Deux yeux me fixent dans l’obscurité du trou me permettant de sortir. Pas de battement de cil et je n’ai rien entendu s’approcher de moi. Pourtant, la chose est bien là. Je ne peux plus reculer. Ni avancer. Mon cœur s’emballe. Vite, très vite. La peur me gagne et je perds mes idées. Non, je dois réfléchir. « Réfléchis, réfléchis ! » Je fais face à la chose et décide de planter mes yeux dans les siens avec un air déterminé. Pour peu que cette chose soit un tantinet animale, j’espère qu’elle me considérera comme un prédateur et non une proie. Et oui, je n’ai rien trouvé de plus bête que d’appliquer une leçon digne d’un documentaire animalier avec une chose, un monstre.

  Je croise mes doigts qui pourront bientôt ne plus être et me concentre sur mon regard. L’être continue de me regarder fixement. Un son rauque et guttural sortit de sa gorge. Il s’approche, sans un bruit. Mon sang se glaça. Les trous dans la toiture permettent de distinguer une fourrure. J’attends étant dans l’incapacité totale. Ca y’est, il ne se trouve plus qu’à  un ou deux pas de moi. Il rentra alors dans un des rayons de lumière me permettant alors de voir ce qui me donnera la mort sous peu.

   Je retrouve les yeux perçants que je n’ai cessé de fixer ainsi que de larges babines. Une grosse fourrure de poils épais le couvre lui donnant un peu plus de volume. Il possède aussi de grandes griffes recourbées, celles qui se contentent d’arracher la chair plutôt que de la découper. Je m’accroupis alors et accepte ce qui va en découler naturellement.

   Une grosse léchouille. Et une grosse frayeur pour un chat. Ouf, pas de monstre en vue. Je repris une grosse bouffée d’air et caressai le chat. On dit que ça apaise et capte les énergies négatives. En tous cas, moi je trouve ça sacrément mignon, comme sale bête. Je peux donc me remettre en route vers la sortie. Maintenant que j’ai tout examiné, je jette un œil rapide sur les portraits en dévalant quatre à quatre les escaliers. Je passe par la porte séparant le rez-de-chaussée et l’escalier puis la referme. La porte ?!

   Mais si le plancher du premier étage présentait un trou, pourquoi le plafond du rez-de-chaussée est intact ?! Je me précipite vers la porte d’entrée, le moment n’étant plus à la réflexion. Verrouillée. Le chat ? Disparu ! Je tape la porte de toutes mes forces mais rien à faire. Je me retourne alors, cherchant des yeux un objet pouvant m’aider à défoncer ou forcer la serrure. Je me souviens du pot de fleur et ne sachant pourquoi, je le regarde. Je n’avais pas remarqué la fiole située tout juste à côté. Je la prends en main. Elle vient tout juste d’être ouverte et son contenu n’est pas plein. Je me tourne alors vers le pot. La vieille branche s’était transformée pendant ma balade et une magnifique rose rouge pointant actuellement le bout de nez vers ma direction. Elle est tellement belle que j’oubliai une seconde ma situation délicate. C’est alors que le plancher recommença alors ses grincements mais cette fois-ci accompagnés de pas. De pas lourds, des pas d’humain.

   Ce n’est plus des yeux que je vis briller mais une lame. Rien ne me servirait de la fixer. Pourtant je le fis. Et je hurlai. Je crois bien que j’ai peur.


Né pour revivre





Alors Ses fils bâtirent les royaumes,
Modelant magnifiquement Midgard, la Terre du Milieu :
Le Soleil du Sudri réchauffant les pierres de cette halle,
Alors du sol poussa l'herbe douce et verte.


Je le savais. Je l’avais toujours su. Je n’aurai jamais du lui faire ce compliment. Dès que je lui en faisais un, il changeait du tout au tout et commençait à rire, à sourire et à faire n’importe quoi. Un vrai emmerdeur de première celui-là.

- Et bien quoi ? Tu ne viens pas Siegfried ?

Je regardai mon meilleur ami d’un air irrité. Le problème quand il était dans cet état-là était qu’il se croyait invincible, immortel, à l’image des dieux que nous vénérions. Il les insultait d’ailleurs souvent, pensant pouvoir leur faire face, pouvoir les combattre et pire encore, les vaincre. Il se voilait totalement la face, et se moquait de tout. Je ne pouvais lui en vouloir totalement après tout : ses parents étaient morts alors qu’il n’était qu’un enfant et il avait du se débrouiller pour vivre, pour survivre, mangeant ce qu’il pouvait cueillir, voler ou tuer, marchandant avec les loups, voyageant sur le dos de chevaux sauvages, parlant avec les oiseaux ou nageant avec les poissons. Ce qu’il avait acquis l’avait rendu plus fort, bien trop fort.

Quand je l’avais rencontré, il ne parlait pas beaucoup mais grognait et se battait avec une arrogance et une force inouïes. Par chance, le Père de tout, Odin, était à mes côtés ce jour-là et, tel le marteau de Thor détruisant tout sur son passage, je parvins à le maîtriser alors qu’il se jetait sur moi, affamé, féroce. Assommé, je l’avais ramené chez nous et ma mère avait pris soin de lui. Je n’avais pas rapporté de gibier ce jour là mais un second frère, un ami, un enfant meurtri. Nous l’avions baptisé Anir, du nom de notre ancien maître du village, mort il y avait dix ans de cela. Sa mort nous avait ébranlés mais il était mort avec honneur, sur le champ de bataille, comme mon père. Tous les soirs je priais les Walkyries de bien traiter leurs âmes. Je rêvais de me rendre au Valhalla pour les revoir une dernière fois et leur dire ce que j’avais sur le cœur. Mais je savais que si j’étais amené à les revoir, cela ne serait pas de bon augure.

Il réveille les Einherjars qui demeurent avec Herjan ;
Un autre chante sous la terre
Dans le palais de Hel, de couleur rouge sombre.

Mon père deviendrait l’un de ces Einherjars et il combattrait pour notre survie à tous. Thor, je t’en supplie, protège-nous

- Ah, je sais. Tu as peur, jamais tu n’oseras me suivre !

Et voilà qu’il recommençait. Dire qu’hier je l’avais sauvé alors qu’il s’était fait prendre dans un piège à loup et que sa chair rougeoyait tandis que des larmes lui sortaient des yeux. Il ne supportait pas la douleur, elle lui faisait peur, lui rappelait son passé, ses souffrances et la mort. Je me levai du rocher sur lequel j’étais assis et pris ma lance. Grande et flamboyante, je l’avais aiguisée pendant des heures. Je l’avais héritée de mon père et je ne m’en séparais jamais. Sur le haut étaient gravés des signes ancestraux synonymes de bravoure, de force et de sagesse. Je reconnaissais maintenant aisément les symboles de Tyr, ce dieu du combat et de la guerre. Ma mère me rappelait souvent combien la ruse était essentielle dans une bataille et j’aimais l’entendre me raconter l’historie du sacrifice de ce dieu, donnant un de ses bras à l’immonde bête Fenrir, fils de Loki, ce dieu trompeur et mesquin.

- Avoir peur ne veut pas dire que l’on est lâche, Anir.
- Loin de moi la prétention de douter de ta bravoure, vieux frère, lâcha-t-il d’un ton hautain.

Lui rendant son sourire orgueilleux, je le suivis. Il faisait froid en cette période glaciale. Toutes les feuilles étaient tombées, la neige avait recouvert le sol de son tapis soyeux et les Hommes s’abritaient prudemment chez eux pour éviter de mourir geler ou enseveli par une tempête que personne n’avait su prévoir. Notre prophétesse semblait sans défense et ses lèvres bleues, comme son teint pâle, ne nous rassuraient guère. Les Nornes l’avaient comme abandonnée et ne lui fournissaient plus assez d’indices sur le futur, le passé ou le présent.

Dehors, nous étions les seuls fous à s’aventurer, ne craignant ni le froid, ni la neige, ni la glace, ni la mort. Mais je ne voulais pas mourir sans honneur. La mort par l’épée restait la seule acceptable à mes yeux. Si je devais trépasser, je voulais rejoindre les miens, mon père. Comme il devait être heureux là-bas, dans le royaume des dieux.

Je ne savais même plus comment Anir m’avait convaincu de sortir ce jour-là. Depuis plusieurs mois, il ne tenait plus en place et gigotait dans tous les sens dans la maison, dérangeant ma mère, enceinte et sur le point d’accoucher. Je n’aimais pas la laisser seule. Même si elle ne l’était jamais vraiment, l’abandonner me faisait mal et la présence de ces bonnes femmes, ses amies soit disant, ne me plaisait guère. La veille, elle nous avait raconté la légende du monstre sans visage qui errait par ici, se cachant le jour et sortant la nuit à la recherche de nourriture. On le disait autrefois humain, fort et généreux. Mais il avait déplu aux dieux. Son désir de vengeance l’avait consumé jusqu’à les honnir tous, jusqu’au dieu Loki. Sa fille avait été tuée lors du pillage de son village et il n’avait pas été capable d’arrêter le viol qui s’était déroulé sous ses yeux alors qu’il était enchaîné, comme une bête. Mais ses geôliers ne l’avaient pas tué tout de suite. Pis que cela, ils l’avaient torturé, brûlé, mis à bout et fait hurler jusqu’à ce qu’il ne reste plus rien de lui qu’une chair sanguinolente et inerte. Son âme n’avait pas trouvé la paix depuis et on disait qu’il s’était transformé en un monstre ignoble, traquant tous les traîtres, les sournois, les voleurs, les violeurs ou ceux qui se croyaient l’égal des dieux. Car cela il l’avait bien compris : les dieux l’avaient rendu immortel pour le punir de les avoir insultés. Sa vie n’avait ainsi plus vraiment de sens mais il souffrait jour après jour. On disait même, que les soirs de pleine lune, un long rugissement pouvait s’entendre le long de la corniche du nord, près de la mer agitée, suppliant et priant les dieux de le pardonner lui et son orgueil. Mais ceux d’en haut ne l’entendaient plus.

Je vois maintes choses alors, bien loin dans le Destin :
Je vois venir le jugement des Ases qui les châtiera.


Cette histoire avait secoué Anir qui s’était juré de retrouver cette bête sauvage pour la tuer. Il se pensait le justicier des dieux, celui qui libèrerait le village de ce monstre, il se croyait invincible et ne priait jamais, se pensant assez fort pour se débrouiller tout seul.

Depuis des heures nous pistions donc cette bête. Je le suivais loin derrière, cherchant malgré moi à le protéger d’un danger inattendu parce que je tenais vraiment à lui, je devais me l’avouer.

Il faisait nuit à présent et j’avais du mal à y voir clair. J’allumai ma torche et vis qu’Anir avait fait de même. Dans une heure nous nous arrêterons pour manger ensemble. Ce fut alors que je l’entendis : un cri comme poussé du fond des âges, un râle puissant et effrayant qui vous pénètre jusque dans les os, vous pétrifiant et vous ramenant à votre triste réalité de piètre être mortel.

- Anir !

Mais il ne m’entendit pas. Il s’était mis à courir dans la direction du nord, moi à ses trousses. Ma torche pendait à mon bras et me faisait mal chaque fois qu’elle heurtait ma lance. Mes jambes ne me supportaient plus qu’à grande peine et le froid commençait à me gagner alors que les étoiles montaient dans le ciel, m’illuminant de leur bonté céleste. Les dieux me protégeraient-ils encore une fois ? Je ne cessais de leur demander secours, je ne cessais de penser à ma mère et à mon père et je ne cessais de me dire combien j’avais été stupide d’avoir accepté la proposition de ce sauvage. Mais je savais qu’il serait sorti seul et je ne l’aurais jamais permis. Je n’avais pas besoin de sa mort sur ma conscience.

- Par ici !

Anir s’était arrêté derrière des buissons et scrutait une maison, un peu plus loin sur la côte. Il n’était plus essoufflé : il avait du m’attendre un moment et je l’en remerciais. Il me jeta un bref coup d’œil et resta silencieux le temps que je reprenne mon souffle. Il prit ma torche et la posa délicatement sur un rocher. Je l’entendis alors murmurer :

- Tu reconnais cette bâtisse ? C’est celle de l’histoire, celle de la légende du monstre. Elle s’appelle Nidhogg, comme le Dragon Noir du monde souterrain. C’était la maison dans laquelle il habitait le jour du pillage mais on dit qu’il n’y retourne plus désormais, cela lui rappelant sa défaite face à l’envahisseur.
- C’est une maison hantée, Anir. Sa mère, son oncle, sa tante et sa fille sont morts dans cette bâtisse et leurs esprits n’ont toujours pas trouvé la paix. On dit que tuer le monstre ouvrirait le portail qui ramènerait leurs âmes dans le royaume des dieux.
- C’est pourquoi je suis ici, me dit-il, sur de lui. Une fois le monstre tué, cette maison ne sera plus hantée et je serai vénéré dans la région.

Je préférai ne pas répondre à cette pique supplémentaire, me montrant une fois de plus qu’il n’agissait que pour sa gloire personnelle. Je le vis se lever. Il me jeta un regard déterminé et je compris alors qu’il avait l’attention de pénétrer dans cette demeure. Ma peur l’emporta sur tout le reste :

- A quoi bon, Anir ? Qu’espères-tu trouver là-bas ? Il n’y a rien dans cette maison, si ce n’est la mort et les esprits malfaisants.
- Tu n’es qu’un lâche, Siegfried. Si tu ne veux pas venir, j’irai seul. Cette maison n’est que la première étape.

Désespéré, je le vis s’éloigner, une torche à la main, une lance dans l’autre. Il avait également pris le casque du mari de la prophétesse qu’il avait dérobé alors qu’elle festoyait parmi les dieux. De loin, il ressemblait à un vrai soldat mais ce n’était qu’un enfant, à peine sorti de l’adolescence. Mon pouls s’accéléra quand j’entendis une porte grincer : c’en était trop. Je décidai de le suivre. Mes pas se faisaient lourds sur la neige et le silence me pesait. Les flammes dévorantes de ma torche me permettaient de garder le soupçon de raison qu’il me restait.

A mon tour j’entrai dans la demeure. Le sol se mit à craquer péniblement sous mes pieds et je retins un cri. Tout était sombre, obscur, comme habité par les légions de Hel. Les meubles étaient mystérieusement restés intacts. M’approchant, je pus voir ce qui restait de la cuisine : le four en pierre était plein de poussière et de suie et les assiettes en bois étaient pourries et grignotées par les insectes. Les chaises étaient éparpillées sur le sol et la table était penchée sur le côté. Des résidus de corde se trouvaient encore accrochés à ses pieds. Frissonnant je m’imaginais malgré moi la scène de torture qui s’était déroulée ici, il y avait bien longtemps de cela.

Anir était monté à l’étage. Les escaliers étaient encore en bon état même si certaines marches manquaient. Je pus voir les lits, complètement déchiquetés, brisés. Les armoires étaient éventrées, à plat sur le sol. Les murs étaient noirs de saletés, de poussière. Tout n’était que chaos.

- Sortez de chez moi, étrangers !

Pétrifié, je faillis tomber à la renverse et me retins de justesse sur le rebord de l’escalier qui craqua sous mon poids. J’étais persuadé d’avoir entendu quelque chose : ce ne pouvait être les remous du vent et je n’avais pas reconnu la voix d’Anir. Les esprits étaient bel et bien là et ils flottaient tout autour de moi. Je pouvais les sentir.

Je voulus repartir mais je ne pouvais m’y résoudre. Je devais savoir si Anir allait bien. Reprenant consistance, je me redressai et repartis, m’éloignant des marches. Ma lance était en position d’attaque et mon regard essayait de pointer tous les recoins, tous les espaces vides. Je tremblais encore sous la menace de l’esprit qui avait parlé. Je priais tous les dieux connus de me pardonner d’avoir pénétré dans cette demeure hantée mais je ne pouvais abandonner mon ami, aussi fou était-il.

- Siegfried, au secours !

Bon sang ! C’était Anir. Ne percevant plus le son de sa voix, je commençai à ouvrir toutes les portes qui apparaissaient sur mon passage. Le bois faisait un bruit qui m’insupportait, il grinçait alors que mon corps tremblait et je pouvais sentir tous les insectes qui arpentaient le sol. Cherchaient-ils à fuir eux-aussi ? Plusieurs statuettes des dieux étaient brisées et j’aperçus un ancien tableau présentant une jolie famille. Pourquoi avait-il fallu que je le suive ?

- Allez-vous-en !

La voix spectrale avait parlé. Les esprits me guettaient toujours. Je me mis alors à courir et finis par entrer dans une étrange salle, plus grande que les autres. Il n’y avait aucun meuble si ce n’est un reste de lit déchiqueté dont le drap et le matelas étaient troués et presque noirs de suie. La lance d’Anir était près de la porte et portait des marques de sang. Je m’inquiétais de son état mais le vis près d’une espèce de miroir. On aurait dit que son image se reflétait comme si la surface de pierre du mur était un lac par-delà lequel tout pouvait se doubler, mais en sens opposé.

Anir était donc là, se tordant de douleur, à même le sol, la tête entre les mains. Il criait et hurlait mon nom mais je ne savais que faire. Je tentais de le relever, mais cela ne fit rien d’autre qu’aggraver ses souffrances. A bout de nerfs, je lançai ma lance sur la surface réfléchissante. Je n’arrivais plus à réfléchir, tout s’entrechoquait dans ma tête. Loin de l’avoir entaillé, le miroir me renvoya ma lance en pleine figure et je dus me baisser pour éviter le coup fatal. Rampant sur le sol, je ne cessai de supplier Anir de repartir. Nous devions fuir et au plus vite. La bête pouvait rentrer chez elle. Il ne m’écoutait pas et continuait ses diatribes incompréhensibles. Désespéré, je lâchai prise et me laissa attirer par la surface magique. Celle-ci semblait m’appeler, et je ne pouvais résister à cet appel lancinant. Je plongeai alors mon regard dans le miroir et ce que j’y vis me fit lâcher un cri d’effroi : je pouvais voir ma mère se faire tuer en donnant la vie, les dieux moqueurs au-dessus de sa tête et la tête d’Anir sur une pique, juste à côté du cadavre du nouveau-né.

Je n’arrivai plus à respirer et tout en moi semblait en proie à une extrême panique doublée d’une tristesse infinie. Je comprenais pourquoi Anir souffrait à présent. Ce qu’il voyait devait être terrible : assister à la fin de ses proches était ce que je ne souhaitais à personne, même à mes pires ennemis. Ou peut-être assistait-il à sa propre fin ? Je me mis alors à prier. « Protégez ma mère, protégez mon ami, pro… ». Je ne pus finir : Anir m’avait bousculé et courait comme un dément dans la pièce, percutant les murs, heurtant la porte. Perdu dans ses cris de folie furieuse, il ne me voyait plus et sortit de la pièce. Sa fuite inopinée me permit de me détacher du miroir et je me mis à le suivre.

Ce qu’il disait semblait ne rien vouloir dire, et pourtant, alors que je m’y intéressais davantage, ses paroles me parvenaient claires et distinctes.

- Maudits soient les dieux, maudits soient ces immondes créatures qui ne savent rien à rien ! Je les maudis, je les déteste, plus jamais je ne leur ferai de sacrifices, plus jamais je ne les honorerai, plus jamais ! Ils ont détruit tout ce que j’avais, ils m’ont tué et je les hais ! Qu’ils aillent tous mourir chez Hel ! Qu’ils crèvent !

Choqué par ces paroles, je ne sus quoi dire. Blasphémer était un crime, pire que la mort. Les dieux l’avaient surement entendu et ne laisseraient rien passer, je le savais. Anir continuait de hurler et je tentai de l’arrêter mais il me frappa et je tombai à la renverse. Sonné, je vis trop tard une ombre approcher. Elle avait des cornes étranges qui volaient vers le ciel et son corps de bête me faisait froid dans le dos. Son regard était pire que celui de Hel et il s’approchait d’Anir, toutes griffes dehors. Le monstre sans visage en avait finalement un.

Le justicier des dieux était arrivé et il allait se venger à leur place. Alors que la bête accéléra la cadence pour sauter sur mon ami, je pris mon élan, me releva avec peine et accrocha Anir par sa tunique pour le faire tomber avec moi. Une fois de plus, il me repoussa, ne comprenant pas qu’il était en danger de mort, continuant à gesticuler comme un fou.

- NOON !

Ma voix se perdit dans un sanglot quand je vis que le monstre avait égorgé mon ami et qu’il se dirigeait maintenant vers moi, du sang plein la fourrure et la figure. De près, il était ignoble et je tremblais de peur. Me rappelant mon serment fait sur la tombe de mon père, je pris ma lance et commença à prendre de l’élan : peu importe si je devais mourir mais que ce soit dans l’honneur et lors d’un combat.

Vint alors le puissant détenteur de Mjöllnir ;
Baille l'hideux Serpent qui ceinture la Terre :
Lorsque l'Ase le plus fort de tous s'avance à grands pas pour contenir le venin.


Alors que je brandissais mon arme, ce ne fut pas ma lance que je vis mais un marteau. Je n’eus même pas le temps de réagir que le monstre était déjà sur moi. Puisant dans mes réserves, je lançai le marteau de toutes mes forces et le dirigeai vers le visage de la bête. Le tonnerre gronda alors qu’une tempête de neige s’abattait sur la plaine. Le monstre était mort et gisait à mes pieds. Moi, Siegfried, je l’avais tué. Déboussolé, je lâchai le marteau qui tomba avec douceur dans la neige et je m’approchai du corps sans vie de mon ami. A trop vouloir, il avait tout perdu et je n’avais pas réussi à le sauver.

L’image de sa tête sur une pique me hantait toujours mais je ne voulais pas que le reste des présages se réalise. Inquiet pour ma mère, je décidai de repartir, le corps d’Anir dans mes bras. Quelques larmes de tristesse avaient coulé et baignaient parmi son sang et le mien sur mes joues. Jetant un dernier regard près de la mer houleuse, je fus surpris de ne rien voir : la maison hantée avait bel et bien disparu. Les esprits avaient enfin trouvé la paix. « Thor, protège-moi et guide-moi, je t’en supplie ! ».

Quelques heures plus tard, abattu par le froid, le vent et la neige mais bien plus encore par le chagrin, j’arrivai chez moi. L’enterrement de mon ami de longue date se fit dans la discrétion la plus totale mais il fut enseveli avec honneur. Je priai pour que son âme rejoigne celle de mon père et celle de son homonyme.

Apportant la Lumière aux âmes,
Mais les ombres sur leurs corps…


Arrivé chez moi, je ne vis pas ma mère. Mon cœur se remit à battre un peu trop rapidement et je commençai à paniquer. Angoissé, je me rendis dans la tente d’une de ses amies accoucheuse et la trouva souriante, un joli petit garçon dans les bras. Soulagé, je me mis à pleurer de joie et elle m’accueillit avec bonheur, me confiant mon petit frère.

- Comment vas-tu l’appeler ? lui demandai-je.
- C’est à toi de décider mon fils.

Je lui rendis son sourire chaleureux et cajola un peu le bébé avant de répondre. Cette journée avait été un véritable calvaire. Mon ami avait été tué, j’avais vu le monstre de mes propres yeux et l’avait tué et j’avais senti la présence de Thor à mes côtés, comme la fois où j’avais trouvé un petit garçon dans la forêt. Je ne me sentais pas mieux pour autant et je ne sais quand ma tristesse se tarirait. Tout avait été brusque, rapide, et maintenant que j’avais le temps de réfléchir, je savais exactement quoi répondre à ma mère. Né pour survivre, survivre pour mourir. Je ne l’oublierai jamais et il serait toujours à mes côtés, peu importaient les sacrifices.

- Il s’appellera Anir.

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MessageSujet: Re: Thème du mois de juillet-août   Ven 16 Aoû - 21:45

C’est alors que le plancher recommença alors ses grincements mais cette fois-ci accompagnés de pas. De pas lourds, des pas d’humain.
Joke !
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Yema
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MessageSujet: Re: Thème du mois de juillet-août   Sam 17 Aoû - 12:30


___A voté !

___J'ai beaucoup aimé vos textes ! Dans le deuxième texte je trouve qu'il y a quelques incohérences mais rien de grave !
___Félicitation aux participants en tout cas (Mêmes'ilsnétaientpasnombreuxcettefois ... La faute aux vacances ;p)

___Les résultats seront affichés quand ?

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Lyadrielle
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MessageSujet: Re: Thème du mois de juillet-août   Mar 17 Sep - 14:20

Idem, je me demande quand seront affichés les résultats !

Seulement 8 votes ? hm, dommage
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Fred
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MessageSujet: Re: Thème du mois de juillet-août   Mer 18 Sep - 11:38

Humouipardon.

Laure remporte donc le Casino avec Le Bruit (ouaiiiiis bravooooo) suivi de Lya avec Né Pour Revivre et d'Echinus qui arrive en troisième et dernière position avec La Peur, La Curiosité, Le Courage et Moi. Tadaaaaaaam. (bon en fait Laure et Lya ont trois votes chacune MAIS ya écrit 38% pour Laure et 37% pour Lya oui non j'ai pas compris non plus mais voilaaaa.) (et Echinus a deux votes !)

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Lyadrielle
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MessageSujet: Re: Thème du mois de juillet-août   Mer 18 Sep - 11:43

Fred a écrit:
ya écrit 38% pour Laure et 37% pour Lya oui non j'ai pas compris non plus mais voilaaaa.
Ha ouais, j'avais même pas vu o/

Bravo à nous trois donc ! Dommage que peu de personnes aient voté et participé.

A quand le prochain thème ? =)

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Fred
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MessageSujet: Re: Thème du mois de juillet-août   Mer 18 Sep - 11:55

No idea.

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Lyadrielle
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MessageSujet: Re: Thème du mois de juillet-août   Mer 18 Sep - 11:56

Hm. On va patienter donc

Ce thème était original en tout cas
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Fred
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MessageSujet: Re: Thème du mois de juillet-août   Mer 18 Sep - 11:58

Ben dur de trouver les thèmes quand même ^^
Haha j'aurais dit bateau plus qu'autre chose mais cool donc xD

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Modjita
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MessageSujet: Re: Thème du mois de juillet-août   Jeu 19 Sep - 23:15

Non, j'ai raté le vote !! Mais magnifiques textes...

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MessageSujet: Re: Thème du mois de juillet-août   Aujourd'hui à 7:05

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