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 L'étudiant qui rêvasse à sa fenêtre [TITRE PROVISOIRE]

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Julie
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MessageSujet: L'étudiant qui rêvasse à sa fenêtre [TITRE PROVISOIRE]   Ven 11 Nov - 19:14

Les arbres avaient revêtu leurs manteaux d’automne aux couleurs chatoyantes. À la manière de la couche de vernis qui rendrait un tableau plus brillant, la lumière rougeoyante du crépuscule repeignait le paysage et lui donnait une autre nuance, révélant les reflets cuivrés des chênes au tronc massif, baignant d’un éclat d’or la colline paisible.
Étienne aurait rêvé pouvoir se promener dans la forêt en cette saison. Il adorait sentir le parfum de la nature endormie après la pluie. Sous ses pas, le craquement des feuilles mortes lui évoquait le crépitement d’un feu de bois. Pour l’instant, il se contentait d’admirer la vue plongeante sur le parc de l’Institut que lui offrait la baie vitrée de la bibliothèque universitaire.

PS : Pas de mystère ni d’intrigue svp, j’ai pas envie que ça dérive dans du policier et que ça nous prenne la tête pour défaire les noeuds xD


Dernière édition par Julie le Mer 25 Jan - 14:25, édité 5 fois
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Tildu
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MessageSujet: Re: L'étudiant qui rêvasse à sa fenêtre [TITRE PROVISOIRE]   Mar 15 Nov - 21:49

Des petits tapotements sur son épaule le firent revenir à la réalité. Il se retourna et enleva ses écouteurs en voyant son ami Alphonse.
« Tu veux t’asseoir ? » lui demanda t’il, en dégageant la table où des monticules de papiers et de livres s’entassaient depuis des heures. Son ami acquiesça et s’affala sur une chaise. Ses cheveux blonds partaient dans tout les sens, et ses lunettes un peu tordues et ses yeux enflées lui donnaient l’air de quelqu’un qui vient de se réveiller. Étienne voulut lui demander où il allé pour avoir cet air si défraîchi, mais son ami ne lui laissa pas le temps d’ouvrir la bouche.

D'accord, ceci s'appelle ne pas avoir d'inspi...


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Mema
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MessageSujet: Re: L'étudiant qui rêvasse à sa fenêtre [TITRE PROVISOIRE]   Jeu 17 Nov - 19:47

«Pff, je t'ai cherché partout !!», souffla-t-il. «Qu'est-ce que tu bosses ?
- Physique», répliqua Étienne. «Mais, tu t'es regardé, on dirait que tu sors du lit !
- Ouais, j'ai fait une petite sieste figure-toi : je suis crevé, j'ai bossé jusqu’à pas d'heure hier soir !!
- Donc tu me «cherches partout» depuis combien de temps ?
- Roohhh, c'est une façon de parler... Qu'est-ce que tu regardes ?
- Dehors... C'est beau... Tu veux pas qu'on sorte un peu ?
- T'es fou, les partielles sont dans deux semaines !».
Étienne aurait tout donné à ce moment pour pouvoir courir dans le Parc, s'évader, oublier toutes ses contraintes. Mais, comme le faisait remarquer son ami, il lui restait une somme plus que considérable de devoirs, et il n'était pas question de quitter la bibliothèque sans en avoir bouclé au moins la moitié. Et vu l'état d’oisiveté dans lequel il était, ça risquait de lui prendre encore une bonne heure.

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Julie
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MessageSujet: Re: L'étudiant qui rêvasse à sa fenêtre [TITRE PROVISOIRE]   Dim 27 Nov - 14:58

Pendant qu’il continuait de griffonner sur sa feuille des réponses inintelligibles et sans sens aucun, il commença à faire un bilan de sa maigre existence. Quand il était petit, se souvint-il, il voulait être explorateur dans la jungle ou naturaliste à renommée internationale. Il adorait capturer les petites bêtes. Il avait accroché une photo noir et blanc de Darwin au-dessus de son lit, et avait lu tous les livres qu’il avait pu trouver à son sujet. Après de longues années enfermé dans l’internat où l’avait placé son père, il avait trouvé une université pas trop éloignée du cocon familial, sous les conseils avisés de ses parents, et avait débuté ses études de sciences physiques et de biologie. Et maintenant ? Maintenant qu’il se retrouvait devant sa table de travail, il regardait son cours sur la radioactivité d’un oeil vide et ce constat évident lui vint à l’esprit : il s’ennuyait. Qu’avait-il fait pour rendre sa vie aussi plate et morne ? Les études ambitieuses prônées par son père l’avaient emprisonné dans une suite de jours sans but, le condamnant à errer au milieu des paperasses et des livres d’anatomie. Qu’était-il advenu de ses rêves d’enfant ? À quoi ressemblait le désert aride de sa vie sentimentale ? Combien de temps ce brouillard monotone allait-il mettre pour se dissiper ?
Il en était à ce point de sa réflexion quand tout à coup, il ferma son bouquin, fourra ses crayons dans son sac et se leva avec énergie. «Qu’est-ce que tu fais ?» demanda Alphonse. «Je sors un moment. Continue sans moi.», marmonna le jeune homme en enroulant son écharpe autour de son cou. Sur ce, il sortit dans le parc.

Il n’avait aucune idée de ce qu’il faisait. Il ne savait où il allait se rendre, dans cette petite agglomération de province trop paisible et endormie. Mais il ressentait soudain le besoin insatiable de changer de vie, maintenant, tout de suite, de casser la routine et de partir loin, très loin. Une force nouvelle emplit ses poumons et ses membres étaient mus par un dynamisme qu’il ne se connaissait pas. Sa tête bourdonnait mais tout d’un coup, il sut clairement ce qu’il faisait. Tout le monde avait toujours un jour ou l’autre songé à le faire, mais il était temps pour lui de passer à l’acte : il arriva devant l’unique et minuscule gare de la ville et contempla la liste des trains au départ.
Il était dix-huit heures quinze et il avait des jours de jeunesse à rattraper.

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MessageSujet: Re: L'étudiant qui rêvasse à sa fenêtre [TITRE PROVISOIRE]   Dim 27 Nov - 15:59

«Tu vas où comme ça mon gars ?» demanda le guichetier, qui avait visiblement remarqué son air perdu. Il ne savait pas. Il s’en fichait. Il prit le premier train, se disant qu’il allait sortir dans n’importe quelle gare, il verrait bien. Dans le compartiment, en voyant défiler ce plat paysage, il se sentit bête. Pas bête d’être parti, non, mais bête par rapport à la façon dont il était parti. Il n’avait rien. À peine de quoi manger une semaine avec ce qu’il avait sur son compte, il avait laissé son portable, et venait de plaquer ses études, sa famille et ses amis. Tant pis.

C'est un message presque digne d'un sticho de par sa courte taille, mais bon... Je laisse le bonheur au prochain de voir où il arrive avec son train xD ^^ !!

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MessageSujet: Re: L'étudiant qui rêvasse à sa fenêtre [TITRE PROVISOIRE]   Ven 13 Jan - 18:59

Cependant, petit à petit il sentit sa détermination faiblir. Dans quel nouveau délire s’était-il embarqué ? Où allait-il comme ça ? Que ferait-il une fois arrivé ? Où trouverait-il du travail, de l’argent ? Où dormirait-il ? Beaucoup de questions qui lui firent se rendre compte qu’en fait, il serait obligé de rentrer chez lui la tête basse, sous le regard méprisant de ses parents et de ses amis. Un échec, une fois de plus. Retourner à l’université, revoir cet imbécile d’Alphonse et se remettre à bosser. Un quotidien ennuyant. Un ennui terrifiant.
Étienne se mit à se tortiller sur son siège. La femme assise en face de lui lisait un livre dont il ne voyait pas la couverture en souriant. Pourquoi souriait-elle ? Que pouvait-il y avoir de drôle dans un livre ? Il haussa les sourcils d’un air exaspéré et se prit la tête dans les mains.
À court terme, il avait envie de partir, de voyager, de rencontrer des gens. Pourquoi pas une fille dont il tomberait fou amoureux ? Mais à long terme il voulait une maison, un bon travail qui rapporte bien, une femme et des enfants adorables. Une vie bien rangée et confortable. Cependant en y réfléchissant bien, à très long terme, il savait ce qui lui laisserait le plus de souvenirs.
Il se redressa et regarda autour de lui, cherchant désespérément quelque chose qui puisse lui donner le courage de continuer. De l’autre côté du couloir, un enfant était en train de vomir. Sa mère avait mis sa main devant la bouche pour empêcher les morceaux d’atterrir sur le voisin d’en face qui tenait son sac comme un bouclier. Cela fit rire Étienne. Sa voisine d’en face leva les yeux et le regarda furtivement. Elle pencha son livre de côté et regarda sa montre. Étienne put voir la couverture. C’était un livre érotique. Le regard de la voisine croisa le sien à nouveau. Et elle comprit qu’il avait compris. Son visage s’empourpra, elle referma le livre en tremblant un peu et le rangea dans son sac à main. Étienne fut pris d’une folle envie de rire. Il ne se retint qu’en se mordant la lèvre inférieure. De l’autre côté de la vitre, dans les pâturages côtoyant la voie ferrée, il vit un troupeau de vaches. Un homme à deux rangs du sien se leva et s’embrocha dans un sac dépassant un peu trop. Il tomba et se cogna la tête contre un accoudoir.
Étienne éclata de rire. Il suffisait simplement d’observer un peu. Et il décida de continuer son voyage improvisé.

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MessageSujet: Re: L'étudiant qui rêvasse à sa fenêtre [TITRE PROVISOIRE]   Dim 15 Jan - 10:52

Les gares passèrent, des voyageurs sortaient, rentraient, s’asseyaient, avec une grosse valise, des enfants, stressés, en costard, fatigués… Étienne regardait tout. Parfois, il somnolait. Ca faisait sept heures qu’il était parti. Et il serait encore resté si la voix dans les haut-parleurs ne venait pas d’annoncer : «Nous arrivons en gare Marseille st-Charles. Ceci est le terminus, tous les passagers sont priés de descendre du train. Nous espérons que vous avez passé un agréable voyage dans le TGV Moj 23-456J4.».
Ça y est, il devait sortir. Qu’allait-il faire ? Prendre un bus, aller dans la campagne ? Rester à Marseille ? Il se rendait compte une fois de plus de l’embarras dans lequel il s’était fourré. Ses parents allaient être inquiets, appeler la police. Mais jamais ils n’iraient le chercher à Marseille. Il devait les contacter, puis rentrer. Et après ? Il reprendrait les cours en amphi, le rythme compétitif, les évaluations de fin de semestre… Pas question. Mais il faudrait bien qu’il rentre, un jour. Il se ferait engueuler. Ses pensées se bousculaient dans sa tête, lorsque le train stoppa.

Il y avait un monde fou sur le quai, mais il finit tout de même par arriver dehors, traversa la rue, et entra dans le bar juste en face. Il avait 20 euros, des petites pièces et très faim. Il commanda donc un steak-frite. Puis il erra dans les rues, il devait être près de 11 heures du soir et il savait que les courts sommes qu’il avait fait dans le train n’allaient pas lui permettre de passer la nuit sans dormir. Il trouva un parc, avec un banc. Il s’assit dessus, essayant de faire le vide dans sa tête. Quelques minutes plus tard, il dormait profondément.

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MessageSujet: Re: L'étudiant qui rêvasse à sa fenêtre [TITRE PROVISOIRE]   Dim 15 Jan - 22:18

Quand il se réveilla, les soleil s'était déjà levé, et malgré son lit improvisé, il avait l'impression d'avoir très bien dormi. "Je pourrais m'y habituer, à la longue" pensa t'il, alors qu'il se redressait, et suivait du regard les passants. Il y avait des coureurs matinaux, avec des écouteurs dans les oreilles, des maîtres qui promenaient leur chien, marchant sans but précis, des mères avec des landaus, qui paraissaient pressées et des couples de personnes âgées, jetant des miettes aux oiseaux.
Il se leva, heureux, et se sentit comme il ne s'était pas senti depuis longtemps : libre.
Souriant, il ne se souciait plus du peu d'argent qu'il avait, de ses proches qui devaient s'inquiéter, il voulait juste suivre son chemin, sans barrière. Le monde s'ouvrait à lui, et il pouvait le parcourir à sa guise.
Il errait ainsi dans ses pensées, traversant le parc, quand son ventre le rappela à l'ordre. Il fallait qu'il mange un bon petit déjeuner, mais à ce rythme, il ne lui resterait plus un rond.
Pensif, il se dirigea vers le café le plus proche et commanda un café et un pain au chocolat. Et tout en mangeant, il réfléchit à ce qu'il pouvait faire. Il n'était pas sûr de vouloir rester à Marseille, non pas parce que la ville ne lui plaisait pas, mais il se sentait encore trop près de son ancienne vie. Il avait besoin de changer complètement d'environnement. Il décida donc, après avoir payé, de repartir à la gare. Là bas, il y regarda les destinations qui s'affichait sur l'écran: Paris, Bordeaux, Nice, Berne, Genève, Milan, Torino...
Il choisit la destination qui lui inspirait plus confiance acheta une place d'aller, et se laissa entraîner sur le chemin de fer vers sa libération.

C'est vers 21h qu'Étienne arriva à destination. L'air était doux, et la nuit porteuse de bon présage. Il marcha sans hâte par les ruelles aux odeurs étrangères, se régalant des accents et des vitrines. Après une heure de marche, et une petite côte montée, put enfin gravir les escaliers, où l'attendait l'église de San Miniato. En haut de cette colline, il put enfin voir, malgré la nuit, la même image qu'il avait eu dans sa chambre pendant de longue année, grand poster, cadeau de sa marraine, qui près de son cher Darwin, comptait beaucoup à ses yeux. Il se sentait près à conquérir cette ville, à trouver un travail, à se forger une nouvelle vie, et lire dans la grande bibliothèque, pouvoir lire tout ce qu'il ne savait pas encore sur son cher Darwin.
"Florence, me voilà".

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MessageSujet: Re: L'étudiant qui rêvasse à sa fenêtre [TITRE PROVISOIRE]   Mer 18 Jan - 15:29

Moi j'vais essayer après tout, je n'ai pas encore participé :p

La nuit faisait paraître des étoiles plus que brillantes, les rêves comme les espoirs circulaient dans l'obscurité omniprésente qui cachait les défauts, les trop comme les pas assez, sous les regards de millions de gens qui vivent dans l'attente de la réalisation de leurs voeux. L'amour, la santé, l'argent, chaque possibilité était représentée, matérialisée par un homme, une femme, quelqu'un de toute origine comme de toute nationalité. Une comète passait par ci, une autre par là, ce fut un déferlement d'envies pour un panorama stellaire. Et là, dans un parc en contrebas, un père et son fils, visiblement aussi proches que lui l'était autrefois avec le sien, regardaient avec une attention hors du commun ; ils étaient littéralement submergés par un flot d'émotions auxquelles on ne pouvait donner un simple nom. Le père, à genoux, prenant son fils dans ses bras comme un bijou que quelqu'un de modeste garderait jalousement, visiblement les yeux en pleurs par ce paysage magnifique, dit solennellement à son fils:
"Fais un voeu."

J'espère que vous apprécierez, ca fait pas longtemps que je suis là et que je fais ca
Sinon, Pohore, poste quand même ta version, qui à mon avis sera mieux que la mienne
Et euh... j'ai pas d'idée de sujet
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MessageSujet: Re: L'étudiant qui rêvasse à sa fenêtre [TITRE PROVISOIRE]   Mer 18 Jan - 20:40

D’abord Étienne visita la ville italienne jusqu’à ce que la nuit tombe. Il ne regretta pas les ampoules et les courbatures. La Cathédrale Santa Maria del Fiore ou Duomo bien sûr, avec sa grande coupole. Le Campanile. La place de la Seigneurie. Le Palais Vecchio. Il n’alla pas voir le Musée des Offices pour avoir le temps d’emprunter le célèbre Ponte Vecchio. Tant de monument qu’il n’avait vu qu’en photo. En vrai cette ville était magnifique. Pas de banlieue, très peu de constructions modernes. La campagne verdoyante n’était pas loin. Et il suffisait de prendre un peu de hauteur pour apercevoir les herbes juste au-delà des toits de tuiles rouges.

Ensuite la nuit le rattrapa et avec elle la fin du rêve. Le début de la galère. Il entra dans un petit restaurant et commanda une pizza quatre-fromages. Il ressortit un moment plus tard, le ventre plein mais le porte-monnaie vide. Une seconde nuit sur un banc fut vite obligatoire. La veille il s’était dit qu’il pourrait s’y habituer. Mais c’était parce qu’il faisait chaud. Cette nuit Florence fut traversée par un courant d’air froid et vicieux qui fit à Étienne se jurer que jamais putain plus jamais. Et il prit la décision que le lendemain il irait à la campagne. Il trouverait bien un travail dans une ferme quelconque.

Il irait en auto-stop. Le bus était trop cher, et puis l’auto-stop, c’est l’aventure !

Le lendemain Étienne dut refaire entièrement sa conception de l’aventure. L'Italie était surement le pire pays dans lequel faire de l’auto-stop. Le pire. Étienne s’arrêta de compter à la centième voiture qui le dépassa. Il attrapa une crampe au pouce et ses jambes, déjà courbaturées de la veille lui semblait peser deux tonnes chacune. Soleil qui se réverbère sur le bitume. Voitures qui passent à fond à un mètre de lui. Les insultes murmurées avec fureur, pour eux et pour lui. Et puis soudain, une ferme au loin.

Il lui suffisait de traverser le pré verdoyant et de parcourir environ deux kilomètres pour y être. La pensée de quitter la route l’enchanta. Et puis, même s’il ne trouvait pas de travail, il arriverait toujours à se faire offrir une limonade bien fraiche.

Il s’engagea sur l’étendue herbeuse avec le moral au plus haut. Ses chaussures faisaient craquer l’herbe de l’une des plus belles régions d’Italie. La Toscane. Le paysage était magnifique et le ciel était bleu au dessus de sa tête.

Occupé à admirer les nuages, il ne vit pas la petite pancarte rouge et marcha sur les planches recouvrant un très vieux puits. Les planches étaient elle aussi très vieille et elles cédèrent sous le poids d'Étienne. Celui-ci percuta le rebord du coude et plongea en arrière dans l’étroit précipice. Il n’y avait plus d’eau au fond depuis longtemps et c’est de la terre clairsemée de cailloux que le jeune homme percuta en atterrissant. Il se cassa la jambe gauche à deux endroit et se fêla trois côtes.

Lentement, il reprit ses esprits. Il était recouvert de poussière et hébété. La douleur afflua rapidement. Il vomit. S’essuya la bouche. Regarda l’ouverture bleue au dessus de lui. Et lentement l’horreur de sa situation fit jour en lui. Il pleura.

Il était coincé au fond d’un puits, perdu au bon milieu de la campagne d’un pays étranger. Ni ses parents ni ses amis ne le savaient là. Il n’avait prévenue personne. Il n’avait pas de portable. Et sa jambe se mit à saigner.
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MessageSujet: Re: L'étudiant qui rêvasse à sa fenêtre [TITRE PROVISOIRE]   Jeu 19 Jan - 7:42

Je suis d'accord: l'inspiration était bien là, l'histoire est palpitante (et la situation finale est négative, contrairement à moi ), mais la fin est trop brutale selon moi. Il faudrait que tu le fasses saigner, se regarder lui-même, se faire un débat seul pour savoir si ce qu'il a fait était bien, et puis le faire mourir. Les dernières pensées d'un condamné à mort.

Cela faisait une minute, puis deux, puis trois. Il comptait jusqu'aux secondes qu'une quelconque aide lui vint, sans succès. L'ouverture béante situé à quelques mètres au-dessus de lui restait désespérément vide, sans même le moindre espoir dans ces paysages désespérément désertiques. Les nuages passèrent, certains évoquèrent des formes à ses yeux, tandis qu'il se mourrait lentement.
Pourquoi avait-il pris cette décision folle qui avait scellé son destin? Couper avec une vie que l'on apprécie pas n'était apparament pas la bonne solution, dans un monde où le long cours de la rivière contenait des rochers prêts à noyer un quelconque nageur passant par là.
Alphonse se serait probablement offusqué devant cette manoeuvre pouvant venir du pire imbécile que la Terre aie jamais portée. Comment une telle chose était possible, de la part d'un étudiant qui décrocherait sans doute tous les diplômes qu'il croiserais sur son chemin? S'il n'avait pas fait ca, que se serait-il passé? Aurait-il eu la vie dont il avait toujours rêvé? Une femme, deux ou trois gosses à qui apprendre la vie et de qui recevoir quelques leçons aussi. Son rêve devenait utopie, ses lèvres étaient remplies de "Et si".
Tandis qu'il commencait à avoir beaucoup de difficultés à respirer, ses pensées se tournèrent vers ce qu'il avait accompli depuis ce train allant vers Marseille. Cette dame avec son livre érotique, cet enfant vomissant et sa mère le retenant du mieux qu'elle le pouvait, avec le voyageur d'en face qui craignait de recevoir ce vomi. Beurk! Qui sait, lui aussi aurait connu cela, avec ses parents, avec Alphonse, avec sa femme ou ses enfants. Ah, Alphonse! Il l'avait toujours pris pour un imbécile, ne pensant qu'à bosser. Mais en fin de compte, il avait peut être raison. Le travail était dans ce monde la clé menant vers le bonheur.
"Je m'excuse de tout ce que j'ai pu faire de mauvais jusqu'ici", dit-il dans un dernier souffle.
Et là, dans cette caverne, tandis qu'il entendait la voix floue d'un Alphonse qui hurlait son nom avec un accent d'inquiétude, il sombra vers la mort.

Alors, vous en pensez quoi, c'est approprié?
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MessageSujet: Re: L'étudiant qui rêvasse à sa fenêtre [TITRE PROVISOIRE]   Aujourd'hui à 5:02

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