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 [vendeur de rêve] Les arcs-en-ciel vivent de la pluie et du beau temps (Roman)

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MessageSujet: [vendeur de rêve] Les arcs-en-ciel vivent de la pluie et du beau temps (Roman)   Lun 29 Oct - 21:12

Partie 1 : De nouveaux horizons loin du malheur

Sommaire

Introduction : Naissance
Chapitre 1 : Une rencontre qui va tout changer
Chapitre 2 : A l’hôpital
Chapitre 3 : La nouvelle maison
Chapitre 4 : Antoine n’est plus lui-même
Chapitre 5 : Immenses conséquences
Chapitre 6 : Etre ou ne pas être différent
Chapitre 7 : Confidences à Julie
Chapitre 8 : Le cinéma
Chapitre 9 : Mathématiques et cantine
Chapitre 10 : Découvertes et confidences
Chapitre 11 : Antoine et Lenny
Chapitre 12 : Comment se faire des amis dans la classe
Chapitre 13 : L’intello joue les professeurs
Chapitre 14 : Séparation impossible
Chapitre 15 : Un professeur bien trop gentil
Chapitre 16 : Inquiétude et changement
Chapitre 17 : Rappeler le douloureux passé :
Le journal intime (première partie…)
Chapitre 18 : L’intimité est embarrassante mais bienfaisante
Chapitre 19 : Le journal secret :
Des histoires qui n’ont pas encore de fin (Première partie….)
Chapitre 20 : Une confidence importante pour sceller le destin
Chapitre 21 : Rappeler le douloureux passé :
Une triste mort (deuxième partie….)
Chapitre 22 : Changement d’air
Chapitre 23 : Le journal secret :
La sagesse (deuxième partie….)
Chapitre 24 : Une soirée mouvementée
Chapitre 25 : La visite d’Honolulu
Chapitre 26 : Le journal secret
Evandrill l’élu (troisième partie….)

Chapitre non encore commencés :
Chapitre 27 : Comment pimenter sa vie ?
Chapitre 28 : Le secret d’une grande intelligence réside en nous tous
Chapitre 29 :
Chapitre 30 : Rappeler le douloureux passé :
La tragédie de son meilleur ami (troisième partie)
Chapitre 31 : Des réponses à des questions importantes
Chapitre 32 : le monde des rêves
Chapitre 33 : Conflits et confiance
Chapitre 34 : L’homme est condamné à être ce qu’il est
Chapitre 35 (final) : Atmosphère romantique

Chapitre 1 : Un rencontre qui va tout changer

Début octobre 2011. Antoine marchait sous la pluie, allant acheter de la nourriture dans le supermarché du coin. Ce dernier était situé à 500 mètres de l’immeuble ou habitait la famille Arcenciel et Antoine y allait une ou deux fois par semaine afin de combler ses besoins ainsi que ceux de son bien aimé frère.
En marchant dans la rue, il aimait regarder les gens qui, en ce sale jour d’automne, ayant été surpris par la brusque apparition de la pluie, étaient pour la plupart pressés de rentrer chez eux et s’abritaient du mieux qu’ils pouvaient tout en marchant à vive allure. Il sourit en voyant un homme dont le chapeau, quelques instants plus tôt rempli à rabord d’eau de pluie, s’était plié sous le poids de l’eau douce et venait de le doucher froidement jusqu’au os. L’homme en fut agacé et fit un mouvement brusque de colère en direction au ciel gris. Cela rappela à l’adolescent que les êtres humains avaient des limites, et que cette eau de pluie avait dépassé la frontière entre l’acceptation l’agacement. Il lui arrivait souvent de réfléchir de la sorte.
Antoine aimait la pluie. Celle-ci ne le gênait pas du tout, elle lui faisait ressentir un froid bienfaisant, quoique souvent un peu trop glacé à son goût, comme en ce mi-automne. Mais il affectionnait le bruit si particulier de cette eau qui venait du ciel et qui résonnait sur le sol d’un son si doux et si rapide à la fois. Ces notes liquides raisonnaient gaiement dans ses oreilles telles d’harmonieuses notes de piano.
C’est pourquoi il n’aimait pas beaucoup subir ce déluge et préférait l’écouter tranquillement, à l’abri de ce torrent vertical. Lorsqu’il marchait sous la pluie, il avait l’impression de sentir son poids l’écraser, se rappelait de quelque triste journée ou de quelque malheur. Les jours de pluie il se disait parfois : «cette eau qui tombe du ciel, c’est peut-être Dieu qui pleure, qui souffre pour étancher toutes nos soifs à nous. La pluie n’est peut-être pas que de la pluie, qui pouvait le savoir ? ».
Il adorait au contraire beaucoup le soleil. Un jour, il s’était dit : «ce soleil, c’est peut-être Dieu qui nous sourit, nous remplit de sa chaleureuse présence et nous éclaire sur notre chemin tortueux». Sa mère Amélina avait appelé son fils Raysoly pour une raison bien précise : sa naissance avait été pour elle semblable à un rayon de soleil traversant les nuages tristes de son âme. Cela faisait aussi une belle complémentarité avec leur nom de famille, Arcenciel.
Ce jour-là avait commencé comme tous les autres pour le l’adolescent. Alors que son cerveau d’Antoine ressassait de complexes pensés étranges pour un adolescent de son âge, il vit tout à coup une belle jeune fille aux cheveux roux-orange, familière et sûrement de son âge, en train de téléphoner et sur le point de traverser le passage piéton sans regarder.
La peur le prit lorsqu’il remarqua qu’une voiture pressée dont le conducteur semblait ivre fonçait à toute allure. Comprenant le danger que courait la jeune fille, au lieu de se demander s’il pouvait sortir avec elle, il courut de toutes ses forces. La jeune fille s’engagea sur le passage piéton alors que la voiture ne ralentissait pas. Antoine se précipita à son secours, courut de toutes ses forces pour empêcher la collision qui semblait inévitable, à l’allure où il allait par rapport à la voiture. Tout se passa très vite.
Bang !
La voiture traversa le passage piéton en un rien de temps. La jeune fille sursauta alors qu’Antoine la poussait sur le trottoir et reçut le coup à sa place. Heureusement pour lui, il ne reçut la voiture que sur le côté et elle heurta sa hanche droite au lieu de l’écraser ou de le frapper de plein fouet. Il fut projeté sur le trottoir près de la jeune fille qui avait vu la scène avec effroi et s’était crispée au moment de l’impact violent entre son sauveur et la voiture. Le chauffeur ivre continua sa route comme-si rien ne s’était passé, semblant chanter à tue-tête une quelconque sottise. Elle crut reconnaître la vielle chanson : « Allez viens boire un petit coup à la maison… ». Si elle n’avait pas été aussi terrifiée la jeune fille aurait pu rire de ce monsieur qui se laissait influencer par cette chanson. « Allez viens dessaouler à la maison !», voilà ce qu’il aurait du écouter.
«Non mais je vous jurer, les chauffards de nos jours sont de vrais dangers publics ! S’énerva-t-elle alors qu’elle tentait péniblement de se relever.
Elle jeta un regard mi-inquiet mi-reconnaissant à son sauveur :
-Hé, tu m’entends ? Demanda-t-elle à Antoine.
Pas de réponse.
-Hé-ho ! Le héla-t-elle en tentant de le réveiller.
-Hein ? Qu’est-ce qu’il se passe ? Demanda Antoine en essayant de reprendre ses esprits.
-Ah, tu es encore vivant ! Fit la jeune fille, rassurée.
-Mais pourquoi est-ce que je suis dans cet état là ?
-Tu ne te souviens pas ? Tu m’as poussé hors de la route et la voiture qui devait m’écraser t’a heurté.
-Ah oui, c’est vrai, se souvint-il en tentant de mieux distinguer le visage de l’adolescente.
-Comment ça va ?
-Pas terrible, répondit le jeune garçon, la voix un peu brisée par la douleur, j’ai l’impression que ma jambe et mon ventre sont du caramel mou et ça fait vraiment mal. Mais je crois que je n’ai aucun os cassé, fit-il avec un sourire forcé pour ne pas trop inquiéter la belle jeune fille.
-Mais tu es complètement fou, mon gars ! Te jeter comme cela pour subir le coup à ma place, personne n’aurait pensé à faire la même chose ! Comment as-tu fait ?
-Oh, rien de plus simple, j’ai juste suivi mon instinct et pensé que je pouvais imiter les héros des films. Je suis sûr n’importe qui d’autre d’autre aurait pu le faire à ma place, répondit-il modestement.
-Il y a quelque chose qui ne tourne pas rond. Tu devrais déjà être inconscient ou même mort, vu la vitesse à laquelle cette voiture t’a percuté.
-Je ne me souviens plus de grand-chose, à part que j’ai couru vers toi et pouf ! Je ne me souviens de rien, à part le bruit quand la voiture m’a heurté. C’est mieux comme ça je pense, parce que j’ai aussi dû oublier la peur que j’ai ressenti au moment de l’impact, j’ai surement du croire que j’allais mourir !
-Pourquoi es-tu toujours vivant ? Vu la vitesse à laquelle cette voiture allait et son poids, tu ne devrais pas être conscient ! Insista l’adolescente.
-Moi aussi je trouve ça bizarre, mais maintenant que j’y pense, mes parents m’avaient offert un cadeau très peu spécial pour mes 11 ans : ils ont mis un matériau très léger, très fin et incroyablement résistant dans mes vêtements, un étrange alliage de carbone pur et d’autres matériaux comme l’acier et le diamant. Je ne pensais pas qu’il me serait aussi utile.
« Mais ça aussi c’est très bizarre…. mes parents étaient de brillants scientifiques et ont renforcé tous mes vêtement de ce curieux alliage, de plus ils avaient déjà acheté mes vêtements pour quand je serais plus âgé ! Comme c’est curieux tout ça… aïe ! Glapit-il en se souvenant de l’état de sa jambe droite. Vu que j’étais très jeune à l’époque, cela ne m’avais pas paru bizarre, mais j’ai l’impression qu’il y a beaucoup de choses qui clochent dans cette histoire.
Malgré sa protection, Antoine était dans un sale état, mais celui-ci était compensé par le bonheur qu’il ressentait : pour une fois, quelqu’un de son âge se préoccupait vraiment de sa personne et s’inquiétait pour lui ! Et une fille mignonne de surcroit ! Il se souvint soudain du nom de la personne en face de lui :
-Ah, mais je te reconnais ! Tu es Julie !

Julie, devant la gravité de la situation, se força à oublier sa curiosité qu’il avait attisée et lui répondit gentiment :
-C’est bien ça. Et toi tu t’appelles Antoine, non ?
-Euh…oui, c’est ça, balbutia-t-il parce qu’il était étonné qu’elle l’appelle par son nom (tout le monde l’appelait par un surnom au lycée).
Ils échangèrent un regard embarrassé, prenant conscience de l’originalité de la situation. Ce fut Julie qui brisa le silence :
-Est-ce que tu peux me donner le numéro de tes parents ? Il faut les prévenir.
-Mes parents ne sont plus de ce monde, lâcha-t-il gravement. Mais il faut que mon petit frère vienne, il ne peut pas rester à la maison. Il est tout seul et il risque de s’inquiéter pour moi. Et puis, je dois aller faire les courses, préparer le repas de ce soir, regarder mon programme préféré à la télé….
La jeune fille fut accablée par cette triste nouvelle, mais réussit à se ressaisir et le coupa :
-Doucement, Antoine ! Je te rappelle que tu n’es pas vraiment en état pour marcher et que l’ambulance va bientôt arriver. Je peux appeler ton petit frère.
Il lui montra son portable dans la poche de son pantalon, ne pouvant plus vraiment parler ni bouger. Elle le saisit et appela dans son répertoire l’unique numéro qu’il contenait : celui de sa maison.
-C’est toi grand frère ? Fit une petite voix attendrissante d’enfant.
-Non, je suis une amie à lui. Ecoute-moi bien, ton grand frère a été percuté par la voiture en me sauvant la vie. Il est gravement blessé et j’ai appelé une ambulance qui va l’amener à l’hôpital de bon présage, est-ce que tu peux nous y retrouver ?
Après avoir compris ce qu’elle venait de lui dire, il répondit d’une voix assurée :
-Pas de problème, je vous y rejoins. Prends soin de mon grand frère.
-Ne t’inquiète pas, petit.
Elle raccrocha, étonnée par l’autonomie dont cet enfant faisait preuve.
L’ambulance arriva quelques minutes plus tard. Ils mirent le même temps à arriver à l’hôpital, temps pendant lequel la jeune fille Julie appela ses parents puis son amie, à qui elle était en train de téléphoner avant l’accident. Elle leur expliqua simplement qu’un adolescent l’avait sauvée et qu’elle était en train de veiller sur lui parce qu’il était gravement blessé. Elle leur apprit que l’adolescent en question n’était autre qu’Antoine Arcenciel. Ses parents, reconnaissants et inquiets vis-à-vis du jeune garçon, la rejoignirent à l’hôpital.
Avant de fermer les yeux, Antoine contempla brièvement Julie en se demandant s’il n’était pas en train de tomber amoureux. Il se sentit pour une fois quelque peu fier de lui et de son exploit : il avait sauvé une vie, et il sentait que cette fille valait vraiment la peine d’être sauvée. «N’importe quoi ! pensa-t-il, n’importe quelle vie mérite d’être sauvée, puisque toutes les vies se valent». Cependant, n’était-ce pas le destin qui les avait amenés à se croiser ici, en de telles circonstances ?
Sombrant progressivement dans l’inconscience, des souvenirs bien plus douloureux que sa blessure refirent surface dans l’esprit d’Antoine a la vue du visage charmant et attirant de Julie.



Il se souvint de la sixième, où il avait été dans la classe d’une fille, Margot, qui était à l’époque sa voisine. Cette année-là, il se sentait encore comme quelqu’un normal, sans doute à cause de sa stupide naïveté d’enfant. Il était encore heureux : ses parents étaient encore vivants, mais les souvenirs de sa grande sœur chérie le hantaient souvent et sa mort avait changé radicalement ce qu’il pensait de la vie, l’avait rendu plus conscient de nombreuses choses.
Sa voisine, Margot, ne ressemblait pas vraiment à Julie, mais elle était certainement aussi belle qu’elle et tout à fait de son type : une fille intelligente qui avait de bonnes relations avec les autres, qui semblait heureuse de vivre, qui aimait s’amuser et avait un grand sens de l’humour, bref, une fille fort sympathique. Ils avaient été dans la même école en primaire, avaient même peut-être été amis. Quand il était petit, il avait eu quelquefois l’occasion de s’amuser avec elle. Mais un jour, alors qu’il était en CM2 et discutait avec Margot et Maxence, un garçon avec qui il aimait faire du foot. Margot leur avoua quelque chose d’important, il s’en souvint profondément et cela le marqua beaucoup :
-Est-ce que tu es amoureuse d’un garçon ? Avait demandé innocemment Maxence ce jour-là.
-Eh bien, oui… Et il est juste à côté de moi.
-C’est Antoine ?
-Mais non, voyons… C’est toi, Maxence !
-Ah bon, s’était étonné Antoine ce jour-là.
Depuis ce jour-là, il ressentait un curieux pincement dans son cœur en pensant à Margot, et mit beaucoup de temps à prendre conscience de ses sentiments pour elle. Il en fut malheureux mais lui envoya des poèmes afin de lui exprimer ses sentiments, il n’y signala pas toutefois son identité.
En sixième, il se retrouva étonnamment dans la même classe que celle-ci. Ses camarades de classes l’encouragèrent pour lui demander de sortir avec elle, et finalement, même s’il était d’un naturel timide et sensible, il trouva le courage de lui demander. Elle ne répondit ni oui ni non. Elle dit simplement qu’il était pour elle un bon ami très sympathique et précieux.
Cet échec l’empêcha à l’avenir de s’approcher des filles qui lui plaisaient, et en partie à cause de cela, il se sentit de plus en plus mal aimé par tout le monde.
Il se souvint que, en se demandant si le destin ne se moquait pas de lui, la même année, une fille assez âgée lui fit déclaration de ses sentiments pour lui, d’une certaine façon. C’était un jour où il était allé voir un match de handball des seniors. Alors qu’il était en train de jouer sur le terrain de handball après la fin du match, une jeune fille s’empara du ballon et lui fit du chantage : «Je ne vous rends le ballon que si Antoine me fait un bisou». Ce qu’il accepta alors que la fille ne lui paraissait pas jolie. Une de ses amies lui dit ensuite quelque chose du genre : «Tu sais, quant tu seras grand, elle pourra s’occuper de toi blablabla…». Il faut dire qu’à onze ans, il était un garçon vraiment mignon.
«Ah ! Pensa Antoine, sur le point de sombrer dans l’inconscience, l’amour a parfois quelque petits problèmes d’équilibres qui pèsent lourd sur la balance du destin des gens».
Il se rappela d’un poème qu’il avait composé pour exprimer toute sa douleur engendrée par l’amour :
Que l’amour soit force et réciproque ou qu’il soit faiblesse à sens unique,
La vie est bien magnifique comme un arc-en-ciel ou bien laide comme le triste gris de l’hiver.
Cette arme est comme une épée en acier, une muraille en Kevlar que l’on ne peut briser,
Sa puissance est telle un ouragan, un cyclone, une météorite, un volcan.
C’est une belle catastrophe qui se produit tout les jours, entraînant survie ou suicide.
Mais cette puissance devient empoisonnée lorsqu’elle se retourne contre nous,
Elle nous fait si mal, nous rend si faible et si perdu et tout notre monde semble s’effondrer.
Pourquoi aimer rime avec souffrir ? Qu’est notre vie sans la chaîne de l’amour ?
Pourquoi l’amour est-il si cruel et infidèle ? Pourquoi est-il à double tranchant ?
Est que cela vaut la peine d’être aimé, si l’on risque d’être rejeté à tout jamais ?



En se souvenant de l’acte héroïque qu’il venait de réaliser, il se sentit fier de lui. Il se rendit compte qu’il venait de construire un lien important entre lui et Julie, que son avenir n’était plus aussi noir et vide qu’il ne le pensait, mais plutôt rayonnant et plein de nouvelles surprises : il se voyait déjà réaliser ses rêves, lui, adulte marié à Julie avec des enfants adorables, écrivain reconnu et célèbre pour ses autobiographies, ses livres de philosophie et de psychanalyse, et ses histoires de science-fiction ou de fantasy délirantes. Il se voyait aussi comme un scientifique célèbre pour ses innovations dans l’alimentation, la médecine, la physique quantique ou de nouveaux matériaux incroyables, ou des machines qui permettraient d’améliorer les capacités du corps humain.
Il se voyait également comme un célèbre psychologue psychanalyste qui aurait permis aux habitants de son pays de devenir des hommes meilleurs qui seraient plus motivés, actifs, satisfaits de ce qu’ils ont, tolérants et compréhensifs envers les autres, plus ouverts et loyaux. Antoine voulait en effet trouver les paroles, le moteur qui permettrait aux personnes de faire davantage d’efforts et de semer en eux la graine de la volonté de construire un monde meilleur pour l’avenir. Pour lui, le sort de l’humanité dépend surtout des efforts qu’ils fournissent eux-mêmes. «Le destin de l’humanité réside dans la force même de nôtre volonté», pensait-il. Mais, comment développer de la volonté ? Telle était la question qu’il se posait.
C’est un homme qui s’appelle Bruno Lallement, un homme qui travaille sur le développement personnel qui l’a motivé à se préoccuper de la psychologie des âmes humaines. Son travail fantastique a d’ailleurs déjà fait faire un bon pas en avant à des personnes qui se trouvaient au fond du gouffre. Au début, il avait découvert ses cours alors qu’il se sentait mal dans sa vie et qu’il voulait la changer ; il pensait que sa vie devait changer car il savait qu’il pouvait l’améliorer et que certaines choses lui manquaient, comme s’il y manquait des couleurs, qu’elle était plus grise que rose, que les nuages du doutes l’empêchaient d’avancer, que la pluie qui tombait dans son monde intérieur l’écrasait lorsqu’elle s’abattait sur son être, que les rayons du soleils qui y apparaissaient étaient bien trop brefs et trop faibles pour chasser le mauvais temps, que les arc-en-ciel n’arrivaient plus et que les nuits noires et effrayantes le harcelaient et l’isolaient dans son monde. Voilà le temps qu’il faisait dans son monde intérieur.
Derrière cette vague de mal être, les rêves et les bonheurs éphémères étaient là, et aujourd’hui, il sentait que cette aura bienfaisante était sur le point de grandir jusqu’à s’élever jusqu’au septième ciel, où il n’y a qu’un paradis d’arc-en-ciel.
Juste sur le point de grandir…
Il n’en était qu’au seuil de la porte qui l’ouvrait à un nouveau destin meilleur, grandiose et magnifique, et il avait réussi à saisir la poignée de cette porte, restait à l’ouvrir…
Antoine s’enfonça rapidement dans un sommeil rêveur. Son subconscient se rassembla pour construire le pays des songes propre à Antoine. Dans ce pays, tout était en vrac, tellement il était diversifié. Ce jour-là, il traversa toutes les régions de cet étrange pays spirituel et flou.
Il se retrouva d’abord dans la région de l’imagination : il se retrouva en train de voler tel un immense dragon majestueux, puis il devint un valeureux chevalier de la Reine, tuant gobelins, orcs et autres monstres qui assaillaient le royaume. Après avoir pris l’apparence de toutes sortes d’animaux féériques, il se transforma aussi en un simple humain doté de pouvoirs surnaturels : il arrêta le temps, se joua de l’espace, contrôla le feu, l’eau, l’air et la terre.
Puis il se posa dans la région de la philosophie, sur un promontoire taillé dans le sommet d’une montagne grise et admira les alentours en déchiffrant toutes les grandes lignes qui constituent la vie. Il se posa en sage et éclaira tous les villages tel un phare lumineux. Il apporta la vérité et la raison aux hommes.
Affublé en un homme-héros, il atteignit la région des émotions : il se transforma en pauvre être martyrisé par les autres, puis en ermite solitaire dans le désert, puis en dramaturge et poète qui cherche à repousser sans cesse les limites de la tristesse et la désespérance. Puis il tomba dans un gouffre béant et chercha à tâtons son chemin. Il réclama le soleil, pria, et ce dernier vint finalement à sa rescousse. Il s’éleva rapidement dans le ciel devenu bleu clair pur. Cette immense joie fut accompagnée étrangement d’une fine pluie qui dévoila un arc-en-ciel radieux, pont entre la région des émotions et celle de l’essence d’Antoine.
A cet endroit, il devint les hommes qu’il voulait tant être : il devint Nelson Mandela, puis le Mahatma Gandhi, puis d’autres grands hommes de l’histoire. Il se retrouva ensuite dans la peau de nombreux personnages de mangas Japonais ou des livres fantastique qu’Antoine avait lus. Ils étaient bien plus nombreux du fait que l’esprit d’Antoine était plutôt utopiste et rêveur.
Puis tout d’un coup, ce fut comme si son subconscient foisonnait d’énergie : tous ses personnages qui composait son âme se rassemblèrent et défilèrent, puis la région de l’essence s’imbriqua dans celles des émotions, de la philosophie et de l’imagination. Le tout formant un ensemble à la fois parfait et imparfait. Tout s’imbriquait et se superposait.
Puis l’esprit reprit son cours normal et ce pays disparut dans les ténèbres.
La phase du sommeil paradoxal venait de s’achever.
Le monde des rêves avait accompli sa mission.
Et une porte s’ouvrait dans l’univers déjà bien rempli d’Antoine Arcenciel.


Dernière édition par Vendeur de rêve le Dim 4 Nov - 11:38, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: [vendeur de rêve] Les arcs-en-ciel vivent de la pluie et du beau temps (Roman)   Mer 31 Oct - 11:27


Chapitre 2 : A l’hôpital

Avant qu’ils n’arrivent à l’hôpital, Julie eut tout le temps de réfléchir aux événements bouleversants qui étaient arrivés. Elle revit l’acte héroïque du garçon alors qu’elle raccrochait son portable, le bruit du choc de la voiture sur le corps de ce pauvre garçon. Son sourire charmant et rassurant, même s’il elle avait senti qu’il mentait ; sa détresse contenue et dissimulée quand il lui avait annoncé que ses parents était morts ; l’inquiétude qu’il avait montrée pour son petit frère qu’il devait manifestement élever tout seul ; ce dernier devait d’ailleurs avoir beaucoup d’affection pour lui d’après le ton qu’il avait employé en parlant de son grand frère. Tous ces événements étaient arrivés tellement rapidement qu’elle n’avait pas mesuré la portée de la situation du garçon.
Au collège, elle se souvenait l’avoir vu dans la cour avec d’autres adolescents qui se moquaient de lui, ou au CDI, plongé dans les livres de cours ou dans ceux de la bibliothèque dont on disait qu’il les avait presque tous lus. Il avait même parfois été avec elle pendant des cours de langues, ou il se comportait comme un élève modèle, trop modèle. Beaucoup le harcelaient ou riaient sur son compte quand ils le voyaient, mais quelques adolescents osaient souvent lui parler comme à quelqu’un de normal et le respectait. Parmi ceux-là, certains le regardait avec compassion, comme on regarde une fleur fanée ou un doudou déchiré.
Souvent, on lui demandait pourquoi il était comme ça. Parfois il répondait qu’il était différent et que c’était comme ça ; parfois embarrassé ou effrayé, il répondait par un regard infiniment triste dans le vide et un profond soupir ou demandait pourquoi on lui posait cette question ou si on moquait de lui. Personne n’osait répondre à ces réponses étranges. Il disait parfois aux autres que de toute façon, cela ne servait à rien de leur répondre franchement parce que personne ne voulait le comprendre ; on lui répondait alors qu’il pouvait faire des efforts.
Une fois, Julie lui avait posé la question inévitable pendant un intercours et il lui avait répondu étrangement :
-Personne n’a vécu ce que j’ai vécu et j’ai toujours été seul dans ma vie. Mais pourquoi me poses-tu cette question ?
- je te répondrai bientôt, lui souffla-t-elle discrètement.
Il fut étonné qu’elle accepte de lui fournir une réponse. Peu après, quelques rumeurs circulèrent, disant qu’Antoine voulait sortir avec Julie et qu’elle l’avait rejetée ou d’autres bêtises du même genre. Cela entraîna une augmentation de la popularité d’Emelson et de Joyana qui niaient évidement les faits. Puis les rumeurs furent vite oubliées dès que les vacances de février approchèrent. C’est à ce moment qu’il découvrit un soir, un mot dans son sac d’école :
«Si je t’ai posé cette question, c’est parce que quelque part je suis jalouse de toi : tu es le mec le plus intelligent du lycée et tu n’as pas de contraintes. C’est aussi parce que je n’arrivais pas à te comprendre et que je m’inquiétais pour toi. Mais maintenant que tu m’as répondu, je te comprends mieux.»
Julie
Il lui avait répondu de la même manière qu’elle :
«Je suis encore plus jaloux de toi, Julie. Tu semble tellement t’amuser avec tes amies, tu ne dois pas t’ennuyer et être heureuse de vivre. Et moi je dois t’ennuyer…..»
Antoine
Et ce fut tout. Julie ne trouva pas le courage de répondre.
Maintenant, elle le comprenait encore plus. Voilà donc ce qu’il entendait par «Personne n’a vécu ce que j’ai vécu». C’était bien pire que ce à quoi elle pouvait s’attendre. Tandis qu’elle songeait à tout ce qu’elle venait d’apprendre de lui, elle contemplait son visage endormi, bien moins crispé que quand il était éveillé. Ils arrivèrent un peu plus tard à l’hôpital et Antoine fut envoyé en salle de soins intensifs. Julie resta auprès de lui et ils furent conduits ensuite dans la chambre réservée à Antoine.
Ses parents arrivèrent ensuite :
-Ma Juju, tu n’as rien ? S’inquiéta sa mère en entrant.
-Tu vois bien que oui, répondit le père à la place de sa fille. Comment va le garçon ?
-Il s’est endormi. Les médecins ont soigné ses plaies et ont dit qu’il devrait rester une petite semaine ici et qu’après, il lui en faudrait encore une ou deux pour pouvoir marcher. Je reste ici pour m’occuper de lui.
-Et les cours ? Et où vas-tu dormir cette nuit ?
-Maman, ce garçon vient de me sauver la vie et est blessé à cause de moi, argumenta-t-elle. Je peux bien faire cela pour le remercier. Je dormirai ici, quant à la nourriture, j’ai assez d’argent et je me débrouillerai !
Elle ne pouvait pas l’avouer mais elle faisait ça aussi parce qu’elle voulait connaître davantage encore Antoine, même si pour cela il fallut qu’elle apprenne toutes les choses les plus surprenantes du monde.
-Fais ce que tu veux, ma chérie, mais que cela ne t’empêche pas de rattraper ton travail ! Céda son père qui ne voulait que le bien de sa fille adorée et dont la générosité le faisait plier devant la plupart des requêtes de sa fille.
-Moi aussi, je pense que tu es en ton droit de veiller sur ce garçon qui ta sauvé, renchérit la mère. Tu as du subir un bien grand choc et tu dois être terrifiée, ma pauvre fille !
«C’est surtout ce garçon qui a subi un grand choc !», s’énerva intérieurement Julie.
-Je suis une grande fille maintenant et je ne suis pas aussi fragile que tu le penses ! Arrête de trop t’inquiéter pour moi, maman ! Et je dis ça pour ton bien !
Tout à coup, la porte s’ouvrit et un petit garçon de 8 ans apparut, essoufflé.
-Mais qui est cet enfant ? Questionna la mère à la cantonade.
-Je suis Raysoly Arcenciel, le petit frère d’Antoine et vous, vous devez être les parents de cette fille, n’est-ce pas ?
-Tout à fait, nous sommes Domar et Jina Victoire, répondit le père. Et nous sommes très reconnaissants à ton frère, ajouta-t-il avec un sourire bienveillant.
-Alors il l’a vraiment sauvé ! S’agita l’enfant. C’est bien tout lui de faire ce genre de choses ! Mais il n’a pas l’air très en forme, effectivement, remarqua-t-il ensuite en se penchant avec inquiétude vers son frère.
-Mais comment es-tu venu ici ? S’étonna le père.
-En taxi.
-Tout seul ?
-Ben…. oui.
-Ce garçon est vraiment mature ! Il me fait penser à mon fils de 10 ans ! S’attendrit la mère. Mais… et tes parents, que font-ils ?
-Eh bien…. C’est-à-dire que….
L’enfant hésita à leur dire la vérité, il regarda tour à tour les parents sans savoir quoi leur dire, son regard tomba alors sur Julie. En la regardant, il sut qu’elle était au courant pour leurs parents. Il lui adressa un regard suppliant, elle lui fit un clin d’œil et lui sauva la mise en prétextant :
-Antoine m’avait dit qu’ils étaient très occupés par leur travail, alors je n’ai pas voulu les inquiéter.
-Oh ! Comme c’est bête. Et ils ne peuvent même pas venir voir leur fils alors qu’il est gravement blessé ? S’horrifia le père.
-Papa, ce n’est pas ce que tu crois, affirma Julie. Je les ais appelés, l’un était au Gabon et l’autre en Chine, ils ne pouvaient pas rentrer car cela leur aurait pris trop de temps ! Ils m’ont dit qu’ils me faisaient confiance et mon fait promettre de veiller sur lui.
-En Chine et au Gabon ! S’étonna la mère. Mais que peuvent-ils bien faire là-bas ? Demanda-t-elle avec curiosité mais poliment.
-Il semblerait qu’ils soient des journalistes célèbres qui voyagent à travers le monde, répondit Julie.
-Ah bon ? Pourtant, je n’ai jamais entendu parler d’eux, remarqua le Père.
Raysoly se mordait les ongles : les parents de Julie posaient beaucoup de questions et il avait peur qu’ils découvrent la vérité.
-Papa ! Maman ! Arrêter de vous mêler de ce qui ne vous regarde pas ! On ne vous a jamais appris que la curiosité est un vilain défaut ? Les sermonna gentiment Julie afin de ne pas avoir à trouver d’autres bobards à leur raconter.
«Elle me semble bien maligne et intelligente, et jolie de surcroit !» Pensa Raysoly en l’observant. «Antoine choisit bien les filles qu’il aime !»
Raysoly demanda ensuite, pour changer de sujet :
-Est-ce que ses blessures sont graves ?
-Non, le rassura la jeune fille, d’après les médecins, il devrait rester ici quelques jours, puis il pourrait retourner au lycée en béquilles pendant une ou deux semaines.
-Tant mieux. Dites, madame…. hésita le petit en baissant la tête.
-Oui ? Demanda la mère, attendrie.
-Est-ce que vous pourriez… vous voyez, mes parents sont en voyage d’affaires et ils ne rentreront pas avant la fin du mois, mentit-il en jouant le jeu de Julie. Il n’y a personne d’autre à la maison.
La mère vit avec clairvoyance la question implicite que Raysoly n’osait formuler
-Tu veux que nous vous hébergions toi et ton frère jusqu’à ce que vos parents reviennent, c’est ça ?
-Si vous êtes d’accord seulement…. Fit-il timidement.
-Je ne vois pas pourquoi je refuserais d’amener deux mignons enfants à la maison ! Dit la mère en souriant. De toute façon, je ne peux pas vous laisser tomber après ce que ton frère a fait pour nous. Et le plaisir est partagé, n’est-ce pas mon chéri?
-Tout à fait ! répondit le père avec bienveillance.
-Cela fera de la compagnie à mon petit frère, et à moi aussi ! S’extasia Julie.
-Vraiment ? Super Chouette ! Méga cool ! S’enthousiasma-il en adoptant pour une fois une attitude appropriée à son âge.
Après avoir acheté des sandwichs à leur fille et à Raysoly, les parents s’en allèrent, heureux. Il y aura plus d’ambiance chez eux la semaine prochaine !
Julie et Raysoly s’endormirent rapidement sur les chaises que les médecins avaient laissées, comprenant que ces deux là voulaient à tout pris rester. Pendant la nuit, Antoine se réveilla, puis découvrit son petit frère assis à côté de la belle jeune fille qu’il avait sauvée. Il sourit. «Ils sont là pour veiller sur moi. Je me sens moins seul tout d’un coup», pensa-t-il. Et il se rendormit, après avoir observé, admiré et peut-être aussi maté Julie, bien sûr.
Le lendemain, Julie et Raysoly se réveillèrent vers 9 heures, prirent leur petit déjeuné à la cantine de l’hôpital. Quand ils retournèrent là dans la chambre d’Antoine, celui-ci venait de finir son déjeuner et une infirmière était en train de rapporter son plateau.
«Ah, Vous êtes encore là ! Fit-il sans dissimuler sa joie.
-Bah oui, tu es ma seule famille après tout grand frère.
-Et moi, tu viens de me sauver la vie, alors ce serait la moindre des choses que de veiller sur toi, ajouta Julie.
-C’est gentil de rester.
-J’aimerais te dire, Antoine …. Commença Julie.
-Oui ? Questionna celui-ci en s’imaginant soudain beaucoup de choses.
-Je te remercie du fond du cœur, déclara sincèrement Julie. Tu m’as sauvée la vie et je t’en serais éternellement redevable.
-Tant que ça ?
-Oui.
-Merci.
-De quoi ?
-Je sais que tu me rembourseras largement ta dette Un jour…
Julie ne comprit pas le sens de ces paroles et n’en sut pas plus.
Pendant les 2 premiers jours pendant lesquels Antoine resta en compagnie de Julie et Raysoly, ils passèrent leur temps à discuter, regarder la télé installée dans la chambre. Les deux frères racontaient à Joyana leur train de vie habituel : lire, étudier, regarder des vidéos ou des mangas, faire subvenir à leur besoins et à ceux de leur appartement. Ils lui racontèrent ainsi quelques anecdotes, lui parlaient de leurs lectures ; le grand frère n’osa pas lui parler de mangas. Julie était intriguée : leur vie était tellement étrange et différente de la sienne, qui lui semblait amusante et palpitante. Elle était sidérée par tout le patrimoine culturel qu’ils avaient amassé et ne put pas parler d’elle, du fait que les Arcenciels profitaient de pouvoir parler d’eux à quelqu’un.
Le soir, une amie à Julie amenait chez elle les cours que celle-ci devrait rattraper. Le troisième jour, mercredi, elle décida d’aller la voir à l’hôpital pendant l’après-midi. Elle entra alors que Julie discutait avec Antoine :
« Tu vois, l’univers du fantastique est loin d’être inutile à lire : Eragon le héros du bien qui incarne le bien, doit vaincre le mal incarné par Galbatorix. Dans un univers où il y a des dragons, des elfes, des nains, de la magie, il va connaître de nombreuses aventures incroyables. C’est certes fictif, mais les émotions et la personnalité des gens, sont les mêmes que dans la vie réelle. La magie éloigne encore plus le bien du mal …..».
Il s’interrompit en voyant la porte s’ouvrir et vit Adriana, dont il se souvenait le nom et le visage. Il avait une très bonne mémoire, ce qui n’était pas étonnant étant donné tous les exercices que son cerveau exécutait.
-Bonjour, Adriana, la salua-t-il timidement.
-Tu te souviens mon nom ? S’étonna-t-elle en s’adressant à Emelson qui lui était pourtant familier. Je ne me souviens plus du tien, juste de tes surnoms, désolée.
-C’est Antoine, mais ce n’est pas grave que tu ne t’en souviennes pas, le tien je l’ai revu sur la liste des classes.
-Vous vous connaissez ? Demanda Julie.
-Nous étions dans la même classe en 4ème, expliqua Antoine. Ah ! C’était le bon vieux temps. Tu te souviens quand Kaïmane et Laïmane, les jumeaux métisses, faisaient plein de grimaces et de bruits bizarres de pets pendant qu’ils jouaient une pièce de théâtre devant la classe ! La situation était tellement cocasse et ridicule que la prof de français était allée se plaindre au directeur ! Et ils continuaient à faire des gné et des prrt ! Fit-il en riant aux éclats.
Les trois personnes à côté de lui se jetèrent d’abord des regards consternés, ne l’ayant jamais vu comme ça. Antoine rit à en avoir mal au ventre, cela faisait longtemps qu’il ne s’était pas senti aussi bien. Oubliant leur surprise, les autres se joignirent rapidement à son rire contagieux.
Adriana expliqua ainsi à Julie ce qu’ils avaient étudié pendant son absence et Antoine se permit de l’aider. Elle lui demanda comment il ferait pour rattraper les cours et il lui répondit qu’il aurait juste besoin de relire quelques fois la leçon dans le livre, ce qui l’étonna.
Antoine se lança dans un discours sans fin pour oublier ses douleurs et parce qu’il sentait que tous étaient prêts à l’écouter. Il laissa son esprit vagabonder afin de saisir des informations pertinentes. Il savoura un bref moment de silence alors que tout le monde attendait avec impatience qu’il se mette à parler en le voyant réfléchir intensément.
L’érudit leur raconta entre autres les nouvelles découvertes les plus incroyables qu’il avait lus dans ses sciences et vies et science et vie juniors, des mensuels auxquels il était abonné. Il leur parla d’abord de la physique quantique en énonçant le plus simple : le mot “quantique“ vient du latin quantum qui veut dire combien. Ce nom vient du fait qu’en physique quantique, tout est quantifié : les demi-portions n’existent pas. Par exemple, si la physique quantique débarquait dans nôtre quotidien, nous pourrions rouler avec notre vélo quantique à une vitesse de 10 ou 20,30, 40 km/h, etc. Bref, on ne pourrait avancer que par quanta de 10km/h et passer instantanément d’une vitesse à une autre.
Il leur expliqua que même pour lui c’était compliqué car cette science concernait seulement les particules infiniment petites présentes dans les atomes : électrons, quarks, neutrinos, muons, et bien d’autres. Il ne savait rien de ces particules mais il se souvenait que si nous étions soumis à la physique quantique, nous pourrions rentrer chez nous en passant par la porte et la fenêtre en même temps (ça ne s’oublie pas !). Il se souvint aussi que les électrons pouvaient se comporter comme une onde où comme un groupuscule, et qu’ils pouvaient être solide et s’arrêter au moindre contact ou traverser n’importe quel objet. Elle a en quelque sorte les propriétés d’une boule et d’une vague. Il ne rentra pas plus dans les détails.
Il relata un reportage impressionnant sur les volcans qu’il avait vu à la télé. Il s’était ensuite intéressé de près à la volcanologie. Il fit une description exhaustive des nuées ardentes qui sont très rapides ainsi que des coulées de laves, chauffées parfois à plus de 5000°C ! Il leur parla de l’histoire de l’Etna, les records du Kilauea, du python de la fournaise. Leur expliqua le mécanisme incroyable des volcans effusifs et explosifs. Puis il leur parla de la nature, des OGM et déboucha finalement sur des philosophes comme Rousseau, Camus, Voltaire, Leibniz, Descartes, Darwin.
Il leur parla de transports évolutionnaires, comme un avion avec de puissantes hélices d’hélicoptère, un superbus électrique hollandais qui roulerait à 250 à l’heure sur les autoroutes et vous prendrait en bas de chez vous quand vous l’appelleriez avec vôtre Smartphone, impressionnant !
Il leur conta ensuite un résumé bref de tous les romans de fantasy et de science-fiction qu’il avait lu, comme la saga Les chevaliers d’Emeraude, Les chronique du monde émergé, Eragon, Le maître des dragons, mais aussi de célèbres classiques comme La nuit des temps de Barjavel, Harry Potter, Le seigneur des anneaux, et Les fleurs du mal de Baudelaire.
Les capacités intellectuelles du garçon ainsi que sa sagesse subjuguèrent Adriana, qui avait parfois du mal à suivre le cours de ses pensées. Antoine trouvait toujours quelque chose à dire sur la science, l’histoire, la musique, la science-fiction, les hommes, la nature, les inventions, etc. Son cerveau semblait déborder de savoir. Les deux jeunes filles l’écoutèrent et lui posèrent plein de questions. Raysoly agissait au début en spectateur, assimilant les données de ce qu’il entendait comme un ordinateur.
Ils restèrent ainsi pendant le reste de l’après-midi. Antoine, debout sur son lit, semblait en pleine forme. Les deux filles étaient assises près de lui et le fixaient en buvant ses paroles. Raysoly était assis sur son lit et se contentait d’observer la scène tout en intervenant pour rectifier ou ajouter quelque chose aux propos de son grand frère.
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MessageSujet: Re: [vendeur de rêve] Les arcs-en-ciel vivent de la pluie et du beau temps (Roman)   Jeu 8 Nov - 11:49


Chapitre 3 : La Nouvelle Maison

Le soir, les médecins annoncèrent finalement qu’Antoine pouvait sortir et lui donnèrent des béquilles. Adriana décida de les raccompagner jusqu’à chez son amie. Les deux filles lui proposèrent de s’appuyer sur leurs épaules, ce que le garçon accepta évidement. Le contact des épaules des deux filles était étonnamment doux, chaud et apaisant (ce fut le premier contact “intime“ que Antoine eut avec une fille, et certainement pas le dernier !).
Les rues de Marseille étaient assez agitées en ce mercredi soir, les voitures étaient nombreuses à circuler, certains piétons marchaient avec une serviette sur l’épaule pour profiter de la plage pendant que le soleil était encore là. Il faisait un temps qu’Antoine considérait comme parfait, car c’était à l’heure où la chaleur du soleil était la plus douce et la moins froide. Celle où la chaleur étouffante de la journée était chassée par une fraicheur bienfaisante. Adriana les salua chaleureusement et repartirent quand ils arrivèrent devant la maison de Julie.
Il y avait un portail de deux mètre cinquante de haut et du double de large. Julie appuya sur l’interphone et sa mère lui ouvrit le portail. Ils avancèrent d’une trentaine mètres jusqu’à la porte d’entrée sur un chemin de terre bien sèche taillée par le passage quotidien de voitures. Les deux frères en profitèrent pour observer le jardin. Ce dernier était immense et impressionnant : un vrai délice pour les sens. Ce qui frappait le plus était l’harmonie particulière des couleurs qui brillaient dans la végétation diversifiée : des rosiers rouge pourpre, rose bien rose ou blanc immaculé. Des lavandiers violets dégageaient un doux parfum envoûtant. Des fraisiers, framboisiers et groseilliers éclatants par leurs vives couleurs étaient bien ordonnés, deux pommiers chevelus avaient perdu toutes leurs pommes en ce bel automne. Des buissons épineux et épais entouraient le tout, ce qui était une protection exhaustive contre les voisins intrépides ou les voleurs pas très malins. S’ils avaient été faits de gris, on aurait pu les méprendre avec une muraille de fer.
La pelouse était restée verte et bien fraîche, ce qu’Antoine ressentit en la palpant avec une douceur exagérée. Ca, c’était lui tout craché ! Jouer les enquêteurs partout où il allait, il adorait ça. Il huma le délicat parfum des roses qui lui semblèrent différents avec sa truffe d’humain. Il se réjouit en observant le plus infime des scintillements des restes d’une pluie ancienne qui reflétait le soleil automnal mais radieux. «Et c’est comme ça que sont nés les arc-en-ciel ! Sans mauvais jeu de mots ! », Ne put s’empêcher de remarquer le jeune garçon. En respirant l’herbe fraîche, il remarque l’odeur morte des feuilles marron comme l’automne. Elles étaient amassées dans un petit tas pour la plupart, mais une brise rafraîchissante en avait dispersé quelques-unes. Antoine en prit une et par envie, la déchira lentement, doucement, comme une chose précieuse. Il ressentit à travers ses mains toute la fragilité qui en émanait. La vieillesse était une chose bien tragique !
Ce paysage nouveau pour Antoine lui inspira le début d’un poème :
Ne tombe pas de l’arbre, ne reste pas de marbre
Ici, la nature murmure des chansons dans l’air céleste
Même les feuilles mortes chuchotent des chansons macabres
Et en automne quand les oiseaux dansent avec ce formidable orchestre
La mort attend son heure et agonise devant tant de vitalité
La vielle nature revendique sa beauté et sa créativité
Pas trop mal pour un poème improvisé, n’est-ce pas !
Son frère qui était près de lui car le pauvre adolescent ne pouvait pas se relever seul le prit sous le bras et le força à se relever. Antoine protesta un peu car son petit frère avait brisé sa concentration puis se résigna rapidement et accepta les béquilles que ce dernier lui tendait. Ils rattrapèrent Julie qui s’était arrêtée un peu plus loin, étonnée par l’attitude d’Antoine. Elle se réjouit en pensant que ce garçon atypique n’avait pas fini de l’étonner. Cela ne faisait que commencer !
Le père leur ouvrit la porte et les accueillit avec sympathie :
-Bienvenue dans notre maison !
Antoine le détailla rapidement. Il était assez grand et plutôt bien bâti, un sourire sincère éclairait son visage. Ses yeux noisette s’accordaient harmonieusement avec ses courts cheveux châtains clair. Il portait des vêtements simples et sobres qui étaient sales et délabrés au niveau de ses poignets, autour de ses épaules et sur le haut de son survêtement usé. Antoine en conclut qu’il devait faire beaucoup de travail manuel. Ses vêtements trahissaient son acharnement à cette tâche. Ce brave homme lui rappelait certains personnages de ses lectures, il semblait parfait dans le rôle de l’homme fort et puissant mais au grand cœur et à l’esprit bienveillant. Il l’imaginait déjà en vaillant chevalier portant une armure d’or et allant au secours des opprimés.
-Merci de nous héberger, répondit Antoine. Vous devez être Domar, le père de Julie. Vous semblez être à la hauteur de votre affabilité !
-Alors ma fille t’a parlé de moi ? S’amusa-t-il. Et qu’a-t-elle dit d’autre à mon sujet ?
-Elle m’a dit que vous étiez un homme très compréhensif et très respectueux, un bon père, mais qui veut trop souvent en faire trop ! Elle vous dit aussi très affairé dans votre travail et très attentionné avec eux.
Pendant qu’ils discutaient, ils traversèrent le large couloir central dont les murs étaient joliment décorés de toutes sortes de peintures, photos, tableau somptueux. Ils se retrouvèrent dans un vaste salon où il y avait une grande table pour manger, quelques canapés permettant à de nombreuses personnes de regarder la télé confortablement et deux commodes sur lesquels reposaient un petit aquarium et un vase de fleurs. Les trois arrivants posèrent leurs chaussures sur le tapis d’entrée au moment où le petit frère de Julie, Florian, descendait les marches de l’escalier en bois. A leur vue, il s’étonna :
-On a des invités ?
-Oui mon choupinet, répondit sa mère en sortant de la cuisine. Nous voulions te faire une surprise. Ce sont…. un ami à ta sœur, Antoine, et son petit frère Raysoly. Nous allons les héberger pendant toute la semaine. Antoine, Raysoly voici mon fils Florian, dit-elle en le présentant.
-Heureux de faire ta connaissance, le saluèrent en même temps les deux frères. Et à vous aussi Madame Victoire, dirent-ils à la mère.
-Pas de Madame s’il vous plait ! Appelez-moi Jina, fit-elle avec enthousiasme.
Antoine détailla la mère de Julie de la même façon que le père. Elle avait un visage qui la faisait plus jeune qu’elle ne l’était : sa beauté masquait les rares et fines rides autour de ses yeux d’un mystérieux bleu-vert et de sa bouche fine et souriante. Ses cheveux long et lisses étaient d’un auburn presque orange comme ceux de sa fille. Elle était plus frêle et plus petite que son marie mais Antoine pouvait sentir toute la grâce et le charisme qu’elle possédait. A première vue, Julie ressemblait plus à sa mère qu’à son père.
-C’est l’heure du repas ! Annonça ce dernier qui était allé dans la cuisine pour surveiller les plats.
Ils se dirigèrent, affamés et attirés par l’odeur bienfaisante qui se dégageait de la cuisine. Ils mangèrent tranquillement. Les parents posèrent d’abord un tas de questions à Antoine et Raysoly puis comprirent qu’il serait plus poli de les laisser tranquille, pour combler le silence embarrassant, Antoine leur conta quelques faits divers très banals, considérant que faire connaissance par une discussion objective était plus prudent.
Les parents les conduisirent ensuite dans leur nouvelle chambre qui était en fait la chambre d’ami. Elle était spacieuse mais peu décorée par rapport aux autres pièces. Il leur sembla que personne n’y avait jamais mis les pieds.
-Où sont passé les toiles d’araignée ? Se moqua Antoine.
-Ils avaient sûrement prévu le coup, lui répondit son petit frère.
La pièce rectangulaire était grande, très grande même pour deux personnes. Il y avait dans un coin un grand bureau de travail collé à un autre bureau plus petit et plus bas. Dans le coin adjacent il y avait une étagère collée au mur qui contenait toutes sortes de livres, de jeux de société. Juste en face du lit se trouvait une immense armoire où l’on pouvait facilement ranger ses vêtements sur différents étages ou dans la penderie. Sur une petite commode se tenait une télévision petite mais neuve et un vase contenant de jolies fleurs couleur lilas. Derrière le lit, trois sièges étaient adossés contre le mur : un avec des roulettes et deux autres à première vue aussi confortables qu’un fauteuil. Ils virent même une Nintendo DS sur la commode et des doudous sur les sièges.
-Il ne manque plus qu’un ordinateur et une console de jeux vidéo et je resterai là jusqu’à la fin de mes jours, plaisanta Antoine.
-Mais il n’y a pas assez de livre pour toi, rétorqua Raysoly.
-Il faudrait que je m’installe dans une bibliothèque pour qu’il y en ait assez. Et pas une petite, s’il vous plaît !
Antoine avança vers la zone entre le bureau et l’étagère et ouvrit une porte vitrée caché par des rideaux sombres. Il se retrouva sur un petit balcon charmant qui donnait sur l’arrière de la maison : il découvrit un petit potager avec des tomates, de la salade, de la menthe, de la ciboulette, des radis, des potirons et des haricots. Il vit même une petite serre juste à côté, deux grands palmiers et une petite cabane en bois. Le tout dégageait une atmosphère de campagne assez sympathique et inattendue. Son petit frère le rejoignit puis l’interrompit alors qu’il était en train d’observer jalousement les maisons voisines :
-C’est très charmant, hein ?
-Oui, oui.
-Ce n’est pas une chambre d’ami pour rien.
-Ah ça ! Si on m’avait dit qu’on jour je logerais dans une maison pareille, j’aurais eu beaucoup de mal à y croire !
Du fait qu’Antoine et Raysoly étaient sortis à une heure tardive de l’hôpital, c’est pourquoi ils s’endormirent rapidement, ce qui leur arrivait rarement. Le lit double était très confortable. Leur sommeil fut calme et apaisant et ils ne firent que de beaux rêves.
Avant de dormir Antoine demanda à son petit frère :
-C’est chouette ici, hein ?
-C’est sûrement l’endroit le plus chouette dans lequel je sois allé, acquiesça Raysoly en fermant doucement ses paupières lourdes.
«C’est sûrement une famille comme celle-là qu’il nous faut.» pensa avec espoir Antoine.
Le lendemain, Jeudi, les enfants prirent le petit déjeuner dans la cuisine. Les Arcenciels mangèrent avec appétit, étant donné que chez eux ils ne mangeaient que des restes de céréales et des tartines de beurre. Antoine prit un bol de lait avec des corn flakes, une banane et une brioche et son frère prit un pain au chocolat et du lait avec des trésors de Kellogg’s.
Antoine et Julie prirent ensuite le bus pour aller au lycée. Pendants le trajet, ils parlèrent chacun de leur classe, de leurs profs. Julie lui parla surtout de ses amies, un peu des profs et plus encore des garçons de sa classe. Antoine avait beaucoup plus de choses à dire de sa classe que Julie. En même temps, il ne faisait qu’observer discrètement les autres élèves sans jamais agir ou alors il sombrait dans ses pensées, écoutait son imagination. Il semblait connaître toutes les petites histoires de la classe, des scènes ridicules, drôles qui étaient arrivées (la fois où un élève avait éternué et s’était cogné à sa table, la fois où les sentiments d’un tel avaient été involontairement déclarés, et bien d’autres), ainsi que les relations et le statut de chaque élèves.
Lorsque le bus s’arrêta devant le lycée, Antoine y descendit tranquillement et sans aucune appréhension de la journée qui l’attendait, ce qui ne lui était pas arrivé depuis longtemps. Il faut dire qu’il était tellement absorbé par la conversation qu’il avait avec Julie et que sa mémoire était tellement occupée à régurgiter par tout le savoir qu’il avait emmagasiné, tel un flot d’eau sous pression que l’on ne pouvait retenir, que son cerveau qui était habituellement là pour faire revenir à la surface tous ces sentiments qui le traumatisaient horriblement avait dû oublier toutes ces choses néfastes.
Leurs routes restèrent la même pendant un moment puis ils se séparèrent : Antoine monta les escaliers et Julie traversa la cour principale. La journée passa normalement pour les deux adolescents, si ce n’est que chacun des deux furent présents dans les pensées de l’autre.




Le jeudi était sans doute le jour préféré d’Antoine. En grande partie parce qu’il y avait deux heures de mathématiques toujours passionnantes. Il avait aussi 2 heures TPE, de français et une heure et demi de SVT.
La SVT était le cours qui le passionnait le moins, enfin cela dépendait de ce qu’il y traitait.
En TPE, il s’était retrouvé dans un groupe de 4, comme il avait été tout seul. Comme un mois s’était passé, il avait trouvé un groupe de garçons qu’il savait sympas et leur avait alors dit qu’il avait beaucoup d’idées et qu’avec lui ils auraient une bonne note et ils avaient accepté sans rien dire, à sa grande surprise.
En français, il adorait étudier et analyser des œuvres, même s’il n’était pas un grand fan de romans anciens comme Le rouge et le noir de Stendhal. Il participait beaucoup à l’oral en cours de français lorsque la professeure leur posait des questions sur l’analyse que l’on devait faire des expressions de l’extrait étudié.
Après avoir mangé tout seul à la cantine sans s’en soucier vraiment. Il aurait en fait aimé que Julie le voit et vienne manger avec lui mais il n’était pas du genre à se faire des illusions.



Julie, elle, appréciait avec la même joie toutes les journées qu’elle passait au lycée. Elle était une élève sérieuse même si elle aimait beaucoup s’amuser et profitait de chaque instant que la vie lui offrait. Elle était plutôt une bonne élève, sans pour autant se distinguer des autres élèves. Elle avait une moyenne juste un peu confortable : un peu plus de 13.
Elle était très populaire dans la classe, même si elle n’aimait pas particulièrement attirer l’attention. Elle avait le portrait de la fille parfaite pour les garçons.
Elle se demanda comment la journée d’Antoine se passait. Elle se doutait bien que cela ne se passait pas aussi bien que la sienne et ne pouvait se figurer à quel point elle était loin de la vérité.




Antoine arriva à sa nouvelle maison à 4 heures. Julie arriva une heure plus tard, pendant qu’il était en train de lire des livres dans la petite bibliothèque. Il arrêta sa lecture quand elle vint frapper à sa porte, entra et lui proposa :
-Est-ce que ça te dirait que je te montre quelque chose ?
-Quoi ?
-C’est une surprise. Ce que je peux te dire c’est que c’est une chose dont tu ne dois pas y connaître grand-chose, monsieur je-sais-tout ! Vu la montagne de choses que tu m’as apprises, alors moi aussi je vais t’apprendre pleins de choses. Tu verras, c’est très amusant !
Antoine fut désarçonné par cette réponse Il n’aurait jamais pensé qu’elle accepte de lui montrer sa chambre alors qu’ils se connaissaient à peine. Il s’attendait encore moins à ce qu’elle lui propose elle-même, surtout qu’il n’avait jamais été dans la chambre d’une fille. A peine était-il arrivé chez elle qu’il pouvait entrer dans sa chambre ! Il eut à la fois peur que ce soit une blague et le plaisir de recevoir ce privilège. Mais il osa quand même répondre :
-D’accord, allons-y.
Elle lui prit familièrement le bras et le conduisit dans sa chambre à elle. Quand elle ouvrit la porte, Antoine fut étonné par l’apparence de sa chambre. Il y avait beaucoup d’espace. Il remarqua en premier l’épais lit double confortable qui occupait le centre de pièce et la majeure partie de cette dernière. Dans un coin reposait un grand bureau en ébène avec un ordinateur et de grands tiroirs en dessous.
Une armoire aussi gigantesque que celle d’Antoine occupait le mu opposé tandis qu’une malle remplie de costumes et même de maquillages reposait près de la porte. Sur les murs, il y avait des posters de chanteurs, des photos des amies de Julie, d’autres avaient été prises quand elle faisait du cheval ou était à un spectacle de danse. Il observe avec jalousie quelques photos d’elle avec un garçon. Finalement, malgré l’atmosphère féminine qui se dégageait de cette chambre, elle n’était pas aussi coquette qu’il ne l’avait pense. Il s’était vraiment fait trop d’idées car son expérience ridicule sur les chambres des filles se résumait à ce qu’il en avait vu dans les mangas ou à la télévision.
Elle lui montra alors son compte Face Book, des vidéos, photos, discussions, ce qui intéressa beaucoup Antoine dès le premier abord. Elle y resta 1 heure et demie, Antoine observait ces banals échanges, se demandant pourquoi tout le monde y passait autant de temps. Puis Julie se leva de sa chaise et désigna l’ordinateur :
-A ton tour !
-Euh, d’accord, répondit-il, espérant qu’il n’allait pas la décevoir.
Il lui montra alors des vidéos amusantes qu’il regardait pour se relaxer, lui montrant des sketchs comiques comme Anne Roumanoff, les inconnus, puis un geek testeur de jeu vidéo, le joueur du grenier, qui critiquait avec amusement des vieux jeux. Tout cela parut plus amuser qu’étonner Julie. «Alors il regarde des choses comme ça !» S’étonna-t-elle. Antoine riait sereinement en regardant ces vidéos, ce qui lui donnait une attitude positive que Julie ne lui connaissait pas.
-Tu regarde souvent des trucs comme ça ?
-Seulement pour me détendre et déstresser. Savais-tu que si ton âme souffre, cela peut avoir des répercussions importantes sur ton corps ?
«Il ne regarde pas ça pour se divertir ni s’amuser mais plutôt pour rester de bonne humeur et ne pas se noyer dans la tristesse. On dirait qu’aucun autre moyen ne le lui permet, comprit-elle. Il a l’air d’être quelqu’un de fragile et souffrant, le pauvre».
-Pas du tout.
-Et tu peux même mourir juste parce que tu penses que tu es malade !
-Sans déc.’ !?
-Ouais. Et grâce à ça, un charlatan a réussi à guérir un homme qui était mourant à cause de cela en lui faisant croire qu’il l’avait guéri en lui faisant croire qu’il avait avalé un lézard et qu’il venait de l’extirper.
-Etrange comme histoire.
-Tu sais, Tout ces trucs drôles… Pourquoi est-ce que tout le monde aime les regarder ? La questionna-t-il.
-Ben, parce que c’est amusant à regarder.
-Oui, mais pas seulement, rectifia-t-il. Toutes les choses drôles de la vie permettent de nombreuses choses positives comme donner de la légèreté à notre existence, profiter de l’instant présent et oublier tous nos problèmes. Ce sont entre autres ces moments qui nous donnent envie de vivre et qui nous font ressentir l’impression d’être vivant. S’amuser, rire, c’est aussi se divertir, expliqua-t-il, c’est lutter contre l’ennui, la tristesse et toutes les autres émotions négatives. La musique peut elle aussi apporter des effets positifs, par exemple, lorsque le grand Bob Marley se mettait à chanter en public, l’atmosphère changeait radicalement. Quand tu fais du sport en écoutant de la musique tu es plus efficace à cause du rythme de la musique mais aussi parce que tu ressens moins la souffrance musculaire. C’est pour ça que j’aime beaucoup écouter de la musique, ça me remonte le moral quand je me sens mal, je ne sais pas pourquoi, mais j’aime aussi beaucoup écouter des musique mélancoliques, avoua-t-il, même si ça me rend un peu plus triste et que ça me pourrit la vie…. Les musiques mélancoliques sont si belles et si dangereuses…
Après un silence embarrassant, Julie lui demanda finalement :
-Est-ce que tu regardes d’autres trucs ?
-Oui, des clips et….. Des mangas.
-Quoi comme musique ?
-Euh, plutôt des musiques du genre populaires, mais j’aime bien tous les genres.
-Et tu les regarde sur youtube aussi ?
-Ouais. Je n’ai pas vraiment les moyens de m’acheter un Ipod.
-Et les mangas ?
-Je les regarde sur Dpstream. Ca t’intéresse ?
-Bien sûr que ça m’intéresse, je ne connais personne qui regarde des mangas, tout le monde dit que c’est pour les gamins.
-C’est vrai que je suis vraiment quelqu’un de puéril… se désespéra-t-il. Je n’ai pas grandi de ce côté-là…
-Mais si tu regardes ce genre de choses, c’est que cela ne doit pas être si puéril ! Ajouta-t-elle pour se rattraper.
-Les mangas que je regarde sont des mangas pour adolescents, alors je suppose que je n’ai pas à avoir honte de les regarder, en fait. Et puis, ce qu’ils disent est très profond, on se moque bien de ceux qui les regardent alors que cela n’a rien de stupide.
-Et en quoi est-ce qu’ils sont intéressants, ces mangas ?
-D’abord, les personnages principaux ont souvent une quinzaine d’années, nous pouvons donc nous identifier à eux. De plus, on y apprend de nombreuses choses importantes comme sur les sentiments, par exemple la solitude, le désespoir, le poids du devoir. Les personnages principaux sont vraiment exemplaires, comme Naruto qui me donne envie de surmonter mes blessures du passé et me relever pour accomplir de grandes choses pour le monde entier. Il me donne aussi envie de devenir plus fort, de surmonter mes défauts, de me battre pour aider les opprimés, bref de devenir quelqu’un d’important.
«Et puis, j’ai compris grâce à ichigo de Bleach qu’il me manque une arme importante pour pouvoir prendre en main mon destin : c’est la volonté. Je suis quelqu’un de sensible, alors il m’est difficile de faire des choses de moi-même. J’ai souvent besoin des autres pour cela, mais je suis sûr qu’avec de sincères promesses à une fille que j’aime, je pourrais devenir bien plus fort. En fait, je crois que ma plus grande force et faiblesse réside dans mes lien avec les autres. Tu sais, je suis quelqu’un d’altruiste, je te raconterais cela une autre fois, mais c’est en partie dû au fait que je me suis trop occupé des autres et que j’ai oublié de m’occupé aussi de moi-même que je souffre aujourd’hui de nombreux problèmes. Je suis désolé, je crois que j’ai trop parlé, j’ai du te paraître un peu lourd.
-Non, non, affirma Julie. Ce que tu as dit est très intéressant, mais je n’ai pas compris grand-chose, tu parles tellement vite et je ne te pensais pas aussi bavard ! Rit-elle.
-Cela faisait longtemps que je ne m’étais pas autant ouvert, avoua Antoine avec embarras. Je m’emporte facilement lorsque je suis content de pouvoir parler de moi, ça me permet de rattraper tout les silences lourds que j’ai supporté, je pense.
Il s’arrêta de parler. Julie lut dans son visage de la détresse et comprit qu’elle devait respecter son silence. Antoine ouvrit la vitre de sa chambre et regarda dehors.
-J’aime bien regarder dehors, parce que comme je suis souvent enfermé dans ma chambre, je me sens mieux en regardant le paysage à l’air libre. La nature est si belle est si vivante… Je me sens comme libéré lorsque je suis dehors. Ah ! Parfois je me dis que sans tous les problèmes biologiques comme les maladies et la famine du moyen-âge, j’aurais bien aimé vivre à cette époque où il n’y avait pas de jeux vidéo et d’autres addictions stupides, le monde n’était pas aussi complexe et l’on ne souffrait pas de stress et autres douleurs psychologiques. L’on pouvait s’amuser dehors où il n’y avait pas de vacarne assourdissants mais de somptueux paysages aussi vastes et beaux que la vue sur mer dans un hôtel et un air très pur, mais bon… Quand l’homme trouve des remèdes à ses problèmes, ces solutions entrainent toujours d’autres problèmes, la vie serait bien ennuyante et facile sans tous nos problèmes…. Julie, est-ce je peux te poser une question indiscrète ?
-Bien sur vas-y, répondit gentiment Joyana.
-Qu’est-ce tu penses de ce que je regarde sur internet ?
-J’en pense que c’est étonnant que quelqu’un comme toi regarde des choses comme cela. C’est assez amusant. Les mangas ne semblent pas aussi stupides que l’on le dit. Mais, et toi, que penses tu de ce que moi je t’ai montré ?
-Je trouve c’est étonnant le temps que tu passes sur Face Book. Cependant, c’est socialement plus amusant et plus divertissant que mes vidéos et c’est cool de pouvoir discuter et partager des choses avec ses amis sans se déplacer, mais je crois qu’une vraie discussion est plus intéressante. De plus, si ça continue tout le monde va finir par passer sa vie chez soi et ne se déplacera plus, et j’ai bien peur que toutes ces machines futuristes et les nombreuses autre que l’homme créera à l’avenir engendre un jour la perte d’humanité de tous les êtres humains de cette terre et les transforme en machines.
-Je n’avais jamais vu les choses de cet aspect là et je dois dire que ça me fait peur. Surtout que ton raisonnement est très logique, avoua Julie.
-Toute chose apporte son lot de bonnes et mauvaises choses. L’ordinateur permet des choses bien utiles, mais pourrait changer de manière mauvaise notre nature.
-Je vois.
-Pourquoi fais-tu cela ?
-Quoi ?
-Aller sur Face Book.
-Parce que tout le monde y va et puis c’est comme être en train de discuter avec ses amis. Tu as d’autres questions comme ça ?
-Non. C’est juste que je voulais, disons, connaître un point de vue différent du mien. Je suis plutôt quelqu’un de curieux et lorsque j’ai l’occasion de poser des questions, je ne m’en prive pas. J’aime beaucoup apprendre des choses mais ce que je voudrais plus que tout apprendre……
-C’est quoi ?
-Tu le sauras bientôt. Tiens, il est bientôt l’heure de manger. Je vais voir si je peux aider en cuisine. Je vous dois bien ça.
-Et moi je te dois bien plus, rappelle-toi.
-Tu semble accorder beaucoup de valeur à ta vie, remarqua-t-il en refermant la porte.
Elle n’eut pas le temps de répondre. Décidément, ce garçon était surprenant et imprévisible.
Ils mangèrent de délicieuses Lasagnes préparées par Antoine. Ensuite, celui-ci finit de lire un livre sur Agatha Christie et feuilleta quelques livres de science et d’histoire que son frère avait rapportée pendant que celui-ci en lisait d’autres et que Julie s’amusait sur face book.
A 10 heures 30, il arrêta de lire et rejoignit son frère dans leur chambre. Au bout d’une demi-heure, n’arrivant pas à dormir, il demanda à son frère :
-As-tu fini de lire ?
-Je te connais bien, grand frère, cela veut dire que tu n’arrives pas à dormir parce que quelque chose te tracasse. Eh bien, tu sais bien que je ne peux rien te refuser, parle.
-Qu’est-ce que tu pense de ce qui nous est arrivé depuis que j’ai sauvé cette fille ?
-Je pense que tu n’as pas eu de chance de devoir aller à l’hôpital, mais c’était un mal pour un bien. Tu as sauvé cette fille, tu viens donc de créer un lien fort entre elle et toi. Nous sommes en train de découvrir un nouveau monde, la vie de famille, une vie qui ressemble plus à une vie normale. Je suis heureux de pouvoir jouer avec Florian, toute la joie et l’insouciance qu’il porte en lui, j’essaie de la ressentir. On c’est bien amusé aujourd’hui avec ses playmobiles et ses lego on a fabriqué plein d’histoires, construit plein de robots et on a fait la guerre. Je me suis pris au jeu et c’était trop cool !
-Plus l’on grandit, plus l’on risque d’être éloigné des autres, sourit Antoine. Toi tu es jeune tu peux encore changer et devenir quelqu’un de plus normal, contrairement à moi, soupira-t-il.
-Toi, tu as maintenant Julie, une personne importante pour toi, peut-être même une amie. Et si je suis plus proche de ceux de mon âge que toi, c’est aussi parce que je n’ai pas vécu tous les malheurs qui sont arrivés à notre famille si petite maintenant. Si je ne suis pas aussi mal que toi, c’est parce que je sais que tu es là pour veiller sur moi.
- Cela me rappelle Bleach, tu vois ce que je veux dire ?
-Pas vraiment.
-Quand j’ai rencontré Julie, je lui ai sauvé la vie. Nous vivons tous les deux dans deux mondes différents, mais un lien fort nous unit maintenant et elle est en train de changer mon monde. Cela me rappelle Ichigo et Rukia.
-Je vois. C’est toujours comme cela que tu transformes la réalité en la comparant à l’irréel. Tu t’imagines que ça va se passer comme dans le manga ?
-L’imagination est nécessaire pour la création, mais c’est aussi un beau moyen d’occupation, quand on en a beaucoup, remarqua Antoine.
-Avec tout ce que tu regardes, c’est normal que tu en aies autant.
-L’imagination dépend donc du temps que l’on vit dans la fiction.
-Toutes les choses dépendent des autres. Ta vie dépend de tes lectures, tes mangas, tes vidéos, mais aussi de toi, c’est ce que tu disais avant.
-La vie est une fonction à variables complexes et innombrables.
-C’est quoi une fonction ?
-Tu es trop petit pour que je t’en parle, et je ne voudrai pas te faire grandir trop vite. Aaa….Allez, bailla-t-il, bonne nuit.
-Bonne nuit, répondit Raysoly en éteignant la lumière.
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[vendeur de rêve] Les arcs-en-ciel vivent de la pluie et du beau temps (Roman)
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