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 [Artimeus] Raïzer (Roman)

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Artimeus
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MessageSujet: [Artimeus] Raïzer (Roman)   Jeu 3 Mai - 17:12

« Les sujets semblent malgré leurs états inconscients développer une vie, une conscience en fonction de leur environnement mais sans avoir l’impression d’exister réellement, ils évoluent dans leurs rêves nébuleux »
Le docteur Thal.




Ses pensées flottaient sans conscience dans d’abstraits rêves étranges comme toujours.
Mais soudain quelque chose vint, qui la tira en arrière . La main de la réalité se saisit de ses pensées. Elle s’éveilla.
« Elle » murmura t’elle doucement en se reconnaissant pour la première fois.
. Petit à petit, la jeune femme prit conscience de tous les membres de son corps.
Ses doigts engourdis parcoururent la paroi métallique. Après le « qui suis-je ? » vint le traditionnel « ou suis-je ? ».
Elle ouvrit ses grands yeux verts. Inutile. Il faisait aussi noir qu’avant. Elle inspira, expira lentement.
Un défilé de sensations rejoignit celle d’exister. Le froid, la faim, la peur qui ne la quitteront plus.
Elle tenta de bouger mais sans succès.
Ses mains ne rencontrèrent que la même surface de métal uniforme. Elle était allongée dans un tube de fer, couverte d’une combinaison fine. La seule avancée possible semblait être au bout de ses pieds là ou elle ne rencontrait aucune paroi.

La jeune femme tenta de reculer dans cette espèce de tunnel circulaire pour espérer trouver une sortie. Ses pieds rencontrèrent une plaque uniforme. Bloquée. C’est absurde pensa t’elle, elle venait de se réveiller, de « naître » puisqu’elle ne se souvenait de rien mais elle était coincée ici. De désespoir elle poussa de toute ses forces sur ses mains et ses jambes. Son pied frappa violemment la porte qui bloquait la sortie, celle ci s’ouvrit.
Une lumière diffuse entra. Elle contempla sa peau blanche, ses longs cheveux éclatants. Après une seconde d’hésitation, elle franchit à quatre pattes la porte de sortie de ce tube qui l’enfermait. Ce tube ou elle venait de naître. La manœuvre sembla difficile car elle ne pouvait se retourner.
Elle posa les pieds sur un promontoire et sortit sa tête. La jeune femme ferma les yeux ,agressée soudainement par la lumière. Lentement, elle les réouvrit et les refermait aussitôt, saisi par le vertige.
Elle se tenait au bord d’un puits abyssal. Tout autour, de bas en haut aussi loin que portait le regard se trouvait des dizaines de milliers de tubes comme celui qu’elle venait de quitter, ils étaient tous alignés par étage de haut en bas. Ses pieds ne tenaient sur le sol que par une minuscule rebord de fer qui courait circulairement au pied des tubes. Et au milieu, cet abysse circulaire sans fin. Seul une pâle lumière blanche venant de très loin tout en haut lui apportait un peu d’espoir.
« Le ciel » murmura t’elle sans trop savoir comment elle connaissait ce mot.
« Il faut que j’atteigne le ciel » pensa t’elle. La jeune femme aux cheveux roux éclatants se mit à grimper, elle attrapa le rebord de métal au-dessus d’elle d’une main tremblante, se hissa péniblement en posant son pied sur la poignée d’un des tubes dans lequel elle se trouvait puis arriva au niveau supérieur. Par curiosité elle ouvrit un des containers et le referma aussitôt dégoûtée La personne a l’intérieur était morte depuis longtemps, le squelette en témoignait.
Je suis peut être la seule en vie au milieu d’un immense cimetière songea t’elle. Redoublant d’ardeur sous l’effet de la peur, elle grimpa de nouveau. Elle monta ainsi plusieurs étages tous identiques. Ses muscles très faible car n’ayant sûrement jamais servis ne tenaient pas le choc. Elle trembla, respira fort. Elle osa un coup d’œil en bas. Le vide, le noir sans fin. Sa jambe glissa, elle agrippa le rebord de toutes ses forces ,regarda une dernière fois le ciel tout là haut. Sa main perdit prise. Elle tomba, cria, terrorisé.
Le vide l’avala férocement.


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Artimeus
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MessageSujet: Re: [Artimeus] Raïzer (Roman)   Sam 5 Mai - 22:39

« Bonjour à tous pour cette belle journée ! C’est un jour neuf,
plein de promesse qui apportera la solution à tous vos soucis .
N’oubliez pas : que l’espoir, toujours dans vos cœurs, persiste !
Je suis raaavi d’être avec vous en direct pour ce show exceptionnel. »
Tom Grant


La chute était interminable.
La jeune fille regarda avec crainte le noir l’enveloppant peu à peu, son corps sombrant dans l’abysse.
Le néant. Ses pensées étaient déformées par la peur, elle se sentit flotter dans le vide,
la sensation de chute disparut petit à petit. Elle nageait dans la nuit sans pouvoir distinguer le haut du bas.
Un bruit assourdissant l’assaillit de partout mais elle ne sût si cela venait de sa tête ou si c’était réel.
Après un temps qui lui sembla infini, elle atterrit brutalement sur un sol froid.

_Je l’ai entendu, il ou elle a atterri ici : cria une voix masculine au loin.
Une luciole s’approcha au loin dans le noir absolu,
qui s'avéra de plus près être une lampe de poche. Une main s’approcha du corps de la fille.
_Ca va ? Tu ne t’es pas fait mal ?
_Ca va, je crois que ça va… répondit la jeune fille.
_Moi c’est Stan, et toi ?
La fille rousse réfléchit longuement, chercha dans les bribes de mémoires qui remontaient à la surface.
Un nom émergea :
_Je suis Alima…
La tête du garçon entra dans le champ lumineux.
Il avait un peu moins de la vingtaine, de grands yeux, une chevelure en bataille et il portait la même étrange combinaison.
_Bienvenue Alima, Que l’espoir…
_Toujours dans vos cœurs, persiste : répondit t’elle par automatisme.
_Tiens, toi aussi tu as cette phrase dans la tête, étrange….
Il resta songeur une longue seconde puis se reprit brutalement :
_ Viens nous allons t’expliquer le peu que nous savons mais il ne faut pas rester ici, un Scavangers va passer bientôt.
_Un quoi ?
_Un Scavangers : dit t’il en marchant, suis-moi, il ne faut pas rester là !

Alima le suivit, ses pieds se posaient délicatement sur le sol de métal froid.
Stan se retournait sans cesse pour surveiller si la jeune fille le suivait bien.
Ils marchèrent quelques minutes suivant au loin la lumière d’une flamme qui brillait comme un phare.
Soudain un hurlement métallique retentit au loin. Quelque chose venait très vite vers eux. Alima cria.
« Ne t’inquiète » pas répondit Stan, » il va passer juste a coté ».
Une bouffée d’air froid les envahit quand la chose passa.
Ils arrivèrent enfin au campement de fortune. Le feu brillait au milieu,
éclairant quelques coussins posés ça et là, de même qu’une sorte de grande cabane montée sur des tréteaux.
« Bienvenue au camp des réfugiés Alima » dit Stan en montrant l’endroit d’un geste majestueux déplacé pour le lieu de fortune.
Une brune souriante s’avança :
« Enchantée, moi c’est Stal, je suis ravie qu’il y ait enfin une nouvelle pour me tenir compagnie.
Les autres c’est à dire Star et Lorey ne devrait plus tarder, ils sont partis en opération de récup’ ».

Alima regarda les deux individus avec un vague sourire.
C’est la première fois qu’elle voyait d’autres individus,
qu’elle marchait, qu’elle échappait de justesse à la mort sans trop savoir comment.
Le monde vacilla, elle tituba. Stan la rattrapa :
_Désolé Alima, je ne t’ai pas ménagé à cause du Scavangers et tu t’es sûrement éveillé il y a seulement peu de temps,
repose-toi ici le temps que tu t’adaptes, que tu prenne des forces.
Il lui désigna un ensemble de couverture dans la cabane.
Alima s’y allongea avec reconnaissance.
Elle contempla le feu qui brillait dans le noir dans cet endroit étrange, elle se posait tout un tas de question mais n’avait plus la force d’y répondre. Elle s’endormit.

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MessageSujet: Re: [Artimeus] Raïzer (Roman)   Sam 5 Mai - 23:26

Lorsqu’elle se réveilla, le feu brillait de plus belle. A coté, deux personnes discutaient.
Il y avait Stal qu’elle connaissait déjà et un autre homme plus grand et plus musclé que Stan.
_J’ai dormi longtemps ? Demanda t-elle.
_Je dirais une vingtaine d’heures mais ne t’inquiètes pas, nous sommes tous passés par-là.

Viens t’asseoir ici si tu veux. Alima vint les rejoindre auprès du grand feu,
elle s’assit sur un vieux matelas rouillé.
Elle salua Lorey qui lui tendit une main ferme.
C’était un homme d’une quarantaine d’années au visage droit et fier,
il était le seul à posséder des vêtements différents de l’habituelle combinaison noire.
Stal lui sourit. Le silence se fit quelque seconde, troublé seulement de temps à autre par le feu qui craquait.

Alima prit la parole :
Je ne comprends pas, ou sommes nous, de ou suis-je tombée ? Comment Stan connaissait t’il la fin de ma phrase ?
Comment parle t’on la même langue ? Comment je connais le mot langue ? Comment….
_Du calme, du calme : dit Stal, souriante. On en sait d’abord pas beaucoup plus que toi,
nous sommes tous tombés comme toi mais c’est l’Aération qui nous as sauvés.
Tu aurais du t’écraser mais on t’a entendu crier alors on a activé l’Aération.
Lorey qui est en face de toi à était sauvé le premier par chance par le système de ventilation qui se déclenche automatiquement toute les heures puis il a trouvé comment activer manuellement le système et c’est ainsi qu’il nous as tous sauvés quand on est tombé. Stan il y a plus d’un mois puis moi, puis Star il y a une semaine et maintenant toi.
Il y a toujours l’un d’entre nous au déclencheur de la ventilation pour sauver les gens, en ce moment c’est Star.
Ce système permet par l’air qu’il envoie de freiner la chute des individus.
_Et qui sommes nous ?
_Ah ça, c’est un autre problème….
Lorey répondit : Je ne sais pas,
apparemment des milliers de personnes sont stockés dans l’immense bâtiment circulaire depuis longtemps pour je ne sais quelle raison et récemment les personnes se réveillent.
Par contre ce que je sais, c’est pourquoi et comment nous nous comprenons.

L’homme se leva, chercha dans un coin derrière le feu, dans une espèce de débarras puis en sortit un petit écran gris métallique, une sorte de poste de télévision miniature. Il le posa près du feu et appuya sur un bouton.
L’écran vacilla puis s’alluma, un homme au costar impeccable et aux cheveux bien coiffés regardait face caméra,
il dit souriant :
« Bonsoir. Je suis Tom Grant… la vision se brouilla puis reprit soudainement….Jour neuf !… nouveau brouillage….
Que l’espoir toujours dans vos cœurs…. Lorey arrêta la petite machine.
_Je suppose que tu as déjà entendu cet homme ? demanda t-il.
Alima semblait stupéfaite :
_Oui sa voix me semble si familière, je connais ses mots par cœur.
Je crois qu’il y avait de ces écrans un peu partout dans les tubes et que la voix s’est gravée dans les esprits.
C’est ainsi que vous parlez… que je parle. Mais je n’arrive pas à avoir la suite, cet écran est abîmé, de plus ça me paraît un peu léger qu’on se comprenne grâce à ça, on n’aurait pas autant de vocabulaire. Pour le reste, je ne sais rien.
Alima regarda le noir tout autour du feu :
_Ou sommes nous ?
_Nous sommes à la décharge, au sous-sol, de l’immense tour rempli de tubes,
en cherchant bien on trouve toute sorte de chose ici, de quoi survivre, de quoi se faire un peu de confort ou juste allumer un feu.
Le seul problème, ce sont les Scavangers, ce sont d’immenses machines qui ramassent tout sur leur passage,
qui broient tout pour en faire je ne sais quoi et elles peuvent très bien broyer aussi les humains…
la première personne que j’ai trouvé en a fait les frais.
Les trois individus restèrent pensifs auprès du feu, Stal rajouta un vieux matelas pour entretenir la flamme.
Quelques minutes plus tard Lorey se leva :
_Je vais remplacer Star à l’Aération : expliqua t’il en disparaissant dans l’obscurité.
_Lorey est un peu direct mais il n’est pas méchant : dit Stal en réponse à une question muette.
Il veut tout comprendre. Dur à intégrer toutes ces informations, n’est-ce pas ?
Si seulement on savait ce qu’on fout là ? Et une question en amène une autre.
Pourquoi on a tous la même combinaison et pas Lorey,
Pourquoi moi Star et Stan avons des prénoms aussi proches et pas toi et Lorey…Enfin….
_Je n’ai pas encore eu l’occasion de le dire mais merci à vous tous,
je ne serais plus là sinon : répondit Alima avec un sourire.
Stal dégageait une telle aura de sympathie.

Les deux filles parlaient depuis un certain temps quand
soudainement Stal se leva : « Il arrive ».
Alima se leva également, le sol tremblait très légèrement sous ses pieds.
Puis de très loin dans le noir vint le bruit d’une énorme machine qui se déplace.
« Un Scavanger » cria Stal. Elle courut jusqu'à la cabane pour y attraper un étrange objet en forme d’entonnoir.
Elle le porta à ses lèvres produisant un affreux grincement.

Tout le monde était averti. Puis elle s’activa à tout vitesse,
s’empara d’une paire de gant et souleva la plaque qui soutenait le feu.
_Suis moi et prends le maximum que tu peux emporter dit t-elle à Alima qui aussitôt sortit de sa torpeur.
Elle s’empara d’un maximum d’objet de toute nature et suivit Stal qui portait le feu de bras.
Elle le déplaça d’une bonne centaine de mètre et le posa : ici ça devrait suffire dit t-elle essoufflée.
Le bruit s’intensifia. Stal retourna au campement avec Alima qui la suivait.
Les deux jeunes femmes s’emparèrent chacun d’une partie du tréteau qui soutenait la cabane.

Tout était juché sur des tréteaux pour pouvoir très vite déplacer la base. Star arriva pour les aider.
Il prit les derniers objets qui traînaient et utilisa la lampe torche qu'il portait,
montrant une fois encore que la lumière était un bien précieux.
Le vacarme était assourdissant. Ils coururent jusqu'au feu tandis que la machine arrivait.
Ils installaient le nouveau campement quand la chose énorme passa près d’eux. Ils s’en étaient sortis.
_Ou est Stan ? Demanda Star inquiet.
_Il est à l’aéronef, il doit travailler à son amélioration mais il n’était pas dans la zone du Scavanger : répondit Stal.
Star posa ses yeux sur Alima, ses yeux semblaient toujours un peu dans le vague, il lui fit un sourire et retourna auprès du feu.
_L’aéronef ? De quoi s’agit t-il ? Demanda la jeune fille.
_Oh la prochaine fois que Stan ira, il t’emmènera, c’est notre seul espoir de sortie,
c’est une sorte de vaisseau qui s’envolera de ce puits monstrueux. Nous avons tous vu le ciel là tout là haut,
nous voulons le rejoindre pour sortir d’ici.
_Qu’y a t-il dehors ?
_Pas la moindre idée…


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Artimeus
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MessageSujet: Re: [Artimeus] Raïzer (Roman)   Dim 6 Mai - 13:54

Stal emmena Alima en opération de récupération. Il s’agissait de trouver de la nourriture pour survivre ou de quoi améliorer leurs conforts. Les recherches dans le noir étaient difficiles. D’autant qu’il ne fallait jamais trop s’éloigner du feu qui constituait leur seul repère et que les lampes éclairaient faiblement. Elle trouvèrent dans un vieux carton, quelques canettes d’une étrange boisson nourrissante qui leur apporterait un réconfort précieux. Puis elles revinrent après deux heures de recherches infructueuses. Le temps était donné par une horloge rouillé qu’ils avaient trouvés qui leur permettait d’avoir quelques repères. Alima se créa une place officielle dans la cabane grâce à quelques coussins puis s’endormit en même temps que Stal et Stan qui venait de revenir.
Elle se sentit pour la première fois chez elle, entourée de compagnons qu’elle appréciait, particulièrement Stal au rire facile.
Star et Lorey restèrent à veiller sur le groupe autour du feu, il fallait toujours quelqu’un pour surveiller.


Alima se réveilla quelques heures plus tard, Stan était déjà éveillé, il contemplait le feu en silence.
La flamme attirait le regard comme la lumière attire un insecte dans la nuit. Alima vint s’asseoir à coté du jeune homme :
_Tu as une idée de ce qu’on fait ici ?
_Pas la moindre malheureusement, on survit comme on peut, j’espère qu’un jour grâce à l’aéronef on pourra s’évader d’ici,
je vois des étendues de vertes prairies au fond de ma mémoire. Cela a l’air si beau…
_Oui j’espère qu’on pourra partir un jour…. Tout me paraît encore si étrange, je ne sais pas bien ce que je fais là.
_Comme nous tous. Tu veux que je te montre l’aéronef ?
Elle acquiesça.
Ils partirent tous les deux voir leur seul espoir de quitter ce lieu. Stan se fit une torche grâce au feu qui brûlait toujours et s’enfonça dans l’ombre.
Ils arrivèrent après quelques minutes de marches entre des monticules de déchets jusqu'à une grande masse noire,
à la lampe on pouvait voir l’inscription « Scavanger » écrite sur le flanc de l’objet :
_Ce Scavanger s’est arrêté, c’est pour ça que plus aucune machine ne passe ici,
c’est l’endroit le plus sécurisé avec l’Ascenseur pas très loin mais nous ne campons pas ici car comme aucun robot nettoyeur ne passe on croise des créatures étranges, des bêtes mi-homme mi-démon, mais ne t’inquiète pas c’est plutôt rare.
Alima put admirer la machine à la lueur de la lampe, longue d’une centaine de mètres, haute d’à peine moins la chose était plutôt informe, c’était un amas hétéroclite d’engin en tout genre censé nettoyer le sous-sol de la tour.
Stan trouva enfin la poignée de la porte qu’il cherchait, celle-ci s’ouvrit sur elle-même difficilement.
Ils entrèrent dans les entrailles du monstre de métal : « Je me sers des pièces du véhicule pour l’aéronef ». Ils louvoyèrent comme ils le pouvaient entre les différents ensemble dans l’obscurité relative puis arrivèrent à une petite échelle qui conduisait au sommet du véhicule.
_On ne voit pas grand chose, je vais allumer le spot dit Stan.
La lumière flasha dans la nuit. Alima poussa un cri, une créature était juché sur le toit tout près et s’approchait d’eux. Stan s’empara de la torche qu’il avait posée pour allumer le spot. Il effraya avec le monstre humanoïde qui détala.
_Ne me demande pas, je n’ai aucune idée de ce que ça peut être, mais j’en ai déjà vu, ils ne sont pas très agressifs ceux là. Regarde plutôt ça.

Alima oublia vite le monstre quand elle vit l’aéronef.
Il se dressait, majestueux, sur le toit du Scavanger. L’ensemble bien que l’assemblage fût précaire dégageait une grande harmonie. L’armature de cuivre était couverte de débris divers, au milieu trônait un lourd réacteur d’un autre âge sur lequel était posé une nacelle. Ses deux ailes faites de vieux draps traînaient sur le sol. L’aéronef était resplendissant.

Stal et Lorey revinrent le soir au campement. Stan et Alima s’étaient occupé d’améliorer l’aéronef pendant que Star était resté au campement durant la journée. Cela faisait maintenant plus d’une semaine selon le temps donné par la vieille horloge qu’Alima était arrivé. Si elle avait gardé l’Aération quelques temps et tentée comme tout les autres de faire marcher l’Ascenseur en panne, elle avait passé la plupart de son temps à réparer l’engin qui les emmènerait dans le ciel.
_On ne trouve plus de nourriture :déplora Stal en arrivant. Si ça continue on va crever de faim. Le vaisseau est t’il bientôt prêt ?
_Je l’espère, je l’espère…. Avec Alima on fait ce qu’on peut mais il faut trouver le matériel adéquat et de plus nos connaissances en mécaniques sont limités à ce que nous connaissons depuis notre sortie des rêves : Répondit Stan.
Les cinq survivants restèrent autour du feu, silencieux comme cela leur arrivait si souvent.
Ils semblaient immensément petits dans le gigantisme de l’obscurité.
_Que va t’on trouver, une fois qu’on aura atteint le ciel ? Questionna Star le regard toujours dans le vague.
_Si nous savions, ce ne serait pas aussi amusant : dit Alima.
_Je crains que dehors ne soit justement pas si amusant que ça :s'inquiéta Lorey
_Au moins on ne crèvera pas doucement comme ici : désespéra Stal.
Star se leva et pointa une torche vers le haut, le ciel.
_Comment sont les gens dehors ? Que se passe t’il ?
_Nous ne tarderons pas à le savoir.

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Artimeus
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MessageSujet: Re: [Artimeus] Raïzer (Roman)   Lun 7 Mai - 22:37

« De tout temps, l’homme a aspiré à aller vers le haut que ce soit monter réellement ou progresser sur une voie quelconque. C’est ce qui a rendu l’homme si fort mais aussi si faible. On souffre beaucoup lorsqu’on tombe de haut » Le poète Elshan.

Le groupe de cinq était réuni au pied de l’aéronef enfin achevé.
_Tout le monde est prêt au décollage ? Demanda Stan avec de vieilles lunettes d’aviateur sur les yeux.
Ses compagnons acquiescèrent, concentrés.
_Très bien Lorey, tu peux déclencher l’aération et après on fait tous comme on a dit, chaque seconde est précieuse.
Lorey s’empara du fil qui passait au ras du sol. En bidouillant l'électronique, il avait réussi à contrôler une des immenses hélices de l’aération. Il activa l’hélice enfoncée loin dans le sol sous un grillage. Celle-ci se mit à tourner sur elle-même d’abord lentement puis de plus en plus vite. Les draps qui lui servaient d’ailes se levèrent lentement. Lorey sauta à toute vitesse dans la nacelle ou tout le monde était réuni. Stan activa le vieux moteur qui toussota avant de s’allumer. Le vaisseau s’éleva miraculeusement porté seulement par les deux draps qui se gonflèrent comme deux montgolfières. Les passagers dirent au revoir au campement, le feu ne fût bientôt plus qu’une petite tâche dans l’obscurité, l’aéronef s’éleva doucement en l’air.

Tout autour d’eux, les tubes contenant tous ces gens endormis s’étalaient en quantité infinie.Le début fut un peu chaotique, hoquetant, les vibrations secouaient la nacelle mais l’aéronef finit par se stabiliser prenant son envol d’un air décidé.
L’engin montait de plus en plus vite quand ils virent quelqu’un qui leur faisait signe perché à la sortie d’un tube.
Stan secoua la tête de désespoir : « On ne peut pas le sauver, on doit prendre de la vitesse pour détruire ce qui bloque la sortie et on n’aura pas de seconde chance si on ne va pas tout droit on va s’éclater contre un mur ».
Ils virent avec horreur l’individu disparaître, celui-ci était sûrement condamné,
il ne lui restait qu’a profiter de l’aération pour sauter et espérer survivre.

_Comment ça détruire ce qui bloque la sortie ? Demanda soudainement Star alors que l’aéronef prenait de plus en plus de vitesse.
_Je vous l’ai déjà dit, s’il y a de l’aération, c’est que le toit est couvert, or on a tous vu ce qui nous semble le ciel en haut, donc il doit y avoir un dôme en verre, enfin espérons-le… : Répondit Stan approuvé par Lorey.
_La question est de savoir si le haut du vaisseau est assez résistant pour qu’on survive à ça : dit Alima anxieuse.
L’aéronef allait maintenant a toute vitesse secondé par le moteur, les murs et les tubes sur le coté devenaient de plus en plus flous. Stal pu à peine distinguer le mot STA écrit en très grand sur la paroi circulaire.
_C’est tout près d’ici que j’étais « stocké » s’exclama t’elle, je voyais le ciel tout près, on doit bientôt y être.
Elle voulut sortir sa tête de l’habitacle pour distinguer le ciel au-dessus mais Alima la retint.
_Attention, si le choc se produit maintenant, tu serais tué sur le coup.
La lumière devenait plus intense indiquant l’imminence de l’impact,
ils allaient maintenant à une vitesse folle, le moteur tournait à plein régime.
_Je crois qu’….
Le monde vola en morceaux.


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MessageSujet: Re: [Artimeus] Raïzer (Roman)   Mar 8 Mai - 12:13

« Les dômes des Nutri-Tour sont fait de verre nouvelle génération HTA. Ils sont à toute épreuve. Cependant, ils sont faits pour résister aux chocs venant de l’extérieur et non de l’intérieur ».
Sullivan Corps.



Alima reprit ses esprits peu après le choc. Elle était étendue sur une surface solide, nouvelle. Elle ouvrit les yeux,
sa vision ,brouillée au début redevint peu à peu nette. Elle se leva, marcha sur des morceaux de verres brisés,
elle était sur le toit de la Tour. Le dôme en verre n’était plus qu’un gouffre béant ou on pouvait à peine distinguer quelques containers loin en profondeur. L’aéronef s’était écrasé sur la large corniche qui bordait autrefois le dôme. Elle regarda autour d’elle,
tous ses compagnons semblaient sonnés mais indemne. Cela tenait du miracle.
Mais le plus étonnant était autour. Le ciel était un voile noir opaque percé de grands trous de lumières
dont un au-dessus de la tour qui éclairait la scène. Par opposition au ciel noir, le sol était d’un blanc éclatant,
la neige épaisse dévorait petit à petit les ruines d’une civilisation oubliée.
_Je n’imaginais pas ça comme ça. Ca ressemble à la nuit mais en bien plus sombre:
dit Star en s’approchant d’Alima sur la corniche.
La neige s’étendait à l’infini de tout coté, autour du bâtiment.
_Ca manque de grandes prairies vertes…: commenta Alima.
Stan s’affairait déjà a découper les voiles de l’aéronef :
_On en aura besoin pour descendre expliqua t-il.
Lorey se réveilla un peu sonné et s’affaira à l’aider.
Seul Stal se tenait encore sur le sol, le regard triste.
_Qu’y a t-il Stal ? Demanda Alima inquiète pour la jeune femme.
_J’ai reçu un éclat de verre, je suis blessée : exprima t-elle en dévoilant sa combinaison rouge sang au niveau du ventre.
Mais ça ira : mentit t-elle sans grande conviction.
Elle se leva, crispée de douleur.
_On va trouver de quoi te guérir, ne t’inquiètes pas : dit Stan qui n’avait pas l’air non plus très convaincu.
Alima regardait l’abîme ou elle était restée plus d’une semaine, les tubes qui s’alignaient sans fin dans l’obscurité.
Puis elle contempla les ruines, les montagnes au loin, les rails qui s’enfonçaient dans la neige,
le ciel noir et les quelques puits de lumières au sein de la nuit apportant l’espoir.
Elle contempla l’avenir qui l’attendait.
_C’est bon on peut descendre : annonça Stan.
Il avait découpé les voiles en parachutes pour descendre de l’immense tour.
Le sol était au moins un kilomètre plus bas et semblait ridiculement petit d’ici. Alima plongea son regard dans le vide,
elle attacha soigneusement le parachute que lui donna Stan. Puis elle accrocha celui de Stal qui semblait souffrir,
le verre l’avait profondément entaillé au moment de l’impact. Il n’y a pas de miracle.
Alima regarda tous ses compagnons sur le bord du précipice, prêt à sauter, puis elle s’élança dans le vide.
Cela faisait deux fois en peu de temps qu’elle tombait dans le vide. C’est le genre de chose auquel on ne s’habitue jamais.
Son parachute ralentissait la chute cependant elle avait peur d'heurter le bâtiment et de s’écraser.
Elle arriva bientôt au pieds du titan de métal qu’était la tour. Le choc fût grandement amorti par la neige.
Elle s’y enfonça jusqu’à la taille. Le parachute tomba sur le sol une fois son rôle rempli.
Alima s’en sépara et fit quelques pas dans la neige pour jauger la situation.
La tour de métal était très impressionnante vu d’en bas de même que tout les ruines qui semblaient maintenant énormes.
Elle adressa à ses compagnons le signe qu’ils pouvaient y aller.
Ils sautèrent un par un sans encombre sauf pour Stal qui eut du mal à se réceptionner gêné par sa blessure.
En voyant le paysage désolé, le groupe se dit qu’ils étaient sûrement les derniers êtres vivants de l’humanité.
Mais ils avaient tort.



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MessageSujet: Re: [Artimeus] Raïzer (Roman)   Mar 8 Mai - 17:42

« La nourriture est excellente, vous n’avez plus de décisions à prendre, plus de travail à faire. Que pouvez-vous demander d’autre ? »
Tom Grant


_La liberté, crétin : cria le jeune homme désespéré. Il s’empara d’une pierre qui traînait là et la lança de toutes ses forces sur le téléviseur qui diffusait l’image de Tom Grant. Peine perdue, la vitre HTA était bien trop résistante.
Et l’adolescent le savait mais seul le geste comptait.
_La température aujourd’hui est de 21°c : énonça le présentateur avec un sourire forcé.
La télévision diffusait sans relâche les mêmes programmes,
les mêmes phrases depuis si longtemps qu’elles étaient aujourd’hui complètement erronées.
Pour autant qu’Arty, le jeune homme puisse donner une estimation, il faisait froid, une dizaine de degré de moins minimum.
Arty leva les yeux au ciel, exaspéré. C’est sûrement le « la nourriture est excellente » qui l’avait poussé à bout,
lui qui depuis une dizaine de jours cherchait désespérément de quoi manger.
Il s’empara d’une autre pierre et la balança au ciel. Une plaque de ciel vacilla, il lança une autre pierre,
le morceau de ciel s’effondra sur le sol dévoilant un réseau de rouage et de canalisation.
L’ArtifiCiel était une invention permettant aux personnes des étages inférieurs de se sentir dehors même si c’était purement factice. Seulement avec le temps, l’ArtifiCiel tombait en lambeaux et l’illusion était rompue.
Arty cria de toutes ses forces, fixant le plafond représentant l’autorité :
_Qui que vous soyez, faites-nous un signe, on meurt de faim ici bas. Faites quelque chose ! Les distributeurs ne marchent plus. On va mourir !
Seul le silence lui répondit.
_C’est ça, faites semblant de rien.
Il cria puis s’affala sur le sol de terre, abattu.
_Gardez le sourire en toutes circonstances ! C’est un jour neuf, tout va s’arranger ! dit le présentateur extatique
Arty se leva. Se lamenter ne servirait à rien. Il se remit en route parcourant le paysage désolé.
Le ciel était brisé à de nombreux endroits laissant entrevoir à trois mètres du sol le véritable plafond d’acier.
L’herbe se mourait lentement sur la terre sèche. Arty était coincé au cœur d’un bâtiment si vaste qu’on se sentait d’abord libre mais plus la prison est grande puis elle est trompeuse. Si on creusait la Terre, on verrait la même infranchissable barrière d’acier.
De même que si l’on marchait quelques jours, les mêmes murs d’acier barreraient la route.
Le jeune homme se mit en marche, il devait retourner au village même si cela lui en coûtait de rentrer les mains vides.
Il traversa le canal quand lui vint l’idée qu’il trouverait peut être du poisson.
Le jeune homme hésita quelques secondes, le canal est sûrement l’endroit le plus dangereux qui soit mais c’était ça ou mourir de faim.

Il prit son poignard à la main puis se pencha doucement sur le pont qui traversait le canal. Il fixa l’eau croyant distinguer des mouvements dans les sombre profondeurs. Il attendit plusieurs minutes sans bouger.
Soudain au grand bonheur de l’homme un petit poisson creva la surface, d’un geste vif il l’embrocha net.
Satisfait, il se dit qu’il pourrait bien en attraper un deuxième quand quelque chose bougea dans les profondeurs.
Arty distingua une lumière sombre. Il recula précipitamment. Un mastodonte creva la surface,
son œil noir fixa un instant Arty puis le monstre marin retomba sous l’eau. Arty était tombé en arrière, figé.
Un petit poisson suffirait finalement. Le canal était maudit. On y croisait d’étrange monstre de légende et on avait déjà retrouvé des cadavres humains flottant à la surface. Ce canal n’était pas normal.
Le jeune homme, anxieux se dépêcha de rentrer au village.


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MessageSujet: Re: [Artimeus] Raïzer (Roman)   Mer 9 Mai - 21:30

Les quelques bâtiments amassés avaient été bâtis il y a fort longtemps, détruits plusieurs fois mais toujours rafistolés ce qui leur donnait une apparence disparate et atypique. Arty poussa la porte d’une grange au fond de cette ensemble de bâtiments.
_Tu as quelque chose ? Demanda une voix.
_A peine, tous les distributeurs sont vides, j’ai attrapé un poisson mais on ira pas loin.
Le jeune homme balança son manteau rapiécé dans l’entrée et rentra dans la seule grande pièce de la maison.
L’âtre au milieu accueillait un grand feu qui réchauffait toute la pièce. On ne pouvait pas voir le plancher recouvert intégralement de tapis. Un coin cuisine était élaboré mais toute nourriture avait déserté les lieux.
Et tout au fond, des grands draps tenu à la verticale par des bâtons plantés dans le sol, cachaient les chambres.
Tassée sur un fauteuil dans un coin se tenait Cassandre,la doyenne des lieux.
Elle avait une cinquantaine d’année mais n’avait pas était prise par les machines à 21 ans pour une raison que tout le monde ignorait. A ses genoux se tenait Leïla la plus petite du village, elle avait 4 ans à peine. Et elle mourait de faim.
D’autres enfants couraient et s’amusaient dans la pièce inconscient du drame qui pesait sur eux.
Arty était le plus grand de la maison depuis que Yel son ami était parti, emporté par les machines, parce qu’il venait d’avoir 21 ans.
_Ne t’inquiètes pas pour ça, Arty, on trouvera une solution : les distributeurs vont bien finir par marcher à nouveau.
_J’ai vérifié tous ceux du sud, absolument plus rien n’arrive des distributeurs, même les télés, juste a coté, commencent à s’éteindre et ça ce n’est pas plus mal.

La nourriture n’avait jamais vraiment était un problème pour les habitants du Niveau 1 comme Grant les nommaient. Il y avait les distributeurs de viande. Et puis ils pouvaient planter plusieurs graines héritées des Anciens dans le sol, après un peu de culture ça donnait de très bons légumes. Seulement le climat s’était considérablement refroidit, la lumière était plus faible empêchant les légumes de pousser. Ils s’étaient donc débrouillés avec les distributeurs de viande mais ceux-là étaient en train de tomber en panne. Tout le Niveau un était donc privé de nourriture. Arty avait parcouru les différents villages espacés de nombreux kilomètres, le niveau 1 était immense, mais c’était partout pareil. Il n’y avait plus rien qui poussait et les distributeurs s’étaient presque tous taris.
Arty déposa le poisson à la cuisine avec un air triste, le découpa,
le fit cuire et le donna aux cinq enfants de la maison.
Lui et Cassandre n’en prirent qu’on tout petit bout.
_Qu’ont prévu de faire les hommes et femmes d’autres villages ?
_J’ai vu Sancar de la plaine des Râles Tambours , il prévoit d’aller jusqu’au Mur avec ce qu’il a de plus solide pour essayer de défoncer le mur mais c’est peine perdu … ces murs sont bien trop résistants.
_La prison dorée devient un tombeau : prophétisa Cassandre.
_Je pense que je vais tenter quelque chose. Je vais me rendre à la Porte des Machines. Je ne peux plus rester ici à mourir lentement, le poisson ne suffira pas.
_Mais les Loups de Fer ?: demanda Cassandre qui se préoccupait de la santé de tous comme de ses enfants même si Arty n’était pas l’un d’eux.
_Ils se font également plus rare : peut être tombent t’ils eux aussi en panne. Talia m’a dit en avoir vu un ne bougeant plus allongé sur sol.
_Si tu crois que ça peut nous sauver, vas-y. Je m’occuperais d’essayer d’attraper encore du poisson après tout le canal est dangereux mais c’est mieux que rien.
Arty serra affectivement le corps de celle qui l’avait nourri quand il était petit.
C’était le moment d’essayer de lui rendre la pareille.


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MessageSujet: Re: [Artimeus] Raïzer (Roman)   Sam 12 Mai - 23:31




« L’homme aura finalement raison de la nature »
Le docteur Thal




Alima jeta un regard en arrière. La neige avait déjà complètement effacée les traces.
Mais cela ne les empêcherait pas de les trouver. Cela faisait trois jours qu’ils avaient quittés la Nutri-Tour.
Trois jours entre d’immenses colosses de métal éteints depuis longtemps. Trois jours de course effrénée.
Ils avaient aperçus les premiers Loups de Fer peu de temps après leur spectaculaire évasion en aéronef.
Les Loups étaient terrifiants, hauts de deux mètres, longs du double. Alima les repéra qui avançaient au loin.
Ils semblaient sûrs d’eux, ne cherchant pas à attraper le groupe mais juste à l’épuiser.
Ils avaient attaqués une fois mais le groupe avait pu les repousser. Seulement il fallait maintenant compter avec deux blessés :
Stal qui avançait péniblement et qui n’avait pu parler depuis longtemps et Star qui avait un bras lacéré.
Tous avaient l’air harassés, même Stan habituellement joyeux avait perdu son sourire.
Le jeune homme regarda vers le ciel avec désespoir. Les flocons parsemaient la voûte comme autant d’agresseurs qui les attaquaient. Il ne savait plus quel ennemi aurait sa peau : le froid, la faim, les Loups de Fer ou tout simplement le désespoir.
Pour ne pas s’égarer et garder un cap, ils suivaient les rails comme l’avait conseillé Lorey.
Celui-ci marchait en tête, le regard ne déviant jamais des rails.
« Allez, courage on finira bien par arriver quelque part » criait t’il à intervalle régulier pour motiver les autres.
Les heures passaient, ils avançaient sans réfléchir : les rails, la neige, les Loups….
Les monstres de fers les suivaient toujours maintenant une pression constante.
Soudain Stal s’effondra, à bout, au milieu des rails.
_Staaaal : cria Stan.
Il s’approcha d’elle pour la secourir et la porter. Les loups de Fer se précipitèrent sur Stal comme des rapaces sur une proie.
Alima et les autres foncèrent vers elle également mais eux pour la sauver. Les créatures de métal leurs barrèrent la route.
Alima se jeta sur l’un d'eux, aveuglée par la peur de perdre son amie la plus chère. Elle renversa le loup qui n’avait sûrement pas l’habitude d’être la victime. Mais elle ne trouva aucun point faible à exploiter, ses poings n’avaient aucun impact sur la carapace de métal. La créature se releva et tenta de mordre la jeune femme à la jambe. Celle-ci se déroba avec rapidité
Pour une raison qu’elle ignorait, ses aptitudes au combat semblaient nombreuses.
Star vint à sa rescousse, il assena un coup de toutes ses forces mais cela fit à peine vaciller la machine.
La chose se jeta sur Alima cherchant à planter ses longues griffes de fer. Alima se laissa tomber pour éviter l’impact et attrapa au vol tout ce qu’elle put sous le ventre de la créature. Celle-ci tomba mollement sur le sol. La jeune femme tenait une poignée de fils électriques dans la main.
Ébahie, elle resta un moment interdite puis se précipita au secours de Stal qui délirait au milieu des rails, abattue par la faim et la douleur.
Alima se précipita vers elle quand un autre loup lui sauta dessus, lui griffant le bras au passage.
Soudain un bruit retentit, c’était comme celui d’un Scavanger mais en plus fort.
_Un train ! cria Stan exprimant tout haut la pensée que venait d’avoir Alima avec horreur.
En effet une grande ombre noire approchait à toute vitesse faisant vibrer les rails.
Alima voulût avancer mais un Loup la jeta au sol. Elle vacilla, elle vit Stan qui luttait également, Lorey allongé sur le sol visiblement blessé, la neige qui tombait toujours et Star qui se tenait désespéré au milieu de trois créatures. Et enfin Stal qui avec ses dernières forces tenta de se relever d’entre les rails. Trop tard. Le train passa.

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MessageSujet: Re: [Artimeus] Raïzer (Roman)   Dim 13 Mai - 12:56

Alima hurla de douleur. C’en était fini de Stal. Le train avait filé à toute vitesse, guidé par une force inconnue.
La neige recouvrirait le corps de la jeune fille et la ferait disparaître à jamais.
_Il faut fuir : cria Lorey. Une dizaine de Loups les cernaient, l’heure n’était pas au deuil.
Les quatre survivants se mirent à courir à toute vitesse pour distancer les monstres de Fer. Ils étaient tous à bout de force,
ils ne tiendraient pas longtemps. Les larmes d’Alima gelaient sur ses joues. Ses jambes se dérobaient, elle se relevait,
repartait, la course dans la neige était difficile.
Ils coururent longuement, portés seulement par le désespoir. Les Loups étaient éloignés,
ceux-ci progressaient également dans la neige avec difficulté.
_On ne peut plus continuer comme ça : constata Alima tandis qu’ils longeaient un immeuble en ruine.
_On devrait s’arrêter ici :dit Stan.
Ils contournèrent l’immeuble pour essayer d’y entrer. La neige barrait complètement l’entrée principale.
Ils commencèrent sans grand espoir à dégager la neige. Mais les loups se rapprochaient à nouveau.
Ils n’avaient plus la force de courir, plus la force de se battre.
Soudain des coups de feu fusèrent semblant venir de nulle part. Un loup de fer explosa sous l’impact.
Les autres furent abattus un par un par des salves du fusil.
Une corde tomba, semblant venir du ciel. « Accrochez-vous » cria une voix grave.
Alima s’accrocha au grappin comme à son dernier espoir.
Elle fut soulevée de terre et projeté à travers une des fenêtres du vieux bâtiment.
Elle tomba lourdement sur le sol du premier étage. Une main gantée de fer l’invita à se relever.


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MessageSujet: Re: [Artimeus] Raïzer (Roman)   Dim 13 Mai - 21:45


« Nous avons la solution pour maintenir la paix de façon durable. Il suffit de séparer ceux qui n’entendent pas.
Les jeunes des plus âgés, les pauvres des riches. Les Centres sépareront tous les individus du niveau 1 à 9,
des plus jeunes et pauvres aux plus riches. Je vous offre la sécurité Ô mon peuple ! »
Raïzer Cortes.


Arty dit une dernière fois au revoir au village. Les quelques habitants du bourg s’étaient levés ce matin pour lui souhaiter bonne chance. Cassandre lui adressa un dernier sourire. Hazel la plus grande du village avec Arty avait voulu l’accompagner mais il fallait quelqu’un pour continuer à organiser le village. Même si toutes les décisions étaient prises ensemble, il fallait quelqu’un d’assez grand pour avoir de l’expérience et avec suffisamment d’énergie, Cassandre commençait en effet à faiblir.
Arty regarda avec fascination le soleil artificiel se lever. Il espérait que ce ne fut pas juste une illusion.
C’était son rêve le plus cher, voir le véritable ciel.

Il marcha tout en sortant la carte de son sac à dos. La Porte des Machines se trouvait à une petite vingtaine de kilomètres au sud.
Si tout se passait bien, il arriverait le soir même. Il fallait juste que les Loups de Fer ne soient pas trop nombreux.
Il passa sur le pont au-dessus du canal avec un petit tremblement en scrutant les profondeurs.
Il marcha longuement, simplement heureux d’agir enfin. Puis il arriva aux champs de Folentra.
Il prit des forces avant d’y entrer, il ne faudrait pas qu’il s’arrête.
La Folentra est une plante collante qui s’y on n’y prête pas garde peut vous ficeler en quelques secondes.
Et l’agonie est alors très longue lorsque la plante vous aspire lentement.

Le jeune homme se mit en marche. Il posa un pied devant l’autre,
sans jamais laisser le temps aux hautes herbes de refermer leurs pièges.
Il ne se retourna jamais, ne vit pas le village disparaître au loin dans l’horizon.
Il resta concentré sur des gestes répétitifs et secs. Il devait surtout éviter de tomber.
Petit à petit la Folentra laissa place à l’herbe aride qui poussait sur toute la plaine.
Le jeune homme fit une pause, mangea une des dernières galettes de blé qu’il restait au village et qu’on lui avait donné.
Il regarda le soleil artificiel. Il devait être la mi-journée. Il se remit en route. Il dépassa une borne alimentaire.
Il passa la main dans le bac, sans grand espoir. Vide. A coté Tom Grant parlait inlassablement.

Arty poursuivit sa route. La Porte des Machines ne devait plus être très loin.
Il prit son poignard à la main.Il entrait dans le domaine des loups.
Il n’y avait pas âme qui vive. La Porte se découpa dans l’horizon.
C’était une immense tour qui montait jusqu’au ciel, enfin à l’ArtifiCiel.
C’est ici qu’on emmenait tous deux qui avaient plus de 21 ans pour aller vivre au deuxième étage comme l’expliquait Grant dans un des passages de la vidéo.
Les Loups venaient les chercher le jour de leur 21 ans sans autre explication. Ils n’avaient pas le choix.
Mais selon Grant, on vit bien mieux au Niveau 2. C’était un paradis pour beaucoup.
Cependant Arty était le premier à vouloir s’y rendre plus tôt. Soudain il vit tous les loups.

Ils se dressaient devant lui, immobiles.Il resta figé quelques instants, convaincu qu’ils allaient passer à l’attaque.
Cependant il comprit bien vite que ceux là n’attaqueraient plus jamais. Ils étaient simplement éteints.
Leurs yeux ne brillaient plus. Ils semblaient s’être arrêtés à jamais. Arty passa au milieu de ce cimetière de statues figées.
La Porte des Machines se dressait devant lui. Il avait vu Yel y disparaître englouti par le noir. La porte était immense,
elle était parcourue d’écritures étranges qui n’avait plus de sens pour personne depuis longtemps.
Les contes et légende étaient nombreuses sur la Porte.

Mais d’abord se dressait le premier obstacle. Elle était fermée. Il tenta de l’ouvrir. Sans succès.
Il aperçut cependant une petite trappe ouverte pour l’aération quelques mètres au-dessus de la porte.
Le jeune garçon n’hésita pas. Il posa son pied sur le montant de la porte, attrapa un des signes de l’écriture qui était en relief.
Petit à petit, il réussit à se hisser en hauteur. Il songea un instant qu’il pourrait tomber mais essaya de rester concentré.
Il arriva finalement en haut sans encombre. Il glissa un pied à travers l’ouverture.

Il ne rencontra que du vide et le noir l’empêchait de voir. Il se jeta par l’ouverture et tomba de l’autre coté de la porte.
Le bâtiment n’était qu’un grand conduit au milieu duquel trônait une cabine.
« C’est grâce à ça qu’on doit pouvoir monter au Niveau 2 » se dit t’il.
Il rentra dans la cabine, méfiant. Il y avait 10 boutons. Il en pressa plusieurs au hasard mais rien ne se passa.
En panne également songea t-il, déçu.
Il sortit de la cabine et regarda au-dessus. Les cordes qui soutenaient l’ascenseur montaient sûrement jusqu’en haut. Il évalua un instant à quelle distance devait se trouver le Niveau 2 par rapport au niveau de l’Artificiel. Il pensa a Leïla qui mourrait de faim. Il pensa au ciel qui devait l’attendre tout là haut. Il attrapa la corde de la main et commença l’ascension. Après une minute,
il se laissa tomber, découragé.
Il respira un instant, allongé sur le sol. Après quelques minutes, il se leva et repartit à l’assaut.
La corde brûlait ses mains. Il avançait sans vraiment savoir ou. Il poussait, gagnait quelques centimètres,
ne lâchait jamais prise.Il finit par réussir à poser le pied sur une plate-forme.
Il se posa avec soulagement dans une pièce qui se ressemblait à s’y méprendre à celle qu’il venait de quitter.
Soudain quelqu’un plaqua une main sur sa bouche.








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MessageSujet: Re: [Artimeus] Raïzer (Roman)   Lun 14 Mai - 22:01

« La Meute vous protège. Elle surveille qu’aucune brebis ne s’égare, qu’aucun mouton ne traîne la patte.
Les Loups de Fer sont là pour votre sécurité. »
Tom Grant


Alima se releva lentement. Elle aperçut d’abord deux jambes de fer, un lourd plastron et puis un masque effrayant.
La chose tenait un fusil braqué sur elle.
_Vous êtes humaine ? Demanda une voix de stentor.
_Bien sûr que je suis humaine, enfin je suppose…..
_Très bien.
Il remonta les amis d’Alima sans un mot puis remit les planches qui obstruaient les volets.
Il alluma une lampe accrochée au mur et enleva son masque.
C’était un homme plein de force mais au visage ayant combattu les années.
Ses cheveux étaient gris et désordonnés mais ses yeux étaient d’un bleu profond :
_Lieutenant Aldo Wallace du 6ème bataillon d’élite des fusiliers d’infanterie au service de sa Grandeur Cortes….
Enfin je suppose qu’aujourd’hui tout le monde s’en fout du protocole…..
Il leur tendit une main froide et ferme.
Alima la serra le plus fort qu’elle put histoire de montrer qu’elle savait se défendre.
_Désolé pour cet accoutrement particulier mais je m’apprêtais à aller chercher de quoi manger quand je vous ai aperçus et l’armure permet de se protéger des Flèches et d’éviter une attaque des Loups de Fer.
_Les Flèches ? Demanda Stan.
_Vous êtes nouveaux ici ?
_Oui….
_Bienvenue en enfer : dit Aldo avec cynisme. Venez suivez-moi, il n’est pas recommandé de rester dans les étages inférieurs.
Il les guida jusqu’au bout de la salle jusqu’à une vieille cage d’escalier. Ils montèrent plusieurs étages au sein de l’immeuble en ruine. Au fur et à mesure, les traces de vies se multipliaient, traces de pas dans la poussière, lumières, objets en tout genre.
Ils arrivèrent enfin à ce qu’Aldo présenta comme étant le camp de base.
Une dizaine d’hommes se tenaient là. La barbe leur mangeait le visage, ils avaient tous le visage grave et le regard fier.
Ils se levèrent chacun pour se présenter. Dans un coin, se tenait la seule femme du groupe qui se présenta comme Elie Dawn.
Ils avaient tous la même rigueur militaire.
Les quatre survivants s’assirent sur des chaises faites de fer tordu.
Un des hommes vint leur apporter à manger tant l’apparence d’Alima et de ses compagnons criaient leur agonie.
Les soldats les regardèrent manger en silence une purée d’étranges baies noires.
Le groupe mangea avec gratitude en essayant de ne pas songer que Stal aurait pu être avec eux.
Alima bafouilla un remerciement.
_Ou sommes-nous ? Demanda Stan plus pragmatique.
Aldo se leva de son siège de fortune pour enlever une des planches qui barraient la fenêtre leur désignant la neige qui s’étalait à l’infini.
_Au beau milieu de nulle part.



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MessageSujet: Re: [Artimeus] Raïzer (Roman)   Jeu 17 Mai - 13:31

_Qui vous a envoyé en mission ici ? demanda Lorey intrigué.
_C’est notre inestimable lumière : Cortes lui-même.
_Depuis combien de temps ?
_C’est à dire que….
Elie prit la parole :
_Nous n’en avons aucune idée. Nous exécutons la mission de nos ancêtres qui n’ont pas pu arriver au terme de celle-ci.

Alima s’approcha pour contempler la neige qui tombait par la fenêtre.
Elle aurait tant voulu savoir quelles victimes cachait ce voile de neige, que s’était t-il passé ici?

Les soldats donnèrent des draps chauds aux rescapés pour la nuit. L’article 7 de leur ordre de mission stipulait qu’ils devaient protéger la population civile humaine. Difficile de discerner si la charité avait également un rôle à jouer, toujours est t-il qu’ils s’occupèrent bien d’eux.

Alima se réveilla la première. La pièce était baignée par la douce lumière d’étranges globes lumineux que possédait le régiment. Toutes les fenêtres étaient barricadées pour éviter ce qu’ils appelaient les flèches.
Elie descendit de l’étage supérieure ou semblait dormir les militaires.
Elle adressa un sourire discret à la jeune fille et se dirigea vers le fond de la pièce et s’empara d’un fusil adossé au mur.
_Tu veux venir avec moi en expédition ? Demanda la soldate.
Alima accepta. Elle s’empara d’habits propres qu’on avait mis à sa disposition.
Ce devait être Elie puisque c’était la seule femme du groupe.

Elle alla s’habiller dans un coin pendant qu’Elie inspectait les étages inférieurs puis elles se retrouvèrent en bas.
Alima avait prit un fusil et avait endossé un plastron de métal et un casque comme l’avait recommandé Elie.
_D’où tenez-vous tout ce matériel ?
_Cela vient des anciens. Je ne sais pas vraiment depuis combien de temps ils sont ici mais il vaut mieux posséder un casque lorsque les flèches attaquent.
Elles s’avancèrent dans la neige. Alima éluda la question des flèches, elle saurait sûrement bien assez tôt ce que c’était.
_On trouve quoi à manger par ici ?
_Les baies noirs qu’on vous a données à manger, quelques autres plantes plus rarement et une flèche de temps en temps.
_Et les Loups de Fers ?
_Ils sont plus rare, j’ignore pourquoi ils vous traquaient, ils ne vont pas souvent par ici.

Le matin tranquillement se posa même si le ciel d’un noir opaque ne laissait pas la lumière passer.La lumière venait de l’horizon.
Elles trouvèrent finalement des buissons à baies qui s’extorquaient péniblement de l’épaisse couche de neige.
Elles ramassèrent les quelques baies que l’arbuste pouvait leur donner et les mirent dans un grand sac en toile qu’avait emporté Elie. Puis elles continuèrent leurs routes.

Alima commençait à apprécier la balade quand soudain Elie a ses cotés se crispa.
_A terre : cria t’elle. Alima se jeta au sol évitant de justesse un projectile noir qui lui fonçait dessus.
Le projectile déplia deux grandes ailes noires et remonta en hauteur. C’était un oiseau noir au bec très pointu, en flèche.
Il prit de la hauteur, replia les ailes et attaqua à nouveau sans plus de succès.
L’oiseau lâcha un cri strident et repartit à nouveau à l’assaut mais fut cette fois accueillit par la crosse du fusil d’Elie.
Il tomba au sol inerte.
_C’était tout juste : déclara Alima.
_Ne te relâche pas, ce n’était que l’avant-garde, il a rameuté le groupe : dit la soldate aguerrie.
Elle se campa sur ses deux jambes, le fusil levé en fixant le ciel. Une masse noire s’approchait.
Elle tira, le nuage noire perdit un membre. Alima tira également à plusieurs reprise réussissant à en abattre un.
Mais déjà le nuage était sur eux. Les volatiles se laissèrent tomber en piqué. L’un d’eux heurta Alima en plein cœur,
heureusement la cuirasse remplit son rôle. Un autre entailla sa jambe.
La jeune fille réussit à en abattre une poignée grâce à son fusil qu’elle agitait en tout sens.
Elie faisait de même mais avec davantage de maîtrise. Le nuage remonta pour préparer une nouvelle attaque.
Les deux femmes levèrent leurs fusils, diminuant à nouveau le nuage. Une nouvelle pluie s’abattit.
Elie jeta son sac sur les oiseaux les empêcher de repartir. Une fois au sol, ils étaient totalement vulnérables.
Elles les tuèrent un par un et finirent au fusil les derniers volatiles dans le ciel.
Alima posa les mains sur ses genoux, penchée en avant pour respirer.
_Depuis que je vis, il ne se passe pas une minute sans que quelque chose me tombe dessus.
Elie sourit, puis elles se remirent en route. Elles arrivèrent à l’immeuble un peu après.
Elles grimpèrent les escaliers qui menaient au camp de base.

Chacun y était affairé à une tâche. Lorey jouait avec une partie du régiment à un étrange jeu de cartes. Aldo discutait avec Stan de technique. Star avait était soigné. Il était en train, seul dans un coin, de dessiner plutôt fidèlement sur un mur le portrait de Stal pour qu’on ne l’oublie pas. Alima se sentit vide en voyant le visage de son amie lui sourire. Quelque chose dans l’esprit des rescapés faisait qu’ils voulaient toujours aller de l’avant, toujours se battre. Mais ils ne pourraient pas l’oublier. Elie posa le sac de baie dans le coin approprié puis invita Alima à essayer l’étrange jeu de carte.

Ils furent interrompus bien plus tard par des coups aux fenêtre barricadés. Les soldats du bataillon s’emparèrent des fusils les yeux fixés sur les fenêtres. Les flèches attaquaient l’immeubles. Heureusement les barricades tinrent le choc.

La soirée fut calme.
La nuit tomba sur l’immeuble, l’horizon s’assombrit ne laissant que le ciel noir et les quelques lumières qui brillaient autour. Alima s’endormit en espérant avoir trouvé le havre ou elle pourrait enfin se reposer.


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MessageSujet: Re: [Artimeus] Raïzer (Roman)   Dim 20 Mai - 20:03

« L’homme a toujours eu peur de la guerre. Et pourtant elle semble profondément enfouie en lui.
La guerre n’est pas une catastrophe. Elle relance l’économie, elle permet de défendre une patrie, des valeurs.
Et Sullivan Industrie vous fournit le matériel ! »
Sullivan Corps.

_Pas un bruit sinon je te descends : lui chuchota une voix dans l’oreille.
Arty resta crispé sans bouger. Ce n’était pas l’accueil qu’il espérait. L’homme le fit avancer quelques pas jusqu’au fond de la salle et lui demanda de se retourner pour être dos au mur de façon à ce que le jeune du Niveau 1 ne puisse pas s’échapper.
Le jeune garçon s’exécuta et se retrouva face à celui qui le menaçait.
Il n’était pas plus âgé que celui qu'il attaquait mais portait plusieurs traces de coups, le vieillissant.
Il avait de plus l’air déterminé et sûr de lui.
Il s’adresse à Arty :
_Je ne sais absolument pas d’où tu viens, je ne sais pas si tu es une invention de l’Ouest ou peut être du Sud mais tu n’es en tout cas pas l’un d’eux.. Ou alors peut être que tu viens simplement d’en bas, du monde de la boue, alors suis-nous, ne fait pas un bruit, nous t’interrogerons une fois rentré, compris ?
Arty murmura un « oui » timide, surpris.
Puis l’homme se retourna et fit un signe de la main. Trois personnes sortirent de la pénombre.
Ils portaient tous un bandeau rouge autour du bras.
Ils sortirent de la pièce de l’ascenseur en fracturant le plus silencieusement possible la porte.
Arty et les quatre individus se faufilèrent entre plusieurs bâtisses.
L’ArtifiCiel était en mode crépuscule facilitant la discrétion de l’opération. Ils contournèrent un garde qui veillait paresseusement.
Arty suivait le mouvement avec intention sans toutefois comprendre ce qu’il se passait.
Il comprit simplement qu’ils se trouvaient au cœur d’un village qui devait être un village ennemi du groupe qu’il suivait.
Soudain le leader de la troupe s’arrêta, exécuta un geste et courut se cacher.
Ses trois hommes bien rodés se cachèrent également derrières d’autres bâtisses. Arty resta figé une longue seconde avant de songer à en faire autant. Il se plaqua contre un mur juste au moment ou une patrouille passait.
Les hommes de la patrouille ressemblaient sensiblement aux autres sauf qu’ils portaient eux un brassard bleu.
Le groupe rouge attendit une minute, que la troupe passe puis se remit en route.
Ils arrivèrent enfin à ce qui ressemblait au centre du village. Ils s’engagèrent dans une bâtisse après avoir inspecté les environs.
Ils en ressortirent avec des sacs de nourritures pleins les bras. L’un d’eux en balança un à Arty.
Celui-ci le réceptionna sans sourciller. Et puis le groupe de voleur s’éparpilla.
« Suis-moi » murmura l’un d’eux à Arty. Ils se mirent tous à courir en tous sens mais toujours en silence,
Arty suivit un grand brun déterminé. Ils coururent très vite, très loin jusqu'à ce que le village ne soit plus qu’un point noir au loin. Une corne retentit. Le vol avait été repéré mais les voleurs étaient loin.

Le compagnon d’Arty déclara qu’on pouvait ralentir.
Ils étaient au milieu d’une grande plaine qui ne dépaysait pas Arty. L’ArtifiCiel était toujours en crépuscule.
Après de longues minutes de marche, ils arrivèrent au niveau d’un autre village.
Un drapeau rouge était fièrement planté dans le sol. Des vigiles armés de bâtons de bois et de dagues montaient la garde.
Ils regardèrent Arty avec attention mais le laissèrent passer en voyant la nourriture.
Il suivit le grand brun jusqu’à une hutte ou ils déposèrent la nourriture puis celui-ci le conduisit à une autre habitation un peu plus grande. Une poignée de personnes s’y trouvait en train de converser.
_Alors c’est lui l’homme que vous avez trouvé au puits des damnés ?
_C’est lui : dit celui qui avait conduit Arty.
Ils échangèrent quelques paroles tout bas dévisageant Arty comme une bête de foire. Ils étaient une dizaine assis sur de lourds sièges de bois, parés de quelques vêtements d’apparats rouges. Le jeune homme comprit qu’il devait s’agir d’une sorte de conseil. Après un certain laps de temps, ils s’adressèrent à lui.
_Quel est votre prénom ?
_Je suis Arty
_Vous venez du puits des damnés ?
_Je suppose que c’est comme ça que vous nommez la Porte des Machines, alors oui j’en viens.
L’homme le regarda avec un air perplexe :
_Le niveau 1 n’est t’il pas trop horrible ?
_Bien sûr que non, de ce que j’ai vu c’est comme ici.
_Ce n’est pas la peine de nous mentir : dit l’homme. Il adressa un signe à un de ces acolytes qui sortit de la hutte pour en ramener un peu plus tard un écran comme ceux qu’Arty connaissait.
Tom Grant faisait son sourire le plus charmeur : « Le Fonctionnement du Centre Eden est simple. Au premier étage réside les déchets et autres rebuts de la société, ils vivent dans la boue et la saleté mais Cortes dans sa grande miséricorde les laisse vivre puisqu’ils travaillent pour nous, dès 21 ans ils sont envoyés à la Production. Au deuxième, il y a vous : le cœur dynamique de notre belle société, vous êtes.. » L’image se figea, l’écran était évidemment vieux.
Arty regarda le sourire de Grant avec un air révolté. Il n’avait jamais eu confiance en cet homme mais c’était bien pire que ce qu’il pensait. Les discours différaient selon les deux étages, on leur avait menti. Yel avait était emmené travailler je ne sais ou et n’avait pas rejoint le Niveau 2 décrit comme le Paradis. D’autant que le Niveau 2 était en guerre, c’était loin du Paradis.
_Ce n’est pas vrai. Le niveau 1 est un havre de paix, l’endroit est décent, il ressemble en tout point à ici.
Celui qui semblait présider le conseil et qui posait les questions depuis toute à l’heure regarda Arty avec un sourire cynique.
_Alors pourquoi venir ici ?
_Parce qu’on meurt de faim en bas, les distributeurs sont vides, ils ne donnent plus de viande…. La terre ne laisse plus rien pousser.
Le conseil eut un rire nerveux.
_On crève aussi de faim ici, vous avez vu, nous sommes obligés d’aller voler la nourriture au clan de L’Ouest, ou parfois du Sud. Ici il ne reste plus qu’une borne qui sert de la nourriture en tout genre. Nous sommes beaucoup trop pour l’approvisionnement de la borne alors nous devons nous battre…
_Vous combattez à chaque fois pour savoir qui emportera le contenu de la borne ?
_Oui, on ne peut pas s’installer trop près au risque d’avoir les deux autres clans sur le dos alors à chaque fois c’est tendu.
Et notre clan est littéralement exsangue, nous ne pouvons plus tenir. De toute façon vous verrez bien assez vite,
le prochain chargement de nourriture devrait arriver en début d’après midi, dans une bonne heure d’après le sablier.
_Le début d’après midi, dans une bonne heure mais c’est le début de la nuit là ?
_L’Artificiel est bloqué sur crépuscule depuis plus d’un an.
Arty dévisagea tout les individus qui étaient là. Ce n’est pas eux qui allaient solutionner ses problèmes de nourritures. Il ne savait que faire. Il ne pouvait ni rentrer au Village car il n’avait rien réglé, ni rester ici, il devait continuer à monter, il y avait 9 étages selon Grant.
_Vous pourriez m’amener à nouveau au…puits des damnés ?
_Je ne pense pas, c’est la première fois que nous osions passer par-là pour les surprendre et les voler mais ils doivent se méfier maintenant. Vous pouvez y aller tout seul mais ne comptez pas sur nous.


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MessageSujet: Re: [Artimeus] Raïzer (Roman)   Lun 21 Mai - 21:59

Puis le groupe le confia à un autre homme du nom d’Adler. Celui-ci l’emmena à une tente provisoire ou Arty pourrait se reposer.
Il dormit une petite heure car la montée l’avait fatigué et il n’était vraisemblablement pas la même heure aux deux étages.
Il se réveilla en entendant le fracas des armes d’une armée qui part au combat. Il écarta les pans de la tente.

Tout autour de lui, la cinquantaine de personnes du village se mettait en route vers ce qui devait être l’approvisionnement.
Arty hésita quelques minutes puis suivit le mouvement, on ne sait jamais pensa t’il, s’il pouvait se rendre utile,
le clan rouge devrait un jour le lui rendre. Le jeune homme hésita un instant à se rendre à la Porte des Damnés pendant que peu de monde surveillait mais il n’aurait pas la force de remonter directement un étage et c’était peu être encore gardé.

La troupe se dirigea à plus d’un kilomètre de là. En plein désert se tenait une unique borne comme celle que le garçon connaissait. Trois armées se faisait face à égale distance. Arty se dit qu’ils devaient respecter quelques règles d’éthiques de combat pour ne pas se massacrer. Il repéra le « chef du conseil », Adler et celui qui conduisait le pillage qu’Adler avait nommé Zanta.
Le silence planait sur les armées rouges du Nord, bleu de l’Ouest et vertes du Sud. Seul un déclic troubla le silence.
Le déclic du coffre d’une borne qui se remplit. La furie commença. Les trois troupes se précipitèrent vers la borne.
Pendant quelques longues secondes chacun crût pouvoir arriver le premier. Puis ce fut le choc.
Les troupes se heurtèrent au niveau de la borne. Ils dégainèrent de longs bâtons de bois pour essayer d’assommer les adversaires. Les « bleus » étaient les plus nombreux et semblèrent vite prendre l’avantage.
Arty resta en retrait et s’approcha d’un rouge plus âgé qui se contentait de porter le drapeau rouge.
_Comment se termine les batailles, il y a des morts ?
_Oh des morts, très rarement, nous connaissons tous nos adversaires depuis longtemps et les estimons. Si nous sommes séparés c’est simplement qu’on ne peut nourrir tout le monde mais il y a beaucoup de blessés et si on échouait la faim s’occuperait de nous abattre.
_Vous n’avez absolument pas de nourriture ?
_Cela fait trois approvisionnements que nous sommes battus, nous n’avons plus rien à manger.
La bataille perdait au fur et à mesure de son intensité. Il n’y avait aucune victime ce qui rendait la situation étrange mais les coups de bâtons faisaient de gros dégâts, les corps inanimés s’amoncelaient sur le sol.
Zanta avait atteint la borne, c’était apparemment un combattant chevronné et hargneux. Un bleu s’approcha de lui pour le frapper mais Zanta l’aperçut et donna un coup sec sur son thorax. L’homme s’effondra en hurlant, une côte brisée cependant Zanta n’aperçut pas le deuxième adversaire qui l’assomma d’un coup.
La suite fût une débâcle pour les rouges qui durent se replier tout comme les verts.
C’était un nouvel échec. Ils ramassèrent les blessés tandis que les bleus s’emparaient des sacs de nourriture. Adler vint vers Arty, dépité.
_Heureusement que nous avons réussis à leur voler un peu à manger, il va encore falloir tenir deux jours.
Ils se remirent en route vers le camp de base.


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MessageSujet: Re: [Artimeus] Raïzer (Roman)   Mer 23 Mai - 18:03

Arty aida à soigner les blessures du groupe pour essayer de se rendre utile.
Zanta se releva d’un bond quelques minutes après avoir assommé. Quand il comprit la situation, il jura.
_Vous n’avez vraiment plus de borne vous ? Demanda Zanta à Arty.
_Non, elles sont toutes éteintes.
_Mais alors comment survivez-vous ?
_Par la culture ou dans le pire des cas la pêche mais c’est très compliqué.
Il secoua la tête :
_Nous ne savons pas faire ça, nous savons nous battre.
Arty soupira, la couche de terre devait ici être très mince et vite laisser place au métal quant aux quelques points d’eau,
il n’y avait sûrement aucun poisson car ils n’étaient pas profonds.
Il aida la communauté quelques temps, aller chercher de l’eau à un vieux puits qui n’était en fait que la sortie d’un tuyau venant d’on ne sait ou, puis il apporta sa contribution pour faire à manger avec le butin de matinée et finalement se coucha dans la tente qu’on lui avait allouée. Il ne discuta pas beaucoup avec les autochtones tant leur mode de vie ou de pensée semblait différent du sien.
Il s’endormit en se promettant de partir de cet enfer au plus vite.


« La terre se meurt, la couche d’ozone faiblit, l’oxygène se rafraîchit, la plupart des plantes ont disparus de même que la plupart des espèces animales. La terre se meurt. Et l’homme avec. »
Elias Fahr.


Le groupe mangeait sur le sol du camp de base, serré les uns contre les autres autour d’un feu.
Les baies étaient de plus en plus rares et il faisait de plus en plus froid mais l’ambiance était chaleureuse.
Stan narrait pour la énième fois avec force de conviction leurs aventures depuis le sous-sol de la Nutri-Tour.
Aldo lui décrivit après les aventures du 6ème bataillon d’élite des fusiliers d’infanterie en imitant les uns et les autres avec talent. Puis un des hommes raconta les blagues du bataillon, des blagues laissées sur un carnet par un ancêtre,
il y a longtemps et que tout le monde dans le bataillon connaissait par cœur mais qui firent rire les nouveaux venus.
Ils finirent le repas dans la bonne humeur quand la curiosité d’Alima les fit revenir à des sujets plus sérieux :
_Quels autres choses, ces.. ancêtres vous ont t-ils légués ?
Aldo regarda ses compagnons comme pour demander une quelconque autorisation. Visiblement, ils lui la donnèrent.
_Suivez-moi : dit t’il simplement avec un air plus sérieux. Le groupe venu de la Nutri-Tour le suivit quelques étages plus haut.
Aldo expliqua qu’on ne montait plus ici car les Flèches attaquaient trop souvent et la végétation commençait à y être envahissante. Ils arrivèrent en face d’un des murs de la tour qui à première vue ressemblait à tout les autres.
Mais de plus près on pouvait lire écrit : Ordre de Mission. Et en dessous, une liste de 9 objectifs.
Six avaient été barrés. Mais trois restaient présents, le premier demandait de protéger les populations civiles,
le suivant recommandait de trouver le général Spencer mais le dernier était plus énigmatique.
Il disait de défendre la « Pierre de sacrifice ».

_Vous savez ce que ça signifie ? demanda sans grand espoir Aldo.
Alima et Stan nièrent en bloc tandis que Lorey plissait les yeux et que Star regardait les autres inscriptions autours.
Car elles maculaient les murs, elles étaient de diverses natures : « méfiez-vous des oiseaux qui filent comme des flèches »,
« les Nutrites sont de précieux alliés », « méfiez-vous de Thal » ou certaine d’ordre bien plus sommaire :
« La Chanea se marie très bien aux tomates ». Les écritures étaient diverses, gravées, écrites.
Elles venaient de plusieurs époques. Tout un pan d’histoire s’étalait là. Un homme avait dessinait la ville autour de lui qui semblait bien plus belle qu’aujourd’hui. Depuis combien de temps la vie avait t-elle désertée l’endroit.
Depuis combien de temps le bataillon était t’il là ? Combien de personnes s’étaient t-elles succédées ?
_Nous avons d’autres documents, un recensement de tous les hommes et femmes qui se sont succédés mais nous n’avons aucune idée d’à quoi les dates correspondent et la feuille n’est pas complète, cependant le bataillon devait être beaucoup plus grand…
_Et ça, ça veut dire quoi ? Demanda Star en désignant une étrange inscription. Si on déchiffrait l’écriture alambiqué on pouvait lire : « Thal reviendra. Méfiez-vous ». Qui est cette personne. Comment pourrait t’elle revenir et pourquoi faut t’il à ce point s’en méfier.
_Je n’en ai aucune idée : assuma Aldo. Il est écrit plus loin qu’il a sauvé la planète mais qu’en même temps il faut s’en méfier,
tout est confus.

Ils redescendirent ensuite pour une nouvelle expédition histoire de ne pas trop réfléchir aux questions sans réponse qui ne leur apporteraient pas à manger. Ils essayèrent également de ramasser un grand nombres des balles de fusils qui traînaient mais dans la neige l’opération était mal aisé. Ils en trouvèrent cependant qui semblait dater de très longtemps.
Ni les flèches ni les loups ne les attaquèrent cette fois là. Ils rentrèrent dans l’immeuble,
Stan barricada tout derrière eux avec un dernier regard pour l’horizon, au loin.
La lumière disparut lentement laissant seul le bâtiment au milieu de la nuit. Ils mangèrent les baies rapportés du jour,
se préparèrent déjà pour l’expédition de demain puis le groupe s’endormit petit à petit sauf Lorey qui montait la garde.


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MessageSujet: Re: [Artimeus] Raïzer (Roman)   Sam 26 Mai - 20:48

Le Docteur Thal était un simple chercheur travaillant pour la Compagnie. Il trouvait des médicaments très efficaces mais qui ne permettaient pas de dégager assez de bénéfices pour qu’on se donne la peine de les généraliser. Et puis il découvrit la molécule sacrée : le Raïzer, nom donné en hommage à l’effroyable dictateur Raïzer Cortes »
Ian Angus


Il courait sur la plaine sans savoir ou aller mais Arty aimait simplement sentir le vent dans ses cheveux, sentir qu’il pouvait aller ou il voulait, qu’il était libre. Sensation purement factice. Il arriva à nouveau au campement du Nord ou il était coincé depuis plusieurs jours. Il n’y avait plus qu’un seul vigile, c’était en effet l’heure de la nouvelle livraison à la borne alimentaire.
Arty suivit le mouvement, peut être qu’en se rendant plus utile que la dernière fois ils pourraient l’escorter à la sortie.
Il croisa Zanta qui menait le groupe. Celui-ci lui lança un bâton.
_Tu dois te battre pour nous aider, c’est notre dernière chance, nous n’avons plus rien. Le jeune homme reçut l’arme, inquiet.
_Si je vous aide, vous promettez d’essayer de me ramener a la porte ?
Son interlocuteur hésita légèrement :
_si nous obtenons la nourriture alors nous te ramènerons
Arty s’en voulut une seconde de devoir se battre pour défendre son propre intérêt mais si ça continuait lui aussi mourrait de faim ici. Il avait partagé ses maigres rations avec ceux qui souffraient le plus
, tous les Rouges étaient bien trop maigres et certains ne pouvaient plus bouger.
Ils marchèrent jusqu'à la borne sur la morne plaine. A nouveau les armées se rencontrèrent.
Les bleus étaient plus nombreux, plus en forme. Rouges et verts étaient mal en point mais il n’était aucunement question de s’allier car cela aurait signifié partager la nourriture. Le déclic retentit. Arty s’élance à contrecœur. Il court jusqu’à la borne,
Zanta à ses cotés. Un mur bleu l’arrête soudainement. La manœuvre des bleus est très simple, faire deux murs face aux rouges et aux verts pendant qu’un dernier petit groupe prend la nourriture.
L’adversaire balaye Arty d’un coup de poing, le garçon s’effondre au sol. Mais Adler assomme son adversaire d’un coup sec.
Arty se relève et se fraye un chemin. Il repousse un ennemi qui l’attaquait et s’avance avec Zanta qui a réussit malgré la mêlée à parvenir à la borne. Zanta empêche les autres d’approcher tandis qu’Arty ouvre la borne.
_Elle est vide : dit t’il avec désespoir. Zanta vérifie l’intérieur et arrive au même conclusion.
Son visage se décompose :
_Vide :hurle t’il en colère et terrifié. Qu’avez vous fait ? demande t’il enragé à un bleu qui s’approche.
_Rien : répond celui-ci l’air étonné. Zanta semble devenir fou, il frappe le bleu de toutes ses forces.
Le cou de l’homme craque. Arty se prend la tête entre les mains de désespoir.
Le corps de l’homme s’effondre sur le sol, sans vie.
Quelque part une femme crie « arrêtez tout, il n’y a plus de nourriture ça ne sert à rien de se battre ». Des bleus se précipitent au secours de la victime mais c’est peine perdue. Zanta regarde avec consternation la borne vide.

_La borne est tombé en panne ici aussi : expliqua Arty autour des membres du conseil qui avaient tous le visage grave.
_Que pouvons nous faire ? demanda l’un d’eux désemparé.
_Il ne sert plus à rien de vous battre. Conduisez-moi à la porte, je vais monter au 3ème étage.
Si quelqu’un a les réponses c’est plus haut.
Les membres du conseil se regardèrent, effrayés.
_Ne montez pas au 3ème étage. Des bruits étranges viennent de là bas.
Un frisson parcourut le dos d’Arty quand il vit la terreur dans leurs yeux.
_On entend les pas d’une énorme bête qui résonne au-dessus. C’est dangereux.
Mais si vous voulez qu’on vous y conduise, nous le ferons : dit le chef. Promettez-nous simplement de rétablir la nourriture aux bornes le plus vite possible. Nous sommes condamnés : désespéra t-il.
_Je ferais tout ce que je peux.

Adler le conduisit jusqu’à la porte près de la base bleue. Les bleus ne dirent rien, la « paix » avait été conclu un peu plus tôt quand tout le monde comprit qu’il n’y aurait plus jamais à manger. Tout le monde voulait espérer que la victime de Zenta fut la dernière d’un atroce conflit mais surtout que la faim n’emporterait pas tout les autres.
Les regards des bleus étaient encore très tendus mais ils n’avaient aucune raison d’attaquer. Arty repéra celui qui l’avait mis à terre.
Ils arrivèrent devant le gouffre de l’ascenseur. Adler n’osait pas trop s’approcher. Arty lui lança un dernier au revoir bien qu’il n’eut jamais vraiment sympathiser avec ce groupe de guerrier aux mœurs étranges.

Arty mit son sac sur son dos et commença l’escalade des cordes de l’ascenseur du troisième étage. Le voyage reprend : se dit t-il en souriant en espérant que l’énorme bête ne soit qu’une invention.



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MessageSujet: Re: [Artimeus] Raïzer (Roman)   Lun 28 Mai - 14:06

« Les animaux de la Terre moururent les uns après les autres. Il ne resta bientôt plus qu’une seule proie à l’homme. Et un seul prédateur à l’homme. Les autres. Le cannibalisme étant réprimé par ce qu’il restait de morale à la société ;on fit naître la vie dans des tubes, on la fit grandir artificiellement et on découpa ses hommes sans vie en morceaux de viande qu’on donnait à manger à la société bien pensante qui ferma les yeux. C’était le début des Nutri-tours.»
Ian Angus


_Réveillez-vous : murmura Lorey d’un air paniqué.
Alima sortit précipitamment du sommeil.
_Qu’y a t-il ? Demanda Stan d’une voix lasse.
_Ils veulent nous dévorer, je les ais entendus parler pendant ma garde, ils n’ont plus à manger, ils vont nous bouffer :
s’écria t-il au bord de l’hystérie.
Tout le groupe s’éveilla rapidement et fit ses affaires, prit de surprise par Lorey.
_Dépêchez-vous, ils vont nous tuer.
_Ils avaient l’air gentil : protesta Stan tout en faisant son sac.
_La faim peut pousser aux pires actions : constata Lorey.
Ils descendirent de l’immeuble sans faire de bruit, poussés par la peur puis ils fuirent l’endroit.
C’était tout juste l’aube. Alima se retourna une dernière fois, elle qui avait espérée trouver ici un peu de répit.
Ils s’élancèrent en courant, Lorey avait piqué un fusil au passage mais il ne fallait pas que le bataillon les retrouve.
La neige effaçait déjà leurs traces. Ils coururent longtemps sans réfléchir à ce qu’il fuyait et surtout ou ils allaient.
Ils suivaient les rails comme Lorey le préconisait bien que ceux-ci rappelaient à tous des mauvais souvenirs.

Pendant que les heures de course défilaient, le ciel semblait s’éclaircir par un phénomène étrange, la couche noire opaque disparut soudainement. Un train fantôme passa près d’eux sans s’arrêter. Ils avancèrent encore quelques temps en marchant, jusqu'à plus de la mi-journée. Ils arrivèrent au bord d’un lac gelé. Lorey proposa de faire une pause pour récupérer un peu.
Tous acceptèrent sous le coup de la fatigue.
Alima contempla avec gratitude les maigres rayons du soleil qui apportait un peu de chaleur quand une nuée de traits noirs se découpa sur le ciel.
_Des flèches : hurla la jeune fille maintenant certaine qu’ils n’auraient jamais du quitter la protection des soldats.
Les quatre compagnons levèrent les yeux, Lorey arma le fusil pour en abattre un maximum,
il tira plusieurs fois mais ne fit qu’une victime. Les volatiles plongèrent sur leurs proies mais s’enfuirent brutalement.
_Pourquoi ont t-ils pris la fuite ? Demanda Stan passant de la peur au soulagement.
_Parce que quelque chose les as effrayés. Quelque chose de gros : répondit Lorey avec un sourire.
Le groupe se retourna dans la direction que l’homme indiquait. Une ombre passait dans le ciel.
Elle pourfendit la brume. C’était un immense monstre, comme une méduse de métal.
Un gigantesque vaisseau spatial.
Lorey appela le navire céleste d’un grand geste du bras.
_Tu connais ces gens ? lui cria Alima.
_Bien sûr, je ne suis pas comme vous, j’étais simplement venu inspecter la Nutri-tour et récupéré les Nutrites comme vous.
Je travaille pour Fargo. Cependant l’ascenseur est tombé en panne. Mais notre calvaire est terminé, tout va bien se passer.
Il n’avait un prénom qui ressemblait à aucun autre et ne portait pas la même combinaison, ça expliquait de plus un grand nombres de ces réactions étranges.
_Tu est un traître : hurla Alima.
Le vaisseau était désormais à la verticale au-dessus d’eux.
_Mais non, je vous ai sauvé : dit Lorey d’un ton peiné. Soudainement un des bras de la méduse l’attrapa le souleva de terre et le porta jusqu'à un Sas dans le ventre du véhicule. L’homme se laissa faire.
_Fuyez ! cria Alima craignant cette nouvelle menace. Star resta figé lorsqu’une autre tentacule de métal s’empara de lui et le souleva de terre. Alima et Stan s’enfuirent en courant mais ils ne pouvaient pas faire grand chose contre un vaisseau spatial.
Les deux personnes ne voulaient surtout pas être capturer par cette engin étrange.
Si Lorey leur avait caché la vérité c’est qu’elle devait être dérangeante. Mais leur fuite était peine perdue.
Le vaisseau revint au-dessus d’eux, un bras faucha Stan dans sa course et s’empara de lui.
Alima croisa son regard désespéré au moment ou il était emporté à son tour.
Elle redoubla d’ardeur et se dirigea vers le lac qui n’était qu’a quelques pas.
C’était sa seule échappatoire. Elle évita une autre tentative de la capturer d’un saut agile et arriva sur la glace. Soudainement une excroissance de glace sortit du sol comme pour la geler, elle réussit également à l’éviter tout en se disant qu’une telle chose était impossible. Un autre bras du vaisseau fonça sur elle voulant s’enrouler autour de son corps pour la soulever. Elle repoussa l’attaque, la tentacule brisa la glace sous ses pieds. La jeune fille s’enfonça dans l’eau gelée hors de portée du vaisseau spatial. Si elle avait évité un danger, le manque d’oxygène et le froid la tuerait certainement. Elle tenta de remonter à la surface mais n’en avait plus la force. Elle coula dans les abysses. Sa dernière pensée fut pour Stal.


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MessageSujet: Re: [Artimeus] Raïzer (Roman)   Mer 30 Mai - 19:06

« Tous les étages du Centre Eden sont abondamment peuplés et la population y vit en harmonie et dans la joie ».
Tom Grant

Après un effort intense, Arty posa enfin la main sur le sol du Niveau 3.
Il fit un dernier effort pour se hisser et se posa sur le sol froid. Il n’y avait ni lumière, ni bruit.
L’endroit semblait désert. Il n’y a personne pour m’attaquer sauvagement relativisa t-il.
Le jeune homme se passa la main dans les cheveux, sceptique quant à la marche à suivre.
La prudence voulait qu’il reste là le moins longtemps possible et qu’il monte très vite à l’étage suivant.
Son estomac criait au contraire qu’il devait aller chercher si une borne ne traînait pas dans les environs.
L’estomac prima sur la prudence.
Le garçon sortit de la cage d’ascenseur d’un pas déterminé mais discret. La situation a l’extérieur était aussi calme. L’Artificiel était détruit presque partout, il ne subsistait que quelques plaques de lumières qui illuminait la scène à intervalles irréguliers.
Mais la lumière ne servait à personne. Tout était vide. Il n’y avait plus rien.
Rien sauf une borne isolée à moyenne distance de l’ascenseur.
Arty s’y rendit, regardant sans cesse autour de lui pour voir venir le moindre danger.
Si la zone était vide lui laissant une vision dégagée, certains espaces obscurs l’effrayaient.
Seul ses pas troublaient le silence. Il se prit à penser que l’énorme créature que les rouges d’en bas craignaient n’existait pas.
Il arriva à la borne sans problème, elle semblait cependant vide depuis bien longtemps. Tout était éteint.
Un cri lointain retentit soudain. Arty se crispa une longue seconde puis se mit à courir de toute vitesse jusqu’à la porte.
Sans se retourner, sans un seul regard autour il fonça le plus vite qu’il pût. Il attendit d’être à la porte pour se retourner enfin,
il n’y avait rien. Après un soupir de soulagement, il se sentit un peu ridicule.
Cependant il décida quand même d’aller vite à l’étage supérieur car cet endroit était inquiétant.
Il s’élança donc à nouveau sur les cordes, affamé et effrayé. Ses bras le portaient difficilement.
Il avançait tout en regardant le haut mais une fois de plus tout était noir.


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MessageSujet: Re: [Artimeus] Raïzer (Roman)   Sam 2 Juin - 21:45

Ses mains se posaient à tâtons pour chercher une prise quand il agrippa une branche. Surpris, il chercha à grimper plus haut pour comprendre la situation. Une barrière de végétation lui bloquait la route, il l’écarta comme il put et se hissa un peu plus haut.
Une petite sphère lumineuse au loin éclairait la scène.

Il se trouvait au cœur d’un entrelacs d’arbres, de feuilles, de verdures et d’autres plantes étranges.
Il s’en trouvait en telle quantité que le sol, les murs, le plafond était complètement caché par cet amas de végétation.
Arty fut ébloui par cette marée verte loin des mornes plaines du Niveau 1. C’est quand il voulut continuer son ascension qu’il comprit qu’une branche de la largeur d’une maison lui barrait la route. Les cordes étaient profondément encastrées à l’intérieur comme si l’arbre avait poussé autour. L’ascenseur devait être en panne depuis bien longtemps. Arty chercha à contourner l’obstacle, il s’approcha de l’étrange sphère lumineuse, ses pieds ne touchaient même pas le sol mais simplement un tapis opaque de végétation. A peine avait t-il bougé que d’autres sphères s’allumaient éclairant les environs.

Il posa la main sur la première boule de lumière. Elle était attachée à une branche, comme un fruit. Il s’en saisit.
Le fruit était mou et translucide et accueillait en son sein un noyau brillant. Tiraillé par la faim et un espoir inespéré il croqua ce fruit qu’il n’avait jamais vu. Un liquide acidulé coula dans sa gorge. C’était un repas divin pour quelqu’un qui n’avait pas mangé à sa faim depuis si longtemps. Le noyau brillant s’éteignit une fois qu’il avait mangé le reste, Arty le laissa tomber au sol.
Les plantes avaient trouvé des moyens de plus en plus sophistiqués pour offrir des fruits attirants permettant à l’espèce de perdurer. A peine avait t-il mangé un peu qu’il comprit à quel point il avait faim. Il grimpa aux arbres en tout sens pour attraper d’autres fruits. La plupart était lumineux mais il en découvrit d’autre de formes étranges. Il se gava de nourriture jusqu'à ce que son ventre qui n’avait pas l’habitude n’en puisse plus. Ensuite, euphorique il remplit son sac au maximum, retourna aux cordes et redescendit pour aller apporter de la nourriture aux niveaux inférieurs et les prévenir qu’il avait trouvé « le paradis ».

Il se laissa glisser jusqu’en bas quand un choc l’arrêta. Le conduit d’ascenseur s’arrêtait soudainement au Niveau du 3ème. Quelqu’un avait refermé le conduit avec une lourde trappe métallique. Arty tapa du poing contre la barrière, mais c’était inefficace. Quelqu’un ne voulait pas qu’il redescende. Il observa l’immensité du troisième étage. Toujours personne.
Il sentit le désespoir l’envahir. Il avait crût un instant avoir trouvé la solution à tous les problèmes, avoir trouvé comment sauver ses amis. Mais c’était un échec. Cette épaisse trappe de métal réduisait à néant tous ses espoirs de les sauver, et surtout de les revoir. Cessant de se lamenter, il regarda à nouveau vers le haut. La seule solution était désormais d’avancer, de comprendre qui tirait les ficelles tout là haut. Les mains sur la corde, le jeune homme s’élança à nouveau déçu de devoir faire cet effort supplémentaire mais n’ayant aucune envie de rester au désertique niveau 3.

Il atteignit à nouveau la masse de végétation et tenta de se frayer un chemin entre les mailles du filet que formait les branches tout en tentant de garder les cordes à l’œil pour maintenir la bonne direction. Mais il avançait presque à l’aveugle entre l’obscurité et les feuillages abondants. Le « Paradis » devenait étouffant. Il se contorsionnait en tout sens pour avancer. Il multiplia les efforts pendait dix minutes mais se sentait de plus en plus fatigué d’avancer à tâtons. Les arbres semblaient l’emprisonner,
la végétation envahissait tout. Sa tête commença à tourner mais il continua sa progression. Ses forces faiblissaient,
il n’était plus qu’une idée : « monter » il écartait les feuilles, posait le pied sur une branche et recommençait.
Il arracha le haut de sa tunique parce qu’il avait trop chaud. Il délirait. Les sphères lumineuses tournoyaient autour de lui.
Il était maintenant complètement perdu quelque part dans cet océan de végétation. Il cria.
Ses jambes s’effondrèrent sur son poids. Il resta de longues minutes en équilibre précaire sur une branche.
Il ne sentait plus son corps, simplement une douleur sourde dans le crâne. Roulant le long de la branche,
il distingua soudain de la lumière en haut. Dans son agonie, il se voyait mourir. Mu par un dernier élan,
d’instinct de survie et de volonté, il réussit pourtant à se relever pour atteindre la lumière.
Il tituba une fois, retomba sur le sol se releva. Il finit par atteindre la branche la plus haute,
elle donnait sur l’étage supérieur ou toute végétation était absente. Il s’effondra sur un sol blanc, immaculé.
La lumière était intense et agressait ses yeux fatigués.

Il rampait sur le sol quand soudain une voix fluette s’adressa à lui :
_Vous avez besoin de quelque chose ?
Il leva les yeux. Une fille se dressait devant lui, elle avait un peu près son âge, elle semblait brillante, presque translucide.
_J’ai froid, terriblement froid : murmura Arty, la main dressée vers elle.
Il voulut la toucher de ses doigts, elle dégageait une telle aura de chaleur. Ses doigts passèrent au travers de son corps.
Les yeux du jeune garçon s’agrandirent sous le coup de l’effroi. Plus rien n’était réel, il se dit qu’il était en train de mourir.

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MessageSujet: Re: [Artimeus] Raïzer (Roman)   Mer 6 Juin - 17:19

« Le Monastère d’Eldecombe se tient sur une falaise à pic qui surplombe la péninsule de Samar. Il a peut être l’air isolé mais c’est en vérité le cœur d’Ambarion. Les mages sont les seuls à pouvoir vaincre le Peuple de Boue et à nous protéger de la colère céleste. Ils sont donc terriblement puissants mais pourtant très peu connus. Peu d’entre nous se sont rendus au mystérieux Monastère »
Ennis Ailleurs


Juan se dressa à l’intersection des tunnels contemplant l’obscurité et les promesses qu’elle offrait. Il réajusta bien sa toge,
le tunnel n’était pas vraiment froid mais les murs étaient humides. Il vérifia son allure puis avec un sourire l’estima convenable. Enfin prêt, il cria « Sanctuaire des âtres ». Les torches s’allumèrent éclairant la voie jusqu’au sanctuaire.
Les Torchemins étaient de précieux alliés. Il suffisait de crier la bonne destination pour que la lumière vous montre la voie,
sans elles, tout le monde se perdrait dans le dédale de tunnel serpentant au sein du monastère.

Juan arriva devant la porte. Elle ne payait pas de mine, trapue et gondolée par le temps mais elle ouvrait sur un des lieux les plus importants. Le jeune mage réfléchit une dernière seconde, la Cérémonie des Flammes n’était pas un moment banal. Il entra.
Les mages du premier cercle étaient tous là en train de discuter autour de la Statue. Tout autour, enfoncé dans le mur,
des dizaines de foyers accueillaient l’âme de tous les mages. Les mages se retournèrent tous vers celui qui entrait dans la pièce. Les vieux sages le regardèrent avec un certain dédain mais Sengriff adressa un sourire d’encouragement à Juan.
Le jeune novice qui deviendrait mage au cours de la cérémonie s’assit à la seule place restée vierge dans le cercle que formait les maîtres.
Archaem, le doyen s’adressa à lui d’une voix rocailleuse :
_Juan d’Arvine. Tu as accompli avec succès tes neufs années d’apprentissage auprès de maître Sengriff, nous t’offrons donc la possibilité de devenir désormais Mage d’Eldecombe, magicien de troisième cercle et disciple du Dieu figé.
Il semblait répéter une litanie apprise sans grand intérêt. Juan fût vexé, lui qui attendait ce jour depuis si longtemps. Il planta ses yeux dans ce du vieux mage et déclara, déterminé :
_J’accepte de devenir Mage d’Eldecombe, magicien de troisième cercle et disciple du Dieu figé.
Le vieillard esquissa un sourire :
_Que la cérémonie commence !
Tous les mages se donnèrent la main, Juan attrapa le contact rassurant de son maître Sengriff.
Puis il fixa son regard sur le Dieu figé
La statue représentait un homme au regard intense tendant la main comme pour aider quelqu’un à se relever.
Juan mit sa main contre celle de pierre. Il ressentit une fine vibration semblant venir des tréfonds de la terre.
L’énergie bouillonnait au cœur de la statue, le jeune homme s’y abandonna complètement.
Il sentit son énergie rejoindre la statue, le Dieu se nourrissait de lui.
Car la légende disait qu’un jour lorsque les mages lui aurait donné suffisamment d’énergie,
lorsque le monde aurait besoin de son aide,
le Dieu figé se remettra en marche pour les sauver.
Ils entamèrent les versets sacrés du Dieu, leurs voix unis envahirent la pièce:
Lorsque le pouvoir vous fait défaut
Que vous rêvez d’un souffle nouveau
Cherchez mon Cœur.
Dans l’ancienne chapelle du Maître
Ou repose les ancêtres
Cherchez mon Cœur.
Prenez les clés aux anciens gardiens
Ils vous ouvriront le chemin
Descendez le puits des supplices
Qui s’enfonce loin dans les abysses
Au labyrinthe sans s’égarer
Toujours le soleil levant vous suivrez
Arrivé sur les rives du néant
Ne vous fiez qu’à la couleur de l’océan
Dans la paume du géant de fer
Posez la main du maître de cet enfer
Là, repose mon Cœur.
Prenez le, il vous guidera au bonheur.

A la fin du poème sacré Juan retira enfin sa main, épuisé.
Les grands mages le scrutèrent pour voir s’il avait tenu le coup. Juan se mordit la lèvre et se raidit pour ne pas montrer sa faiblesse. Sengriff lui tapota l’épaule, montrant sa fierté. Puis Archaem se leva et dit :
_Tu fais maintenant parti des nôtres, tu peux allumer ta flamme.
Juan se leva à son tour, il fit le tour de salle pour atteindre un âtre dans lequel avait été gravé son nom.
Il visualisa une flamme dans son esprit, murmura flamme pour fixer le sortilège et une petite flamme apparût dans l’âtre de la cheminée. Il recula d’un pas, contemplant la centaine de flamme d’âme qui se tenait là.
La sienne rejoignait maintenant les autres. Chaque mage devait garder un peu d’énergie pour alimenter sa flamme d’âme.
Le nouveau mage se tourna vers les anciens avec un sourire. Sengriff se leva pour le féliciter.
Le jeune homme le remercia pour les neufs années d’apprentissage même si elles n’étaient pas tout à fait finies,
le jeune novice avait encore beaucoup à apprendre. Puis Juan quitta la pièce pour se préparer à l’expédition.
A un autre temps, la cérémonie aurait été plus longue et plus faste mais ce temps était révolu,
l’avenir du royaume était plus sombre que jamais et les mages avaient bien du travail.

Les Torchemins guidèrent Juan jusqu'à sa chambre a l’étage supérieur.
Il contempla avec une sensation de vide la petite chambre ou il avait passé toute sa jeunesse. Le lit, la petite table dans un coin, ses quelques effets personnels dans la vieille armoire contre le mur. Il rangea la pièce, il ne voulait pas laisser sa chambre en désordre pour qu’elle soit prête à son retour, « ou qu’elle soit propre si tu ne reviens pas » lui murmura son inquiétude.
Il fit son sac pour l’expédition, n’emportant que le minimum, l’excitation s’emparait de son esprit, c’était sa première mission de cette importance. Puis il se rendit à la porte du Monastère, prêt à partir.


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MessageSujet: Re: [Artimeus] Raïzer (Roman)   Dim 10 Juin - 15:20

Ils partirent à l’aube, pour profiter de la douce lumière du soleil matinal. Juan contempla la mer qui s’écrasait au bas de la falaise, la pente herbeuse de l’autre coté qui donnait sur le petit village d’Arvine à l’entrée de la péninsule et au loin les lumières de la tentaculaire ville de Samaral ou siégeait le roi. Puis il dirigea son regard vers le groupe,
il y avait une petite dizaine de mages dirigés par le vieil Ephraïm, un des maîtres du monastère.
A coté se tenait Ysla, un ami d’enfance de Juan qui avait fini sa Cérémonie des Flammes quelques jours avant lui.
Le reste était composé de mages intermédiaires que Juan n’appréciait pas particulièrement.

Ils se mirent en route dans le chemin qui serpentait jusqu’au bas de la falaise.
Ysla et Juan discutèrent sur la route mais elle ne fût pas longue, les mages avaient veillé à rester assez près du centre névralgique qu’était la capitale tout en gardant le retrait nécessaire pour un monastère.
Ils entrèrent dans les quartiers bas de la ville. Quelques pauvres hères vinrent mendier ou parfois tenter de les voler mais reculèrent bien vite en voyant la toge noire d’Eldecombe. Les mages n’étaient pas réputés pour être généreux,
ils se targuaient en effet de posséder très peu. Petit à petit, les maisons devinrent plus haute,
les rues plus larges et mieux entretenues, ils arrivèrent au quartier doré ou se trouvait le Palais royal.

Ils croisèrent les délégations de plusieurs contrées qui venait voir le roi Asgard et une nuée d’habitants de la ville qui se pressait pour la célébration du Trône. Sur un signe d’Ephraïm les mages se dispersèrent dans la foule qui se pressait aux pieds des marches du palais. Juan était de plus en plus tendu, son but comme celui de tous les mages était de protéger le roi mais cela s’annonçait difficile dans la foule compacte. Ephraïm s’avança vers la porte monumentale de l’édifice royal. A ses cotés se tenait le Général de l’Armée d’Ambarion, Tran et la Grande Marchande, Eina.
La tension entre les trois personnes était palpable. Ils représentaient les trois plus grandes puissances du royaume bataillant pour le pouvoir au milieu d’un roi fatigué : la science,la force et l’argent.

Les portes commencèrent à s’ouvrir. La foule cria «vive le roi ». Asgard était un roi encore plutôt populaire mais ce n’était plus qu’un pantin et il n’était plus aussi populaire dans tout le royaume. Juan s’agaça, les vivats de la foule recouvrait tous les sons, aussi bien ceux des pas feutrés d’un assassin que le crissement caractéristique d’un arc qui se tend. Juan créa une sphère d'énergie autour de lui et tout les mages firent de même. Cela permettrait d'identifier et de stopper le moindre danger.
Le roi apparût devant les portes. Il semblait minuscule face aux portes monumentales. Il salua le mage,
le général et la marchande. L’âge avait profondément entaillé ses traits mais il gardait le regard sûr de lui d’un dirigeant.
Il fit un pas et s’adressa à son peuple :
_Peuple d’Ambarion ! Cela fait désormais 60 ans que vous m’avez élu comme souverain du Royaume. Cela fait 60 ans que je règne et protège le royaume, 60 ans que je vous mène vers la prospérité ! J’ai travaillé dur pour vous toute ces années et je continuerais encore à le faire mais aujourd’hui le jour est à la fête !

Un tonnerre d’applaudissement et de « longue vie au roi » déferla. Un instant, on aurait pu croire la grandeur du royaume à son apogée tant l’ambiance était à la fête mais soudain un bruit à peine perceptible se produisit. Quelque chose heurta la barrière d'énergie. Juan se retourna mais une seconde trop tard, la flèche était déjà partie, droit vers le cœur du roi.

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MessageSujet: Re: [Artimeus] Raïzer (Roman)   Dim 10 Juin - 22:18

Une force invisible emporta la flèche qui tomba inerte sur le sol loin en contrebas. La foule ne s’était rendu compte de rien.
Juan adressa un soupir de soulagement à Ysla qui avait détourné la flèche, sa barrière à lui avait intercepté la flèche.
Puis ils regardèrent derrière eux pour identifier le tireur. Il se tenait loin derrière la foule et semblait regarder d’un air hébété le roi puis son arc. Il n’avait vraisemblablement pas encore compris ce qui avait arrêté sa flèche.
C’était le moment d’agir. Juan s’extirpa de la foule pour poursuivre le tireur tout en ne voulant affoler personne.

Concentré sur le roi qui parlait, personne ou presque n’avait vu ce qui c’était passé et c’était bien mieux ainsi.
Juan arriva devant l’homme, il était jeune, un peu trop pour tuer. Dès qu’il aperçut le mage il se mit à courir.
Ysla et Juan le suivirent en courant dans une ruelle du quartier. Le jeune garçon était effrayé, il ne semblait pas savoir ou aller.
Il savait qu’il n’échapperait pas aux magiciens. La course poursuite ne dura pas plus de cinq minutes,
si le garçon courait très vite, les mages avaient les éléments derrière eux. Juan se propulsa en créant un coup de vent et atterri tout près du fuyard. Puis il généra une boule d’énergie qu’il envoya dans les pieds du garçon pour stopper sa fuite.
Celui-ci fut fauché en pleine course. Ysla arriva juste à temps pour le bloquer contre un mur.
Autour les gens poursuivaient leur chemin, pensant qu’il s’agissait juste de la traque d’un voleur ce qui était plutôt commun ces dernières années dans la ville.

Les deux mages reprirent leur souffle tandis que l’archer tentait tant bien que mal de se dégager de la poigne d’Ysla.
Pour le dissuader de fuir, Ysla fit apparaître une flamme dans sa main montrant l’étendue de son pouvoir.
_Tu croyais vraiment pouvoir tromper notre vigilance : lui dit le mage avec force.
Cela ne manqua pas de faire sourire Juan car il avait bien failli tromper leur vigilance.
Le fuyard ne répondit pas, ses yeux vagabondaient en tout sens cherchant visiblement quelqu’un ou quelque chose.
Mais la rue était presque déserte, éloigné du palais royal et de l’euphorie du discours.
_Je suppose que tu n’agis pas seul, qui a commandité le crime ?
Seul le silence lui répondit.
Juan releva la manche gauche de l’archer pour chercher le tatouage d’une éventuelle corporation. Rien.
_Parle : hurla Ysla à bout de nerfs voulant réussir sa première mission.
Les traits du garçon se tendirent soudainement. Il s’adressa au mage d’une voix triste :
_Je ne parlerais pas. Plus jamais.
Une flèche lui transperça la poitrine.



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MessageSujet: Re: [Artimeus] Raïzer (Roman)   Lun 11 Juin - 17:56


« L’homme tenta durant des milliers d’années de créer des formes d’intelligences artificielles qui soient réellement intelligentes. Sans succès. La Corps a réussi là où tout le monde a échoué. Je suis fier de vous présenter la première personnalité complexe non humaine. »
Sullivan Corps.


Arty entrouvrit les paupières. Sa première pensée fût qu’il avait toutes ses pensées. La deuxième fût qu’il était dans le lit le plus confortable qu’il avait connu depuis qu’il avait quitté le Village. Il ouvrit vraiment les yeux, la lumière l’aveugla,
il détourna la tête de l’éclairage du plafond et posa ses yeux sur une vasque de nourriture appétissante.
Il avait enfin atteint le paradis.
Soulagé par la situation, il se rendormit.
Quand il se réveilla, la fille était revenue à son chevet. Arty la regarda de bas en haut, elle était simplement magnifique,
le jeune homme n’avait jamais vu une femme aussi belle, c’était simplement la perfection.
La jeune femme étincelait littéralement, sa robe était dorée tout comme sa chevelure qui tombait sur ses épaules.
Mais son corps aussi brillait.
_Vous avez besoin de quelque chose?
_J’aimerais bien savoir ou je suis : répondit Arty émerveillé.
_Vous êtes au sixième étage du Centre Eden.
Arty comprit que dans son délire, il avait monté deux étages.
_Vous êtes beaucoup ici ?
_A vrai dire, je suis toute seule. Les autres sont partis.

Arty contempla l’immensité de l’étage autour de lui. Tout était en effet désert,
il n’y avait que le lit, la vasque de nourriture et elle.
_Je ne connais même pas votre prénom : réalisa soudainement Arty.
_Je suis Calypso à votre service.
_Vous êtes magnifique Calypso.
La jeune fille sourit :
_C’est normal. Mon avatar a été conçu pour vous plaire monsieur.
Arty essaya de toucher sa main, sans succès.
_Vous êtes un hologramme ?
_Oui. Je suis une intelligence artificielle qui veille au bien être des résidents du 6ème étage.
_Vous m’avez soigné ?
_Oui je vous ai retrouvé au bord de la mort, vous aviez mangé des baies de feu. C’est mortel.
Heureusement que mon système médical est à la pointe de la technologie.
Arty remarqua qu’il portait des traces de piqûre au bras, c’est comme ça qu’on avait du le soigner.
_Je suis guéri désormais ?
_Presque, vous devez rester dans ce lit encore un peu mais vous serez bientôt en parfaite santé.
Arty soupira de soulagement en contemplant la jeune fille.
_Mais si vous êtes un robot, avez-vous des émotions ?
La jeune fille parût outrée :
_Bien sûr, je ne suis pas un robot, je suis une intelligence artificielle mais je suis comme vous et n’importe quelle être humain.
_Que ressentez-vous en ce moment ?
_Je suis si content d’avoir enfin de la compagnie. Tous mes compagnons sont morts il y a très longtemps, et moi je suis immortelle, condamnée à rester là, à l’ennui. Mais je ne vais pas vous déranger avec mes histoires.
Je suis là pour vous servir. Vous voulez quelque chose ?
_J’aimerais bien un peu à manger, je crois que je commence à retrouver l’appétit.
Un bras métallique sortit du plafond, attrapa un fruit étrange et le posa dans la main d’Arty.
Devant l’air interloqué du jeune garçon Calypso répondit :
_Il est plus dur de servir à manger quand on est un hologramme alors j’ai des bras mécaniques. Je suis un « robot », je vous signale.
_Je vous remercie pour te ce que vous avez fait pour moi.
_C’est mon travail monsieur. Et si je puis me permettre, vous me donnez enfin de quoi m’occuper. Je suis donc très heureuse de vous servir.
_Depuis combien de temps êtes vous seule ?
_Depuis 816 jours, 4 heures et 20 minutes monsieur.
_Que faites vous en attendant ?
_Je ne fais rien. Je veille à ce que le domaine reste propre pour un éventuel occupant futur.

Arty sourit. Cela faisait longtemps que personne n’avait eu le temps ou les moyens de s’occuper de lui.
Trop longtemps qu’il devait s’occuper de lui-même et des autres. Il sentit soudainement la fatigue revenir.
La lutte contre le poison l’avait vidé de ses forces. Il sombra à nouveau dans l’inconscience.
L’hologramme de Calypso s’approcha de lui et dit d’une voix suave :
_Je veille sur vous Monsieur.






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MessageSujet: Re: [Artimeus] Raïzer (Roman)   Mar 12 Juin - 22:46

« Le royaume d’Ambarion était un royaume prospère. Sa terre était fertile, les plantes nourrissantes poussaient aisément. Chacun pouvait donc manger à sa faim et on louait le roi qui nous assurait des bonnes récoltes. Mais la colère du grand Tout semble s’abattre sur notre peuple. Les guerriers de Boue frappent de plus en plus fort à nos portes. Et le désert mange nos terres fertiles, rien ne semble l’arrêter. La faim et la misère progressent. Si bien que la contestation gronde au Nord et au Sud Ouest du royaume ».
Ephraïm.

Juan fait les cents pas dans sa chambre. Les activités manquaient souvent au Monastère. Depuis ce matin, tout était calme.
Et n’avoir rien à faire et une chose mais savoir qu’autour tout s’effondre pendant qu’on ne fait rien en est une autre.
Le royaume vacillait.

Juan avait toujours voulu croire que le règne d’Asgard apporterait à nouveau la prospérité mais il fallait se rendre l’évidence.
Tout devenait de plus en plus compliqué et arrêter une tentative d’assassinat ne changerait pas tout.
Le jeune garçon décida de sortir de sa chambre, il ordonna aux Torchemins de le conduire au Sanctuaire des âtres.
Il n’y avait personne. Il redonna un élan à sa flamme d’âme puis appuya sa main contre celle du Dieu Figé.
Il n’avait jamais était très croyant au Dieu, maître des éléments et du grand Tout mais il ne demandait qu’une preuve pour croire.
Et il est vrai que l’énergie au cœur de la statue était déstabilisante. Quelque chose vivait dans la statue.
Il donna un peu d’énergie au feu qui bouillonnait au cœur de la statue puis se retira avant qu’elle le vide.
Les mages doivent apprendre à user de leur magie avec parcimonie s’ils ne veulent pas se consumer.

Puis il sortit de la pièce et se tint dans le couloir à la recherche d’une destination.
Il cria finalement « bibliothèque » dans le couloir désert.
Une nuée de torches s’alluma le conduisant à l’autre bout de l’immense labyrinthe du Monastère.
Il ne croisa plus personne, comme si le lieu avait été déserté pendant la nuit.
Il ouvrit les portes de la bibliothèque. La grandeur du lieu le prenait toujours de court. Tout dans le Monastère était petit et sombre comme si les bâtisseurs avaient honte de la construction mais la bibliothèque était resplendissante.
Les rayonnages montaient jusqu’au grand dôme de verre et s’étalaient en longueur en forme de croix autour du dôme.
Juan était rentré par une des ailes du bâtiment. Ses pas résonnaient sur le carrelage alors qu’il avançait vers la table ronde en dessous du dôme, si quelqu’un était dans la bibliothèque, c’était ici.
Il aperçut Sengriff profondément concentré sur un livre.

_Ah enfin quelqu’un, tout est désert depuis ce matin !
_Oui, ils sont soit en mission, soit en réunion exceptionnelle.
_Vous n’y êtes pas convié maître ?
_Non, je ne fais pas parti du groupe dirigeant de ce Monastère.
Je crois qu’Archaem et les autres anciens se méfient de moi.
Juan s’assit à coté de son professeur sur la grande table ronde :
_Vous leur en voulez ?
Sengriff esquissa un sourire :
_Bien sûr que non, ils ont raison de se méfier.
Il tendit à son apprenti le livre qu’il était en train de lire.
_C’est un écrit d’Ennis Ailleurs, un homme qui a écrit sur ses voyages à travers tout Ambarion.
Il parle de nous dans ce chapitre.
Juan s’empara de l’ouvrage.

« Le Monastère d’Eldecombe se tient sur une falaise à pic qui surplombe la péninsule de Samar. Il a peut être l’air isolé mais c’est en vérité le cœur d’Ambarion. Les mages sont les seuls à pouvoir vaincre le Peuple de Boue et à nous protéger de la colère céleste. Ils sont donc terriblement puissants mais pourtant très peu connus.
Peu d’entre nous se sont rendus au mystérieux Monastère.
J’ai étudie quelques écrits sur leur magie. Ils font partie d’une poignée d’élu au sein de notre peuple.
Ils sont capable en imaginant quelque chose de le faire apparaître réellement en mobilisant leur force.
Il faut qu’ils se concentrent et parfois qu’il prononce un mot pour « fixer » leur pensée. Il est plus aisé pour eux de manipuler des énergies que des solides car il leur faut énormément de puissance pour maintenir un objet solide quelque minutes et ce n’est jamais de façon définitive. Plus ce qu’ils font apparaître et gros ou loin, plus c’est difficile.
Ainsi ils se content le plus souvent de créer de l’énergie brute qui leur confère une puissance qu’aucun autre guerrier ne pourra jamais atteindre.
Pourtant ils entourent tout ce qu’ils font d’une aura de mystère. Aucune personne autre ne peut pénétrer dans leur Monastère et les quelques personnes qui y sont allés à travers les âges parlent de couloir sombre où on ne peut que ce perdre.
Certains légendes parlent d’un dieu spécifique au mage qui différerait du Grand Tout, le Dieu figé.
Je pense personnellement que quelque chose se trame dans les sous-sols d’Edgecombe.
Les mages nous cachent quelque chose. J’essaierais un jour de voir ce qu’il s’y passe ». Juan reposa le livre.
_A t’il réussi à pénétrer dans le Monastère ?
_Non, il a succombé à une mystérieuse maladie avant. Vois-tu, moi-même qui suis ici depuis longtemps je ne connais pas tout ce qu’abrite des souterrains. Et je commence à croire qu’Archaem et ses acolytes nous cachent quelque chose :répondit le maître mage le regard dans le vague.


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MessageSujet: Re: [Artimeus] Raïzer (Roman)   Mer 13 Juin - 21:33

Puis le mage se reprit, il attrapa le livre et le lança à Juan en le mettant au défi de le reproduire par sa magie ce qui était un jeu courant entre eux.
Le jeune homme attrapa l’objet, le soupesa le regarda en tout sens.Le pouvoir de l’imagination opéra.
Un maelström se forma au bout de son autre main et un autre livre parfaitement identique apparût.
Sengriff sourit, il s’empara du livre, toutes les pages étaient bien évidemment vierges sauf celle que Juan avait pu lire.
Les mages avaient une mémoire très précise. Puis Juan dissipa le livre qui se transforma en fumée,
maintenir un objet sous forme matérielle était très fatigant même pour Juan qui pourtant avait un potentiel en énergie très prometteur.

_Alors on va faire quoi maître ?
_Je ne sais pas, il faudra ouvrir l’œil. J’aimerais bien savoir ce qui se trame derrière le désert qui ronge nos terres fertiles et l’attaque du Peuple de Boue.
Hier, il y a eu des émeutes à Turbine, des membres de la corporation des cultivateurs qui luttaient contre la désertification. On ne peut pas faire grand chose.

Sengriff se leva de son siège, c’était un homme dans la force de l’âge. Sa présence était imposante, c’était un des meilleurs mages du Monastère et il avait du batailler pour imposer sa place dans le cercle des vieux mages qui tenaient à conserver leurs pouvoirs.
_Je vais faire un tour dehors, tu viens ?
Juan suivit son professeur, ils demandèrent la Porte Nord aux Torchemins. Il fallait quand même un certain sens de l’orientation malgré les torches pour ne pas aller à la porte la plus éloignée. Ils discutèrent des quelques activités du Monastère
puis de Reynes et Ethan qui étaient en mission au col de Zeldorn pour contrer le peuple de boue.
Ils arrivèrent au verger du Monastère. Les arbres fruitiers s’étalaient sur plusieurs rangées donnant des fruits en tout genre que ce soit de longues tiges vertes ou d’envoûtantes sphères lumineuses.
Juan prit une boule de lumière et la croqua pour savourer le liquide acidulé. Les deux hommes aimaient simplement se tenir au milieu du verger, c’est là que Juan avait en grande majorité apprit la magie. Cela faisait plus de neufs ans qu’il avait été retiré du foyer pour orphelin d’Arvine par Sengriff pour apprendre à créer par l’imagination.

Le soleil redescendait lentement dans le ciel quand les deux hommes se séparèrent.
Juan se rendit à nouveau à au sanctuaire des âtres. Regarder les flammes danser avait quelque chose d’apaisant, de réconfortant. Il faisait tournoyer une langue d’énergie au creux de sa paume en attendant désespérément que quelque chose se passe.
Il ne fut pas déçu.

Une explosion de flammes et de fureurs partit d’une des flammes d’âmes. Une autre s’embrasa aussitôt, les flammes prirent une teinte bleutée. Juan blêmit il savait ce que cela signifiait. Il regarda les deux noms concernés : Reynes et Ethan. Ils étaient en danger.


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MessageSujet: Re: [Artimeus] Raïzer (Roman)   Jeu 14 Juin - 21:59

« Bonjour, je suis Sarah Grant je décide aujourd’hui de me donner pour la communauté. N’oubliez pas mon sacrifice. »
Sarah Grant.



Arty ouvrit les yeux, l’esprit encore perdu. Il ne comptait plus les jours qu’il avait passé avec Calypso.
Cela avait ressemblé à un rêve éveillé. Le temps s’écoulait sans que le garçon en est conscience,
il était heureux tout simplement. Les jours se suivaient et se ressemblaient, noyés dans une impression de plénitude.
Ses activités étaient pourtant très simples : il dormait longuement et mangeait pour reprendre des forces,
puis il discutait avec l’intelligence artificielle. Elle avait un savoir et une mémoire infinie ce qui la rendait très intéressante.
Et elle avait beau n’être qu’illusion, sa beauté émerveillait le garçon. Elle dégageait une aura de bienveillance.
Le poison l’avait profondément atteint, Calypso avait du lui injecter des drogues douces pour le soigner et qu’il supporte la douleur.

Il avait donc passé plusieurs jours dans l’euphorie. Emergeant lentement, il demanda l’ordinateur de lui redonner à manger.
Le bras mécanique se dirigea vers la vasque puis revint vers le jeune garçon.
Le bras était vide. Arty regarda la vasque. Le cauchemar recommençait, elle était vide. Il reprit soudainement conscience. Sa famille et ses amis mourraient. Et lui était resté là. Son sourire béat s’effaça.
Il se leva. Sa tête tourna quelques instants, il ne s’était pas levé beaucoup ces derniers jours.
Les drogues douces gênaient encore sa perception. Calypso apparût à ses cotés :
_Ou vas tu ?
_Je pars, je dois sauver des gens qui comptent sur moi.
_Tu ne dois pas partir, je suis là pour m’occuper de toi, je ne peux m’occuper de te soigner si tu n’es plus là.
_Tu ne peux plus t’occuper de moi, il n’y a plus rien à manger.
_La nourriture est dans la vasque.
_Il n’y en a plus !
_La nourriture est dans la vasque.
L’hologramme se troubla un instant.
Arty se mit à accélérer le pas vers le conduit d’ascenseur qui apparaissait au loin.
Soudainement un bras métallique s’empara d’une de ces jambes.
_Reste ici s’il te plaît ! Dit la voix de Calypso d’une façon autoritaire rendant la formule de politesse obsolète.
Le bras mécanique souleva le jeune garçon et le reposa doucement dans le lit.
_Laisse moi partir : cria Arty.
_Tu n’es pas bien avec moi ? Demanda Calypso d’une voix douce.
_Si…mais
_Et alors je m’occupe de veiller sur toi, pour ton bien. C’est mon seul et unique but.
_Mais mon but à moi est de m’occuper d’autres personnes qui elles ont vraiment besoin de moi. Je ne te remercierais jamais assez de m’avoir soigné mais laisse moi partir maintenant. Arty se dit un instant qu’il oubliait que Calypso n’était qu’une machine et qu’on ne raisonne pas les machines.
Il tenta de se relever mais le bras l’en empêcha.
_Et quand bien même, tu ne peux veiller sur moi car il ne reste rien à manger ! La vasque est vide !
_La nourriture est dans la vasque, sers toi ! Répondit L’hologramme.
_NON ! Il n’y a plus rien.
_La nourriture est dans la vasque : répéta Calypso absente.
L’ordinateur avait ses limites.
Arty profita que l’ordinateur affronte un problème majeur pour s’enfuir. Le bras tenta tardivement de le rattraper mais il réussit à sauter par-dessus.
Il courût à toute vitesse pour fuir cette prison dorée.
Il arriva hors de portée des bras mécaniques mais l’hologramme se matérialisa devant lui.
_Ne m’abandonne pas, je dois veiller sur toi ! L’implora une Calypso devenant légèrement difforme.
_Je t’en prie : cria un ordinateur devenu fou. Ne pars pas.
Arty eut un dernier regard pour Calypso. Elle se décomposait sous ses yeux, ses mains fantomatiques tentaient de se saisir du garçon. Sa voix tremblait, devenait métallique puis redevenait normal. Le jeune homme esquissa un sourire triste puis il s’accrocha aux cordes de l’ascenseur et se remit en route vers un nouveau destin inconnu.


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MessageSujet: Re: [Artimeus] Raïzer (Roman)   Sam 16 Juin - 20:03

« L’île d’Ambarion et celle de Garm à l’Est sont pour l’instant les deux seules îles répertoriées sur l’Océan. Les aventuriers qui ont tenté d’aller plus loin, quand ils reviennent, racontent d’étranges histoires »
Alphaël


_Silence ! Cria Archaem d’une voix grave. Le brouhaha s’arrêta d’un coup.
Tous les regards se tournèrent vers celui qui dirigeait officieusement le Monastère.
_L’heure n’est pas au bavardage ! L’heure est grave, deux des nôtres sont morts durant les affrontements contre le Peuple de Boue.

L’assemblée de tous les mages était réunie à l’extérieur, dans le cloître. La mort de Reynes et d’Ethan était un événement sans précédent. Beaucoup avaient les yeux rougis, tout le monde allait de sa propre anecdote sur les deux compagnons discrets mais amicaux. Juan se rappelait d’une fois ou lorsqu’il était petit Reynes lui avait appris comment se resservir discrètement au réfectoire.
_Au vu des circonstances nous allons commencer par une cérémonie du souvenir pour les deux mages :
expliqua Essayas, un autre des grands mages au regard félin.

Tous les hommes présents se concentrèrent pour rassembler leurs forces. Au milieu du cloître un vortex d’énergie apparût devenant de plus en plus grand. Le malstrom d’énergie se scinda en deux et deux formes vaguement humaines apparurent. Petit à petit comme des sculpteurs les mages créèrent la silhouette des deux disparus avec de l’énergie pure. Reynes avait le même petit sourire que tout le monde lui connaissait, Ethan rayonnait littéralement. Les mages firent un signe puis disparurent dans le ciel.
Ce n’était qu’illusion mais tout le monde avait désormais put leur dire au revoir.
Un long silence ému plana sur l’Assemblé puis Archaem reprit la parole :
_C’est un événement tragique, nous devons comprendre ce qu’il s’est passé et agir vite. Que faisons-nous ?
Sengriff chuchota dans l’oreille de Juan : « ils savent déjà ce que nous allons faire, ils font semblant de nous laisser le choix ».
Les débats ne durèrent pas très longtemps, les solutions n’étaient pas nombreuses, rien ne les ramènerait.
_Le mieux est d’aller voir à Zeldorn ce qu’il se passe : décrété Ephraïm d’une voix mielleuse.
_Je suis d’accord ! cria une voix au fond. Il faut créer un commando pour régler le problème de Peuple de Boue une fois pour toute.
_Il faut venger nos frères : répondit une autre voix.
Sengriff eut une moue agacée.
La cohue recommença, Juan songea avec amertume que les mages passaient pourtant pour les sages auprès de la population d’Ambarion. Il suffisait d’un grain de sable pour que la machine dérape.
_Silence ! Cria à nouveau Archaem en faisant jaillir une langue de feu de sa main pour attirer l’attention.
Après s'être assuré que tout le monde était concentré sur lui, il déclara :
_Bien malgré quelques désaccords le plus sage reste je pense d’envoyer un groupe de mage pour régler la situation embarrassante à Zeldorn. Y a t-il des volontaires ?
Les mages se regardèrent avec incertitude. Ysla se désigna, il avait besoin d’aventure.
Juan hésita quelques secondes puis se décida. Il leva la main.

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MessageSujet: Re: [Artimeus] Raïzer (Roman)   Dim 24 Juin - 19:35

« Oh, je n’en doute pas, l’homme va survivre. L’homme survit toujours. Mais l’humanité ? »
Elshan



Une trappe bloquait l’entrée du 7ème étage. Les cordes avaient été attachées au plafond du 6ème.
Visiblement on ne devait pas monter plus haut. Arty tapa sur la trappe aussi fort que le peut quelqu’un suspendu à une corde. Inefficace. Il essaya une nouvelle fois, il ne voulait vraiment pas avoir fait tout ça pour rien.
Il revit Cassandre, la petite Leïla et tout les autres. Il était déjà bien trop long, ils agonisaient sûrement à l’heure actuelle.
Ou ils avaient pris des risques inconsidérés dans le canal. De désespoir, Il frappa du poing sur la trappe. Rien.
La fatigue commençait à le tenailler, sa position était inconfortable.

Il s’apprêtait à tenter d’ouvrir la trappe une dernière fois quand elle s’ouvrit devançant son geste.
Il aperçut le visage hilare d’un individu un verre à la main.
Celui-ci lui tendit l’autre main et le souleva avec force pour le déposer sur le sol du 7ème étage.

Puis il referma la trappe avec une petite clé qu’il remit dans sa poche. La première chose qu’Arty remarqua fût le sol d’une propreté exemplaire. La deuxième ce fût, le nombre de paires de chaussures extravagantes qui l’entourait.
Il se releva, le plus naturellement qu’il put. Cinq personnes ; les propriétaires des chaussures ; le contemplait avec stupeur.
Et pour autant qu’il le sache, il devait les regarder de la même manière. Ils portaient des habits d'un blanc éclatant,
avaient le visage maquillé.

Celui qui avait ouvert la trappe prit la parole d’une voix mielleuse :
_Chers Célestes, je vous présente un nouvel arrivant qui nous vient tout droit des bas fonds. Je vous demande de lui faire un accueil chaleureux. Il s’appelle Arty c’est une des trop rares personnes dans ce tas de monstre qui a réussit à s’en sortir.
Il a survécu à l’horreur et le Centre Eden l’a récompensé.
Le jeune garçon regarda celui qui avait parlé d’un air effaré tant ces propos étaient faux. Les gens autours de lui se présentèrent,
il ne réussit pas vraiment à retenir les noms sauf Bérénice qui était la seule femme du groupe qui avait une coiffure alambiquée et un sourire ambiguë. Mais le plus marquant était sûrement Honorius, un trentenaire blond aux yeux trop clairs.
Puis avant que le nouvel arrivant ne puisse dire un mot pour sortir de l’hébétude dans laquelle il était plongé,
l’homme à la voix mielleuse reprit :
_Bien quant à moi je suis Luis Leon Fargo, votre humble serviteur. Bien excusez-nous maintenant, Arty vient des niveaux inférieurs, je dois donc lui faire quelques injections pour éliminer les maladies dangereuses qu’il contient.
Il peut être contagieux pour l’instant.

Le groupe s’écarta de lui avec répulsion. Fargo l’attrapa par le bras et l’emmena dans un couloir puis le fit rentrer dans une grande pièce. L’endroit ressemblait à une immense bibliothèque ou livres, dossiers et autres engins électroniques s’alignaient dans un grand bazar. Sur le bureau trônant au centre de la pièce, Tom Grant répétait les discours habituels à la télé : « c’est un jour neuf…. » disait t’il alors qu’Arty et Luis Leon entrèrent.

Arty put enfin poser les questions qui tournoyaient dans sa tête depuis qu’il était arrivé : "Ou suis-je ? Comment connaissez-vous mon nom ? Pourquoi racontez-vous ça sur les Bas-fonds ? Que..."
Fargo l’interrompit brusquement d’un geste nonchalant de la main alors qu’il posait son verre de l’autre et répondit sans répondre à la question :
_L’inconvénient quand on sait tout, c’est qu’on doit répondre à toutes les questions, c’est fatigant.
_Alors dites-moi seulement pourquoi vous m’avez attraper par le bras si je suis contagieux ? demanda Arty.
Fargo soupira et s’assit sur le fauteuil du bureau en mettant ses pieds sur la table. Il invita Arty à s’asseoir sur le siège d’en face.
_Tout simplement parce que vous n’êtes pas contagieux et qu’il me fallait une excuse pour vous amener ici.
Arty croisa les bras :
_Je suis là.
_Bien tout d’abord, je ne pensais pas que tu viendrais ici de sitôt, sans moi tu serais sûrement déjà mort de faim. Alors un peu de gratitude. Je ne peux pas tout te révéler, cela ne serait vraiment pas drôle. Je te propose un marché. Tu m’écoutes sans poser de question et tu dis tout ce que je te dis de faire en public et je donne à manger à ta famille car tu viens pour ça… ou alors tu n’en fais qu’a ta tête et ils meurent de faim. Des questions ?
_Je pensais que je ne devais pas poser de question : répliqua Arty sèchement.
_Ne joue pas à ça avec moi, tu n’en as pas les moyens.
_J’aimerais simplement une garantie que vous leur donnerez à manger alors que je ne vous connais pas et que je n’ai aucune idée de qui vous êtes.
_Tu as ma parole ! promit Fargo l’air outré.
_Très bien, je suppose que je n’ai pas le choix.
_Voilà ! c’est bien, il faut être positif mon garçon. Ce n’est pas très compliqué. Tu leur fait croire que tu viens du 6ème, que c’était immonde, que les gens y sont horribles mais que toi tu t’en es sorti et que l’ascenseur du centre t’as élevé ici grâce à ma grande bonté. Invente leur une enfance bidon, je n’en ai rien à faire, ce n’est pas compliqué. Je veux juste que tu ne détruises pas l’illusion que j’ai mis tant de temps à construire.
Ayant terminé son discours, il se leva : Bien allons-y, on va te montrer tes quartiers, j’ai à faire moi, c’est compliqué de gérer tout ce beau monde. Puis aussi vite qu’il avait parlé, il sortit de la pièce sans véritablement se soucier qu’Arty l’ait suivi.
_C’est quoi tout ce bordel ! cria Arty excédé juste avant qu’il s’en aille.
L’homme se retourna tout en lissant sa coiffure impeccable.
_Allons, allons mon cher ami, ne t’énerves pas. Les gens n’ont besoin de savoir que ce qui les concernent, c’est tout.
Ah et j’oubliais! N’essaye pas de me tromper : je sais tout : prévint t-il en désignant une caméra au plafond d’un geste du doigt.
Puis il partit.






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MessageSujet: Re: [Artimeus] Raïzer (Roman)   Lun 25 Juin - 21:23

Arty resta un instant assis pour réfléchir. Tout ce chemin parcouru pour en arriver là à jouer les marionnettes dans un endroit inconnu. Il se promit d’essayer quelques temps pour sa famille et se leva déterminé avec une moue boudeuse en direction de la caméra. Le jeune garçon sursauta quand une réplique exacte de Calypso se matérialisa.
« Du calme, ce n’est qu’un ordinateur » : songea t-il.
L’hologramme avait la même apparence mais pas la même conscience névrosée. La jeune fille spectrale le conduit à travers le dédale de couloir jusqu’à une petite porte au fond d’une impasse et l’ouvrit pour le jeune homme.
Il dit « merci » même si cela était sûrement inutile pour l’ordinateur.

Il observa un instant sa chambre, il pouvait enfin respirer car depuis que la trappe s’était ouverte tout s’était enchaîné très vite et pas à son avantage. La chambre aurait semblé assez modeste pour toute autre personne mais Arty l’accepta avec gratitude.
Il n’y avait qu’un lit et une commode ou était déjà installé des habits propres. Arty se changea pour mettre les mêmes vêtements blancs que les autres portaient. Le col montait très haut et les manches n’étaient vraiment pas pratique mais visiblement les gens d’ici n’avait pas besoin de leurs bras pour travailler.
Il fit une nouvelle fois le tour de sa chambre, chez lui les chambres personnels n’existaient pas,
mieux valait chauffer une seule pièce.
Il se rendit d’ailleurs compte que c’est la première fois qu’il n’avait plus vraiment froid, tous les autres étages étaient d’un froid glacial. Il voulut rester tranquillement dans sa chambre mais la vue de la caméra dans le coin supérieur droit le révulsa.
Fargo pouvait observer ses moindres faits et gestes.
Heureusement, il ne semblait pas y en avoir dans le bloc sanitaire attenant à la chambre.

Il quitta donc la pièce, au vu de l’Artificiel c’était le midi ici, le ciel était parfois déphasé selon les étages.
Il explora les lieux sans grand succès, ce n’était qu’un dédale de couloir et de chambre qu’il n’osa pas ouvrir.
Alors qu’il errait,Calypso bis se matérialisa devant lui pour l’inviter à un repas.
Il suivit l’hologramme jusqu'à une grande porte d’où provenait beaucoup d’agitation.

Un bras robotique ouvrit la porte. Le jeune homme resta stupéfait. Il n’avait jamais vu autant de monde et de luxe. Des tables rondes se jouxtaient à perte de vue dans une salle somptueuse. Des centaines d’hommes et femmes vêtues de blancs conversaient joyeusement tout en se restaurant avidement. Éclats de rires et musiques envoûtantes se mélangeaient jusqu’à former la mélopée du bonheur insouciant.

Un appel sortit le garçon de sa torpeur. Honorius lui fit signe de venir à sa table. Il arborait le sourire radieux qui semblait commun à tout le monde ici. Bérénice était assis à coté de lui ainsi qu’un homme dont Arty avait oublié le nom et un dernier qu’il n’avait jamais vu. Il restait une dernière place autour de la table, le garçon s’y assit un peu mal à l’aise.
Il n’avait jamais rien connu de semblable.
_Alors, heureux d’être purifié de l’air vicié des bas-fonds ? demanda Bérénice d’une voix suave.
Arty fallait lui répondre violemment mais le marché de Fargo lui revint en mémoire, il n’avait pas le choix.
Hésitant, il finit par répondre :
_Oui. …oui, cela va mieux, je me sentais mal avant.. heureusement que je suis arrivé ici.
_On peut le dire ! Je te souhaite bienvenue au paradis : s’exclama Honorius avec entrain.
_Merci : répondit simplement Arty. Tous les gens autour de lui semblaient le regarder comme une bête de foire et vu la façon dont il hésitait sûrement comme un simple d’esprit. Il bouillonnait intérieurement.
_Comment c’est l’horreur en bas ? questionna l’un des deux autres hommes qui dit plus tard se nommer Ceylir. La question n’était déjà pas très objective, Arty mentit du mieux qu’il put :
_C’est effroyable, vous ne pouvez pas imaginer, c’est sale, les gens sont méprisables : c’est l’enfer en dessous.
Le groupe grimaça et contempla le garçon avec pitié. Si Arty devait concéder que le niveau de vie était plus faible en bas pour le reste ils n’avaient rien à leur envier et sûrement pas les costumes ridicules. Les membres de la table discutèrent quelques instants avec Arty puis s’en désintéressèrent comme si la nouvelle attraction était terminée. Le natif du niveau 1 était cependant bien content de ne plus avoir à faire la comédie. Il préféra se tourner vers son assiette qu’un serveur mécanique venait de remplir. Ils le prendraient encore pour un sauvage affamé mais il n’était pas à ce détail près.
Il les écouta discuter des potins des Célestes, il comprit vite que c’est ainsi que ce «peuple » se désignait. On sollicitait parfois son avis mais il restait évasif.
Bérénice le regardait avec complaisance.
Le repas dura longuement, les plats se succédaient dans une ambiance chaleureuse et détendue à tel point qu’Arty finit par commencer à se sentir bien.
Les discussions futiles avaient le mérite de lui faire oublier les problèmes graves.
Il ne voulait pas cependant tomber dans le même piège qu’avec Calypso, il avait une mission.
Le groupe s’amusait de dessins que faisait Honorius sur la nappe tandis qu’Arty observait les gens autours de lui.
Peu de monde prêtait attention à lui, chacun semblait vivre dans son coin, chacun à sa table. Fargo était attablé loin d’ici,
il adressa un petit signe complice lorsqu’il croisa le regard du garçon.
_Que dessines tu ? Demanda Bérénice penché sur les esquisses d’Honorius sur la nappe.
_Oh, rien je gribouille, ça n’as pas de sens mais ça m’amuse : déclara Honorius en fixant son regard bleu ciel sur Arty.
_Tu es mystérieux parfois : soupira Bérénice avec une certaine admiration.
Arty reporta son regard sur la nappe. Ce n’était pas des gribouillages et c’était tourné vers lui. L’écriture était lisible bien qu’elle diffère de celle du niveau 1.
« Les autres ne savent pas lire. Fargo te manipule, ne lui fait pas confiance. Chambre deux cents six sur le couloir de gauche en sortant de ta chambre si tu veux des réponses. Ne me regarde pas, ne me fais aucun signe. Et garde le sourire. Garde toujours le sourire. »
Arty sentit le poids du regard de Fargo et d’Honorius sur lui. La pression commença à le submerger. Il essaya de sourire, même si le « garde le sourire » sonnait plus comme un avertissement que comme un encouragement.



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MessageSujet: Re: [Artimeus] Raïzer (Roman)   Mer 27 Juin - 12:49


« La guerre contre le Peuple de Boue a toujours existé. Mais des fois le Peuple semble disparaître complètement et dans d’autre cas ses soldats sont légions. Ce qui est également surprenant c’est l’absence totale d’enfant, on en a parfois vu deux ou trois mais leurs villages sont très primaires. A croire qu’ils cachent quelque chose »
Ennis Ailleurs.


Juan aperçut Folville en fin d’après midi. C’était la première étape de leur périple qui devrait durer trois ou quatre jours. Ils étaient partis le matin même pour le col de Zeltorn. La route s’était bien passé, ennuyeuse mais sans encombre.
La poussière sale du chemin dansait devant les yeux du garçon.
Tout autour les Folentra essayait d’attirer les voyageurs égarés mais Juan connaissait les effets de la plante.
Les premières habitations remplacèrent les hautes herbes.
Folville était une petite bourgade dans le centre profond du royaume.
Seul les coups du forgeron sur l’enclume résonnaient dans le silence lourd de cette fin d’après-midi.

Le jeune mage se retourna, ses semblables n’étaient encore que des points à l’horizon.
Il aimait marcher devant.
Il entra le premier dans l’auberge pour y attendre les autres. Les vitres étaient sales, la porte grinçait. Le barman le regarda avec dédain, les mages étaient souvent porteurs d’ennuis. Juan s’assit à une table dans un coin sans un mot.
Il observa les quelques autochtones qui discutait de la situation.
Le roi Asgard était toujours apprécié mais son estime se délitait.
Les autres mages arrivèrent quelques longues minutes plus tard.
Ysla fut le premier à passer la porte suivit de Sengriff et des cinq autres mages ayant acceptés la mission dont Ephraïm et Essayas.

Ils décidèrent après une courte concertation de passer la nuit ici, la fatigue commençait à se faire ressentir. Le tenancier recommença à sourire quand il comprit que l’argent affluerait. Les mages n’étaient pas réputés grand consommateur mais ils devraient bien payer les chambres. Ils commandèrent un repas frugal, mélange de plantes locales
puis se dirigèrent vers leurs chambres.
Sengriff rentra dans la chambre de son élève pour discuter de la marche à suivre.
Il referma la porte à la façon d’un conspirateur veillant à ce que personne ne l’écoute.
_Tu as entendu des choses particulières entre Essayas et Ephraïm ? demanda t-il à Juan.
_Non, je ne suis pas resté longtemps auprès d’eux, j’ai parlé un peu avec Ysla puis je suis partit devant.
_Oui, je n’ai rien vu de particulier non plus de toute façon.
Quand Juan était petit, quand il pensait encore que tous les mages étaient des héros ils ne se méfiaient pas des mages très secrets du premier cercle mais le temps venant il avait compris qu’ils cachaient des choses. Et récemment alors que la situation empirait, la sensation s’amplifiant. La mort de deux mages était l’apogée de ces problèmes.
_Tant pis, nous verrons bien. Il faut qu’on parle d’autre chose. Tu sens que tu es en forme ?
_Oui, oui pas de problème : l’assura Juan se demandant ou il voulait en venir.
_Bien, tu vas sûrement devoir pour la première fois affronter plusieurs ennemis armés et il n’est pas prudent que tu n’es pas d’arme. Il va falloir te forger une épée.
_Je ne comprends pas, comment ça ?
Sengriff sourit, les mages ne se battaient à l’épée qu’en de très rares occasions mais leurs pouvoirs faisait d’eux les meilleurs combattants.
_Comme ça : expliqua le maître.
Il cria « Epée », une lame somptueuse se matérialisa dans ses mains. Légèrement incurvée, le plus impressionnant était sûrement sa couleur rouge vif. La magie pouvait tout faire. Bien que cette épée soit purement factice, par la volonté du mage, elle pouvait transpercer les corps aussi bien qu’une autre.
_Je ne te demande pas de forger véritablement une lame, ce serait encombrant pour pas grand chose mais simplement de l’imaginer puis de la fixer.
_Très bien.
Juan regarda son environnement avec attention puis ferma les yeux pour se concentrer. La garde d’une arme se matérialisa dans ses mains. Elle était couleur de bronze et parcourut de stries argentées. Les mages aimaient à rajouter des détails lorsqu’il « composait » c’est à dire lorsqu’ils créent des objets. La lame grandit elle aussi. Un peu tordu au départ, Juan corrigea le défaut après un coup d’œil.
Sengriff observa la création avec intérêt :
_Elle est déjà magnifique, je vois que je t’ai bien formé : se félicita t-il.
Juan observa son épée puis murmura « épée » en gardant l’image en mémoire. Elle était ainsi forgée par son imagination et gardé dans sa mémoire, prononcer épée la ramènerait sans avoir à la créer de nouveau ce qui était fatigant.
_En garde ! s’exclama Sengriff.

Une armure de métal magique recouvrit son corps. Juan fit de même pour éviter de se blesser au cours de l’entraînement.
Le maître porta le premier coup, Juan dans un réflexe absurde voulut l’arrêter de sa lame mais l’épée de Sengriff se dématérialisa pour réapparaître juste derrière la défense de l’élève pour donner un coup qui l’aurait tué sans armure.
La bataille fût rude, les mages pouvaient faire usage de leurs armes de façon très diverses, rallonger la lame d’un coup ou simplement la faire disparaître ce qui rendait le combat encore plus imprévisible. La trêve fut finalement signée lorsque les deux protagonistes fatiguèrent. Maintenir sous forme solide l’énergie était épuisant. Il prit congé de son professeur et ami. Il se lava ensuite dans le maigre bac d’eau mis à sa disposition puis alla se coucher. La suite des événements nécessitait de reprendre toute son énergie.


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MessageSujet: Re: [Artimeus] Raïzer (Roman)   Jeu 28 Juin - 19:16

« La guerre n’est pas forcément mortelle. Prenons un exemple précis, celui d’Evreth Sung. C’est un soldat qui s’est enrôlé volontairement pour les guerres Tribales. Un mois après son départ, un incendie dans sa maison a décimé sa famille.
Revenu de la guerre, c’était le seul survivant. Alors la guerre est t-elle si dangereuse ? »
Sullivan Corps


Deux jours déjà s’étaient écoulés depuis l’arrivée d’Arty. La vie auprès des Célestes était agréable. Ils passaient leur temps à jouer, à se divertir ou encore à manger. Le jeune garçon put se laisser porter par le courant ce qui ne lui était pas arrivé depuis si longtemps. Le groupe d’Honorius l’avait accueilli gentiment même si la condescendance avec laquelle il traitait le jeune homme l’agaçait. Arty avait cependant réussi à gagner leur respect en les battant aux jeux d’adresses auxquels ils s’adonnaient.
En vérité tout aurait été parfait si le doute affreux que sa famille se mourrait n’avait pas persisté.
Il se retournait sans cesse dans son lit sans parvenir à trouver le sommeil. Les images de sa famille, du village quand tout allait bien revenaient comme pour lui rappeler sa mission. N’en pouvant plus, il se releva. Dans les deux jours précédents Honorius n’avait plus jamais abordé sa proposition mais il le regardait parfois d’un air interrogateur. La première fois Arty n’avait pas jugé bon de se rendre à son invitation ce devait sûrement être un piège mais il changea d’avis. On verrait bien si piège il y avait.

Il sortit de sa chambre sans craindre que Fargo le surveille, il avait en effet recouvert la caméra avec un drap car il détestait l’idée d’être espionné. Il partit vers le couloir de gauche en jetant sans cesse des regards de tout coté. L’ArtifiCiel était réglé sur « début de soirée » si bien que tout le monde ne devait pas encore dormir. 202,203,204,205 puis 206 !
Il hésita une seconde devant la porte et frappa.
Des bruits de mouvements pressant vinrent de l’intérieur mais la porte ne s’ouvrit pas. Il frappa une nouvelle fois, la porte s’ouvrit.
Honorius le jaugea de bas en haut d’un air sévère puis l’invita discrètement à entrer. Ce n’est qu’une fois la porte refermée qu’il fut plus détendu.

_Bienvenue chez moi Arty ! A vrai dire tu dois te demander pourquoi tu es là…
_Je suis là parce que je veux des réponses, j’espère que vous pourrez m’expliquer ce qu’il se passe ici.
_Bien sûr, bien sûr mais je ne vais pas déroger aux règles élémentaires de l’hospitalité., je vais te servir à boire.
Oh et excuse-moi d’être aussi futile en public mais j’essaye de sauver ma peau.
Arty remarqua en effet qu’Honorius avait quitté le sourire de façade qu’il arborait toujours. L’homme s’empara de deux verres dans une petite commode puis le remplit avec une bouteille qui traînait sur une petite table.

Honorius disposait d’une véritable suite avec un salon bien meublé à l’entrée et une chambre qu’Arty pouvait entrevoir derrière. Le jeune homme s’avança timidement entre les lourds tapis qui recouvraient le sol puis s’assit à la place que l’homme aux yeux clairs lui indiquait. Honorius s’installa confortablement à son tour, il semblait prévoir une longue discussion.
_Bien, bien, bien. Avant toute chose, j’aimerais que tu promettes que tu ne répéteras à personne ce que je vais dire. J'ai déjà pris beaucoup de risque pour te contacter même si les autres ne savent pas lire.
Ça ne me plaît pas de dévoiler tous ça mais je n’ai pas le choix, et toi non plus d’ailleurs.
_Je promets alors… : acquiesça Arty qui avait la malheureuse impression que la comédie avec Fargo se répétait.
_Je vois que tu n’es pas convaincu et je te comprends, à moi de dévoiler ce que je sais pour te prouver ma bonne foi.
Il hésita quelques instants le regard dans le vague puis se décida et dit : « Alima ! tu peux venir »
Émergeant du fond de la chambre, une fille aux cheveux flamboyant arriva, vêtue d’un costume qui devait visiblement appartenir à Honorius et qui lui donnait une attitude singulière.
_Voici ma garantie : s’exclama l’homme tandis que la jeune fille le fusillait du regard.
Personne ne doit savoir son existence, cela nous mettrait tous les deux en danger alors tu peux me faire confiance.
Arty serra la main de la jeune fille avec curiosité
_Et les caméras ?
_Ne t’inquiètes pas, ça c’est du bluff de Fargo, elles ne marchent plus depuis bien longtemps.
Arty reporta son attention vers la fille.
_Qui êtes vous ? demanda t-il.
_J’ai failli être votre repas : s’amusa t-elle.
Arty la dévisagea avec surprise. Honorius vint à la rescousse :
_Elle vient des Nutri-Tour, elle ne savait rien de ce que cela signifiait mais je lui ai tout expliqué. Les humains y sont élevés dans des tubes, ils ne vivent pas vraiment, seul leurs corps sert. Une fois à l’âge requis, je ne connais pas les détails exacts, mais ils sont envoyés en train pour être consommés. La viande qui arrive aux bornes, c’est eux. Alima est l’un de ces humains,
son prénom est en réalité son emplacement de stockage, Alim pour alimentation est « a » est une lettre pour déterminer la rangée je suppose.
_Nous mangeons des humains ? Qui pourrait tolérer ça ? S’effara Arty.
_Beaucoup de monde a toléré ça je le crains mais aujourd’hui tout est entièrement mécanisé, la nourriture est prélevée je ne sais comment et arrive en train puis est redistribuée et tout de façon automatique.
_Comment a t-elle survécu alors ?
_C’est une excellente question : réplique Honorius en se resservant tandis qu’il laissait la jeune fille s’expliquer.
_Le système qui me gérait a du tomber en panne, j’ai réussi à fuir avec d’autres personnes comme moi, après un long périple pourchassé par les Loups de Fer, nous sommes finalement tombés dans un piège, un engin volant nous a attaqué et les a tous attrapé sauf moi qui suis tombé dans l’eau mais heureusement Honorius a réussi à me sauver.
_Et c’est là que nous intervenons : reprit l’homme. L’une des personnes qui l’accompagnait se nommait Lorey.
Il les a trahis au vaisseau. Hors Lorey était ici avant, c’était un proche de Fargo qui a disparu pour rejoindre l’étage numéro 8, enfin c’est ce que nous avons cru. Que faisait t-il aux Nutri-Tour ? Pourquoi mentait t-il ? Et ce n’est pas la première fois, Fargo fait croire qu’ils emmènent les gens au 8ème étage pour les récompenser de leurs services, il fait croire que le système décrit pas Grant dans la vidéo marche encore mais c’est faux, ils les emmènent travailler ou faire je ne sais quoi. Il n’y a pas d’ascension vers les autres niveaux « idyllique » ce n’est qu’un moyen de nous éliminer et de nous contrôler. Il ment sur tout.

Honorius énonça la liste des preuves qu’il avait contre Fargo. Celui-ci disait recevoir ses ordres du 8ème étage mais à l’évidence quelque chose n’allait pas.
Puis Arty raconta à son tour ses aventures depuis le départ du village en quête de nourriture et d’une autorité qui pourrait l’aider jusqu’ici.
Ses deux auditeurs ne l’interrompirent pas même si Honorius déambulait dans la pièce en même temps en triant et en rangeant des documents. Pour finir Arty s’arrêta un instant puis reprit :
_Alors qu’attendez vous de moi ? Je veux simplement que ma famille mange.
Honorius tourna la tête vers lui :
_Je ferais ce que je peux pour nourrir ta famille, j’ai des contacts. Mais il faut d’abord identifier ce qui est la source de la panne. Il suffit de comparer ton aventure, celle d’Alima et tous les petits détails que j’ai remarqué pour savoir que le système commence à partir en vrille depuis quelques temps. Il faut que tu t’occupes d’extorquer un maximum d’information à Fargo, nous avons besoin de comprendre. Contente toi de continuer à sourire et nous verrons comment vont les choses. Je voulais juste te prévenir qu’ils ne nourrissaient sûrement pas ta famille. Ah et puis si tu pouvais passer de temps en temps apporter un peu de nourriture à Alima,
ce n’est pas toujours facile pour elle d’être obligé de vivre caché.
Ils discutèrent encore quelque temps des détails d’organisation puis Arty retourna vers sa chambre, l’esprit un peu plus apaisé. Honorius pouvait sûrement lui mentir aussi, mais il avait été plus clair bien qu’apportant de nouveaux problèmes avec l’arrivée de la jeune fille.










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MessageSujet: Re: [Artimeus] Raïzer (Roman)   Dim 1 Juil - 13:20

« Certains racontent qu’il y a une dizaine d’année le Dieu Figé aurait bougé. Personnellement je pense qu’il ne s’agit que d’élucubrations de quelques fanatiques. Je suis bien placé pour surveiller le Dieu. Il n’est pas encore revenu »
Archaem


Quelque chose alerta Juan, la sensation d’un danger imminent. Il émergea lentement du sommeil avec la sensation diffuse qu’il était très urgent qu’il se réveille mais sans réellement le vouloir. Il ouvrit un œil et s’éveilla brusquement.
Des flammes l’encerclaient. Il voulut sortir précipitamment de son lit mais ne réussit qu’à tomber par terre.
Recouvrant ses esprits, il créa une sphère aquatique autour de lui. Il réussit à écarter le feu quelques secondes.
Un craquement lugubre secoua le plafond. Le garçon se précipita vers la fenêtre mais trop tard l’étage lui tombait dessus.
Dans un dernier sursaut, il créa une armure de métal glacé autour de lui. Tout s’effondra.

Le choc balaya sa conscience, pendant un instant sa défense vacilla, il ne pouvait plus tenir la défense magique.
Une douleur écrasa son dos. Il tint bon. Il rouvrit les yeux, l’auberge était complètement affaissée sur elle-même,
il n’en restait plus qu’un brasier ardent.

Sengriff se tenait debout un peu plus loin, sous sa protection magique se tenaient quelques personnes apeurées.
Le ciel était encore noir malgré l’aube qui tentait timidement de faire son entrée. Juan resta une seconde figée par la brutalité et la vitesse de ce qui s’était passé. A ses pieds, les restes calcinés du bâtiment brûlaient encore.
Essayas et Ysla émergèrent à leurs tours des décombres. Les larmes roulaient sur les joues d’Essayas.
Il glissa quelques mots à l’aubergiste qui restait là hébété conservant la certitude que les mages ne ramenaient que des ennuis.
Il sembla lui verser une importante somme d’argent pour compenser.
Juan aperçut, le corps des autres mages et de quelques civiles dans les ruines.
Sa tête tourna. Tout s’était passé si vite sans qu’il comprenne.

Puis Essayas regroupa les mages d’une voix tremblante marquant une nervosité inhabituelle chez lui et annonça :
_Il faut vite partir d’ici, nous allons accélérer par la magie si vous en avez encore la force, nous sommes en danger ici,
il faut partir.
Juan regarda Sengriff d’un air interrogateur, celui-ci haussa les épaules.
Sans plus de cérémonie, avec seulement un dernier regard pour leurs victimes, ils levèrent le camp. Le danger devait être vraiment immense pour qu’Essayas ne prenne pas le temps d’honorer les victimes et particulièrement son ami Ephraïm.
Ils quittèrent rapidement le village en s’aidant d’un vent magique pour accélérer la cadence. Essayas se retournait souvent pour observer quelque chose derrière lui. Quand Sengriff lui demanda ce qu’il fuyait, il resta sans réponse à regarder dans le vague.
C’est seulement après plusieurs heures de marche rapide qu’il se décida à s’arrêter. Ils étaient arrivés à la lisière de la forêt qu’ils devraient longer encore plus d’une journée pour arriver aux environs de Zeltorn. Les frondaisons commençaient à masquer le soleil dont les rayons se couchaient lentement sur le paysage.

Essayas signala une pause ce que tout le groupe accepta avec gratitude.
Juan alla chercher un peu de bois pendant que les autres installaient le campement. Il entra dans la forêt baignée d’une étrange lumière aux couleurs de la végétation. Les derniers rayons du soleil transperçaient les grandes feuilles des arbres. Le tapis de mousse craquait sous ses pas entre les arbres millénaires. Une fois sa tâche terminée, il se dépêcha de quitter l’étreinte angoissante des branchages, aucun homme ne dominait la forêt. Il fit un tas avec les brindilles puis généra une étincelle au bout de ses doigts,
le tas de bois s’embrasa. Les flammes rappelèrent à tous les mauvais souvenirs de la matinée mais elles avaient au moins le mérite de les protéger du froid.
Les quatre hommes réunis autour du feu n’avaient absolument plus l’éclat de l’orgueilleuse troupe de la veille.
Ysla d’habitude toujours enjoué semblait abattu, Sengriff était encore plus silencieux que d’habitude mais le plus impressionnant était sûrement Essayas qui avait perdu son arrogante confiance. Son regard félin errait sans but d’un endroit à l’autre comme un animal apeuré.
_Bien je crois qu’on pourrait avoir des explications sur ce qui se passe : demanda enfin Sengriff.
Essayas grimaça quelques secondes puis se décida.
_Vous avez raison, nous avons cru que rester secret aiderait à protéger le royaume mais nous avions tort et maintenant il y a des morts : je vais tout vous raconter.
Ses mains nerveuses jouaient avec les plis de son manteau :
_Comme vous le savez, le roi et le royaume sont en danger. La menace est grande. Mais nous ne vous avons pas tout dit sur la nature exacte de cette menace. Il existe des Usurpateurs. Ils essayent de contrôler notre magie alors qu’ils n’ont pas le don. Ils l’utilisent pour leur avidité personnelle. Et nous pensons qu’il y a un traître dans nos rangs car ils connaissent les rudiments de notre magie.
_Mais je pensais que seul ceux qui possèdent le don sont capables de faire de la magie ? s’interrogea Juan.
_C’est vrai mais certaines personnes de bases sont aussi capables de faire un peu de magie, mais une magie impure
et dangereuse. Nous pensons que c’est d’ailleurs la cause de la désertification. Il faut combattre les Usurpateurs.
_Y a t’il autre chose que vous ne nous avez pas dit ? demanda Sengriff avec un air de reproche.
_Oui, notre mission n’est pas simplement de combattre le peuple de boue, nous pensons qu’il y a aussi des Usurpateurs parmi eux. Ils préparent un grand coup, nous avons envoyé une protection rapprochée sur le roi, tout le royaume est en train d’être averti de la menace. Et je peux maintenant vous prévenir également car s’ils ont cherchés à vous tuer c’est que vous n’êtes pas avec eux. Nous aurions du vous faire confiance.

Après un instant de réflexion, les mages répétèrent les versets sacrés du Dieu, maigre prière pour les disparus. Juan ne les connaissait que très peu mais la peine n’en était pas moins grande. Ils n’avaient même pas bavardés avec eux et soudainement ils étaient morts sans pouvoir se défendre. . Tous étaient déroutés par la situation. Les quatre hommes discutèrent encore un peu autour du feu, Ysla qui était resté muet jusqu’ici bavarda un peu avec Juan. La nuit entourait maintenant le campement. Juan aurait bien voulu discuter avec Sengriff de ce qu’avait raconté Essayas mais ils n’eurent pas l’occasion d’être rien qu’a deux. Finalement, il déroula son duvet de son sac. La peau des lointains tigres des steppes le protégerait du froid. Cela faisait partie des très rares animaux qui peuplaient Ambarion, leur peau valait de l’or. Le sommeil s’empara de lui, il dressa un bouclier de protection magique autour de lui comme son maître lui avait un jour appris. Cela lui empêcherait de passer une nuit véritablement reposante mais ça éviterait de nouvelles surprises au réveil.













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MessageSujet: Re: [Artimeus] Raïzer (Roman)   Lun 2 Juil - 12:19

« L’ampleur de la trahison de Thal exigeait sans conteste qu’on l’empêche de nuire à nouveau. Cependant il était avec moi l’homme qui avait sauvé l’humanité, il jouissait d’un grand prestige, le condamner officiellement déstabiliserait mon régime ce qui aurait plongé l’humanité dans le chaos.Il fallait une solution pour le punir sans qu’on le sache. J’ai trouvé.
Thal est devenu un mythe a défaut de rester une réalité. »
Raïzer Cortes.



Arty sortit tranquillement d’une nuit paisible. Prétextant une grande faim il commanda un lourd petit déjeuner à l’intelligence artificielle qui lui servit sans tarder. Il eut de légers remords à pouvoir demander autant de nourriture alors que vraisemblablement sa famille devait souffrir malgré la promesse d’Honorius de les aider. Puis comme il l’avait dit la veille,
il se rendit à la chambre de l’homme aux yeux clairs après avoir verrouillé sa propre porte à clé.
Il tapa à la porte, trois coups rapide d’abord puis deux plus lent après selon le code convenu. Alima lui ouvrit l’air inquiète.
Il referma derrière lui.
_Le repas de madame ! s’exclama t-il gaiement. Honorius n’est pas là ?
_Non il est parti, il doit faire bonne figure devant tout le monde.
La jeune fille avait l’air perdue, délaissée. Arty s’assit à coté d’elle alors qu’elle se restaurait.
_Tu avais faim ?
_Oui, surtout que je ne touche pas à la viande depuis que je sais d’où elle vient.
_Je vais faire de même je pense. Il réfléchit une seconde : tu auras besoin d’autre chose ?
_Non ça ira je te remercie. Elle sourit : mais j’apprécie que tu prennes le temps de t’occuper de moi.
Honorius est gentil mais il est distant et je me sens perdue, emprisonné ici.
_Je me sens perdu ici aussi, je ne sais pas quoi faire exactement. Fargo me ment, Honorius ne dit pas tout non plus.
Et je suis si loin de ma famille.
Le jeune garçon réalisa qu’il n’aurait pas du dire ça un instant trop tard.
_C’est quoi une famille ? Demanda Alima la voix triste.
_C’est… des gens qui sont autour de toi, qui t’aiment et qui t’aident… et c’est infiniment plus. Comment t’expliquer ?
_C’est un peu comme des amis en fait, non ?
_Oui c’est un peu près la même chose, les amis peuvent devenir une famille.
_J’avais des amis comme ça un jour mais on me les a enlevés : désespéra t-elle.
_On les retrouvera, je te le promets, je ferais tout ce que je peux pour essayer de savoir d’où viens ce vaisseau.
Elle lui sourit.
_Merci.
Ils discutèrent encore un peu de détails plus légers puis Arty débarrassa le repas et remit les restes de son déjeuner dans sa propre poubelle discrètement pour qu’on ne soupçonne pas l’existence d’Alima. Ensuite il se rendit à l’une des nombreuses salles de jeux de l’étage ou le groupe avait l’habitude de se retrouver. Les divertissements étaient le cœur de la vie des Célestes. Honorius était là installé sur un coussin à une table de jeu, Bérénice était à coté de lui comme toujours,
il y avait aussi un vieil homme sympathique que les autres nommaient Howl mais il y avait surtout Fargo qui jouait avec eux.
Luis Leon héla le garçon :
_Viens te joindre à notre partie !
Arty s’assit sur un coussin a coté d’eux pendant qu’Honorius distribuait les cartes pour une nouvelle partie.
Fargo expliqua les règles en même temps. Le jeune homme réussit très vite a les intégrer moins rapidement à gagner.
C’était un jeu de stratégie et de confiance.
Chacun essayait de faire croire des choses à l’autre, d’attirer sa confiance. Il fallait deviner ce qui se cacher derrière chaque carte retournée, derrière chaque sourire. Chacun avait sa méthode, Bérénice lui lançait des regards charmeurs, Howl restait impassible, Honorius regardait le sol chaque fois qu’on essayait de lire en lui tandis que Fargo impressionnait l’assemblée avec ses grands discours. Mais au final tout le monde mentait.
Arty préféra donner sa carte à Honorius plutôt qu’a Fargo à un stade important du jeu.
_Allons donc, tu ne me fais pas confiance ? s’exclama Luis Leon d’un ton moqueur.
_Je vous ferais confiance quand je verrais vos cartes : répliqua le garçon.
Honorius esquissa un sourire discret que Bérénice prit pour elle.
_Le jeu n’est amusant que quand on ne connaît pas les cartes : gloussa Fargo.
Une tension sous-jacente imprégnait la partie.
Arty se débrouilla bien cependant c’est Howl qui remporta la partie avec élégance et sobriété.
Il gagna finalement la revanche, les parties se succédèrent, les repas s’accumulèrent dans le faste, l’opulence, le monde de maquillage et d’apparence qu’était celui des Célestes. La tension ne quitta pas le garçon. Tout le monde semblait mentir tout le temps et lui le premier pour sauver sa famille. Alors que les jours passaient, ses seuls moments de bonheur étaient ceux qu’il passait en compagnie d’Alima. Ils partageaient le même isolement, le même sentiment d’égarement dans un monde inconnu. Honorius certes était de leur coté mais il évoluait parfaitement dans ce monde.
Et quand Arty ou Alima tentaient d’en savoir plus, l’homme aux yeux clairs leur jetait un regard amusé avant de se détourner nonchalamment.
Quant à Fargo, il se limitait à quelques traits d’esprits mais laisser le jeune homme se débrouiller tout seul. Arty ne supporta bientôt plus cette situation.
Il frappa à la porte du maître des lieux.








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MessageSujet: Re: [Artimeus] Raïzer (Roman)   Mar 3 Juil - 10:42

Fargo lui ouvrit poliment.
_Quel bon vent vous amène cher Arty ? Demanda t’il avec une moue amusée.
_Le vent de l’exaspération. Je veux des réponses cette fois, cela ne m’amuse plus de faire le pitre.
_Ce n’est pas la bonne humeur qui t’étouffe hein ? constata Fargo avec regret.
_Pas quand ma famille meurt de faim non. Et je me plains pour ma famille mais ce sont des milliers de gens au moins
qui meurent de faim aux niveaux 1 et 2 et vous ne faites rien !
_Tiens le garçon devient généreux, il se met à penser aux autres aussi. C’est émouvant. Et non je ne fais rien, enfin en l’occurrence, je ne peux rien faire et surtout pour les pauvres gens du niveau 2, ils sont déjà morts depuis longtemps.
Et toi non plus tu ne fais rien ?
_Je ne peux rien faire ! Et j’ai le mérite d’essayer moi !
_C’est vrai, je te le concède. Mais je ne peux rien faire non plus, c’est les gens du niveau 8 qui dictent mes ordres,
des ordres venant eux même du niveau 9 qui tirent eux même leurs ordres de l’autorité suprême.
_Allez vous au moins me raconter tout ce que vous savez sur ce qu’il se passe !
Fargo se leva et fit les cents pas dans la pièce :
_Tu sais je ne sais pas grand chose non plus,
j’essaye juste de rassembler les différentes pièces et d’écouter tout ce qu’on a à me dire.
Il alluma le poste de télévision. Grant se mit à parler sur une musique triomphale :
« Bonjour peuple du centre Eden ! Nous avons l’immense honneur de vous annoncer que le monde est sauf. Les efforts de notre inestimable Cortes aidé du généralissime Docteur Thal ont permis de sauver l’humanité de même que le Sacrifice des milles.
La Pierre de Sacrifice est en place. C’est un monde neuf, un jour neuf ! »
_Qui est t-il ? Que raconte t-il ?
_Il suffit de donner une réponse à un homme pour qu’il pose deux nouvelles questions. Tu comprends Arty, on en finit pas….
De plus cela n’a plus grand intérêt, il est mort depuis très longtemps ainsi que tout les autres. En revanche trouver cette Pierre de Sacrifice te permettrait sûrement de sauver ta famille et l’humanité entière.
_La Pierre de Sacrifice ?
_Vois-tu le Centre Eden est un florilège de machines différentes du simple téléviseur au régulateur de température en passant par les bornes de nourriture. Tout cela a besoin d’une énergie considérable pour fonctionner. Quand tout fonctionnait, il n’y avait aucun problème or il semble évident que cette source d’énergie ne fonctionne plus correctement.
Et cette source d’énergie est la Pierre de Sacrifice.
_Mais il faut prévenir tout le monde et la chercher !
_Surtout pas pauvre fou. Sais tu jouer aux échecs ?
_Oui oui… Cassandre nous a appris sur un vieux plateau quand j’étais jeune.
Il sortit un plateau d’échec d’un des innombrables tiroirs qui composait le bureau, il disposa les pions en silence.
_Je prends les noirs, à toi de commencer !
Ils jouèrent sous le regard de Tom Grant qui répétait les mêmes choses sans fin. Les deux joueurs étaient très bons,
la partie durait déjà depuis longtemps avant que Fargo ne se décide à reprendre la parole :
_Vois tu le monde est comme une partie d’échec. Tous les pions sont liés entre eux. Si ton pauvre fou par exemple quitte sa place, c’est fini pour lui. Il ne sert à rien de se précipiter ou de savoir ce qu’on doit ignorer, il faut rester à sa place.
Je dis ça pour ton bien. Mais allez, si tu gagnes la partie je te dis tout !
C’était sûrement le plus grand défaut de Luis Leon, il était très joueur.
Arty se concentra pour gagner la partie. Ses pions avançaient petit à petit.
Fargo faillit l’avoir une fois mais finalement le jeune homme l’emporta.
_Voilà vous devez tout m’expliquer maintenant ! Me prouver que le niveau 1 ne meurt plus de faim.
Fargo se releva, il chercha dans les étagères pour attraper un étrange petit disque,
il l’inséra dans une boîte abîmée qui traînait là. Une mélodie s’en échappa.
_La septième symphonie de Beethoven ! La plus belle, un vestige du lointain passé. Je trouve que ça manquait un peu de musique. Alors tu tiens vraiment à savoir. Serais tu venu ici si tu savais que ça ne t’apporterait qu’une mort certaine sans pouvoir sauver ta famille ?
_J’aurais essayé.
_Mon pauvre Arty, tu vois le savoir ne te sert à rien, il n’aurait fait que t’inquiéter inutilement.
Tu me rappelles Cassandre, la même curiosité maladive. Bon elle était plus belle bien sûr !
_Vous connaissez Cassandre ?
Fargo se mit à danser le rythme de la musique.
_Bien sûr ! Nous dansions là dessus je me souviens. Pourquoi crois tu qu’on l’a laissé vivre plus vieille que les autres.
C’est moi qui l’ai sauvé, elle était si ravissante. Nous nous aimions à l’époque !
Arty ne comprenait plus rien :
_Vous l’avez sauvé de quoi ?
Fargo mit sa main devant sa bouche avec exagération : Oups !
Au même moment Bérénice frappa à la porte en s’écriant : Vous venez danser avec nous, le bal commence Fargo !
Il répondit tout haut : J’arrive chère Bérénice, j’arrive : et murmura tout bas :
J’ai promis je t’expliquerais tout, tu as gagné…. Mais la semaine prochaine !
Et il sortit laissant Arty les bras ballants.






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MessageSujet: Re: [Artimeus] Raïzer (Roman)   Mer 4 Juil - 10:39

Celui-ci explora quelques instants le bureau de l’homme. Puisqu’il ne voulait rien lui dire, il chercherait lui-même les informations. Fargo se croyait au-dessus de tout. Il verrait ce dont Arty est capable. Après avoir trouvé ce qu’il voulait, il quitta le bureau.

Il esquiva le bal et préféra se rendre auprès d’Alima. Honorius s’y trouvait également. Il leur raconta la conversation.
Honorius sembla très intéressé par la Pierre de Sacrifice. A la fin Alima dit avec un sourire :
_Et si on allait voir nous même au Niveau 8 ce qu’il se passe ?
Pour seule réponse, Arty lui montra la clé du Niveau qu’il avait trouvé dans le bureau.
Les deux amis se sourirent. Honorius se prit la tête entre les mains.
_Non, non et non c’est beaucoup trop dangereux. Va vite reposer la clé à sa place et ne fais rien d’autre,
songe que si ça échoue, vous pouvez être capturé et je suis en danger aussi.
_Ne viens pas, je dirais qu’Alima était avec moi si jamais ça tourne mal. Mais je n’en peux plus de rester inactif.
_Ce n’est vraiment pas une bonne idée : dit Honorius en secouant la tête.

Il répétait la même chose le soir du lendemain quand Alima et Arty se rendirent discrètement jusqu’à la trappe qui menait à l’étage supérieur.

Les deux hommes avaient passé la journée à planifier l’expédition et à paraître comme d’habitude enjoués avec les autres Célestes. Arty avait rongé son frein toute la journée mais il fut satisfait de voir que Fargo ne semblait se douter de rien.
Ils firent tourner la clé de la trappe dans la serrure, la trappe s’ouvrit avec fracas. Les trois compagnons tremblèrent. Heureusement personne ne sembla avoir entendu le bruit. Arty aida la fille du groupe à monter puis Honorius l’aida lui-même à se hisser. Puis Honorius referma la trappe derrière eux et monta la garde en essayant de rester naturel. Si on l’interrogeait,
il faisait juste une petite ballade pour profiter de ce début de soirée.
Alima posa les pieds à l’étage supérieur. L’obscurité fut la première chose qu’elle remarqua.
Il faisait sombre. L’Artificiel était abîme à maintes endroits.
Un bazar hétéroclite jonchait le sol.
_Personne n’a foulé ce sol depuis bien longtemps, je crois : constata Alima.
Arty avisa un squelette sur le sol, il corrigea :personne de vivant en tout cas.
Ils errèrent quelques secondes dans les décombres ramassant des objets au hasard, il y avait absolument de tout.
_Quel ennemi à pu les tuer comme ça ? demanda la jeune fille.
_Le temps : répondit la voix de Calypso surgissant de nulle part.
L’hologramme se matérialisa.
_Pourquoi m’as tu abandonnée ? :demanda avec reproche l’ordinateur.
_Que fais tu là ? s’interrogea le jeune garçon.
_L’ordinateur central de cette étage est mort depuis longtemps, je me suis alors propagé et emparé des circuits et signaux pour survivre plus longtemps. L’énergie devient plus faible alors je dois m’étendre.
Alima dévisagea l’hologramme. Arty avait eu beau raconter l’histoire de Calypso la voir en vrai était une autre histoire.
_Et vous connaissez l’origine de la baisse d’énergie ? questionna t-elle.
_Je ne sais pas. Je ne peux rien dire.
_Pourquoi tu ne peux rien dire ? insista la jeune fille.
_Je ne peux rien dire. Je ne sais pas.
L’hologramme montrait ses limites une fois de plus.
_Alors nous allons voir au Niveau 9 s’il y a quelqu’un qui pourra nous renseigner : conclut Arty.
Et ils ouvrirent la trappe du niveau suivant sous le regard implorant de l’intelligence artificielle.
_Ne me laissez pas toute seule ! Ne me laissez pas mourir seule abandonnée.
Ils refermèrent la trappe.
Au niveau supérieur, tout était désert également, l’endroit était de la même manière jonché de décombres et de détritus en tout genre. Fargo avait menti. Arty contempla le ciel.
_Si c’est le dernier Niveau alors ça c’est le ciel ! Il s’émerveilla, il n’avait jamais vu le ciel.
_Je ne sais pas, j’ai passé le plus clair de mon temps sous un ciel noir mais ce doit être le ciel.
_L’Artificiel était en tout cas très ressemblant !
Ils restèrent quelque minutes figés devant le décor désolé du 9ème étage puis se reprirent
. Ils étaient déjà restés trop longtemps et visiblement ils n’apprendraient pas grand chose de plus à part que Fargo mentait.
Ils retrouvèrent Honorius qui commençait à s’inquiéter et retournèrent à leur chambres respectives avec plus de questions qu’avant, eux qui étaient venus chercher des réponses.








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MessageSujet: Re: [Artimeus] Raïzer (Roman)   Mer 4 Juil - 23:02

« De mémoire d’homme Zeltorn a toujours été là. C’est la plus grande Forteresse de tous les temps. Elle a défendu le royaume lors de toutes les grandes batailles, permit la victoire finale contre les Feuls. Si Zeltorn tombe, le royaume tombe »
Le général Tran.


Les quatre mages marchaient côte à côte depuis de nombreuses heures. La forêt s’étendait, immense et sombre sur leur flanc gauche tandis que de l’autre coté la plaine devenait sans cesse plus aride. Ils discutaient des Usurpateurs : une ancienne menace qui ressurgissait. Il y a bien longtemps : deux peuples coexistaient, le peuple d’Ambarion et les Feuls chacun d’un coté des Monts Porteciel. Ils étaient sans cesse en conflit. Les magiciens Feuls étaient des Usurpateurs, leur magie était dangereuse si bien que leur terrain devint désertique. Alors ils mirent toutes leurs forces pour envahir Ambarion en voulant passer Zeltorn.
Mais l’armée d’Ambarion aidée de ses mages les repoussa définitivement.
Mais aujourd’hui il semble que le Peuple de Boue renaisse sur les ruines des Feuls et que les Usurpateurs reviennent.
Les Monts Porteciel se dressèrent dans l’horizon. Ils tiraient leur noms des légende qui disaient qu’ils montaient tellement haut
qu’ils soutenaient le ciel. Et en les apercevant on voulait bien croire les légendes.
Ysla semblait impatient d’arriver alors qu’Essayas lui était toujours aussi nerveux. Toute végétation avait désormais disparu.
Il ne restait que de la terre craquelée et parsemée de pierre noire. Les monts obscurcissaient le ciel au fur et à mesure que Juan
et son groupe s’en approchait.

Ils bivouaquèrent rapidement avec leurs derniers restes, l’ambiance était un peu plus détendue même si chacun était concentré sur la tâche future. La forêt disparût derrière eux lorsqu’ils reprirent la route vaincue par la plaine morne.
La fatigue s’empara d’eux petit à petit alors qu’ils marchaient à l’aide de la magie. Mais leurs efforts furent récompensés,

Zeltorn se découpa soudainement sur le soleil couchant. Coincée entre deux montagnes, la forteresse qui défendait le seul col franchissable semblait minuscule. Mais elle était encore si loin qu’on pouvait imaginer son gigantisme lorsqu’on était juste devant.
Ils ne firent pas qu’imaginer. Ils arrivèrent au pied de la citadelle. La pierre noire les toisait de haut. Comment décrire l’endroit ?
La forteresse avait été construite davantage selon des critères pratiques qu’esthétiques cependant elle possédait l’impassible beauté propre à la puissance et à l’immensité. Elle se dressait comme un bouclier sur le sol,
barrant le passage aussi efficacement qu’une montagne.

_On entre ou ? Demanda Sengriff, pragmatique.
Essayas ne répondit pas, il se contenta d’envoyer une sphère lumineuse qui explosa haut dans le ciel.
Rien ne se passa durant quelques minutes puis soudainement une porte s’ouvrit au centre de la muraille.
Deux gardes en sortirent et les invitèrent d’un geste à rentrer.
Les mages passèrent les portes de pierres. Si on ne connaissait pas leur emplacement, les portes étaient invisibles.
D’autres gardes fermèrent derrière eux.. En tout une dizaine de garde s’amassait autour d’eux.
_Bonsoir, je suis le capitaine de la garde. Vous êtes les mages je présume ?
_Oui, c’est nous : répondit simplement Essayas.
_Nous en attendions un peu plus. Ou sont les autres ?
_Il y a eu… un incident.
_Très bien. Je vais vous conduire au Général : dit t-il d’une voix atone.
Il les conduisit en silence à travers un dédale de couloir de pierre froide.
La forteresse n’était vraiment pas faite pour le confort. Juan observa les gardes qui les accompagnaient.
Leurs vêtements étaient déchirés à certains endroits,
certains arboraient de longues cicatrices mais le pire était leur regard harassé.
Ils avaient souffert. La troupe arriva face à une porte monumentale comme tout l’était à Zeldorn.
Le capitaine de la garde l’ouvrit en poussant de toutes ses forces.
Le Général les attendait. Assis sur un fauteuil de bois, il regardait droit devant lui avec détermination.
A l’évidence on l’avait mis au courant à moins qu’il passe ses journées assis là ce qui ne devait pas être le cas étant donné la tristesse de la pièce. Une seule fenêtre brisait la monotonie du mur, le rai de lumière qui en jaillissait se dirigeait droit vers le visage du Général. Tout autour, des tables et des cartes montraient les vestiges de quelques conseils de guerre.
_Bonsoir messieurs, il était temps que vous arriviez.
Juan avait déjà vu le Général plusieurs fois lors de diverses cérémonies, c’était un des personnages influents d’Ambarion cependant il ne l’avait jamais observé d’aussi près et encore moins avec cet air grave qui renforçait encore plus l’impression de puissance que dégageait sa carrure.
_Nous avons fait au plus vite : souligna Essayas.
Le Général se tût quelques instants pour observer les quatre mages dressés devant lui. Il éclata d’un rire tonitruant.
_Alors c’est ça vos renforts ?
_Nous avons subi une attaque des Usurpateurs. Nous savions qu’il fallait nous en méfier mais ils ont été beaucoup plus dangereux que prévu. Nous devons déplorer des morts.
Les mages se turent un instant rongée par la tristesse. Essayas reprit faiblement : Et puis il ne faut pas sous estimer quatre mages.
_Des morts, il y en a tout les jours ici pour défendre notre beau royaume : répondit Tran avec dédain.
Ne faites pas l’erreur de me sous estimer non plus.
_Nous n’oserions pas : promit Essayas avec une voix mielleuse.
_Le fait que vous me mentiez pour cacher votre mépris montre au moins que vous avez un tant soit peu peur de moi : admit Tran.
La tension était vive dans la conversation. Mages et armées se disputaient le pouvoir depuis bien longtemps.
_Pas de ça entre nous dans cette situation Général. L’heure est grave, deux de nos mages sont morts en vous aidant.
Défendre Zeldorn n’est pas notre rôle premier.
_Ah et j’aimerais bien le connaître votre rôle ! Faire pousser des légumes dans votre joli monastère. Nous crevons ici !
_Ne cherchez pas à nous provoquer: déclara le mage en retour en faisant apparaître une langue de feu dans sa main.
Dites nous plutôt comment nos mages sont morts !
_Ils ont péris lors d’une bataille comme nombre de nos soldats. Le Peuple de Boue est immense désormais,
leurs assauts sont violents, ils n’ont rien à perdre.
_Nous verrons ça, ils doivent être vraiment forts pour anéantir deux des nôtres.
Quand pensez vous que sera leur prochain assaut ?
_La dernière grande bataille, ou vos amis sont morts a aussi décimé leurs rangs.
Je pense que nous pouvons espérer encore quelques jours de répit mais ils sont prêts à tout.
_Nous sommes prêts également.
_Très bien, je suppose qu’il ne me reste plus qu’à vous offrir l’hospitalité pour la nuit : déclara Tran d’une voix plus douce.

Les gardes emmenèrent chaque mage à sa future chambre. Dans leur comportement ils ressemblaient plus à des geôliers qu’a des guides mais Juan ne s’en formalisa pas.
On le conduisit à une petite chambre spartiate mais cela ne dérangeait pas le jeune mage. Il resta quelques secondes dans sa chambre sans savoir quoi faire puis résolut que la meilleure chose était sûrement de dormir. Il ne lui fallut pas longtemps pour trouver le sommeil, la journée avait encore était fatigante, il dut simplement évacuer les pensées néfastes de son esprit. pourtant nombreuses en ces temps troublés. Il n’avait encore jamais était confronté à la guerre. Ça allait changer.













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MessageSujet: Re: [Artimeus] Raïzer (Roman)   Jeu 5 Juil - 18:39

« Le monde s’est arrêté ce jour là. J’ai échoué. L’humanité a échoué.»
Ian Angus


Quelques jours passèrent encore au sein des Célestes. L’expédition n’avait pas beaucoup aidé Arty et ses deux acolytes, ils ne savaient plus quoi faire. Il ne restait théoriquement plus que deux jours avant les explications de Fargo cependant il ne faisait peut être que gagner du temps avant quelque chose. Quelque chose qui inquiétait Arty.
Que se passerait t-il à la fin des deux jours ?

Le garçon avait mal dormi, il avait vu les gens du Niveau 1 et 2 mourir un par un sous ses yeux. Il se réveilla mais ne put malheureusement pas se dire qu’il ne s’agissait que d’un cauchemar, c’était au moins une partie de la réalité.
Il s’habilla puis se rendit au réfectoire, encore à peine éveillé. Il commençait à savoir se diriger dans les méandres du Niveau 7 car il trouva vite l’immense salle ou l’on se restaurait. Il fut toujours aussi surpris de voir autant de monde sans connaître personne. L’aile ou était sa chambre était quasi déserte, ce ne devait pas être le cas des autres ailes du niveau.
Il avisa Bérénice et s’assit à coté d’elle, il n’avait pas spécialement envie de lui parler mais c’était mieux qu’être seul à une table. Sa coiffure était aujourd’hui plus excentrique que jamais et son rouge à lèvres encore plus vif.
_Alors tout va bien depuis ton arrivée Arty ?
_Tout se passe très bien, je suis heureux d’être ici :
mentit-il comme il le faisait à chaque fois.
_Ravie de voir que tu te plais bien ici. C’est vraiment le paradis !
_C'est vrai qu'on y est heureux. Mais rien ne te manque à toi?
Elle réfléchit intensément, personne ne lui avait jamais posé une telle question.
_Non, on a tout ici, de quoi manger, de la compagnie c’est le bonheur.
Ah si j’aurais peut être juste aimer voir le vrai ciel mais il paraît que c’est dangereux dehors et puis on est bien ici.
Le vrai ciel… Elle continua à parler mais Le jeune homme n’écoutait plus,
il ressassait les mêmes mots dans sa tête : « le vrai ciel ».
Bien sûr il aurait du le deviner plus tôt. Son poing heurta la table.
Il faillit se lever pour prévenir les autres mais resta à écouta parler Bérénice tout le repas, il ne devait pas paraître étrange. Elle n’arrêtait pas de discourir de futilités
alors qu’un nouvel élan d’enthousiasme emportait Arty.
Il attendit la fin du déjeuner puis se précipita chez ses amis en congédiant la femme du mieux qu’il put.
Alima dormait encore, elle dormait cachée dans la chambre d’Honorius alors que lui prenait le canapé. Celui-ci était d’ailleurs en train de se faire un thé.
_Tu en veux ? Demanda t-il alors qu’Arty entrait.
_Non j’ai quelque chose de plus important à te dire,
je crois avoir trouvé quelque chose.
Honorius le regarda avec amusement :
_Encore une nouvelle expédition ?
_Oui, nous devons repartir.
_Qu’as tu trouvé ? questionna l’homme en servant le thé malgré la réponse négative du garçon.
_Un dixième étage !
_Comment ça ? s’étonna Alima qui sortait au même moment de la chambre.
_Le ciel au 9ème étage ressemblait à s’y méprendre a l’Artificiel, je sais que ça peut paraître normal mais une imitation ne peut être aussi parfaite. S’il ressemble à ce point à un Artificiel c’est parce que c’en est un ! De plus sur l’ascenseur tout en bas,
il y avait dix boutons. C’est étrange pour neufs étages.
Il faut remonter voir ! Je suis sûr que quelque chose nous as échappé.




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MessageSujet: Re: [Artimeus] Raïzer (Roman)   Sam 7 Juil - 21:00

Honorius avait cette fois l’air très curieux de voir ce qu’il se cachait derrière ce dixième étage.
Ils durent cependant attendre toute la journée pour savoir ce que l’Artificiel du 9ème révélerait comme mystère.
Le soir ils se retrouvèrent comme la dernière fois avec de nouveau l’excitation de l’aventure. L’homme aux yeux clairs ne les accompagnerait pas cette fois non plus, il voulait monter la garde ou était simplement effrayé comme le pensait Arty.
Ils arrivèrent devant la trappe qui n’avait pas était verrouillée à leur retour.

Ils firent le même chemin qu’il y a quelques jours avec appréhension.
Calypso les attendait de pied ferme mais ils continuèrent sans tenir compte de ses supplications. Ils arrivèrent au niveau 9,
ils s’étaient précipités la dernière fois, ils ne referaient plus la même erreur. Arty se saisit d’une petite bille en acier qui roulait sur le sol et tira au plafond de toutes ses forces. La bille rebondit.
_Il est vraiment neuf ici mais ce n’est toujours qu’un ciel illusoire. Trouvons l’entrée pour le seul vrai ciel.
Ils mirent un temps assez long à trouver la trappe qui se fondait parfaitement dans l’Artificiel mais Alima repéra un chemin ou la poussière était moins grande. Quelqu’un venait souvent ici. Elle suivit les traces et arriva à la verticale de la trappe.
Elle sourit et appela Arty qui cherchait au loin.
_Prêt ? murmura t-elle.
_C’est parti : répondit le garçon.
Ils soulevèrent la trappe. Le ciel apparût, le véritable ciel, une petite ouverture d’aube au milieu de la nuit de l’Artificiel.
Des reflets pourpres irisaient la voûte céleste, le soleil brillait d’un éclat qu’Arty n’avait jamais pu contempler.
Mais le plus impressionnant était la grandeur et la profondeur du ciel. Malgré l’Artificiel on finissait par se sentir à l’étroit au sein du centre Eden. Seul le vrai ciel respirait la liberté comme cela.

_Bon, on monte ? s’impatienta Alima qui ne gardait pas un souvenir impérissable du ciel noir qui l’avait accompagné dans son odyssée jusqu’ici.
Ils arrivèrent sur le toit et furent une nouvelle fois ébahis. Un village s’épanouissait sur le toit du Centre, il y avait des jardins,
des huttes, tout un écosystème. Il ne manquait plus qu’une chose : les habitants. Tout était mort comme partout.
Arty ramassait les objets du sol pour tenter de comprendre, toujours en vain.

_Epatant non ?
Les deux compagnons se retournèrent terrifiés. Ils ne connaissaient que trop cette voix. Fargo se tenait nonchalamment adossé à la porte d’une des bâtisses du village. Arty essaya de ne rien laisser transparaître de sa surprise ni de sa frayeur.
_Je suis bien d’accord. Réussir à mentir à autant de personnes, à les confiner dans un bâtiment en leur cachant tout le reste
je trouve ça épatant.
_Ce n’est pas à ça que je faisais référence mais le compliment me va droit au cœur.
Non je parlais de la vue et de ce magnifique village !
_Splendide en effet. Ou sont passés les habitants ?
_Ils sont morts, comme tout les autres.
Fargo esquissa une parodie de signe religieux :
_Ils m’ont laissés tout seul à maintenir ce foutu centre en l’état. Quand le Gardien du Savoir est mort j’ai du prendre sa place.
Et cela n’a pas était facile, tout fout le camp.
Je me tue à vous garder en vie et vous me remerciez en trahissant ma confiance, Bravo !
_Vous avez trahi la mienne aussi. Nous mourrons tous en bas ! cria Arty sentant sa colère monter.
Il voulait enfin en découdre avec tous les mensonges et les secrets.
Alima quant à elle restait calme, elle essayait de trouver une arme valable sur le sol.
_N’y pense même pas jeune fille, tu ne peux pas m’attaquer.
_Et alors quoi ? Comment ça je ne peux pas, vous êtes seul et sans arme.
_Oh tu pourrais je n’en doute pas tu gagnerais, ton cerveau pendant ton sommeil artificiel dans le tube a intégré un programme de combat. Tu es une guerrière expérimentée avant d’avoir rien fait. Le pouvoir en place voulait pouvoir disposer d’une armée si jamais les choses tournaient mal. Finalement les choses ont quand même tourné mal mais l’armée des Nutri-tour n’a pas servi.
Ils en avaient trop besoin pour autre chose.
_Oui, pour se nourrir on sait, on a mené nos recherches ! s’écria Arty désormais les nerfs à vifs.
_Bien mon garçon, très bien mais pas seulement. C’était aussi pour le Raïzer.
_Qu’est-ce que le Raïzer ?
_Des questions toujours des questions, beaucoup trop de questions.
Fargo se mit à faire les cents pas.
Alima avait trouvé une barre de métal qui lui convenait parfaitement.
Elle ne voulait pas tuer mais désirait retrouver ses amis et mettrait tous les moyens en œuvres.
_Et les réponses ? demanda t-elle en montrant son arme improvisée
Fargo resta silencieux quelques instants en répétant « les réponses » de façon étrange,
il regarda un instant vers le haut puis répondit simplement ;
_Vous ne les aurez pas. Il sourit devant leur air stupéfait puis reprit sûr de lui :
_C’est malheureux votre petite escapade était fort sympathique dommage que j’aie encore les caméras du 8ème étage qui marchent. Tu ne pouvais vraiment pas attendre une semaine mon pauvre Arty, tant pis j'ai du avancer l’échéance pour toi j’aurais vraiment tout fait pour te protéger, tu es un bon bougre dans le fond.
Et toi jeune fille j’ai mis du temps pour trouver d’où tu venais mais j’ai fait le lien avec la fille qui s’était échappée.
Ce pauvre Lorey tu lui as infligé bien des ennuis. Bien maintenant je dois vous laisser j’ai du travail.
_Vous ne pouvez pas vous enfuir, vous n’avez pas d’arme !
_Non mais eux oui : dit t-il en désignant le vaisseau en approche. Ce n’est pas moi qui vais vouloir m’enfuir.
Je suis sincèrement désolé.
Alima fut prit d’une terreur sans nom en apercevant le vaisseau de ses cauchemars. C’était exactement le même qui avait capturé ses amis. Tout recommençait. Elle voulut courir mais ses jambes l’abandonnèrent complètement tétanisée.
Le vaisseau surplomba le toit du Centre cachant le ciel irisé par sa masse imposante.

Avec ses longues phrases Fargo voulait juste gagner du temps comprit Arty trop tard.
Le vaisseau déploya ses tentacules à la façon d’un prédateur terrassant sa proie.
Arty tenta en vain de fuir mais le vaisseau se saisit de lui et l’emporta en son sein. Alima elle ne bougea même pas, elle n’en avait plus la force.
La dernière chose qu’ils virent fut Luis Leon Fargo qui leur adressait un petit signe d’adieu
Puis le noir.











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MessageSujet: Re: [Artimeus] Raïzer (Roman)   Lun 9 Juil - 22:22

« D’où provient la magie ? Certains disent que c’est un cadeau du Dieu Figé aux hommes avisés pour leur permettre de créer un monde meilleur. Il doit y avoir un fond de vérité. D’autres plus pragmatiques évoque une particule mystérieuse dont on trouve mention dans certains très vieux écrits : le Raïzer »
Sengriff


Juan observa avec intérêt la pièce qui l’entourait. Le quartier général des mages abritait ceux qui venaient à Zeltorn depuis la nuit des temps. S’y entassait quantités d’ouvrages et autres artefacts relatifs à la magie. Il reconnut aussi avec tristesse les affaires d’Ethan et Reynes, leurs propriétaires ne viendraient plus les chercher. Ysla attablé au centre de la pièce lisait un livre relatif à la défense de Zeltorn, les mages à travers le temps avaient consignés comment défendre la forteresse au mieux,
Sengriff et Essayas parlaient eux aussi stratégie.
Mais ce n’était que pour tromper l’ennui. Ils attendaient tous les quatre la visite de la forteresse qu’ils avaient demandé à Tran le matin même. Car ils avaient pour l’instant la sensation amère d’être écarté des décisions et du savoir.
L’attente se prolongea encore longuement, le soleil déclina à travers le vitrail crasseux. Le seul point positif fut que les mages eurent enfin l’occasion de parler entre eux ce qui resserra légèrement le groupe et atténua les méfiances réciproques.
Ils devaient être unis contre l’adversaire.
Pour finir alors que plus personne n’attendait, le capitaine de la garde frappa fermement à la porte. « Tran vous attend » expliqua t-il simplement.

Ils se rendirent donc à nouveau au centre névralgique du château où se trouvait Tran. Tous les couloirs étaient froids et vides.
Ils entrèrent dans la salle, une dizaine d’officiers discutait autour de différentes cartes. Tran regardait par la fenêtre en les écoutant à moitié. Il se retourna cependant quand les mages entrèrent. Il les dévisagea comme s’il ne s’attendait pas à leur arrivée.
_Bien, nous allons faire l’inspection de l’armée ensuite je vous ferais visiter la forteresse.
Il adressa un signe de tête à un officier qui souffla dans un clairon. Le bruit cuivré retentit à travers toute la forteresse.
Tran sortit de la pièce avant de se rappeler les mages. « Suivez-moi » ordonna t-il.
_Il n’en fait qu’a sa tête :murmura Essayas aux autres mages.
Ils parcoururent encore d’autres couloirs vides et froids jusqu'à une cour intérieure blottie entre les murailles immenses de la forteresse. Tous les soldats se tenaient là, la tête haute, la lance pointée vers le zénith. Armée aurait été présomptueux,
ils n’étaient plus qu’une poignée mais en cet instant ils semblaient capables de défier des hordes d’envahisseurs.

Pendant quelques minutes Tran arpenta les lignes de soldat à la façon de tout grand Général.
Il inspectait chaque uniforme, scrutait chaque regard à la recherche de la moindre faiblesse.
_Bien, malgré les jours vous êtes toujours là à l’appel du clairon. Nous sommes tous loin de nos familles, loin de toute civilisation ici coincé entre le désert et les montagnes, nous sommes fatigués, harassés, attristés par la perte de beaucoup d’entre nous, abandonnés du roi et de ses marchands manipulateurs qui ne veulent pas nous envoyer des renforts mais NOUS SOMMES-LA !
Il regarda les mages avec un air de défi. Sa voix résonna dans les montagnes.
_J’ai de plus le bonheur de vous annoncer l’arrivée de quatre mages pour nous aider : dit t-il avec un certain dédain pour conclure :Bien, à demain à la même heure soldats sauf si les guetteurs signalent une attaque bien sûr.

Les soldats restèrent là, impassible. Juan quitta la cour intérieur toujours sur les pas de Tran, la discipline militaire n’était pas faite pour lui mais restait très impressionnante. L’homme les guida ensuite à travers de nombreux couloirs leur montrant l’emplacement de diverses salles variées de la salle d’arme jusqu’aux cuisines. Il les guida ensuite jusqu’au donjon,
Juan grimpa un nombre de marche qui lui semblait infini.
_Voilà : dit simplement Tran en s’écartant pour leur laisser voir la vue au sommet du donjon. Les mages eurent le souffle coupé.
Devant eux s’étendait à perte de vues les terres du peuple de Boue. Le désert était parsemé des ruines de l’empire Feuls.
Temples et mausolées ocres se découpaient sur le ciel bleu.
Mais le plus impressionnant était le fourmillement d’hommes au sein du désert.

_Ils sont des milliers : s’inquiéta Ysla.
_Des dizaines de milliers : précisa Tran avec désespoir. Mais nous ferons tout pour protéger le royaume : ajouta t-il en désignant les terres d’Ambarion qui s’étendait de l’autre coté de la forteresse à l’abri des montagnes : la forêt,
les premiers villages au loin et le lac d’Essange, gelé toute l’année qui apparaissait comme un miroir renvoyant l’image du ciel.
Puis ils redescendirent du donjon pour fuir le vent agressif.
Ils redescendirent un nombre colossal de marches pour passer du sommet de la forteresse à son point le plus bas : les cachots.
Ils passèrent une lourde porte de fer puis une dernière volée de marche les amena au sous-sol de Zeltorn.
Ils ne distinguèrent pas grand chose, l’ombre envahissait tout. Les mages eurent le même réflexe d’allumer une petite flamme autour d’eux. Tran les remercia rapidement.
_Alors vous avez des Usurpateurs ?
_Nous en avons un dans le cachot du fond. Nous avons essayé d’interroger le Peuple de Boue mais ils disent toujours la même chose, ils viennent d’un endroit très loin qu’ils décrivent de façon très étrange, d’après eux, ils sont ici à leur deuxième incarnation de leur culte étrange mais ils ne disent pas grands chose d’autres. Si vous voulez mon avis ils sont fous.
Juan croisa le regard suffisant des « Boueux », ils étaient petits, chétifs, d’où qu’ils viennent c’était assurément des êtres étranges. Il détourna le regard, leur haine était palpable, heureusement que des lourds grillages les empêchait de nuire.
Ils progressèrent entre les différents cachots, entre les visages émaciés des Boueux affamés.
Ils arrivèrent à la dernière cellule. Un homme était assis au fond dans l’ombre.
_Ce n’est pas grand chose encore, nous ne sommes pas sûr mais quand nous avons voulu l’attraper il a projeté l’un des nôtres simplement par la pensée.
Essayas avança son visage entre les barreaux et héla l’homme.
Celui-ci se tourna vers eux avec circonspection.
_Que voulez vous ? demanda t-il visiblement effrayé.
_Simplement te parler…
_Si tu réponds on te donnera à manger : dit Juan.
Les autres le fusillèrent du regard
_Ben quoi, ça se voit qu’il meurt de faim.
L’homme rampa sur le sol avec lenteur, il était à bout de force.
_Comment t’appelles tu ? l’interrogea Essayas.
_Star : répondit l’homme.
_Comment as tu fait pour utiliser la magie ?
_Je ne sais pas… j’ai voulu me protéger et soudainement c’est venu. Ca m’est arrivé aussi dans la Nutri-Tour, il n’y avait pas l’Aération à ce moment là mais j’ai réussi à ralentir ma chute, j’ai eu peur d’en parler je ne comprenais pas.
_Cessez de nous racontez n’importe quoi, les Nutri-Tour sont un de vos délires !
Avouez que vous êtes un usurpateur ! répliqua Essayas.
Juan fit demi-tour et remonta les escaliers, il n’avait pas le courage et l’envie de voir un interrogatoire.
Il retourna au Quartier Général des mages, la situation lui paraissait bien compliqué.
Les autres mages le rejoignirent un peu plus tard, ils étaient en grande conversation sur la conduite à tenir.
_Qu’en pensez vous ? questionna Essayas.
_Je ne sais pas, tout est confus. Je crois que Tran ou quelqu’un nous cache un élément majeur.
Ce que nous a raconté Star semblait vraiment nébuleux mais je ne crois pas qu’il ment : exprima Sengriff.
_Non, il ment c’est évident. N’écoutez pas ces inepties ! s’énerva Essayas
Les quatre mages discutèrent encore de longues minutes mais il était évident que ça ne menait nulle part.
Ils s’occupèrent comme ils purent le reste de la journée mais tous avait la tête aux combats futures.
Ils s’entraînèrent un peu au combat magique. Les quatre mages avaient une énergie magique hors du commun et même Ysla qui d’habitude était un peu plus faible que les trois autres semblait se surpasser.
Le soir arriva vite, la nuit tomba sur la forteresse. Juan retourna à sa chambre spartiate après avoir discuté avec Sengriff de la nervosité apparente d’Essayas sur ce que racontait les prisonniers.


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MessageSujet: Re: [Artimeus] Raïzer (Roman)   Mer 11 Juil - 23:51

« Thal se rendit compte que le Raïzer soignait d’une étrange manière, il prenait l’énergie des individus et parvenait à recréer ce qui manquait à l’individu d’une façon nouvelle. Il avait inventé la molécule miracle. Ce n’était plus simplement un médicament, c’était une puissance capable de créer. De créer n’importe quoi. Un homme dangereux avait découvert une arme immensément puissante »
Ian Angus


Alima ouvrit les yeux. Une farandole de lumières tournait autour de ses yeux, il y avait du jaune, du bleu et une pincée de blanc. Au loin des tambours résonnaient. Ce devait être ces tambours qui faisaient vibrer le sol. La jeune fille fit un effort pour concentrer ses pensées, le jaune se rassembla en bas pour former une grande masse alors que le bleu allait en haut.
« Le sol et le ciel » réalisa t-elle. Les tambours semblaient s’éloigner petit à petit. Elle prit une poignée du sable qui formait le sol. Les grains coulèrent entre ses doigts. Puis elle inspecta ses membres, elle était entière et visiblement en bonne santé.
Son corps était allongé sur le coté au beau milieu d’une étendue de sable. « Arty » songea t-elle soudainement, elle se leva. Mauvaise idée, les vibrations des tambours la rejetèrent au sol. Elle resta un instant couché sur le sol, abattue.
Puis ses sensations revinrent. Elle comprit quand enfin les bruits des tambours s’effacèrent que ce n’était pas des tambours mais des martèlements dans sa tête. Ayant repris totalement ses esprits, elle se leva à nouveau pour inspecter les dunes de sables environnantes.

Elle aperçut enfin ce qu’elle voulait. Une tâche dans les dunes un peu plus loin.
Elle courut comme elle put mais ses jambes s’enfonçaient profondément dans le sable. Arty était couché les yeux fermés.
Il ne bougeait pas.
Elle le secoua pour le réveiller. Un instant elle envisagea le pire mais il ouvrit les yeux. Il la dévisagea d’un air ahuri qui la fit éclater de rire, voir qu’il était vivant l’avait soulagé grandement. Il mit comme elle quelques longues minutes à émerger.
Ils s’assirent tous les deux sur une dune pour analyser la situation.
_Je crois qu’on nous a drogué, j’ai eu les mêmes sensations qu’avec Calypso, mais je me souviens absolument de rien: décrit le garçon.
_Moi je ne sais pas, je me rappelle vaguement un visage et un grand mur gris mais je n’arrive pas à avoir des souvenirs précis.
Le vaisseau nous a happé et plus rien… :répondit la jeune fille.
_Et on est perdu en plein désert ! désespéra Arty en regardant autour de lui.
Ils restèrent assis longuement sans idée sur la marche à suivre. Il fallait se rendre à l’évidence, ils étaient perdus au milieu de nulle part.
Sans certitude ils décidèrent finalement de se mettre en marche dans une direction aléatoire. C’était mieux que de se laisser mourir au beau milieu du désert. Ils avancèrent plus d’une heure sans rencontrer âme qui vive, le soleil les écrasait sur le sable qui semblait vouloir les avaler. Ils n’en purent bientôt plus. Ils n’avaient même pas l’impression d’avoir avancé tant tout se ressemblait.
A bout de force, ils s’arrêtèrent résolus à mourir ici.

Soudainement alors qu’ils désespéraient ils aperçurent de la fumée au loin.
Alima se releva rapidement : « là bas ! De la fumée ! Il y a de la vie, nous sommes sauvés ». Arty était moins optimiste mais ils se remirent en route avec la force nouvelle que soulevait l’espoir dans la direction du feu. Après une demi-heure de marche pénible, ils distinguèrent les bâtiments. C’était de grands blocs blancs enfouis dans le sable. Des arabesques recouvraient les pourtours de ce qui ressemblait à d’anciens temples religieux. Alima et Arty exténués s’approchaient lentement de l’origine du feu qui leur paraissait bien trop loin encore. Ils arrivèrent aux abords des premiers bâtiments. De près, ce n’était plus que des ruines, les arabesques étaient fendues, le sable envahissait tout, une des coupoles d’un des temples était éventrée comme si un poids énorme l’avait écrasé. Les deux compagnons passaient entre les ruines pour atteindre la fumée quand deux hommes les arrêtèrent soudainement. Ils pointaient chacun une lance de façon agressive et leurs casques sombres dissimulaient leurs visages.
Un instant les quatre personnes restèrent figées de surprise. Soudainement l’un des soldats retira son casque en s’écriant « Alima avec joie ».
Il serra la jeune fille dans ses bras, ils restèrent quelques secondes étreints simplement heureux de voir l’autre en vie.
Alima présenta Stan à Arty. Le jeune rescapé du Niveau 1 avait déjà par son amie entendu les aventures de Stan,
il connaissait donc son courage et son inventivité. Mais le deuxième garde les ramena à la réalité :
_Ces retrouvailles sont émouvantes mais il faut ramener et consigner les nouveaux : rappela t-il à Stan.
Celui-ci le fusilla du regard mais s’exécuta :
_Bien nous allons vous ramener au camp, vous devez vous demander ce qu’il se passe ici et ou nous sommes,
on va vous l’expliquer.

Puis il glissa tout bas aux deux arrivants : « mais ne croyez pas les explications qu’on vous donnera, ils sont tous fous là bas, bienvenue en enfer »










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MessageSujet: Re: [Artimeus] Raïzer (Roman)   Ven 13 Juil - 10:43

Ils les conduisirent alors au village qu’ils ne virent pas tout de suite. Celui-ci était en effet construit en symbiose avec les ruines, visiblement les gens qui vivaient ici n’avaient plus les moyens de construire les temples d’antan alors à l’aide de quelques bouts de bois et tapis ils tentaient de se rebâtir un abri dans les ruines pour se protéger du soleil. Ils croisèrent les patrouilles d’autres gardes rappelant avec inquiétude à Arty l’ambiance de guerre du Niveau 2.
_Nous allons vous conduire au sous chef des armées : dit le second garde avec professionnalisme.
Ils arrivèrent devant une tente. Une tente qu’Arty reconnut tout de suite. Un garde écarta la toile qui servait de porte.
Zanta se trouvait à l’intérieur d’une tente identique à celles du Niveau 2.
_Arty ! Quel surprise de te voir ici !
_Que fais tu là ? s’exclama le jeune homme surpris.
Zanta fit le sourire de celui qui sait et est indulgent avec ceux qui ne savent pas.
_Je vais tout t’expliquer, c’est toujours déroutant au début.
Il fit signe à Stan et à l’autre garde qu’ils pouvaient quitter les lieux. La discipline semblait stricte.

Alima et Arty s’assirent sur deux sièges mis à leurs dispositions.
_Vous vous êtes réveillés il y a longtemps ?
_Non quelques heures toutes au plus mais nous avons erré longuement avant d'arriver ici.
_Oui, j’avais pourtant dit d’allumer le feu d’appel plus tôt…. Vous n’êtes pas les seuls,
beaucoup de gens sont arrivés aujourd’hui, c’était autrefois rare mais c’est de plus en plus fréquent en ce moment.
_Ou sommes nous ?
_Vous êtes à Forthage la nouvelle capitale de l’Empire des hommes. Tout est désertique ici,
la faim nous ronge encore mais nous allons nous étendre vers des terres plus hospitalières.
_L’Empire des hommes, rien que ça. Qu’es t-il arrivé au Niveau 2 pour que tu finisses ici ?
Le visage de Zanta s’assombrit :
_Un massacre, nous nous sommes entretués pour survivre, je préfère ne pas revenir là dessus,
nous étions hérétiques à l’époque. Mais les messagers du ciel dans leurs vaisseaux sont venus nous chercher,
ils ont ouvert la trappe du Niveau 3,nous sommes montés puis nous avons vu de grands vaisseaux et puis nous sommes arrivés ici.
C’est l’être divin qui est venu nous chercher.
_L’être divin ?
_Tahar, vous le rencontrerez plus tard. Alors que nous étions perdus, voués à un mort atroce,
il est venu nous chercher et nous amener ici dans son domaine pour la dernière bataille avant le Paradis.
Zanta semblait complètement illuminé, Arty et Alima échangèrent un regard effrayé.
_Alors tu continues à te battre ? demanda le jeune homme
_Bien sûr, Tahar dit qu’il faut livrer une dernière bataille, nous devons passer la Forteresse pour enfin pouvoir vivre tranquillement.
_Et vous croyez vraiment que c’est un Dieu?
Il les regarda avec tristesse : « vous le croirez en le voyant »

Les deux nouveaux arrivants quittèrent ensuite la tente guidés par un autre garde jusqu'à leur nouvelle résidence.
C’était une tour de pierre blanche désolidarisée du bâtiment à laquelle elle était autrefois attachée.
On rentrait par une fente dans la pierre. Le sable s’était infiltré à l’intérieur et le soleil perçait à travers le toit abîmé mais on s’y sentait à l’abri. Stan vint les rejoindre, ils montèrent sur le toit pour observer Forthage. Les jambes dans le vide,
le jeune garçon leur raconta tout depuis qu’il avait quitté Alima. Il leur raconta l’arrivée au beau milieu du désert,
Forthage qui grandissait grâce à l’arrivée de centaines de personnes en quelques jours,
Tahar le divin qui convertissait tout le monde à son culte, les nombreux assauts vains à la Forteresse,
la mort de Lorey dans les combats,
Star qui avait également disparu, la grande bataille qui se préparait.
Il leur montra les Montagnes au loin, le grand palais de Tahar dans un ancien mausolée,
le marché ou on distribuait le peu de nourriture qu’on avait pu trouver.
Puis comme tous, ils allèrent écouter la parole de Tahar, c’était le moment tant attendu de tous ces fidèles.

Stan leur avait décrit le fanatisme du peuple. La plupart étaient perdus sans aide depuis si longtemps et voilà qu’un homme providentiel venait les sauver. Et le fanatisme s’expliquait facilement quand on voyait l’homme. Il était bien plus grand que le reste des humains, sa peau semblait plus solide, plus brillante, son regard plus intense. Mais le plus impressionnant était les volutes de flammes qu’il faisait naître de ses mains. Il lança un éclair à travers le ciel pour faire taire la foule. Tout le monde se tourna vers lui avec admiration. Il se propulsa d’un bond sur une estrade au milieu de la place noire de monde.
_Peuple de Forthage ! Elus du monde entier ! Encore nombreux sont les nouveaux arrivants que j'ai invité à me rejoindre .
La grande bataille approche. Cette nouvelle incarnation ici est une chance pour vous tous de vous offrir une nouvelle vie meilleure ! Demain au crépuscule, nous lancerons l’assaut final. Nous sommes nombreux et nous réclamons notre Paradis !
Il est temps que la Forteresse cède !
Il discourait avec ferveur, ses yeux brillaient d’un éclat de folie. Arty aurait bien voulut le croire, croire qu’il pouvait aider sa famille mais il en doutait, on lui avait déjà tant promis pour rien. Cependant, il fallait bien avouer que les pouvoirs de l’homme semaientt le doute dans l’esprit d’Arty.
Il voulut quitter la place mais Stan le retint : « ne pars pas, il arrive des choses sombres à ceux qui montrent qu’ils ne croient pas Tahar »
Il resta donc malgré lui à écouter les paroles belliqueuses du meneur, le jeune homme du Niveau 1 ne voulait pas se battre,
il avait peu de chance de s’en sortir.
Le discours se termina sous une ovation. La foule s’en retourna, elle semblait plus sereine et plus heureuse.
Elle avait enfin un leader, un but. Arty et Alima eux retournèrent sans plus de but à leur ancienne tour. Il discutèrent quelque temps avec Stan qui les avait accompagné de la situation et des pouvoirs étranges de Tahar. Ils récapitulèrent les informations qu’ils avaient. On avait enlevé des milliers d’humains de leur lieu d’origine en faisant croire à certain qu’ils allaient à l’étage supérieur.
Le niveau 3 semblait être d’après plusieurs informations là que les vaisseaux venaient chercher la plupart des individus.
Cela expliquait les bruits étranges et le fait que ce Niveau semble mieux entretenu que les autres. Fargo était de mèche avec eux mais pas forcément selon sa volonté. Mais pourquoi amener des gens ici ? Était-ce réellement les pouvoirs de Tahar qui les avait conduit ici ? Ils eurent beau disserter, les réponses ne venaient pas. La nuit finit par tomber sur le village apportant la fraîcheur tant désiré. Les deux nouveaux arrivants s’endormirent sur des tapis sur le sol de la tour. Arty se demanda combien d’endroits différents avait t-il parcouru en moins d’un mois, il avait voyagé si loin, porté par les événements. Il espéra être enfin au bout de cette aventure mais avait de quoi en douter. Il s’endormit.

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MessageSujet: Re: [Artimeus] Raïzer (Roman)   Sam 14 Juil - 15:36

« Je ne sais pas de quoi les mages sont capables. J’essaye d’enrayer leur domination, je suis le seul à avoir été choisi par le peuple, j’ai une armée sous mes ordres. Mais ils sont terriblement puissants, ils peuvent créer n’importe quoi, certains disent même qu’ils peuvent aussi changer d’apparence, je ne sais plus à qui faire confiance. »
Confidence secrète d’Asgard l’ancien.

Juan ouvrit la porte de sa chambre. Il regarda, exaspéré, le couloir froid et vide qui s’ouvrait devant lui, symbole d’une énième journée d’ennui. Le mage se dit que le pire dans la guerre était sûrement la longue attente anxieuse qui la précédait.
Mais il n’avait pas encore connu la guerre. Ses pas foulèrent la pierre pour le mener jusqu'à la tour de garde.
Il se pencha pour observer les environs. Le désert. Les vigiles le regardèrent faire avec amusement.
Il sortit de la tour, il avait voulu quitter le Monastère pour changer d’ambiance, pour enfin connaître l’aventure et il se retrouvait immobilisé dans une vieille forteresse avec pour seul aventure un assaut meurtrier lorsqu’il dormait. Il pesta.
Mais ce qui l’exaspérait le plus était de ne pouvoir identifier la menace correctement. Il décida sur un coup de tête de se rendre à la prison, il ne se rendit compte que c’était une mauvaise idée qu’une fois face aux barreaux de la cage de Star.
Le prisonnier n’inspirait pas la terreur et la répulsion que décrivaient les légendes sur le peuple de Boue.
La guerre reposait en général sur une simple incompréhension mutuelle disait souvent Sengriff.
Il décida d’aider le prisonnier autant par humanité que pour gagner sa confiance :
_Vous avez besoin de quelque chose ?
Star le regarda avec peur et surprise :
_Un peu d'eau s'il vous plaît...
Le mage partit cinq minutes puis revint avec un broc d'eau qu'il donna au prisonnier. Puis il reprit la parole:
_Vous pouvez m'en dire plus sur votre peuple?
_Arrêtez de m’harceler s’il vous plaît, je veux juste que vous me laissiez tranquille !
_Je ne compte pas vous agresser, je veux simplement vous comprendre : répondit Juan d’une voix douce.
_Pour que vous me compreniez il faudrait déjà que je me comprenne moi-même : argua Star désemparé face aux événements.
_C’est à propos de tes pouvoirs c’est ça ?
_Oui et de mon existence en général. Je suis sorti d’un tube et arrivé dans un monde hostile totalement inconnu auquel je n’étais pas préparé. Je ne comprends plus : concéda l’homme qui avait visiblement besoin de se confier.

_Je peux essayer de t’aider à maîtriser ces pouvoirs, j’en ai aussi tu sais, ce n’est pas exceptionnel ni dangereux quand on sait les maîtriser.
_Je sais, celui qui nous dirigeait avait aussi des pouvoirs mais il m’a piégé lorsque je me suis ouvert à lui de mes propres capacités.
_Comment se nommait votre chef ?
_Eloigne toi vite de lui ! cria Essayas qui était arrivé sans faire de bruit dans l’escalier de la prison.
Juan obéit, surpris.
_Ne te laisse pas avoir par les mensonges de cet Usurpateur.
Star retourna au fond de sa prison, plongé dans un silence mutique.
Juan sortit des prisons suivi de près par Essayas. « Voilà qui est intéressant » : songea Juan
, le grand mage avait peur de ce que pouvait raconter certains prisonniers. Il cachait quelque chose.

Ils retournèrent au Quartier des mages. Ysla se regardait dans le miroir, coquetterie étrange venant de lui. Sengriff était absent. Juan se rendit à la bibliothèque à la recherche hasardeuse d’indices. Il attrapa un rapport de mission. C’était celui de Tahar, le premier mage à avoir succombé à la guerre contre le peuple de Boue. Il n’y racontait pas grand chose d’intéressant,
qu’il allait se rendre en exploration pour voir ce qui se passait dans les temples feuls d’antan. La suite était évidemment vierge,
le mage n’était pas revenu. Il disait aussi de se méfier de Tran, pour lui le général était suspect.
Tout le monde se méfiait de tout le monde. Mais qui mentait ?
Perdu dans ses pensées, il n’aperçut pas les deux autres mages qui quittaient la pièce. Juan resta longtemps seul à lire des rapports sur la Forteresse quand il trouva soudainement quelque chose d’intéressant au milieu d’un lourd volume poussiéreux,
une carte des passages secrets de la forteresse.
Il se décida à agir, l’un des tunnels partait de cette salle et menait à un endroit d’où on pouvait espionner les quartiers du général, sûrement un conduit crée par les mages pour surveiller l’armée. La carte n’était cependant pas très précise quant à l'emplacement de l’ouverture du passage. Le jeune mage s’avança jusqu’au fond de la pièce là où semblait s’ouvrir le conduit. Il n’y avait qu’un mur de pierre uniforme et aucune indication. Sa main parcourut le mur pour trouver ce qui s’apparentait à un mécanisme. Rien.
Il recula d’un pas pour observer le mur de pierre. Il semblait parfaitement banal. Il chercha alors ailleurs, il n’y avait rien sur le sol non plus mais il aperçut un léger relief au plafond. Il envoya un bras d’énergie contre ce léger relief. Victoire ! Le bruit d’une porte qu’on ouvre surgit comme de nulle part. Le mur devant lui pivota ouvrant sur un couloir empli de ténèbres.
L’euphorie gagna le jeune mage. Sans hésiter il s’engagea dans le passage secret.




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MessageSujet: Re: [Artimeus] Raïzer (Roman)   Mar 17 Juil - 13:02

« Tout a commencé dans le sang. Tout doit finir dans le sang »
Ian Angus

Et ils allèrent à la guerre. L’agitation régnait à Forthage, on distribuait des armes de fortunes aux habitants, on dilapidait les derniers vivres trop rares dans ce désert, on riait pour pas grand chose, on profitait des dernières heures tranquilles avant le chaos. Tahar exhortait au courage chaque soldat mais ce n’était pas nécessaire tous étaient motivés pour la dernière bataille.
Arty errait au milieu de la foule survoltée convaincu qu’ils allaient au massacre mais n’ayant rien de mieux à proposer.
Rester ici c’était mourir de faim. Alors il se résigna.

Alima, elle était plus déterminée. Peut être parce qu’elle avait été programmée pour se battre, elle jaugeait les différentes armes avec application. Ils aidèrent à la construction d’échelles pour franchir la forteresse et aux autres diverses activités.
Ils s’entraînèrent même si c’était évident que les hommes de Forthage ne seraient jamais des soldats.
Puis ils quittèrent leur vieux temple Feuls, sachant déjà qu’ils ne reviendraient pas. L’armée se mit en marche.

Juan retourna à la tour de garde, cette fois-ci les soldats ne riaient plus, au loin on pouvait distinguer l’armée, l’armée colossale. Elle fondait sur la forteresse comme un rapace sur sa proie. Sur le chemin de ronde les archers s’amassaient pour défendre la Forteresse mais ils n’étaient plus qu’une poignée. Juan fit le vide en lui, tentant de concentrer ses forces magiques. Sengriff arriva à son tour, il posa sa main sur l’épaule de son élève comme un encouragement muet.

Tahar menait la marche, un tourbillon de flammes pourpres l’entourait. Il avait plus que jamais la stature d’un Dieu. Derrière lui les hordes d’humains le suivaient prêtes à mourir pour lui. Ils étaient des milliers mais peu d’entre eux savaient réellement se battre,
ils avaient appris sur le tas au gré des malheurs. Ils n’avaient pas d’armures, ils n’étaient vêtues que de haillons et possédaient pour toute arme au mieux une épée au pire un simple bout de bois. Alima avait récupéré une épée somptueuse ayant prouvé à ceux qui distribuaient les armes qu’elle savait s’en servir. Arty et Stan eux n’avaient guère que des bâtons.
Zanta, aux cotés de Tahar, se retourna pour presser la foule d’accélérer.

L’armée arrivait aux pieds de la Forteresse. Tran rejoignit ses hommes au sommet de la muraille.
Il parla d’une voix forte mais calme, déterminé :
_Ils sont peut être cent fois plus nombreux, c’est peut être notre dernière bataille mais nous avons trois avantages majeurs !
Un, nous sommes dans la forteresse ! Deux, nous sommes mieux armés. Trois ! Nous sommes des héros !
Soldats ! Vous êtes prêt à mourir pour votre roi, pour votre peuple et vous allez mourir pour eux comme vos amis avant sont morts pour notre peuple. Mais en vous battant fièrement comme vous l’avez toujours fait même en périssant vous resterez immortels, vous deviendrez des légendes ! Et les légendes jamais ne s’éteignent.
Il leva son épée : Pour Zeltorn ! Pour le royaume ! Et pour la gloire !
Les soldats répétèrent après lui, galvanisés par une ferveur nouvelle.

La forteresse se dressait devant eux comme un obstacle insurmontable. Le désespoir envahit Arty. Jamais ils ne parviendraient à la muraille. Ils avaient bien sûr fait des échelles gigantesques pour grimper mais cela suffirait t-il ? Tahar, entendant le désespoir sourd de ces hommes, hurla à l’armée amassée devant lui de ne pas se décourager :Peuple des Hommes !
La victoire est proche, ils sont fatigués, ils n’ont plus de mages ! Les portes du paradis sont juste devant vous.
Il ne vous reste qu’un pas à faire. Une vie meilleure vous attend de l’autre coté, de la nourriture à volonté tout ce que vous désirez. Il ne reste qu’un petit obstacle après toutes les tempêtes que vous avez bravé ! Battez-vous une dernière fois !
Sa voix s’adoucit : « nous vaincrons » ajouta t’il simplement avant de reculer. Zanta ordonna le début de l'attaque.

Comment savoir ce que pensent tous les soldats lors de la dernière seconde avant l’assaut ? Cette seconde précise ou tout semble figé, noyé dans le silence.

Et puis soudainement, la brutalité du choc. L’armée s’écrasa sur la muraille comme une vague contre une falaise.
Juan resta un instant pétrifié par la violence de la charge. Il serra le poing pour se donner du courage et commença sa triste mission. Il posa la main sur une échelle qu’on venait de poser contre la muraille devant lui. L’échelle s’embrasa, ses occupants chutèrent. Une flèche fusa sur lui, il l’arrêta d’une barrière d’énergie et la renvoya à son propriétaire qui la reçut en plein cœur.
Sengriff envoya des vagues de flamme qui balayèrent des rangés entières au pied de la forteresse. Les attaques d’Essayas et d’Ysla étaient pour le moment plus timides. Après avoir lancé un énième boulet explosif aux effets dévastateurs, Juan se dit que ce n'était pas si difficile que ça, les boueux ne pouvaient faire face à sa magie. Il suffisait de ne pas écouter sa conscience et de tuer sans relâche.
Il lança un éclair à un assaillant qui avait surmonté les créneaux. Autour du mage les archers de l’armée,
calmes et disciplinés, lançaient leurs traits mortels à une cadence régulière. La défense résistait.

Un trait surgi de nulle part décima l’archer juste à ses cotés. Arty hésitant récupéra l’arc du mort car son bâton lui était inutile dans la mêlée grouillante au pied de la muraille. Les victimes tombaient les uns après les autres autour de lui. Il banda son arc comme il le faisait autrefois pour chasser. Il relâcha la corde, la flèche alla s’écraser tristement contre la muraille. Il pesta et voulut recommencer mais fut surpris par la chute d’une échelle juste devant lui. Il réarma son tir se concentrant un peu plus cette fois.
Le trait fusa et frappa le bras d’un garde qui tomba en arrière sous le choc. Le jeune homme esquissa un sourire triste.
Alima elle ne s’en sortait guère mieux. Elle était dans le groupe de tête qui essayait d’enfoncer la porte à l’aide d’un lourd tronc d’arbre. Si ils ne parvenaient pas à rentrer alors l’armée se ferait simplement décimer par les archers.
La grande porte craquait mais ne cédait pas.
Zanta en arrivait à la même constatation debout dans la tourmente des projectiles ennemis.
Et il n’osait pas demander à Tahar de se servir de ses pouvoir pour les aider,
la dernière fois qu’il l’avait fait le Dieu lui avait simplement répondu : « il n’est pas encore temps ».
En haut de la muraille Juan redoublait d’ardeur pour repousser les assauts. Les échelles étaient sans cesse plus nombreuse.
Il avait du mal à se concentrer assez vite pour tenir la cadence effrénée des combats.
Soudain alors qu’il préparait une pluie de flammes, une attaque le prit par surprise.
Un homme avait réussi à se hisser sur le chemin de ronde et venait d’abattre l’homme a coté de Juan.
Le jeune mage n’eut qu’une seconde pour réagir, il cria épée, l’arme jaillit dans sa main. Profitant de la surprise de son adversaire Juan planta l’épée dans le corps de l’homme. Celui-ci regarda son tueur avec effroi et bascula dans le vide.
L’assaut se poursuivit, la défense résistait toujours malgré les hordes qui déferlaient sur la Forteresse.
Mais les mages devaient puiser toujours plus d’énergie pour combattre. Juan vacilla, il n’en pouvait plus.
Au même moment il vit avec soulagement l’armée se retirer. Ils abandonnaient provisoirement.

Arty regarda, déconfit, les morts qu’on transportait à l’écart. Ce premier assaut avait été une hécatombe, les corps des victimes gisaient par centaine. Et c’était encore oublier les multiples blessés à l’agonie.
Les mages et les archers ne les avaient pas épargné, « on ne peut rien faire » entendait t-on a droite à gauche.
Le jeune homme s’assit sur les décombres du combat, las de cette violence, Stan l’y rejoignit portant une contusion sur la joue.
_Il n’y a plus rien à faire: désespéra t-il. Nous avons payés très cher la dernière grande bataille pour éliminer leurs deux sorciers et voilà qu’ils sont 4 désormais.
_Il y a des milliers de morts, nous avons à peine posé le pied une ou deux fois sur la muraille et la porte de pierre est indestructible : reprit Arty.
_Oh, vous n’allez pas vous laisser abattre, nous trouverons une solution j’en suis sûr, je n’ai pas fait tout ce chemin pour rien ! s’exclama Alima arrivant derrière eux.
_Mais même cette bataille n’as plus de sens. Nous sommes condamner à perdre et nous ne savons même pas pourquoi nous nous battons.
_Je ne sais pas pourquoi non plus mais je sais que nous n’avons pour l’instant pas le choix : admit Alima à regret.
Arty laissa son regard vagabonder sur les restes de l’armée. Ils étaient encore nombreux mais ce n’était pas des soldats,
ce n’était que de la chair à canon.
Le vent et le sable œuvraient de concert pour recouvrir les corps d’un dernier voile. Tout d’un coup son cœur se serra.
Il aperçut Sancar parmi les blessés, c’était un homme qui habitait près de chez lui dans son enfance, au niveau 1.
Cela lui parut si lointain, il se prit à espérer que d’autres de sa famille étaient là. La nostalgie l’envahit,
il se précipita vers Sancar qui, blessé à la jambe, s’était adossé contre la forteresse dans un angle mort pour les archers.

Les quatre mages parcouraient le couloir qui menait à leurs quartiers.
Ils espéraient pouvoir se reposer un peu avant le prochain affrontement surtout Juan qui était à bout de force.
_A moins d’une catastrophe nous allons nous en sortir : se rassura quand même le garçon.
_A moins d’une catastrophe : répéta Essayas à ses cotés, un petit sourire aux lèvres. Soudainement le visage d’Ysla se métamorphosa. Sengriff et Juan voulurent réagir mais Essayas les plaqua au sol d’une violente frappe d’énergie.
La peau d’Ysla se rida à toute vitesse, son visage devint flou puis se matérialisa, Ephraïm se trouvait devant eux :
_Changer d’apparence est un exercice très difficile, il requiert une grande concentration pour maintenir les modifications magiques du visage en forme et une attention particulière à tous les détails mais visiblement vous n’y avez vu que du feu.
_Mais ou est Ysla ? s’effara Juan.
_Mort à l’auberge comme les autres, on voulait se débarrasser de vous mais Sengriff était plus fort que prévu, il a réussi à me surprendre alors que j’allais le tuer. Bien joué pour cette fois. Alors je me suis déguisé en Ysla, un sympathique jeune homme mort là bas pour endormir vos soupçons. Et maintenant vous n’avez plus d’énergie à cause de la bataille c’est finit pour vous…
Il lança une décharge d’énergie a Sengriff qui tentait de fuir l'étau magique crée par Essayas, en vain.
_Pourquoi ? demanda simplement le mage à terre.
_Maintenant nous allons enfin pouvoir prendre le pouvoir. Le roi va périr. Et nous allons récupérer la pierre.
Et Tran, son armée et vous mort d’un seul coup, plus rien ne peut nous résister : jubila Essayas.
Juan tenta de se libérer de la force magique mais rien à faire, il n’avait plus de force alors que ses adversaires avaient économisés. « Piégés comme des débutants » songea t’il amèrement.
_Et maintenant ? Vous ne pouvez nous tuer de sang-froid, tout le monde s’en rendrait compte et vous ne pouvez vaincre toute l’armée ! hasarda Sengriff.
_C’est vrai. Mais je crois définitivement que l’armée aura d’autres problèmes : répondit Essayas avec arrogance.
Il concentra son attention sur le mur de la forteresse. Il implosa littéralement, comme une vulgaire feuille de papier qu’on déchire projetant des débris aux alentours. On voyait l’armée du Peuple de Boue à l’extérieur.
_Oups ! Une brèche dans le forteresse. Le pauvre Tran va avoir du travail. Adieu maintenant.
Mais avant qu’ils n’aient pu les abattre, Sengriff envoya une légère sphère de feu en sa direction, les deux mages renégats l’arrêtèrent aisément mais cela eut l’effet escompté, la diversion avait fonctionné. Juan en profita pour envoyer brutalement ses dernières forces contre eux. Les deux mages furent propulsés plus loin dans le couloir. Juan s’évanouit.

Ephraïm et Essayas se relevèrent, indemnes. « Votre magie est certes impressionnante mais vous ne vaincrez pas une armée entière » dit Essayas en désignant la brèche. « Adieu » ajouta Ephraïm et puis les deux mages s’enfuirent dans le couloir : « un avenir radieux nous attend, des longues et heureuses années grâce à la Pierre» se félicitèrent t-ils avant qu'on ne puisse plus entendre l'éclat de leurs voix.



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MessageSujet: Re: [Artimeus] Raïzer (Roman)   Mer 18 Juil - 12:21

Arty regarda avec stupeur la brèche dans le mur, il rabattit ses cheveux soufflés par le souffle de la détonation. Tout avait explosé sous ses yeux faisant disparaître Sancar dans un nuage de poussière. Il s’approcha du trou prudemment escaladant les gravats. Deux hommes étaient allongés dans le couloir visiblement inconscient. Aucune trace de Sancar.
Plus loin Tahar fixa la brèche avec un sourire : « Cette fois-ci il est temps » : glissa t-il à Zanta puis plus fort :
« A la victoire mes frères ! ». Il explosa la porte de la forteresse d’une simple attaque magique.
Il y avait désormais deux brèches.

Les hommes coururent vers les failles sous le regard désabusé des défenseurs.
C’était une chose de défendre une forteresse réputée imprenable aidé de mages et d’archers entraînés cela en était une autre de défendre deux brèches en infériorité numérique. Les assaillants se déversèrent par centaine dans la citadelle, les gardes arrivèrent trop tard pour défendre efficacement les deux brèches. Une multitude de combats acharnés et désorganisés commença dans les couloirs de Zeltorn. Arty se glissa à travers l’ouverture sans vraiment savoir quoi faire. Un garde abattit son épée sur lui.
Levant son bâton à deux mains, Arty bloqua le coup, l’épée se planta dans le bois sans parvenir à pourfendre le bâton, Arty tira, les deux armes revinrent vers lui laissant le garde désarmé. Le jeune homme projeta à nouveau son bâton qui cueillit l’homme sous le menton l’envoyant rouler au sol inanimé.
_Joli coup : commenta Alima qui arrivait à son tour, d’un geste ample elle embrocha un des gardes qui s’avançait vers elle.
Un par un les hommes de la défense succombait sous le nombre.
Tahar, toujours suivi de Zanta, passa à son tour à travers la brèche. Il regarda avec un sourire l’avancé de ses hommes.
Puis il vit Sengriff qui tentait d’emmener Juan à l’écart. Les deux hommes se lancèrent un regard de défi.
Malheureusement pour Sengriff l’un avait l’avantage sur l’autre.
Le Dieu du peuple de Boue se concentra pour élaborer un sort digne d’éliminer les deux mages.
Soudainement une lance jaillit dans sa direction. Zanta s’interposa devant son Dieu pour le protéger du projectile,
l’arme traversa son torse de part en part le clouant au sol, terrassé par la douleur.
Tran, celui qui avait lancé la lance s’avançait déterminé dans le couloir, il tua deux hommes qui lui barraient la route,
écarta Zanta d’un simple geste de la main puis fondit sur Tahar. En stratège avisé, il voulait abattre le chef adverse.
L’homme en question ne se laissa cependant pas faire. Contrairement au général il maniait la magie.
Tran voulut frapper mais son adversaire fut plus rapide et généra une lame enflammée qui traversa la hanche du général.
Celui-ci hurla de douleur et voulut retirer la lame mais elle se transforma en poussière sous ses mains, ce n’était que de la magie.
_Tu ne peux pas lutter, tu es trop faible: ricana Tahar.
Tran le regarda. En cet instant, ils avaient tous les deux la même aura de puissance. Arty réalisa qu’ils étaient faits de la même trempe. Ils avaient tous les deux un regard différent, une taille plus imposante, une peau plus brillante. Ce n’était pas des hommes.
_Oh si, je peux lutter. Meurs ! hurla le général, le visage déformé par la douleur et la colère. Tout se passa en une fraction de seconde, Tran lança son épée vers le cœur de Tahar, celui-ci voulut le repousser créant un mur de magie mais le général dans un éclair de désespoir réussit à percer la barrière d’une autre attaque magique. Le résultat sembla confus aux observateurs,
une explosion de flamme et d’énergie secoua tout le couloir projetant les hommes les plus proches à terre.
Tahar porta les mains à son ventre dans un geste perdu d’avance pour se soigner puis il s’effondra, mort.
Tran ne survécut pas beaucoup plus longtemps,
il fit deux trois pas comme pour tenter de rester debout puis s’affala à son tour sur le sol.
Un long plana sur les quelques hommes éparpillés dans le couloir.
Puis les combats continuèrent entre les deux camps mais privés des deux chefs la Forteresse n’était plus que chaos et désolation.

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MessageSujet: Re: [Artimeus] Raïzer (Roman)   Jeu 19 Juil - 21:09

« Certaines légendes sur Ambarion sèment le doute. Il y a d’abord les marins grands voyageurs qui parlent de la fin de la terre loin très loin au-delà des mers. Mais difficile de les croire tant leurs récits sont échevelés parlant de monstres et autres créatures étranges. D’autres racontent aussi que les Monts Porteciel portent réellement le ciel, difficile ici aussi de trouver la vérité. Quels sont les limites de notre monde ? »
Ennis Ailleurs


Juan ouvrit les yeux mais il faisait toujours noir. Il comprit vite qu’il avait un bandeau sur les yeux. Il voulut l’enlever mais il avait les mains attachés dans le dos. Il ne pouvait utiliser la magie car il avait besoin de voir ce qu’il faisait ou alors d’imaginer exactement la pièce ou il se trouvait, ce qui n’était pas le cas. Il se rendit compte à ce propos qu’il avait brisé le lien qui maintenait sa flamme de vie dans le monastère. Il avait dans sa tête la représentation parfaite de l’endroit, il pouvait donc rallumer la flamme mais n’en fit rien. Il valait mieux que les mages le croient mort car ils avaient délibérément cherché à le tuer. « Sengriff ? » appela t-il doucement. « Je suis là » répondit le maître. Juan s’apaisa, si son maître était là, tout n’était peut être pas si désespéré.
_Vous pouvez me libérer ?
_Bien sûr que non, je suis prisonnier aussi sinon je l’aurais fait.
_Evidemment.
_Et moi je suis là pour vous surveiller : clama une troisième voix.
Arty regarda ses deux prisonniers avec inquiétude. Si les mages pouvaient se servir de leur pouvoir, il ne pourrait pas se défendre. Il ne put qu’espérer que le bandeau sur les yeux et les mains liées suffirait. De plus il avait besoin d’eux pour comprendre la situation. « Alima, ils sont réveillés » appela t-il. La jeune fille poussa quelques secondes plus tard la porte de la pièce
et la referma derrière elle :
« toujours rien » commenta t-elle simplement.
_Ou sommes-nous ? Demanda Juan. Alima s’agenouilla à coté des deux prisonniers allongés.
_C’est moi qui pose les questions : répondit t-elle. Mais je te retourne la même interrogation :poursuivit t-elle. Ou sommes-nous ?
_A la forteresse de Zeltorn : dit l’un des mages.
_Mais encore ?
_Et bien sur Ambarion forcément.
_Forcément… s’exaspéra Alima.
_On arrivera à rien comme ça, il est évident qu’on n’a pas les mêmes repères : se désola Arty.
_Alors libérez-nous ! les pria Sengriff.
L’homme enrageait d’être réduit à l’impuissance à cause d’un simple bandeau.
_Nous ne pouvons pas, vous êtes notre seul espoir. On vous a trouvé évanoui à coté de la brèche,
c’est donc vous qui nous avez aidés ?
_Non…enfin.. oui, c’est un peu compliqué mais nous vous avons aidés.
_Comment expliquez-vous que Tahar et tous ceux de la Forteresse semblent un peu différents des simples humains ?
interrogea Alima changeant de sujet. Elle avait en effet remarqué que tous les défenseurs sans exception avaient la même posture plus imposante que les simples humains.
Juan ne comprit pas, pour lui c’était les siens qui étaient les humains et non l’inverse.
_Tahar était un ancien mage, les mages ont piégé à la fois notre armée et la vôtre pour se débarrasser de toute opposition.
Ce n’était pas en combat entre deux armés c’était un massacre en règle : résuma Sengriff.
Arty et Alima se regardèrent, effarés.
Pendant de longues minutes les prisonniers et leurs geôliers mirent en commun leurs informations pour parvenir à comprendre l’étendue du plan des mages. Ils comprirent ainsi ensemble que les mages et leurs étranges vaisseaux venaient capturer les humains dans le seul but de fournir un ennemi à l’armée pour l’affaiblir mais aussi pour garder le royaume soudé contre un adversaire. Certains éléments leurs échappaient encore mais il était certain que les mages préparaient quelque chose d’important, de dangereux.
Stan revint un peu plus tard dans la pièce ou ils avaient décidé d’élire domicile, interrompant leurs discussions. Star était avec lui.
_C’est encore le chaos dehors, il ne vaut mieux pas sortir de cette pièce, une poche de garde résiste encore au sommet de la forteresse, c’est dangereux. Par contre j’ai réussi à retrouver Star qui croupissait dans les geôles.
Celui-ci se précipita sur Alima pour l’embrasser, il avait aussi cru ne jamais la revoir, il échangea quelques politesses avec Arty puis reporta son attention sur les prisonniers aux yeux bandés :
_C’est vous qui êtes venu me voir la dernière fois, votre ami a menacé de me tuer si je parlais de Tahar :
avoua t-il visiblement encore effrayé.
_Essayas celui qui vous a maltraité est notre ennemi, il nous a piégé aussi.
_Alors libérez-nous ! Nous devons sauver notre roi ! s’exclama Juan.
_On ne peut vous libérer, c’est trop dangereux et nous n’avons rien à voir avec votre roi ! rétorqua Alima.
_Alors vous allez faire quoi ? se moqua Sengriff. Nous pouvons vous aider à rentrer chez vous.
_Vous pouvez nous aider à rentrer ? Demanda Arty après quelques secondes de réflexion.
_Je crois que nous pouvons vous aider à trouver comment quitter cet endroit,
il suffit de savoir par ou les deux autres mages sont partis…
_Justement c’est encore un autre problème… nous allons voir si nous vous détachons. Les quatre compagnons discutèrent quelques temps, ils étaient méfiants quant aux mages mais n’avaient pas d’autres solutions. Star décréta finalement qu’on pouvait les libérer après tout l’un des mages lui avait apporté de l’eau quand il se mourrait dans les cachots.
Avec précaution, ils libérèrent finalement les prisonniers. Juan se frotta les yeux puis se leva les jambes tremblantes :
_De toute façon, j’ai épuisé trop de magie ces temps-ci pour vous être dangereux : admit t-il. Cela n’empêcha pas Alima de garder son épée braquée sur eux. Sengriff observa les quatre hommes avec circonspection.
_Bien, et pas de piège hein ! Le contrat est clair, on vous libère et vous nous amenez aux vaisseaux, ok ? demanda Arty
_Très bien : confirma le plus jeune des mages.
_Bien, il faut se dépêcher alors, nous n’avons pas beaucoup de temps, ou sont partis Essayas et Ephraïm les deux mages ?
_Justement lorsque les deux chefs sont morts et que vous vous êtes évanouis à votre tour, nous avons vu les deux hommes fuir par une porte, pensant qu’ils pouvaient nous fournir des informations nous les avons suivis jusque dans cette pièce mais nous sommes arrivés trop tard, ils se sont volatilisés, votre magie vous permet t-elle de disparaître ?
Sengriff s’esclaffa :
_Non bien sûr que non, on ne peut pas faire ça mais il y a d’autres moyens de disparaître.
Il s’avança vers le fond de la pièce et en ouvrit le passage secret. Ils se trouvaient dans le quartier des mages,
le mur s’ouvrit laissant bouche bée les quatre anciens du Peuple de Boue.
_Prêt ? demanda simplement Sengriff avant de s’enfoncer dans le tunnel.









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MessageSujet: Re: [Artimeus] Raïzer (Roman)   Sam 21 Juil - 11:36

« Si le raïzer a de tel effet en petite quantité, permettant à la fois de prolonger la vie mais aussi et surtout de doter son possesseur d’une énergie créatrice formidable que donnerait t-il en grande quantité ? Je veux créer un homme nouveau, plus puissant et le doter d’un territoire à sa juste mesure. Je veux créer le paradis. Nous l’appellerions Ambarion et l’homme nouveau serait un thaliante. Je serais le premier thaliante »
Le docteur Thal.


Le groupe hétéroclite s’enfonça dans la pénombre du tunnel. Sengriff menait la marche suivi de près d’Alima toujours méfiante. Derrière Stan et Star discutaient de leurs aventures respectives depuis qu’ils étaient séparés. Enfin Arty et Juan fermaient la marche. Ils arrivèrent rapidement à l’intersection.
_Tout droit c’est un cul de sac et à droite je ne sais pas ou ça mène : résuma Sengriff.
_Mieux vaut aller n’importe ou que nulle part, allons tout droit : proposa Alima. Comme personne n’avait d’objection ils tournèrent à droite s’enfonçant dans les ténèbres, Sengriff alluma une flamme avec sa main, il faillit se faire décapiter par Alima qui crut que le mage attaquait. Un silence tranquille finit par s’installer sur le groupe, chacun étant préoccupé par la descente des nombreuses grandes marches qui parsemaient le chemin. Ils s’enfonçaient de plus en plus loin sous le sol.
_On va jusqu’ou comme ça ? s’interrogea Stan, exprimant tout haut ce que tous pensaient tout bas.
La suite du chemin ne tarda pas à lui fournir une réponse. L’escalier s’interrompit brusquement au niveau de gonds qui avaient du un jour accueillir une porte. Puis le tunnel laissait place à une salle aux dimensions si colossales qu’on n’en distinguait pas les limites. Une semaine de marche ne suffirait pas à en atteindre l’extrémité. Diverses exclamations d’émerveillement fusèrent du groupe. « On dirait le sous-sol des Nutri-Tour » remarqua Star.
Le groupe s’avança, au hasard pour explorer la zone. D’immenses machines passaient devant eux et disparaissaient dans l’obscurité, des tuyaux transportant d’étranges substances s’accrochaient au sol comme des racines.
Les deux mages, étrangers à toutes technologies semblaient fascinés et effrayés.
_Les entrailles d’Ambarion : murmura Sengriff avec respect.
_Mais je ne comprends pas on est sous le sol ? s’étonna Juan.
_Aucune idée…
Ils se mirent à marcher vers ce qui semblait être la direction de Samaral. Ils avancèrent rapidement et longuement, Sengriff soutenant parfois Juan qui n’avait pas encore récupéré toutes ses forces.
_Mais alors si Tran était vraiment un usurpateur, les mages avaient raison pour le complot ?
se demanda le jeune homme alors que Sengriff lui racontait la fin du combat.
_Il faut que je t’avoue quelque chose : lui dit son maître, un secret jalousement gardé par les grands mages,
je n’ai pu te le révéler plus tôt cela t’aurait mis en danger mais maintenant que tu es vraiment en danger je crois qu’il est temps.
Il n’y a pas d’usurpateurs, les seuls usurpateurs ce sont les mages. En vérité avant tout notre peuple utilisait la magie et il peut encore le faire. Mais après de terribles guerres, les sages ont décidé que la magie était trop puissante pour être confié à n’importe qui. On a crée le Monastère, la confrérie des mages et par un savant travail de désinformation fait oublier et puni l’usage de la magie pour tous. Seules les mages l’apprirent. Ainsi des siècles plus tard, on feint de détecter des élus à la magie mais ils n’ont pas de don particulier. Et parfois encore pour les plus exposés au danger comme Tran l’était, la magie revient de façon primaire pour se défendre.
Juan observa un long silence songeur. En peu de temps son petit monde coincé dans sa chambre au monastère s’était effondré.

L’ambiance du groupe s’améliora au fur et à mesure du trajet, Arty remarqua qu’Alima avait baissé sa vigilance et ne pouvait lui en vouloir. Si Juan et Sengriff les trahissaient ce serait de toute façon finit pour eux, ils étaient perdus.
Ils finirent par discuter ensemble de choses et d’autres comme s’ils se connaissaient depuis longtemps et c’était bénéfique car des deux cotés on avait beaucoup à apprendre. Ils avaient marchés longuement quand ils décidèrent de faire une pause sous un puits de lumière. Juan regarda la fenêtre qui donnait sur le sol loin en haut, intrigué. On devait forcément la voir aussi par au-dessus.
Il comprit en voyant un petit garçon courant et glissant sur la fenêtre. Le lac gelé : murmura Juan pour lui-même.
Le petit garçon contempla ce qu’il pensait être de la glace mais qui n’était autre qu’une matière plastique transparente.
Un instant le jeune mage tressaillit en pensant que le garçon l’avait vu mais le lac vu d’en haut ne faisait que renvoyer les reflets.
Ils purent donc voir la nuit tomber lentement. Sengriff alluma un pâle feu magique qu’il eut du mal à faire tenir tant ses réserves d’énergie avaient été aussi mise à mal. Ils dormirent rapidement pour récupérer de la fatigue qui pesait sur eux.
Ils voulaient aussi oublier la faim qui se faisait ressentir, il n’y avait rien à manger.

Ils se réveillèrent lorsque la grande fenêtre sur l’extérieur laissa passer les premiers rayons du soleil. Après le temps nécessaire à tous pour être prêt ils se remirent en route. Ils essayèrent de garder le bon cap mais plus le temps venait plus ils se sentaient perdus. Tout était monotone à part quelques tuyaux mais qui ne permettait en rien de se repérer. Après deux heures de marche, ils arrivèrent cependant au pied d’un escalier en colimaçon. La scène paraissait surréaliste, l’escalier trônait au milieu de nulle part, il montait jusqu’aux ténèbres qui couvrait le plafond.
_Il doit remonter à la surface, je vais voir à quoi ça ressemble : annonça Sengriff.
_Pas question : contesta Alima. Je vais y aller, ça vaut mieux. Elle s’exécuta aussitôt sous le regard inquiet de ses compagnons.
Elle gravit les quelques marches qui la séparaient du plafond. Une trappe bloquait l’accès au niveau supérieur. Faisant signe au groupe de faire silence, elle colla son oreille à la trappe. N’entendant rien, elle l’ouvrit. Elle émergea dans ce qui ressemblait fort à une arrière boutique. Un amas hétéroclite d’objet s’empilait sur des étagères vétustes, un vieille chaise en bois supportait le poids d’une lourde pile d’ouvrage sur laquelle trônait un bocal d’une étrange mixture. Mais le regard d’Alima fut immédiatement attiré par les cageots de nourritures alignés dans un coin. Sans hésiter, elle en saisit quelques-uns unes et les déposa sur la première marche de l’escalier sous la trappe. La faim justifiait les moyens et tant pis si voler était mal. Puis la jeune fille voulut pousser plus loin l’explorations mais des éclats de voix parvinrent à travers la porte qui gardait l’accès de la pièce. Sans demander son reste, elle se jeta à travers la trappe puis après avoir bien refermé derrière elle, entreprit de descendre les cageots de légumes et autres condiments. Alors qu’elle descendait l’escalier elle remarqua un chariot un peu plus loin, l’information pourrait être utile.
Le groupe accueillit avec un immense soulagement les nouvelles provisions. Ils en mangèrent une partie sur place à la fois pour se décharger pour la suite mais surtout pour satisfaire la faim qui les rongeait.

Le groupe retrouva aussitôt une nouvelle énergien c'est en mangeant qu'ils comprirent à quel point ils avaient faim, la nourriture redonnait du courage. Ils se rendirent donc avec un nouvel entrain jusqu’au chariot pour transporter la nourriture. C’était en réalité un wagon, des rails couraient sur le sol à partir du wagon.
_Ce sont les mêmes rails qu’a Samaral : s’enthousiasma Sengriff.
Il doit aussi y avoir un réseau souterrain ici pour parcourir les longues distances.
Allons y nous gagnerons du temps, les rails ont l’air d’aller dans la bonne direction.
Ils hésitèrent quelque instants avant d’opter finalement pour le wagon. Entassés, ils tenaient tous à l’intérieur avec la nourriture sur les genoux. Le maître mage poussa le levier qui actionnait le mécanisme. Le wagon fusa. « Waouh ! » s’écria Stan euphorique. Les rails s’effaçaient rapidement sous leur pieds, l’escalier en colimaçon disparût vite derrière eux. Autour d’eux le décor défilait bien qu’il soit si monotone que les passagers ne pouvaient pas vraiment voir la progression. Cependant ils parcoururent en une heure ce qu’ils auraient mis plus d’une journée à faire en marchant. Le bruit saccadé du wagon empêchait toute discussion mais il sembla a tous qu’un rien de temps s’était écoulé quand ils arrivèrent à l’embranchement. Les rails partaient dans deux directions, à l’ouest un panneau signalé qu’on se dirigeait vers le « Spatioport », à l’est un panneau indiquait la « Centrale oxygène ».

_Que signifie tout ça ?: demanda Juan
_A l’est c’est ce qui permet de vous fournir en oxygène, une forêt je suppose, j’avais aussi une centrale oxygène là d’ou je viens , et à l’ouest c’est là ou il y a les vaisseaux donc là ou l’on va : expliqua Arty.
Juan et Sengriff se concertèrent quelques instants puis approuvèrent :
_Samaral doit se trouver dans cette direction et je suppose que les mages se sont installés plus ou moins au-dessus du spatioport pour contrôler la zone.
De plus l’aiguillage était déjà dans la bonne direction ce qui laissait supposer que les mages étaient partis par-là.
Ils se remirent en route.
Les vaisseaux apparurent vite au loin. Silhouette de géant dans le décor monotone.
Les rescapés des Nutri-Tour eurent des frissons en voyant les méduses de métal qui les avaient capturés.
_Voilà les vaisseaux, nous avons rempli notre part du contrat : dit Sengriff avec une politesse surjouée. Nous allons donc vous quitter, j’aperçois un autres escalier là bas si tout va bien nous déboucherons près de Samaral.
_Merci bien alors et bonne chance pour votre mission : répondit Arty.
_Faites attention : ajouta Star. Ces mages sont vraiment dangereux.
Après de brefs adieux car ils se connaissaient à peine les mages quittèrent donc leurs alliés providentiels.

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MessageSujet: Re: [Artimeus] Raïzer (Roman)   Sam 21 Juil - 22:02

Ils arrivèrent jusqu'à l’escalier tout en discutant de la marche à suivre :
_Bien j’espère qu’on n’arrivera pas trop loin de Samaral, il faudra se précipiter pour solliciter le roi et le prévenir du danger qui le menace, nous verrons une fois en haut.
Rapidement ils grimpèrent les marches et ouvrirent la trappe. Ils arrivèrent au fond d’un placard.
Ils durent se coller pour tenir tous les deux à l’intérieur, ils refermèrent la trappe.
_Ou sommes-nous ? murmura Juan
_Je vais tenter d’aller voir : lui répondit Sengriff.
L’homme ouvrit prudemment la porte du cagibi. Un couloir somptueux se découpa derrière la porte ouverte. Désert.
« avançons » chuchota Sengriff. A pas feutré, il parcoururent le couloir sans oser ouvrir les nombreuses portes à gauche et à droite. Ils ouvrirent celle du fond, peut être car c’était la plus monumentale.
_Nous ne sommes pas simplement à Samaral, nous sommes dans le palais royal : s’émerveilla Juan.
Devant eux s’étendait la salle du trône entouré de lourdes tentures et recouverte de tapis pourpre.
Mais c’était le trône dorée au milieu de la pièce qui attirait tout de suite le regard. Le trône du roi Asgard.
Des voix retentirent de l’autre coté d’une des nombreuses portes ouvrant sur la salle du trône. Les deux mages intrus se cachèrent derrière les tentures juste à temps avant l’arrivée de trois hommes. Le roi était entouré de deux grands mages : Archaem d’un coté et Nebra de l’autre.
Juan se rassura de le voir encore en vie. Mais si mal accompagné cela ne durerait pas longtemps.
Il bondit pour protéger son roi. Le bras de Sengriff l’arrêta net.
Il lui fit simplement signe de rester silencieux. Juan enragea, ils étaient sûrement en train de piéger le roi,
celui-ci allait mourir d’un instant à l’autre et il était coincé là.
_Bien cela suffira pour le moment je crois, il faut que nous trouvions la pierre et plus rien ne pourrait nous résister : dit Archaem
_Les vaisseaux sont prêts normalement, la garde est en route, Essayas et Ephraïm viennent d’arriver, il est temps.
Le roi au milieu ne disait rien. Il s’assit sur le trône, s’installa confortablement.
_Le siège vous va bien altesse ? demanda Archaem avec un sourire moqueur.
_Très bien.
Le visage du roi changea. Juan avait déjà vu pareil magie avec Ysla mais on ne s’y faisait jamais.
Quelques secondes plus tard c’était un autre des grands mages qui se tenait à la place du roi.
_Dommage que ce pauvre roi n’est plus jamais l’occasion de s’asseoir sur ce siège. Enfin il n’aura pas trop souffert, nous sommes déjà trop généreux. Allez-y ne traînez pas ! j’assure vos arrières ne vous inquiétez pas, le royaume restera calme, la peur du peuple de Boue les gardera bien sage. Mais ne tardez pas. La puissance infinie qui nous est offerte ne saurait se faire attendre.
_Très bien nous revenons très vite avec la Pierre de Sacrifice : l’assura Archaem
Les trois hommes quittèrent la pièce. Juan et Sengriff sortirent les jambes tremblantes de leur cachette.
_Le roi est mort, nous arrivons trop tard : se désola Juan. Le royaume va s’effondrer, ils vont prendre le pouvoir.
_Pas de défaitisme : l’arrêta Sengriff. Ils disaient avoir besoin d’une pierre pour être puissant,
nous pouvons encore les arrêter en les devançant. Mais il faut aller vite.
_Aller vite mais aller où ? ironisa Juan désabusé.
_Il faut les suivre !
Ils se précipitèrent à nouveau dans le couloir, ouvrirent le placard puis la trappe. Ils virent Archaem et Nebra qui se dirigeait vers un vaisseau. Des gardes autour d’eux chargeaient le vaisseau tandis qu’Essayas et Ephraïm discutait. Ils s’apprêtaient à embarquer. Juan et son compagnon se rapprochèrent discrètement alors qu’ils voyaient les mages et les gardes montaient à bord du vaisseau. Le transport commença à vrombir.
_Ils vont partir juste devant nous : s’inquiéta Sengriff.
Soudainement comme pour pallier à son inquiétude une grille s’ouvrit sur un coté du vaisseau, Stan passa sa tête pour leur faire signe de venir. D’une impulsion magique Sengriff se jeta dans l’ouverture suivi de près par Juan. C’était parti pour un long voyage.


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MessageSujet: Re: [Artimeus] Raïzer (Roman)   Mar 31 Juil - 20:29

« Spacieux, confortables, élégants, Sullivan Corps avait conçu les plus beaux vaisseaux pour vous accueillir. Aujourd’hui cependant vous pouvez vivre tranquillement sans sortir de chez vous, le rêve ! Nous vous avons donc crée des habitats spacieux, confortables et élégants »

_Après votre départ nous avons décidé d’essayer de comprendre le fonctionnement d’un des vaisseaux, le plus grand, pour pouvoir partir. Stan s’y est attelé, il semble que si je suis douée au combat lui a intégré un programme d’ingénierie très efficace. Nous étions donc ici dans la salle des machines à travailler quand nous avons vu arriver les gardes et mages. On s’est donc caché là, vous êtes arrivés un peu plus tard et vous connaissez la suite : expliquait Alima aux deux mages.
_On croyez-vous qu’ils nous emmènent ? demanda Star, inquiet.
_Aucune idée, ils ont parlé d’une pierre qu’ils cherchent mais nous n’en savons pas plus : regretta Juan. Pourtant il faudrait qu’on la trouve avant eux car elle semble leur conférer une grande puissance qui condamnerait le royaume.
Le groupe chuchotait car au-dessus d’eux séparé par une simple grille vivait l’équipage du vaisseau.
Ils se turent soudain, des hommes passaient à leur niveau.
_Ils t’ont dit ou nous allons exactement ? demanda une voix grave
_Tu parles, rien du tout, ces mages nous enverraient à la mort nous ne serions pas prévenu : s’énerva une autre voix.
_Je n’ai pas l’impression que c’est une mission de routine : répondit la voix grave.
_Non en effet, il me semble qu’on prend la direction d’Eden alors que nous l’avons faites il y a pas longtemps, si c’était une simple mission nous serions sortis d’Ambarion par la porte D pour rejoindre le Centre Cortes IX ou le centre Ezéchiel à la rigueur.
_Bah, tant qu’on est payé : répliqua l’autre garde. Ils éclatèrent tous les deux de rire.
_Ça me permettra de la rembourser : songea l’homme à la voix grave les faisant rire à nouveau. Puis ils s’éloignèrent et leurs voix se mélangèrent jusqu’à devenir incompréhensible. « Les mages semblent ne jamais descendre à ce niveau, on ne pourra jamais les entendre parler de la mission, ces gardes n’en savaient pas plus que nous" : s’exaspéra Sengriff.
Stan tenta d’ouvrir légèrement la lucarne par laquelle ils étaient rentrés pour voir où se situait le vaisseau mais il eut à peine le temps de jeter un coup d’œil que la trappe se refermait déjà sous la pression de la vitesse du transport.
_Nous sommes toujours dans les sous-sols d’Ambarion : décrit t-il à ses compagnons.
Ils prirent donc leur mal en patience, confinés dans un espace exiguë entre plusieurs grosses machines. Stan tentait d’expliquer leur fonctionnement pour tromper l’ennui. « Ce ne sont en vérité que des réservoirs de Raïzer,
l’énergie mais je ne sais comment produire cette énergie je sais son nom c’est tout. »
Arty décrocha bien vite des explications techniques bien qu’elles intéressaient les autres, particulièrement Sengriff et Juan.
Seule Alima avait le visage grave et semblait penser à autre chose.
_Qu’y a-t-il ? lui demanda le jeune homme se préoccupant de son amie.
_La voix grave que nous venons d’entendre ne m’était pas inconnu, le visage d’un des mages m’était également familier et j’avais déjà vu les murs de cette salle. Les souvenirs à l’intérieur du vaisseau-méduse semblent me revenir peu à peu et ce n’est pas agréable. Nous étions entassés ici, attaché : regarde ces chaînes sur le côté.
Elle montra un tas de chaîne posé sur le sol entre deux grandes pièces de métal.
_Tu ne te souviens de rien ?
Son ami secoua la tête pour nier :
_Pas du tout, je suppose qu’ils n’ont pas donné à tous exactement les mêmes quantités de drogue.
_Ce doit être ça.
Elle semblait cependant regretter d’être la seule à se souvenir. Un grand bruit l’arracha cependant à ses pensées. C’est Stan qui essayait à nouveau d’ouvrir la fenêtre. Il sortit sa tête puis la rentra les cheveux en bataille et un grand sourire :
_Regardez ça ! s’exclama-t-il.
Ils se pressèrent un à un jusqu’à l’ouverture pour observer le paysage fabuleux.
Très loin sous leur pied s’étendait les ruines désolées de la Terre rongé par une végétation luxuriante. Mais le plus impressionnant était Ambarion dont ils s’éloignaient. Flottant dans le ciel, la base volante semblait tout droit sorti de récits oniriques.
Entouré d’un voile de nuage elle était composé d’un socle plat et circulaire surmonté d’un globe.
_Mais alors le ciel, les montagnes, la mer ? s’effara Juan.
_Artificiel : commenta Alima.
_Ce n’était pas le ciel que vous voyez mais un simple ArtifiCiel et je me suis encore fait avoir, la mer devait s’arrêter, les montagnes devaient permettre de soutenir le globe, nous n’étions pas sur une autre planète ou au paradis mais simplement dans un des Centre : détailla Arty. Une illusion savamment entretenu dans je ne sais quel but.
Ils virent le vaisseau survoler la Terre pour s’approcher d’un immense bâtiment circulaire qui dépassait de très loin les autres vestiges de la civilisation.

La manœuvre leur parût très longue, la salle des machines commençait à devenir étouffante. La méduse tourna quelques temps autour du bâtiment avant de s’avancer à travers une grande ouverture qui béait au milieu de la gigantesque construction.
Alors qu’ils commençaient à se demander ce qui se passait, un fracas assourdissant secoua les passagers clandestins.
Ils roulèrent sur le sol.
Arty tenta de se relever mais ne réussit qu’à se cogner la tête au plafond bas.
_On est arrivé ? Questionna l’un d’ eux à voix basse.
Ce fut une voix mielleuse venant de l’extérieur qui répondit :
_Quel plaisir de vous revoir ! Mais je ne vous attendais pas aussi tôt.
_Fargo ! sursauta Arty se cognant de nouveau. « Chut » lui murmurèrent ses compagnons. Il leur lança un regard noir.
_C’est à dire qu’une mission urgente requiert notre intervention : répondit Archaem encore plus mielleux.
_Quel genre de mission ? l’interrogea Fargo.
_Le genre de mission qui doit rester secrète.
_Et qui aurait un quelconque rapport avec la Pierre de Sacrifice ?
_Par exemple : lâcha Archaem à contrecœur.
_Oh je vois… soupira Fargo.
_Bien ce n’est pas tout ça mais nous ne venons pas parler de ça, nous aimerions un stock de nourriture comme d’habitude : réclama Ephraïm.
_Très bien mais c’est-à-dire que je n’ai pas réellement eut le temps d’amasser de la nourriture à vrai dire la panne générale prive le Centre de vivres, je ne peux donc plus vraiment vous servir : avoua Fargo perdant pour une fois sa voix mielleuse et son arrogante confiance en lui.
_C’est fort dommage.. constata Archaem se faisant plus menaçant.
_Très très dommage en effet, je constate moi-même que rien ne va plus en ce moment. Mais vous vous doutez à quel point je regrette de ne pouvoir convenablement nous servir : s’excusa le dirigeant du Centre Eden.
_Je crois que tu ne sais pas encore à quel point tu regrettes : l’assura Ephraïm.

Juan et ses amis, toujours confinés au fond du vaisseau sentirent qu’il devenait urgent d’agir.
_On devrait essayer de sortir du vaisseau discrètement pour observer la situation et les attaquer par surprise si c’est possible : suggéra Sengriff.
Les membres du groupe acceptèrent, ils n’en pouvaient plus d’être serré dans la salle des machines et voulait pour la plupart en découdre avec leurs adversaires. Pourtant ils savaient tous au fond d’eux que les adversaires en question étaient plus forts et plus nombreux. Ils ouvrirent la trappe et se laissèrent tomber du vaisseau un par un sans faire de bruit. Fargo était face à eux mais il ne les vit pas ou ne montra aucun signe qu’ils les avaient vus. Entre lui et Alima et ses compagnons se tenait une vingtaine d’hommes. Tous les regards étaient tournés vers Luis Leon à la satisfaction des nouveaux arrivants. Il y avait les quatre mages entouré de nombreux hommes de la garde royale. Arty reconnut le niveau 3, immense hangar désaffecté. Cependant aujourd’hui derrière eux un pan du mur était ouvert laissant entrer le soleil et la sensation de vertige apporté par le vide. Enfin au-dessus d’eux le vaisseau méduse faisait désormais plus penser à une araignée, les tentacules posées au sol comme des pattes.
Les mages traîtres discutaient entre eux en silence ignorant de tous ceux qui autour d’eux essayaient de les écouter. Juan réalisa qu’avec un peu de chance en réalisant un sort rapide et violent il pourrait abattre ces ennemis. Sengriff dut penser la même chose car il lui adressa un signe de tête. Contournant les pieds du vaisseau les invités surprise se rapprochèrent, prêts à combattre.
Une tension insoutenable planait dans la zone.

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Artimeus
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MessageSujet: Re: [Artimeus] Raïzer (Roman)   Mar 7 Aoû - 12:53

Sengriff frappa le premier, un éclair bleu zigzagant à folle allure sur Archaem. Juan attaqua le second,
projetant une vague d’or en fusion vers ses adversaires.
Deux assauts qui auraient balayé le commun des mortels. Le bouclier invisible des mages arrêta les coups. L’éclair bleu s’écrasa sur la bulle magique, des petites flammèches parcoururent la défense en tous sens comme pour trouver une faille. La vague de métal se dissipa au contact de la barrière magique, seul un des gardes royaux sans protection reçut un torrent d’or en fusion.
Son hurlement retentit longuement comme pour annoncer le début des hostilités. Profitant de la confusion Arty se jeta sur un des gardes lui arrachant son arme à la volée. Alima coupa la tête d’un autre garde avec autant de facilité que si elle avait coupé du beurre. Stan et Star furent bloqués dans leurs charges par les boucliers ennemis. La défense s’installait. Passé l’effet de surprise les soldats aguerris et disciplinés surpassaient les novices qui les attaquaient. Les deux armées de fortunes se placèrent face à face.
Les mages se retournèrent, piqués au vif.
_Tiens qui voilà ! annonça Archaem. Ce n’est pas très gentil de votre part de nous attaquer de la sorte.
Heureusement que nos boucliers défensifs sont toujours dressés.
_Ça ne suffira pas à vous sauver: marmonna Sengriff.
_Nous sommes venus vous arrêter, vous avez tué le roi, vous êtes des traîtres, le pouvoir vous monte à la tête.
Nous venons défendre le royaume ! ajouta Juan.
Son interlocuteur lui rit au nez.
_Des passagers clandestins : constata Ephraïm en voyant la lucarne menant à la salle des machines. Habile de votre part.
En plus vous avez trouvez des Boueux assez misérables pour vous suivre. Cependant rien ne sert d’essayer de nous stopper.
Nous faisons ça pour le bien du royaume c’est vous les traîtres.
_Mensonges ! Vous avez tué le roi et vous gardez tout le peuple dans l’ignorance : le contredit Juan.
_Tu ne sais dire que ça ma parole. Mais regarde : même la garde royale est avec nous : répliqua Essayas en désignant les soldats.
_Rien ne sert de papoter sur votre prétendue bonté, vous avez envoyé des milliers d’individus à la mort pour vos intérêts personnels, vous avez installé Tahar a la tête des Boueux pour vos plans. Zeltorn était une immense mise en scène,
un massacre vain. Et nous allons vous empêcher de nuire à nouveau : promit Sengriff.
_Trop sûr de toi, Sengriff, bien trop sûr de toi : se désola Ephraïm en avançant doucement. On se doutait que tu finirais par nous attirer des ennuis quand tu es arrivé. Mais à l’évidence on ne pouvait refuser un messager du Dieu Figé lui-même.
De nombreux mages t’avaient vu, on ne pouvait balayer d’un coup les vieilles traditions religieuses.
_A l’évidence, mais il va falloir commencer à croire vraiment et pas à faire semblant.
Car je suis bien arrivé au Monastère par un miracle divin. Et je vais vous détruire.
Juan regarda son maître avec un air interrogateur. Un messager du Dieu ?
_Impossible. Notre puissance est infinie ! hurla Ephraïm. Il fit naître des sphères de feu de ses mains pendant que son corps grandissant et que son visage devenait menaçant. Il s’amusa même à faire pousser des cornes sur son crâne.
_On peut tout faire. Alors maintenant mourrez.
Et les torrents de magie déferlèrent. Arty croyait avoir tout vu au cours de ses nombreuses aventures du Niveau 2 à Zeltorn mais ce n’était rien comparé aux assauts magiques. Il fut propulsé balayé d’un coup. Son corps chuta lourdement au bord de l’entrée du Niveau 3. Il regarda le vide un peu plus loin devant lui, ce n’était pas passé loin.
Il aperçut Alima à côté de lui qui se relevait pour se battre.
Mais la bataille qui se jouait les dépassait de loin.
Juan et Sengriff nageait au milieu d’une mer de flamme. Ils n’étaient que deux mages contre quatre et Juan venait seulement de finir son apprentissage. Il esquiva un rayon d’énergie pure lancé dans sa direction, emporté par son élan il dut freiner brutalement pour éviter un deuxième tir. Il généra une lourde pierre au-dessus du groupe de mage, le sort était lourd à effectuer mais il les fatiguerait. Archaem repoussa le rocher qui alla s’écraser sur le sol avant de disparaître en particule magique.
Juan ne relâcha pas la pression projetant vers eux une dizaine de pointes métalliques. Un mur de pierre crée par Nebra,
le quatrième mage, les stoppa soudainement. Soudain un cri attira son attention. Il tourna la tête, Sengriff gisait au sol visiblement blessé par Archaem à coté de lui, Juan voulut se porter au secours de son maître mais se détourna alors de Nebra.
Erreur cruelle. Il aperçut au dernier moment la vague de glace qui s’abattait sur lui. Il jeta une langue de feu pour contrer l’attaque. La rencontre des deux éléments opposés créa une explosion qui projeta le garçon à terre. Il généra un bouclier magique autour de lui et fit de même pour protéger son maître. Celui-ci lui adressa un pâle sourire, une mare de sang coulait autour de lui. Juan s’approcha de lui voulant le soigner mais les assauts déferlants de ses adversaires ne lui laissaient aucun répit.
Seul contre quatre, il n’avait aucune chance.
Stan observa le drame qui se jouait de loin. Il jouait au chat et à la souris avec les gardes royaux autour du vaisseau. Pendant qu’Alima occupait les gardes, il essayait du mieux qu’il le pouvait de remonter sur le vaisseau pour s’envoler.
Derrière lui Arty et Star tenaient tête aux autres soldats qui arrivaient mais ils reculaient de plus en plus.
La cabine était verrouillée, il pesta.
Il sabota quelques fils extérieurs rapidement. Puisque qu’ils ne pouvaient prendre le vaisseau autant empêcher les mages d’en faire autant. Soudain une terrible douleur l’arrêta pendant sa tâche. Un garde avait réussi à atteindre sa hanche.
Il tomba sur le sol en hurlant. Arty l’attrapa par le bras pour le mettre à l’abri. Mais il n’y avait plus d’abri,
les gardes avaient l’avantage et les poussaient peu à peu au bord du précipice.
Juan recula aussi lui portant Sengriff par les épaules tout en exécutant un maximum de sort pour couvrir sa fuite. Archaem lui lança une décharge électrique. Juan n’avait plus la force de résister. Il retomba sur le sol. Ephraïm projeta une pluie de gouttelettes acides sur les deux hommes à terre. Juan, dans un geste désespérée lança une colonne de vent pour se protéger.
Il en repoussa une partie mais comprit aux innombrables brûlures sur sa peau que ça n’avait pas suffit.
Ephraïm s’approcha d’eux menaçants.
_C’est terminé maintenant. J’espère que vous avez compris, nous sommes invincibles. Mais vous, vous allez mourir.
Il prépara le coup de grâce. Un coup de feu retentit. La garde royale s’arrêta, surprise. Juan inspecta son corps, comme surpris que ce ne soit pas lui la victime. Ephraïm, devant lui, avait un regard stupéfait.
Un trou gros comme le poing remplaçait son cœur. Il émit un dernier râle. Il tomba à genoux puis face contre terre.
_Invincible, vraiment ? ricana la voix sarcastique de Fargo loin derrière.
Tout le monde l’avait oublié au cours du combat, il tenait un pistolet à la main :
« Tu vois Arty, je ne suis pas un mauvais bougre dans le fond, j’ai toujours dit qu’il fallait me faire confiance.
Enfin maintenant je vous laisse vous débrouiller, empêchez les de réussir leur mission »
Il se tourna vers les trois traîtres mages : « quant à vous, je suis sincèrement désolé pour votre ami,
on a vite fait de faire des conneries avec un pistolet »
Archaem lança une boule de feu pour l’abattre. Mais Fargo fut plus rapide. Il tira à nouveau vers les mages alors même qu’il adressait un signe d’adieu de l’autre main, le même signe qu’il avait fait sur le toit du Centre. Alors que la boule de feu arrivait à son niveau, il recula d’un pas activant le mécanisme d’une trappe dissimulé.
Il disparut alors que la sphère enflammée était à son niveau.
Archaem jura. Il nous a échappé et nous n’avons pas le temps de le traquer dans les conduits.
Nebra, penché sur Ephraïm ne put que constater qu’il n’y avait plus rien à faire.
Il reporta comme les autres mages son attention sur les adversaires restants.
Juan avait profité de la diversion pour mettre son professeur à l’abri et pour récupérer un tout petit peu d’énergie.
Il esquiva une des déflagrations lancée par les mages dans sa direction et arrêta celles qui visaient ses amis.
Ceux-ci représentaient une proie facile.
« Mettez-vous derrière moi » cria-t-il à ses compagnons pour pouvoir les protéger plus facilement. Il projeta au loin la garde royale pour avoir moins d’adversaires. Si il avait essayé de les tuer les mages l’auraient empêchés, les laisser près de lui l’aurait gêné, il avait donc trouvé le bon compromis. C’était cependant un problème mineur par rapport aux trois mages.
Inlassablement le groupe reculait sous les puissantes frappes des trois hommes. Arty regarda le vide qui n’était plus que quelques pas derrière lui. Il tenta de fuir sur le côté mais Nebra le repoussa aisément. Ils étaient encerclés.
Ils durent encore reculer de plus d’un mètre quand Archaem fit couler un dangereux liquide noir sous leur pieds.
Star chancela au bord du vide.
_On ne peut plus reculer : avertit-t-il terrifié. Juan jeta un rapide coup d’œil derrière lui pour en arriver à la même funeste conclusion.
Archaem les toisa furieusement.
_Bien battu gamin, tu méritais ta place de mage. Mais de mage mort. Cette fois-ci, c’est terminé !
_Parle pour toi… compléta Juan à bout de souffle.
Flammes : crièrent les trois mages. La magie parlée était peu utilisée en combat magique car même si c’était un léger gain de temps, cela permettait à l’adversaire de connaître rapidement la nature de l’attaque et donc de riposter.
Mais Juan était désormais si faible que cela ne préoccupait plus ses adversaires.
Un véritable déluge de flamme s’abattit sur le groupe. Juan eut un quart de seconde pour réfléchir. Faire apparaître assez d’eau pour stopper cela était hors de question, trop épuisant. Un mur de pierre ou de terre ne suffirait pas non plus.
Les trois traîtres virent le torrent de flamme engloutir leurs ennemis.
Juan soupira. Il avait généré la cloche de verre autour du groupe à temps et elle avait tenu le coup. Il sentit vibrer en lui l’énergie, toutes les particules de verre matérialisées à ses ordres, la fatigue qu’il tentait de repousser. Il fit imploser la cloche et projeta les débris de verres sur les Maître mages. Ils eurent à peine le temps de réagir,
l’un des projectiles entailla sévèrement Nebra sous les côtes.
_Belle attaque : le félicita Sengriff d’une voix tremblante, il agonisait à ses pieds.
_Belle mais vaine : s’attrista Juan. Il avait jeté ses dernières forces dans la bataille. Il s’appuya sur Arty tant ses jambes étaient faibles. Archaem comprit que ses ennemis étaient à bout. En souriant, il invoqua une immense sphère de métaux lourds et l’abattit sur le groupe à sa merci. Juan et Sengriff levèrent leurs mains dans un effort dérisoire de stopper le projectile. Ils réussirent créer une barrière magique pour ne pas se faire écraser. Mais la force de l’impact les projeta tous en arrière. Droit dans le vide.
Ils tentèrent en vain de se raccrocher à la bordure mais ils furent projeter trop vite. Ils chutèrent, devant eux le mur du bâtiment défilait à toute vitesse, ils tombaient de si haut qu’ils avaient le temps de réaliser l’horreur quelques secondes sans pouvoir rien faire. Le canal qui coulait au pied du Centre Eden se rapprocha à toute vitesse.
Juan tenta sans espoir de créer une colonne d’air assez forte pour ralentir leur chute mais il était à bout, il n'en pouvait plus.
Star hurla revoyant sans cesse la chute du haut de la Nutri-Tour. Le cauchemar recommençait.
Alima se prit à espérer que comme dans le lac Honorius viendrait la sauver. La mort leur tendait les bras.
Tout s’arrêta brutalement

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