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 Ma machine et moi (Texte)

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Lyadrielle
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Où suis-je ? : Pas très loin de la lune

MessageSujet: Ma machine et moi (Texte)   Mar 24 Avr - 21:16

Un voyage à travers l'histoire !

Idées de départ :

-Un grand-père, amoureux des sciences techniques, cherche à faire plaisir à son petit-fils en lui faisait une grosse surprise pour le jour de ses 18 ans : lui faire revoir ses parents en chair et en os !

- Les parents du jeune garçon de 17 ans, Chris, sont morts à peine quelques jours après sa naissance : sa mère est morte à l'accouchement et son père s'est suicidé par la suite.

- Le jeune garçon a donc été recueilli par son grand-père.

- Le grand-père a en fait créé une machine à remonter le temps !

Pourquoi ?


Je voulais que l'on fasse un peu comme les romanciers historiques, ces personnes qui font des recherches de parfois quelques années avant de sortir leur livre. Livres qui contiennent des parties romancées et imaginées mais également des parties réelles, historiques, d'où leur difficulté.


Pour plus d'informations allez sur la table de travail.

Pour l'instant, nous sommes 3 sur l'histoire : Elisheba, MelleFredoune et moi.

Ce sera à Elisheba de commencer, je continuerai et ce sera à MelleFredoune si elle est d'accord!

Bonne lecture / écriture ;p
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Lyadrielle
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MessageSujet: Re: Ma machine et moi (Texte)   Mer 25 Avr - 20:50

Prologue :

"Hmm, il faut absolument que je raconte ça ! "

Claude, 65 ans, était assis devant son bureau et tenait sa plume fétiche à la main. Malgré son âge, il se sentait tout excité depuis qu'il était rentré de son dernier voyage.

"Nos livres d'histoire se trompent complètement sur cette période!" s'exclama-t-il après avoir griffonné un genre de hiéroglyphe égyptien sur son papier. Perdu dans ses pensées, il ne vit même pas le temps passer et son horloge sonna doucement les 20h.

"Mais où est ce petit ? Ne devait-il pas dîner avec moi ce soir ?"

Claude se leva précipitamment et sortit de son atelier du fond de la maison. Il passa voir la chambre de son petit-fils et n'y trouva personne. Il décida de passer par le salon et entendit quelques bruits qui venaient droit du canapé. Surpris et arrivé à hauteur de l'entrée de la grande salle, il comprit ce qui se passait là, sous ses yeux et, confus, s'emmêla les jambes pour tomber sur le tapis près de la porte.

Une tête, puis deux, dépassèrent du canapé, dont une assez rouge, certainement celle du jeune garçon qui venait de comprendre que c'était son grand-père qui s'étalait à quelques pas du canapé...

**

"J'espère que tu n'as rien de cassé !" s'inquiétait Chris, un peu tremblotant et honteux d'avoir causé du souci à son grand-père, son seul parent.

Claude le rassura gentiment et ils mangèrent tous deux, discutant de tout et de rien, bien que le prénom d'"Emma" revenait souvent dans la conversation (la deuxième tête).

"J'ai quelque chose que je veux te montrer, dans mon atelier! Suis-moi"

Les deux hommes se levèrent et se dirigèrent vers l'atelier de Claude où il entreposait sa machine. Chris ne l'avait encore jamais vue, cette fameuse machine, et ne savait toujours pas à quoi elle servait d'ailleurs ! Arrivés dans le bâtiment, ils entrèrent plus profondément dans un monde mystique, plein de livres et de cartes du monde.

"Entre", lui dit son grand-père comme le jeune garçon s'émerveillait devant une carte détaillée de l’Égypte antique.
"Ne touche surtout à rien, veux-tu ? Laisse moi faire !", continua-t-il, de plus en plus excité par ce qu'il allait faire. Chris, de son côté, ne comprenait rien et regardait partout autour de lui. Il était dans une sorte d'armoire assez luxueuse, il dut le reconnaître. Il pouvait voir des tuyaux bizarres et des lumières un peu partout ainsi qu'un calendrier. Sur le reste, il ne savait pas quoi penser. "Qu'est-ce que c'est que tout ça ?", se demanda-t-il, inquiet de la santé mentale de son grand-père tout d'un coup.

Claude était allé chercher de quoi boire. Quand il revint, il fit peur à Chris qui, sursautant, fit tomber un crayon. Ils entendirent un "clic" suspect et, décomposé, Claude réalisa que son petit-fils avait appuyé sur le levier des dates qui n'affichait plus 1990 mais 1890. Ayant remarqué l'expression atterrée de son grand-père, le jeune garçon devint nerveux et, se levant, se cogna à un côté de l'armoire avant de tomber juste à côté d'un siège. Dans sa chute, Chris avait fait ricoché son genoux sur un autre levier et avait fait tomber une carte sur le sol.

Claude, qui ne s'étonna même pas, soupira et alla prendre place sur l'autre siège. L'armoire s'était mise à trembler.

"Allez viens t'asseoir ! On part en vacances...". Chris, rouge et en sueur, s'assit près de son grand-père en essayant de ne pas tomber à nouveau sous les tremblements de la machine.

"Et où va-t-on ?" demanda Chris, complètement pommé. "En 1890 ! J'espère que tu as bien retenu tes cours d'histoire !", lui répondit Claude, un sourire malicieux au visage, excité comme un enfant.

La machine, une fois lancée, ne pouvait pas être réinitialisée. Claude s'était donc résigné: ils ne verraient pas les parents du jeune garçon cette fois-ci.


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Elisheba
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MessageSujet: Re: Ma machine et moi (Texte)   Jeu 26 Avr - 9:55

Chris et son grand-père sentirent le sol trembler. Mais il leur fallut un seul battement de cil pour que tout cesse et... pour que le paysage autour d'eux ait complètement changé. Chris ouvrit de grands yeux émerveillés. Devant lui s'étendait une longue rue pavée et bordée d'immeubles de style classique. Il y avait aussi pas mal de boutiques. Nul doute qu'ils s'étaient retrouvés dans une grande ville.
-Oh, excusez-moi!
Le cri du grand-père fusa. Il remit ses lunettes sur son nez afin de mieux voir les deux individus qui l'avaient bousculé. C'était un couple d'une trentaine d'année. L'homme portait un veston recouvert d'un gilet de la même couleur que son pantalon. Il porta la main à son chapeau haut de forme. Quant à la femme, elle portait une robe noire étroite aux manches bouffantes. Son visage en forme de coeur était entouré d'un chapeau de velours noué sous le menton. Chris essaya de ne pas pouffer de rire devant ces accoutrements.
-Excusez-le! dit alors le grand-père. Il est malade.
L'homme hocha la tête et entraîna sa galante compagne plus loin.
-Hé! Je ne suis pas malade! s'exclama Chris frustré. Ils me font rire, c'est tout!
-On les fait rire aussi, répliqua l'ailleul. Regarde comme nous sommes habillés! On doit passer pour des clowns!
-Mais... où sommes-nous? demanda Chris.
-Nous sommes à Paris.
En disant ces mots, le grand-père prit son petit-fils par le bras et le força à avancer, tout en faisant mine de ne pas s'émouvoir devant les regards intrigués des passants.

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Lyadrielle
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MessageSujet: Re: Ma machine et moi (Texte)   Jeu 26 Avr - 22:12

Chris ne se sentait pas très l'aise dans cette ville qu'il connaissait pourtant très bien. Il pouvait discerner certains bâtiments mais d'autres lui étaient inconnus. Cela le perturbait.

Il jeta un coup d’œil à son grand père qui était en train de farfouiller dans une malle. La machine était juste derrière lui, chose curieuse en bois sombre qui ne se fondait pas du tout dans le paysage.

"Tiens moi ça", lui dit Claude en lui refilant la malle pleine de vêtements. "Je dois nous camoufler", continua-t-il en lui faisant un clin d’œil. Il entra dans la machine et appuya simplement sur un bouton au dessus duquel était indiqué "XIX".

L'engin se suréleva un peu et de dessous sortirent des plaques sur lesquelles étaient dessinées des paysages du XIXe siècle et, assez étrangement, ceux de Paris en l’occurrence. Chris, bouche bée, ne sentit pas que la malle lui échappait des mains lorsque son grand père la lui prit afin de lui donner des vêtements adaptés à la situation. La machine en profita pour se fermer d'elle même et pour afficher un bâtiment classique de la rue dans laquelle ils se trouvaient.

Chris regarda les vêtements en question d'un air plus que dubitatif.

"Tu me refiles un genre de smoking bizarre et tu penses que je vai..."
"C'est la mode du XIXe, du moins une partie du XIXe. Tu verras, ça t'ira bien. Je vais en mettre un plus simple pour ma part", le coupa son grand père avant de laisser son regard fureter aux alentours.

"Et oui, mon garçon, nous sommes des voyageurs du temps, excitant non ?"
Chris déglutit bruyamment avant de répondre : "Mais .... comment ?"
Claude le fixa intensément avant de lui rétorquer, malicieux : "Secret professionnel !". Laissant là son petit-fils, il partit en trombe vers le poste téléphonique au coin de la rue. Il avait un ami à appeler. Chris et lui étaient arrivés là par accident et il n'avait pas prévu ce passage par le Paris de 1890... Il leur fallait de quoi se payer de la nourriture et un logement. La machine était encore trop fragile pour supporter des allers et retours dans le temps à si haute dose. Il lui fallait un peu de repos.

Chris s'habilla derrière des buissons, sans grande conviction, puis suivit son grand père d'un pas trainant. Il le vit parler avec un drôle de téléphone à la main. Deux récepteurs et une sorte de tube dans lequel il devait parler. Patientant, le jeune garçon ne pouvait s'empêcher de regarder les voitures anciennes lui passer devant avec un bruit assourdissant. C'était incroyable comme la science avait évolué, pas forcément dans le bon sens ...

"C'est arrangé, nous allons chez un ami pas très loin d'ici ! " lui déclara Claude quand il revint après s'être changé.
Chris ne voulut même pas lui demander comment il s'était fait un ami en 1890 : c'était trop pour lui.

"J'espère qu'il aura Le Chien de Baskerville, je voulais le finir ce soir", bougonna Chris, se protégeant derrière son caractère d'enfant râleur.
"N'y compte pas ! Il n'est pas encore sorti, mais tu pourras toujours lire Le signe des quatre", lui dit son grand père.
"Les jeunes et l'histoire ...." soupira-t-il avant de traverser la route et de se diriger vers le Champ de Mars, droit devant.

"Mais, et la machine ?", hésita le jeune garçon en désignant l'endroit où ils se trouvaient il y a peu.
"J'irai la récupérer cette nuit avec mon camarade, et on repartira dès demain!", lui déclara-t-il.

Non mais quoi ? Il avait toujours un anniversaire à fêter. Il y tenait à sa surprise! Chris allait avoir ses 18 ans demain, dans la matinée, et il ne fallait pas rater ça.


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Fred
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MessageSujet: Re: Ma machine et moi (Texte)   Mer 2 Mai - 14:04

Chris et Claude arrivèrent devant une porte qui s'ouvrit avant qu'ils n'aient eu le temps de toquer.
"Vite, entrez!"dit un homme, apparemment stressé et pressé.
Ils le suivirent à l'intérieur d'une maison plutôt sombre, éclairée à la bougie, et semblant appartenir à une riche famille. Il y eu un léger silence, puis Claude demanda :
"Enfin, pourquoi tant de stress Arthur?"
Chris s'esclaffa, son grand père lui demanda pourquoi.
"Enfin grand-père! Un homme qui s'appelle Arthur (et manquerait plus que son deuxième prénom soit Conan), qui vit à la fin du 19ème siècle, dans une sombre maison façon livre policier, que l'on rencontre alors que je suis en train de lire Le Chien des Baskervilles...Enfin, je trouve ça légèrement ironique, tant cela me rappelle le concepteur de Sherlock Holmes.
-C'est d'autant plus ironique que je te rappelle la personne que je suis."
Chris fit passer l'expression de son visage de la joie à l'admiration.
"Vous...Vous...Sir Arthur Conan Doyle? Mais...mais cela n'est qu'impossible! Enfin, il est de nationalité britannique, c'est bien connu!
-Eh oui, répondit l'écrivain, moi, Arthur Conan Doyle, vis en France. Enfin, le tout pour un court voyage. Et, vous semblez être un fan de mes livres, utilisez donc vos sens! Ne percevez-vous donc pas mon accent anglais que j'apprends à camoufler?
-Maintenant que vous le dîtes... Enfin, j'ai tant de choses à vous raconter et à vous demander (à commencer par un autographe...)! s'extasia le jeune enfant. Si vous saviez comme vous êtes célèbre de nos jours...
-De nos jours? le coupa Arthur.
-Ecoute, enchaîna Claude, je viens, comme je te l'ai dit la première fois, de l'année 2012. Non non! Calme-toi! La première fois que je suis venu, je testais le cadeau de Chris ; une machine à remonter le temps. Et j'aimerais que tu viennes la chercher là où nous l'avons laissée tout à l'heure."
L'écrivain jura de sa langue maternelle, et s'essuya le sueur du front. "une machine à remonter le temps, une machine à remonter le temps, que diable est cette invention?" ne cessait-il de murmurer durant cinq minutes qui parurent bien longues à ses hôtes...Puis il demanda:
"Cela n'est pas illégal en tout cas?
-Non, mais nous risquerions quelques complications si vous le disiez aux fédéraux."
Arthur Conan réfléchit :
"Très bien, je vous accompagnerai la chercher...Après tout je suis écrivain! Cela pourra peut-être me servir pour une nouvelle ou un petit texte personnel..."
Ils mirent leur manteaux et s'en allèrent. Après quelques explications scientifiques et un autographe, les deux voyageurs mirent les voiles, devant les yeux ébahis d'une icone littéraire.

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J'prends ma canne à garder la pêche pour attraper des poissons clowns
Et des casquettes ratons-laveurs, et toutes mes chaussettes assez cools
Des bretzels peace and love et mes patins à glace à la vanille
Des visas à vie pour des paysages sans vis-à-vis


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Lyadrielle
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MessageSujet: Re: Ma machine et moi (Texte)   Lun 21 Mai - 7:21

Une fois la machine mise à l’abri, les trois voyageurs s'alimentèrent, bien au chaud, dans la maison de l'écrivain qui, content de les avoir avec lui, leur racontait ce qu'il avait pensé écrire pour son prochain roman.

Chris était totalement passionné par ce que le célèbre Arthur Conan lui disait et trépignait d'impatience tant il avait de questions à lui poser. Mais son grand-père ne l'entendait pas de cette oreille !

"Nous devons repartir dès demain", commença-t-il, décevant ainsi son petit-fils qui s'était mis à questionner l'écrivain sur la façon dont il trouvait ses intrigues policières.
"Pourquoi, sommes-nous pressés ?", demanda Chris qui, depuis la nouvelle du voyage du temps, semblait être retourné en enfance. "Pourquoi ne pas rester encore un peu, toi qui veux m'apprendre des choses, c'est l'occasion, non ?"
Arthur Conan, amusé, acquiesça vivement. Il devait encore rester quelques jours et un peu de compagnie ne le gênait aucunement, au contraire. Cela lui donnait de l'inspiration.

Claude, embêté, regarda tour à tour ses camarades puis finit par rétorquer : "Tu veux en apprendre plus ? Très bien, tu vas en apprendre, c'est moi qui te le dis!".
Il sourit à son petit-fils et observa Arthur Conan, un ancien ami. Finalement, ça lui faisait aussi du bien d'être là. Il aimait aussi cette période de l'histoire et, tel un conteur, se mit à parler de la tour Eiffel.

"Dès 1878, Jules Ferry, oui celui de l'école gratuite, envisage une grande Exposition universelle pour 1889. Le projet,  donne à deux  ingénieurs de l'entreprise Eiffel,  l'idée d'une tour métallique. Lorsque les travaux commencent, les parisiens n'en reviennent pas ! Sur le chantier ne s'effectue que  l'assemblage, les principaux éléments sont dessinés et fabriqués dans  les ateliers Eiffel, à Levallois. Tu aurais du voir ça, c'était tout bonnement impressionnant ! Tiens, et si on allait la voir demain, qu'en dis-tu ?"

Chris, ravi, acquiesça. "J'irai avec vous", déclara Arthur Conan. "Puis vous pourrez partir après le déjeuner. D'ailleurs où comptez-vous aller ensuite ?"
Claude jeta un coup d’œil aux livres de la pièce et, accrochant sur celui d'un philosophe de l'Antiquité, une idée brillante lui vint à l'esprit.
"Vous saurez demain ! Maintenant, il faut aller dormir!"


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Elisheba
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MessageSujet: Re: Ma machine et moi (Texte)   Sam 23 Juin - 18:13

Les filles, excusez-moi d'avoir mis autant de temps pour publier. Je suis à blâmer! Néanmoins, voilà enfin la suite ;D
Je suis aussi désolée que mon texte soit si long, mais l'inspiration était là et les recherches aussi, c'est en grande partie ce qui m'a fait retarder! (vive les cours de latin du collège \o/). Bref, j'espère que vous aimez lire et bon courage pour celle qui continue!
P.S: Si vous voulez rallonger le moment où ils sont encore avec Conan Doyle, faites-le moi savoir (je ne l'ai pas fait car je trouvais mon texte déjà suffisamment long :P)



Le lendemain, tout de suite après le petit déjeuner, Chris et son grand-père, accompagnés de Conan Doyle, se mirent en marche pour aller voir la tour Eiffel. Ils se retrouvèrent tous trois baignés de la lumière du soleil qui venait tout juste de se lever, illuminant de couleurs orangées la ville de Paris qui s'éveillait doucement. Il n'y eut pas grand monde sur la route, les trois amis se retrouvèrent donc rapidement en face de l'énorme édifice qu'ils étaient venus voir.
-Voici la tour Eiffel dans toute son originalité! s'exclama Claude. Regarde comme elle est belle et comme elle semble majestueuse!
-Effectivement, admit Chris. Sans toutes les couches de peintures qu'on lui rajoute presque tous les ans, elle semble différente...
En disant ces mots, il repartit dans une grande discussion avec Conan Doyle. Les deux amis semblaient très bien s'entendre, et Chris portait des propos admiratifs au formidable écrivain qu'était son interlocuteur. Mais Claude finit par mettre fin à leur incessant bavardage en s'écriant:
-Allez allez!!! Il faut qu'on se dépêche de rentrer! On a encore plein de choses à préparer pour notre départ.
-Oh non! Pourquoi ne peut-on pas rester ici? supplia Chris avec un air triste.
-Ton grand-père a raison, le corrigea Conan Doyle. Pense à toutes les aventures extraordinaires que tu vas pouvoir vivre. Combien de personnes aimeraient être à ta place? Certains paieraient une fortune. Alors ne laisse pas passer ta chance et vas-y!
Puis il lança un regard entendu au grand-père, qui lui répondit d'un sourire.
Quelques heures après, Chris et Claude quittaient à regret Conan Doyle.
-Au revoir! s'écria Chris en lui faisant un signe de la main et en entrant dans la machine. Continuez d'écrire comme vous le faites!
-Je n'y manquerai pas! lui répondit Conan Doyle en lui rendant son salut. Adieu, mon jeune ami!
Mais à peine Chris avait-il eu le temps de lui refaire ses adieux que Claude avait déjà mis en marche la machine qui s'ébranlait.
-On va où? demanda son petit-fils.
-Nous allons chez les Romains.
Et en quelques secondes, c'était chose faite. La machine se retrouva en plein milieu d'une rue qui grouillait de monde.
-Bienvenue à Rome! dit Claude avec un air joyeux.
Chris sortit de la machine et fit quelques pas dans la rue. Les maisons de Rome étaient de couleur claire et brillaient au soleil. C'était vraiment magnifique.
-Hé! Pas si vite! le rattrapa son grand-père. Mets ta toge d'abord! Je ne tiens pas à nous faire repérer, surtout avec l'empereur qui règne en ce moment!
Et il lui tend un carré de tissus. Chris s'en saisit avec un air dédaigneux et demanda avec nonchalance:
-Et... C'est sensé se mettre comment ce truc?
-Facile, ça se met... euh... comme ça! Euh... Non, plutôt comme ça! Ou comme ça!
Chris éclata de rire en voyant son grand-père s'empêtrer dans ce qui allait être sa future toge. Celui-ci se désolait en songeant qu'il aurait dû s'entraîner à se vêtir bien avant d'arriver ici. Cependant, après quelques minutes de réflexion, Chris et Claude réussirent à se créer une toge convenable. Ils marchèrent longuement dans Rome, laissant la machine derrière eux.
-Nous sommes le 18 juillet de l'année 64, annonça Claude pendant qu'ils se baladaient. Nous sommes sous le règne de Néron, mais ça, je crois que tu le sais déjà.
Chris hocha la tête mais n'écouta pas le long discours que son grand-père était en train de lui faire. Il préférait regarder les gens, les maisons, les monuments. Ils passèrent près des boutiques du grand Cirque, où des soldats jetaient à la porte un homme qui semblait inerte. Cependant, dès que les soldats s'en furent retournés, l’homme ouvrit les yeux, se releva et avec un sourire satisfait, s'éloigna.
-Mais qu'est-ce qu'il fait? s'exclama Chris avec un air hébété.
-Ah, répondit Claude en éclatant de rire. Je crois que l'empereur Néron est en train de jouer du théâtre. Cet homme en avait marre de l'écouter et de l'applaudir, il a donc fait semblant d’être évanoui.
-Mais pourquoi?
-Parce que Néron est très ennuyeux et très long lorsqu'il joue du théâtre. Il interdit à quiconque de quitter le Cirque tant qu'il déclame ses répliques. On raconte que certaines personnes ont fait semblant de mourir ou de s'évanouir pour s'échapper. Il paraît même que des femmes auraient accouché pendant un spectacle de Néron.
-C'est ridicule! s'indigna Chris.
-Oh tu sais, ce n'est pas la première fantaisie de Néron. Déjà au début de son règne, il a fait assassiner sa mère Agrippine pour pouvoir épouser sa maîtresse Poppée. Il a fait rénover Rome pour des sommes considérables et on dit même qu'il a voulu nommer la ville "Néropolis". De toute façon, il va partir dans quelques heures pour Antium, sa ville natale.
Claude attira son petit-fils dans une autre rue en disant:
-Allons visiter. Regarde, le temps passe si vite! Le crépuscule commence à tomber. Tu vas voir comme Rome est jolie lorsque le soleil se couche.
Pendant quelques heures, Chris et Claude firent le tour de la ville, prirent le temps de tout admirer, et même d'échanger un peu de latin avec les habitants. Beaucoup revenaient du grand Cirque, où le spectacle de Néron s'était enfin terminé.
Au bout d’un moment, alors qu’ils s’étaient arrêtés sur le pont Aemilius pour regarder le Tibre qui coulait paisiblement, Chris leva la tête et regarda le ciel.
-Tu ne sens pas comme une petite odeur de brûlé ? demanda-t-il.
-De brûlé ? s’étonna Claude. Oui, tu as sans doute raison mais…
Il stoppa net. Ses yeux éberlués se posèrent sur un tourbillon de fumée qui dominait les toits de la ville.
-Regarde ! s’écria-t-il alors. C’est là-bas ! Le grand Cirque brûle !!
-Mais oui, réalisa alors son petit-fils. Nous sommes bien en l’an 64 alors… C’est le Grand Incendie de Rome !
Il pointa les maisons qui jouxtaient le grand cirque du doigt et dit à son aïeul :
-Regarde les maisons s’enflammer comme du petit bois… Rome ne va pas tarder à brûler toute entière !
En effet, le feu se propageait à vue d’œil. Le ciel devint d’un noir d’encre, encore plus amplifié par les ténèbres de la nuit qui était presque totalement tombée. L’odeur de brûlé se répandit rapidement dans toute la ville et l’air devint vite chaud et irrespirable.
Rome se trouva allumée de couleurs d’un rouge malsain et vif.
-Viens, dit Chris en prenant la main de son grand-père. Il faut qu’on y aille !
-Où vas-tu ? hurla Claude. Tu es devenu fou ? Tu veux qu’on brûle nous aussi ?
-Mais la machine ?
A la prononciation de ce mot, Claude se redressa et prit peur. Il fallait absolument qu’ils retrouvent la machine s’ils voulaient repartir et surtout, s’ils voulaient survivre.
-Tu te souviens de l’endroit où on l’a laissée ? reprit Chris.
-Non, souffla le grand-père. Je ne me rappelle pas. Maintenant, cours ! Cours et ne te retourne pas ! Je te suivrai !
Chris hocha la tête et se mit à courir aussi vite qu’il pouvait, Claude sur ses talons. Leurs toges bloquaient leurs mouvements mais ils n’y faisaient guère attention. Autour d’eux, les gens poussaient des cris et couraient, complètement paniqués. Bientôt, une odeur de chair brûlée se fit sentir, ainsi que la vision de dizaine de brûlés vifs. Le feu se propageait très vite et bientôt, Chris et Claude durent se frayer un chemin parmi les décombres et les corps. Un grand nombre de romains s’étaient retrouvés piégés dans leur propre maison et Chris entendait leurs cris, ainsi que les pleurs d’une petite fille qui avait perdu ses parents. C’était horrible à entendre et il lui sembla que ces voix hurlantes hanteraient pendant longtemps son sommeil.
-Attention !!! hurla soudain Claude en se jetant sur Chris.
Ils évitèrent de justesse la poutre en feu d’une maison qui se décomposait dans les flammes et qui allait tomber indéniablement sur Chris. La poutre tomba pas loin d’eux et continua à se consumer.
Claude était un peu sonné par la chute qu’il venait de faire. Il aida Chris à se relever et ils se remirent à courir à travers les flammes. Ils étaient à bout de souffle et aussi à bout de force ; la vitesse de leur course s’en faisait ressentir. Néanmoins, ils finirent par atteindre le quartier dans lequel ils avaient laissé la machine. Par chance, les maisons n’étaient pas encore en feu dans ce coin ci.
-La machine !!!! hurla Chris en élevant les bras au ciel. Elle est là !!
Il se précipita à l’intérieur, bientôt rejoint par Claude qui avait eu plus de mal à suivre. Celui-ci resta silencieux un bon moment, le temps de reprendre sa respiration puis il déclara enfin :
-Je suis désolé de t’avoir amené ici. Je suis conscient qu’on aurait pu y laisser notre vie. La suite des événements, tu la connais. L’incendie durera six jours et brûlera dix des quatorze quartiers qui composaient Rome. Les Chrétiens seront accusés d’être à l’origine de l’incendie, puis ce sera au tour de Néron, car, après être revenu précipitamment d'Antium, il aurait joué de la lyre et chanté au sommet du Quirinal pendant que la ville brûlait. Rome sera reconstruite. Néron fera ériger une colossale statue de bronze à son effigie ainsi que la riche Domus Aurea, qui lui servira de palais.
Il baissa les yeux puis, avec un sourire, il regarda son petit fils :
-Mais ça, je pense que tu le sais déjà, comme d’habitude !
-Exactement ! répondit Chris en riant. Et maintenant, on s’en va ?
-On s’en va ! confirma le grand-père en mettant la machine en marche.

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MessageSujet: Re: Ma machine et moi (Texte)   Sam 29 Sep - 13:57

"-443 à Athènes... Époque de Clisthène, non?
-Oui Chris, exactement! Je me suis dis que non seulement aller en Grèce Antique nous éviterait de nous changer, mais en plus, cette époque exacte est celle qui t'as passionné en classe, non?
-Oui grand père, exactement!", répondit le petit fils en souriant.
Les deux hommes sortirent de la machine, et se retrouvèrent devant une imposante colline.
"Ne me dis pas que c'est...
-Si Chris, la colline Pnyx!"
Ce dernier était aux anges. Lui qui avait toujours été passionné par la Grèce Antique, s'y retrouvait, et à l'époque même! Son grand-père engagea, avec un sourire :
"Tu entends ce boucan, à l'intérieur?
-Ne me dis pas que...lâcha Chris, bouche bée, les yeux émerveillés.
-Eh si mon petit : nous arrivons pour le début de l'Ecclesia!"
L'entrée dans l'assemblée se fit sans problème : les identités n'étaient pas vérifiées, et Chris pouvait aisément se faire passer pour un jeune homme de vingt ans (en effet, seul les citoyens participaient aux assemblés : lesquels devaient être de sang de citoyens et avoir minimum vingt et un ans). C'était magnifique! Ils s'assirent tandis que quelques autres finissaient leur discussion, puis un homme prit parole. Plus un bruit. Ils allaient maintenant annoncer les résultats du vote pour les stratèges. Riches citoyens, pêcheurs, et mineurs, attendaient avec impatience : cette diversité au sein de l'assemblée était un réel spectacle! Neuf noms passèrent, et enfin le dernier : Périclès. Chris était fasciné, Claude lui souffla à l'oreille :
"C'est cette année qu'il est élu pour la première fois mais...
-Il le sera encore pour quinze année consécutive, je sais!"
Les dix hommes firent un petit discours de remerciement et revinrent s'assoir. Certains citoyens partirent, nos deux aventuriers en profitèrent pour se glisser parmi eux.
"Waouh, lâcha Chris, une fois sortie. Je n'ai rien vu d'aussi spectaculaire!
-Je sais...et ce n'est pas tout, nous avons pleins de choses à voir! Que dirais tu d'aller visiter les rues de la ville?"
Le jeune garçon était comblé, et ainsi, ils partirent découvrir ce qu'Athènes leur réservait.

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J'prends ma canne à garder la pêche pour attraper des poissons clowns
Et des casquettes ratons-laveurs, et toutes mes chaussettes assez cools
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Des visas à vie pour des paysages sans vis-à-vis
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Elisheba
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MessageSujet: Re: Ma machine et moi (Texte)   Dim 25 Nov - 11:08

J'arrive!! Et je continue.
Allez les filles, on se motive!!!!!!!!! =D


Chris et Claude marchèrent longuement dans les rues d'Athènes, prirent le temps de tout visiter. Claude montra à son petit fils les principaux monuments de la ville, tels que l'Acropole ou les théâtres. Ils restèrent émerveillés devant l'Érechthéion et ses colonnes sculptées ou encore devant les Propylées.
Après quelques heures de balade, alors qu'ils marchaient tranquillement dans la rue, Chris désigna une silhouette au loin et s'écria:
-C'est pas Périclès, là-bas?
Claude repositionna ses lunettes sur son nez puis murmura:
-Oh bon sang, c'est lui!
Justement, ils se rendirent compte que le brave homme venait vers eux. Chris et son grand-père accélérèrent le pas pour rejoindre Périclès. Celui-ci les vit, leur lança un regard intrigué puis vint à leur rencontre.
-Hé, vous! lança-t-il.
Chris se figea, ne s'attendant pas à pareille apostrophe. Mais Claude, quant à lui, s'approcha de Périclès et engagea la conversation avec lui. Chris resta bouche bée devant les connaissances linguistiques de son grand-père.
-J'ai vu que vous étiez à l'Ecclesia tout à l'heure. Vous n'êtes pas d'ici, n'est-ce pas?
Claude hocha la tête. Il reprit la discussion et Chris vit Périclès sourire.
-Suivez-moi, conclut ce dernier. J'ai hâte d'en savoir plus sur vous.
Il les précéda et Claude fit signe à Chris de le suivre. Les trois amis marchèrent puis entrèrent dans une vaste maison grecque. Il y avait de grandes cours et les pièces étaient très lumineuses. De toute évidence, cette habitation appartenait à quelqu'un de riche.
Soudain une femme arriva. Lorsqu'elle vit Périclès, son visage se barra d'un sourire et elle se précipita vers lui. Ils s'embrassèrent et s'étreignirent longuement. Chris était un peu gêné. Il se tourna vers son grand père qui, lui, avait reconnu la jeune femme. Elle avait entre vingt-cinq et trente ans, pas plus. Ses paroles étaient agréables à entendre et elle était très belle. Néanmoins, ses traits, aussi fins et agréables qu'ils étaient, la trahissaient: elle n'était pas d'Athènes.
-Aspasie, murmura Claude.
-Qui? lui chuchota Chris.
-Cette femme. Elle s'appelle Aspasie. C'est la maîtresse de Périclès.
Chris marqua un temps avant de réaliser que son grand père disait vrai.
-Il y a quelques années, continua l'aïeul, Périclès était marié avec Dinomaque. Puis il est tombé amoureux d'Aspasie et il a divorcé en remariant lui-même sa propre épouse. Seulement, Aspasie étant étrangère, une métèque donc, il ne peut l'épouser. En revanche, elle vit avec lui, il me semble. Mais elle ne sera jamais sa compagne légitime.
-Que fait-elle ici alors? insista Chris en ne quittant pas Aspasie des yeux.
-J'ai entendu beaucoup de choses sur elle. On dit qu'elle n'est pas très recommandable et que ses mœurs sont légères, si tu vois ce que je veux dire. En revanche, elle est érudite et très cultivée et beaucoup de gens viennent la voir pour qu'elle leur enseigne l'art de la parole. De grands hommes viendront lui rendre visite juste pour acquérir une infime partie de ses vastes connaissances. En tous cas, elle est très respectée et très indépendante. Etant donné qu'elle est étrangère, d'Asie mineure il me semble, elle n'est pas soumise aux lois et elle paie les impôts au même titre qu'un citoyen athénien. On dit aussi qu'elle participe à la politique de la ville et que son influence est grande.
Claude n'eut pas le temps de continuer; Aspasie s'avançait déjà vers eux avec un grand sourire pour les accueillir chaleureusement.
-Soyez les bienvenus, leur dit-elle. Périclès m'a parlé de vous. Venez, nous allons vous recevoir.
D'un geste de la main, elle leur désigna la pièce attenante. Ils y entrèrent, s'installèrent autour d'une table. des esclaves vinrent leur laver les mains. On leur servit un repas simple mais consistant: galettes d'orge, légumes, viande, fromage, fruits, pâtisseries et vin. Les hommes mangeaient allongés, et Aspasie était aussi de la partie, seulement elle se contentait d'être assise. Les convenances l'auraient obligée à s'éclipser et à manger dans le gynécée au milieu des autres femmes mais elle voulait être traitée comme l'égale de l'homme et faisait donc fi de tout cela.
-Mangez à votre faim, répétait Périclès tandis qu'Aspasie ne détachait pas les yeux des deux visiteurs.
-Que venez-vous faire à Athènes? demanda-t-elle enfin.
-Nous sommes venus par hasard, mentit Claude. Nous sommes de simples voyageurs.
La jeune femme hocha la tête et engagea une autre conversation. Elle ne manqua pas de démontrer son savoir en parlant de philosophie et de politique. Périclès hochait la tête, approuvait certaines choses, en refusait d'autres. Parfois il donnait son avis, disait qu'il fallait changer telle ou telle manière de faire ou au contraire les garder. Chris ne disait rien. Il ne comprenait rien, d'ailleurs et se contentait de manger tout en observant ses hôtes.
Au bout d'un moment, il donna un coup de coude à son grand-père et celui-ci le regarda avec un air désolé.
-Mes amis, s'exclama-t-il alors, je ne voudrais pas abuser de votre hospitalité. Nous devons penser à repartir et nous avons encore quelques préparatifs à faire.
Tous se levèrent et se saluèrent. Claude semblait véritablement peiné d'interrompre sa conversation avec la belle Aspasie. Néanmoins, il la salua selon toute bienséance avant de se tourner vers Périclès. Les deux hommes se dirent adieu avec de grands sourires, comme deux amis de longue date.
Quelques minutes après, Claude et son petit fils quittaient la maison de Périclès et marchaient à grands pas dans la rue.
-Retournons à la machine, murmura Chris profondément troublé par la rencontre qu'il venait de faire.
Ils retrouvèrent leur machine sans problème et prirent place à l'intérieur. Claude appuya sur des boutons, actionna la machine et quelques secondes après, ils avaient disparu.

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MessageSujet: Re: Ma machine et moi (Texte)   Lun 26 Nov - 1:38

Avec beaucoup (beaucoup, beaucoup, beaucoup) de retard, je viens de lire vos suites et j'ai juste adoré !!!

C'était génial à lire et j'ai hâte moi aussi de savoir la suite =)

Voici la mienne :



Claude se retourna vers son petit-fils, exténué. Il le regarda quelques minutes, heureux de lui faire découvrir ces périodes de l'histoire qu'il chérissait tant. Chris était plus cultivé qu'il ne l'aurait cru et il en était très fier. Finalement, il avait réussi à inculquer à son petit-fils quelques uns de ses principes.

Chris fronça les sourcils :
- Que se passe-t-il ? demanda-t-il à son grand-père.
- Oh rien, rien. C'est juste que je suis content que tu sois ici avec moi.

Chris lui fit un de ses plus beaux sourires avant de continuer :
- Je suis aussi très content de faire ces voyages à tes côtés.

Il fit une pause. Claude remarqua l'air énigmatique de son petit-fils.
- Tu n'as pas trouvé que cette Aspasie nous regardait d'une étrange façon tout à l'heure ?
- En effet, commença Claude. Il me semble l'avoir déjà croisée quelque part.
- C'est pour ça que tu étais un peu mal à l'aise ? dit Chris qui essayait de comprendre le comportement énigmatique de son grand-père.
- Exact, tu as deviné. Je suis sur de l'avoir déjà vue, mais je ne sais plus où ni quand.
- Euh, comment ça ? Tu veux dire que ...
- Nous ne sommes pas les seuls à voyager à travers le temps, mon petit.

Chris, bien qu'habitué à ses romans de science-fiction resta bouche-bée quelques instants. Toute cette histoire lui faisait un peu peur même si, il devait l'admettre, revivre ces instants passés lui plaisait vraiment beaucoup. Il n'avait jamais aimé ses cours d'histoire. Lire les romans historiques, par contre, lui donnait plus envie mais là, oui là, c'était carrément jouissif. Et ils n'étaient pas les seuls à user de ce genre de machine, apparemment.

- Tu penses vraiment qu'elle vient d'une autre époque alors ?
- Hm, je ne dirai pas ça. Je pense plutôt qu'elle a trouvé un moyen de voyager, comme nous. Peut-être Périclès a-t-il trouvé les bonnes équations permettant de rendre ce genre de voyage possible.

Les deux hommes restèrent silencieux quelques instants. Cette révélation insinuait beaucoup de choses. Et si les plus grands personnages de l'histoire n'étaient pas vraiment issus de la période à laquelle on les avait attribués ? "Brr, mieux vaut ne pas penser à ça", se dit Chris, inquiet tout à coup.

"Bon sang !" s'exclama Claude, confus. "J'avais complètement oublié!". Chris fit les gros yeux. Qu'avait-il oublié de si important ? Son grand-père partit au fond de l'armoire et se mit à farfouiller dans plusieurs sacs. "C'est vraiment le bazar ici", pensa Chris. Mais il commençait à se faire à cet endroit. "On dirait ma chambre : tout est en désordre mais on sait exactement où trouver chaque chose".

"Ha, le voilà!". Claude revint vers son petit-fils avec deux paquets dans les bras. Chris les regarda d'un air songeur quand, tout à coup, une lumière se fit dans sa tête. "Bon sang!"

- Joyeux anniversaire mon garçon. Tu as 18 ans, ce n'est pas rien. Toutes mes félicitations !

Chris sourit bêtement et enlaça son grand-père qui lui donna les deux paquets. "Comment avais-je pu oublier ?!".
Le jeune garçon prit son temps pour ouvrir les deux paquets. Le plus gros renfermait une collection de livres d'histoire sur l'Antiquité. Il les feuilleta avec curiosité et remercia chaleureusement son grand-père qui avait pensé à lui. Mais le second paquet l'attendait encore. Quand il l'ouvrit, il ne vit qu'une belle couverture de cuir. Il aimait l'odeur que dégageait la couverture et s'en imprégna avant d'ouvrir.

Ce qu'il découvrit le laissa sans voix : c'était un album photo et chacune des photos mettaient en scène ses parents. C'était un merveilleux cadeau. Même si pour ses 18 ans il avait rêvé d'une voiture ou d'un voyage, ce livre représentait bien plus à ses yeux. Quelques larmes perlèrent mais Claude vint vite le réconforter. Le vieil homme n'aimait pas trop les moments de tristesse.

- Ehm... Bon, et si on allait se balader ? s'exclama Claude, de nouveau enjoué.
Chris acquiesça volontiers. Il lui fallait une distraction. Il déposa précautionneusement les ouvrages près de lui et se tourna vers son grand-père.

A la vue des larmes versées par Chris, Claude décida de ne pas se rendre en 1990 pour le moment. Ils y retourneraient plus tard et Claude ne voulait pas attendre toute une nuit que la machine se recharge. Revoir ses parents en chair et en os serait peut-être un trop gros choc. De plus, il aimait voir son petit-fils émerveillé devant les chefs d’œuvre de l'Antiquité. Cela faisait longtemps qu'il ne l'avait pas vu si enthousiaste et joyeux. Il fallait donc en profiter.

- Nous voici en -336. J'espère que tu sais qui est Alexandre le Grand ?
- Bien sur, répondit Chris, ravi, avant de suivre son grand-père vers l'extérieur de la machine. Mais, attends. Tu ne m'avais pas dit que nous ne pouvions pas faire trop de voyages dans le temps à l'affilée ? Cela pourrait abimer la machine.

Claude toussota grossièrement avant de répondre :
- Oui, c'est exact mais c'est en fait plus compliqué que ça. Arthur m'a confié son pass'antique.
- Pardon ?!

Claude fit signe à son petit-fils de se taire. Plus de questions.


Dernière édition par Lyadrielle le Ven 5 Juil - 23:58, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Ma machine et moi (Texte)   Sam 18 Mai - 22:10

Voilà la suite! C'est long mais bon, vous me pardonnerez!... ^^"

Lorsque Chris et Claude sortirent de la machine, ils firent quelques pas au dehors, sans dire un mot. Il faisait très chaud, néanmoins la température était supportable. Le paysage était presque désertique; ils avaient débarqué sur un chemin sablonneux non loin d'une ville bordée d'un fleuve. Malgré le climat désertique, la végétation était luxuriante et le paysage était doté de beaucoup de verdure.
-Euh... Grand-père? demanda Chris. On est où, là? On devait pas aller voir Alexandre le Grand?
Claude regarda autour de lui avec étonnement puis déclara:
-Hm, effectivement! Je... Il doit y avoir un problème avec la machine...
-Tu as tapé la bonne date, au moins? renchérit son petit fils.
-Je crois. Enfin, ce n'est pas grave!
Il ne laissa pas à Chris le temps de protester et s'exclama:
-Bienvenue en Egypte!

Chris ouvrit de grands yeux et voulut répondre mais Claude, qui avait fouillé dans la machine, lui avait tendu un pagne de lin.
-Détourne-toi! lui ordonna Claude. Et change-toi, il fait si chaud ici!

Une fois changés, Chris et Claude se baladèrent dans la ville avoisinante. Thèbes était une capitale très riche où toutes sortes de choses abondaient. Au bout de la ville se dressait un immense palais. C'était là que la famille royale habitait. Celle-ci avait rendu sa splendeur à Thèbes qui était alors une ville obscure et dont la popularité n'avait cessé d’accroître au fil du temps. On y croisait toutes sortes de personnes: courtisans, prêtres, architectes ou simples paysans qui faisaient chacun la gloire du royaume.
La ville était ponctuée de temples. Chris s'émerveilla devant les impressionnants édifices de pierre blanche qui se dressaient devant lui. Son aïeul lui fit visiter le temple d'Amon Ré où ils traversèrent les cours fleuries et firent le tour du Lac Sacré. Ils s'extasièrent ensemble devant les gigantesques statues du dieu du soleil et croisèrent plusieurs prêtres de Ré qui faisaient leurs offices. Malheureusement, l'entrée dans les bâtiments sacrés du temple leur fut interdite.

Après s'être baladé dans Thèbes, Claude voulut voir le Nil. Accompagné de Chris que la chaleur incommodait, ils se promenèrent près du fleuve où des femmes lavaient leur linge et où quelques enfants se baignaient en se livrant de temps en temps à des concours de natation. Comme ils voulaient passer de l'autre côté de la rive, ils empruntèrent la barque publique. Une fois installé dedans, Chris s'agrippa de toutes ses forces à la barque sous les regards médusés des autres passagers car les courants du Nil étaient assez forts pour renverser l’embarcation. Quant à Claude, il ne s'en soucia pas et profita de la petite bise rafraîchissante qui courait sur le fleuve et qui déposait sur les passagers sa température bienfaisante. Ils ne furent pas les seuls à s'en délecter; même les oiseaux marins qui bordaient le Nil venaient en bénéficier.

L'autre rive du fleuve comportait énormément de cultures céréalières que le Nil lui-même irriguait grâce à un ingénieux système de canaux et alimentait en limon. Cependant, lorsque l'on dépassait ces cultures, la terre se faisait plus aride et le paysage beaucoup plus désertique: c'était la Vallée des Rois, où étaient inhumés les plus grands pharaons et les reines méritantes. Ce territoire de mort était constellé de temples tous plus beaux les uns que les autres et qui avaient été érigés en l'honneur des plus grands monarques. Non loin du temple de Montouhotep, un autre temple était en train de s'ériger. Ce dernier, dont la façade était affligée d'immenses rangées de colonnes et d'escaliers, était gardé par plusieurs statues à l'effigie du monarque actuel.
-Non, pas du monarque, corrigea Claude devant l'air ahuri de son petit fils, mais en l'honneur de la Reine! Enfin, du Roi, comme on l'appelle.
Chris le regarda avec un air interrogateur et le vieil homme reprit:
-La Reine Hatchepsout. Encore toute fraîchement couronnée! Et tu vois l'une des statues, là-bas? Eh bien c'est elle, qui s'est faite représenter en homme. Elle veut être considérée comme tel, à ce qu'il paraît.
D'un geste, il enjoignit à son petit fils de faire demi-tour et de s'éloigner. Epuisé par le soleil et la chaleur, Claude se sentait groggy et voulait retourner à l'ombre.

Ils reprirent alors la barque publique et décidèrent de faire une petite marche dans les épaisses forêts qui ponctuaient Thèbes afin d'y trouver un peu d'ombre. Jamais Claude n'avait vu végétation plus dense. Pendant leur promenade, il ne cessa pas de toucher les arbres et les palmiers. Il découvrit même des plantes qu'il n'avait encore jamais vues.

Soudain, Chris qui marchait non loin de là, poussa un cri. Une flèche venait de se planter à quelques centimètres de ses pieds. La peur le figea sur place; pendant l'ombre d'un instant, il pensa qu'il allait être attaqué. Il se baissa pour ramasser la flèche qui s'était solidement fichée dans le sol mais Claude l'arrêta en criant:
-Non! Ne touche pas à ça!
Ils observèrent tous deux la flèche. Elle était de bonne qualité et avait volé avec une puissance inimaginable.

Un jeune homme arriva en poussant la végétation qui bloquait ses pas. Il était assez jeune et portait des vêtements assez luxueux, ce qui laissait deviner qu'il occupait une place importante dans la société. Il ramassa délicatement la flèche et, tout en se relevant, posa son regard sur Chris et Claude. Il ne prononça pas une parole et se contenta de les observer calmement. Ses yeux détaillèrent les deux étrangers de haut en bas, sans montrer aucune hostilité.

-Senmout? dit alors une voix.
La végétation s'écarta sous la poigne de deux mains fines et une toute jeune femme apparut. Elle portait un pagne d'homme et sa poitrine était recouverte d'un épais collier d'or et de pierreries qui cachait ses formes. Ses oreilles et ses poignets étaient sertis de bijoux, tout comme les sandales de cuir qu'elle portait et qui s'enroulaient gracieusement autour de sa cheville. Sa tête était ornée d'une perruque noire de belle qualité dont se dégageait un parfum fort coûteux. Tout en elle témoignait la grâce et le respect.
L'inconnue marqua un temps; Chris remarqua sa figure fine, ses traits agréables et ses grands yeux sombres ourlés de khôl qui détaillaient tour à tour Senmout et Claude. Ce dernier fit profil bas et s'inclina. Il avait reconnu la jeune femme. Devant lui se tenait la grande reine Hatchepsout.

Hatchepsout eut un petit sourire mais ne détacha pas ses yeux des deux étrangers. A côté de Claude, Chris avait baissé la tête car il avait compris qu'il venait de croiser une personnalité importante. Il n'osa même pas relever les yeux.
La jeune reine tendit la main vers Senmout qui lui tendit sa flèche. Puis elle la plaça sur l'arc qu'elle avait à la main, ferma un oeil et tira vers le ciel. La flèche atteignit un oiseau marin qui s'écroula sur le coup. Senmout courut chercher l'animal pour le ramener en trophée à Hatchepsout qui resta sur place et attendit. Elle éclata d'un rire clair puis se lassa et commença à s'éloigner. Avant cela, elle plongea son regard dans celui de Claude qui n'avait rien osé dire, puis murmura un "Au revoir, étranger" avant de partir à son tour.

Tout éberlué, Claude retourna à la machine accompagné de Chris qui venait de comprendre que la flèche qui avait failli le blesser avait en fait été tiré par la reine elle-même en pleine chasse.
-Tu te rends compte? s'exclama l'aïeul, la reine Hatchepsout! Et son intendant Senmout!
Il se tourna vers son petit fils et continua:
-C'est sans doute son meilleur ami... Ils sont tellement proches que certains les croient amoureux. En tous cas, on ne saura jamais, mais il la suivra absolument partout. Il n'en reste pas moins qu'Hatchepsout fut l'une des monarques les plus importantes de sa dynastie! Après la mort de son mari,Thoutmosis II, elle prend la régence et rend son âge d'or à l'Egypte par des expéditions fréquentes à l'étranger, d'où on ramène des richesses considérables! Elle améliore aussi les relations du pays avec les terres étrangères, construit des temples magnifiques et réussit à faire régner la prospérité pendant plus de vingt ans, mais, soit dit entre nous, elle n'est pas très pacifiste. D'ailleurs, elle fera pas mal de campagnes, comme en Nubie! Et elle adore chasser, comme tu as pu le voir! Dommage que son nom ait été effacé par son successeur, Thoutmosis III, après sa mort... Bien qu'on ne connaisse pas encore les vraies raisons de sa disparition!

Chris soupira. Son grand-père marchait tout en parlant et son enthousiasme était exagéré et fatigant. Cependant, le vieil homme ne tarda pas à se tourner vers lui et à dire:
-On en a assez vu pour le moment, tu ne crois pas? Rentrons!

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MessageSujet: Re: Ma machine et moi (Texte)   Sam 6 Juil - 16:21

Mais Chris ne voulait pas rentrer. Le paysage l'émerveillait et la reine l'avait estomaqué. Il avait entendu à plusieurs reprises des légendes sur cette femme incroyable mais il n'avait jamais pris la peine de se renseigner davantage.

- J'aimerais rester un peu, déclara-t-il. J'aimerais en apprendre davantage.
- Ici, je n'ai pas d'amis mais nous pouvons continuer notre voyage en Égypte antique si cela te plaît. Je connais quelqu'un en -1154.
- Mais, comment t'es-tu fait ces amis ? demanda Chris, curieux.

Claude s'arrêta un instant et prit un air pensif :

- C'est une longue histoire et nous n'avons pas le temps. Allez, viens, on s'en va.

Chris râla mais suivit son grand-père dans la machine.

- Nous allons donc voyager vers le Nouvel Empire, et plus précisément vers la 20e dynastie. Ce n'est pas ma dynastie préférée mais la personne que je connais pourra nous faire découvrir quelques secrets bien cachés.

La machine trembla quelques instants avant de s'immobiliser enfin.

- Nous voilà ! s'exclama Claude. Bon, nous sommes sous le règne de Ramsès III, surnommé le dernier grand pharaon. Sous son règne, pour la dernière fois de son histoire, l’Égypte retrouve sa puissance au Proche-Orient. Fervent admirateur de l'illustre Ramsès II, Ramsès III monte sur le trône vers 40 ans - c'est un peu tard je te l’accorde, et consacre la majeure partie de son règne à remettre de l'ordre dans le pays, qu'il réorganise en profondeur sur les plans politique, économique et religieux.
- Ha si, ça me dit quelque chose, se risqua Chris. Il n'y a pas eu de complots sous son règne ?
- Oh si, il n'y en a eu un et pas des moindres. Sa fin de règne s'est terminée de la pire façon : par un terrible complot ! Le roi avait surtout commis l'erreur de ne pas se décider sur le choix de sa Grande Épouse Royale et l'une d'entre elles avait absolument voulu placer son fils sur le trône. Même de nos jours, nous ne savons pas si la mort de Ramsès III fut accidentelle ou meurtrière. Je t'avouerai que je pencherai pour le crime, personnellement. Bon, assez bavardé, sortons d'ici.

Claude poussa Chris hors de la machine tout en lui donnant les vêtements adéquats. Le vieil homme cacha la machine en la recouvrant de paysages de l'époque et sortit à son tour.

Le souffle chaud du vent leur fit du bien et ils profitèrent de ce moment de calme pour admirer les alentours. Une route bordait leur lieu d'arrivée et plusieurs personnes s'y baladaient tout en essayant de se protéger des rayons dardant soleil. Au loin, de grandes portes en pierre barraient le passage et de longs remparts interdisaient aux passants d'entrer. De magnifiques bas-reliefs mettaient en scène des légendes et des contes divins. Sur l'un, on y reconnaissait le dieu à tête de faucon, Horus, soutenant la lourde pschent et portant le sceptre.

- Je me souviens des quatre fils d'Horus. J'avais vu ça dans un reportage sur la momification : Amset, à tête d'homme, Hâpi, à tête de babouin, Douamoutef, à tête de chacal et
Kébehsénouf, à tête de faucon. Ils étaient représentés par de drôles de vases.
- C'est ça, continua Claude, heureux de voir que son petit-fils s'y connaissait un peu. On les appelle vases canopes. Ils servaient à récupérer les viscères embaumés du défunt.

Chris déglutit. Il n'avait jamais trop aimé les momies et savoir comment on les embaumait ne l'enchantait pas du tout.

- Mais sais-tu d'où vient ce curieux nom de "vases canopes" ? On les appelle en fait comme ça à la suite d'une vieille erreur. Cette histoire commence dès l'Antiquité quand les anciens Grecs baptisent Canope, nom du pilote du roi Ménélas, un petit port du nord de l’Égypte. Or, dans ce joli petit port, on adore Osiris sous la forme d'une statuette ayant l'aspect d'un vase au bouchon représentant la tête du dieu. Lorsque, des siècles plus tard, les premiers antiquaires européens découvrent cette statuette, ils l'appellent "canope", comme le port où ils l'ont trouvée. Puis, sans réfléchir, ils nomment ainsi tous les vases à bouchon en forme de tête de dieu! Comme quoi, mon garçon, un peu de réflexion ne nuit pas.

Chris n'eut même pas le temps de répondre, que son grand-père enchaîna. Il en connaissait apparemment beaucoup sur l'Égypte et le jeune homme était ravi d'en apprendre autant à ses côtés.

- Tiens, regarde, reprit Claude. Cette statue c'est Anubis : dieu des morts et spécialiste des momies, il veille sur les cimetières et monte la garde pour les dieux et les morts. Tu le reconnaîtras grâce à sa tête de chacal.

Quelques minutes plus tard, Chris souffla son admiration quand ils arrivèrent au bas des grandes portes : d'immenses statues leur faisaient face et un gigantesque temple emplissait tout le point de vue.

- C'est splendide n'est-ce-pas ? murmura Claude comme pour ne pas troubler ce moment de quiétude et d'émerveillement. Voici le temple de Médinet Habou, un des plus beaux joyaux de l'architecture funéraire du Nouvel Empire. Rends-toi compte : son fonctionnement nécessite pas moins de 60 000 personnes !
- Impressionnant, admit Chris.
- Viens, lui dit son grand-père, nous devons aller trouver mon ami.
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MessageSujet: Re: Ma machine et moi (Texte)   Aujourd'hui à 11:15

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