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 Thème du 13 mars au 8 avril

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Quelles sont les participations qui selon vous répondent le plus au sujet ?
Jool. TEXTE I. Qu’y a-t-il après la mort ?
9%
 9% [ 3 ]
Speechless. TEXTE II. Ma théorie macabre
3%
 3% [ 1 ]
Zois'O. TEXTE III. After Death
18%
 18% [ 6 ]
Ewilan. TEXTE IV. Une mort pas si terr...ible
3%
 3% [ 1 ]
MelleFredoune. TEXTE V. Comme des enfants, condamnés à suivre ce qu’on leur dit
9%
 9% [ 3 ]
Elshalan. TEXTE VI. Canfyddiad
6%
 6% [ 2 ]
Elisheba. TEXTE VII. C’est à toi de voir...
6%
 6% [ 2 ]
Ezla. TEXTE VIII. Errance
12%
 12% [ 4 ]
Lygat. TEXTE IX. La grande question...
12%
 12% [ 4 ]
Anaël. TEXTE X. Il n’y aura plus rien
9%
 9% [ 3 ]
Antigone. TEXTE XI. Post Xitius Vitem
9%
 9% [ 3 ]
Tristann. TEXTE XII. Théories...
6%
 6% [ 2 ]
Total des votes : 34
 

AuteurMessage
Capitaine
Admin Fondateur


Messages : 88

MessageSujet: Thème du 13 mars au 8 avril   Dim 1 Avr - 18:24




Thème du 18 mars au 8 avril : PARTICIPATIONS




Chers Passagers, Chères Passagères, l'heure est enfin arrivée.
Vous avez tous bien bossé pour rendre vos textes à temps, et les résultats sont... plus qu'hétéroclites ! Félicitations à tous, c'est un bonheur de vous lire ! Voici les textes en course pour le concours dont on vous rappelle le thème :
Citation :
Qu'y a t'il après la mort ? Que vous soyez chrétien, musulmans, bouddhiste ou athée, je suis sûre que vous avez votre vision des choses. Variez, osez ! Montrez nous une vison inattendue et surprenante. J'attends des idées ingénieuses, des histoires loufoques, que ce soit MORTEL !! Bien sûr, pas besoin de partir dans des extravagances, mais je veux des idées nouvelles, du jamais vu ! Un texte qui sera digne de remporter le concours !

Le vote (exclusivement réservé aux membres) se déroulera du dimanche 1er avril au dimanche 8 avril.
Ah oui ! Je me permets aussi de préciser qu'il est extrêmement probable qu'il y ait des fautes de frappe dans les textes qui vont suivre, mais on les laisse à la responsabilité du participant vu qu'on n'a pas tout relu =D. Et aussi, qu'à partir du prochain concours, aucune relecture ne sera faite par les modos et que les participations seront rigoureusement postées telles quelles, pour plus de liberté (et moins de boulot). Soignez donc votre présentation et votre orthographe !


TEXTE I.
Qu’y a-t-il après la mort ?
by Jool

_____Qu’y a-t-il après la mort ? Le paradis ?
Mon esprit ressasse sur cette question depuis maintenant plusieurs heures. Devant ma respiration rauque et mes gémissements, ma famille m’a abandonnée ici, sur un lit d’hôpital inconfortable, seule au milieu d’une chambre austère. Plus personne ne vient voir Grani, parce que Grani est morte pour eux. Il ne reste plus que sa silhouette qui se rattache désespérément à la vie. On a sans doute déjà dit aux enfants que leur grand-mère était au paradis, qu’elle était avec Papi. J’imagine leurs visages incrédules, eux qui n’arrivent pas à comprendre la notion de mort ou vivant, à seulement 5 ou 6 ans.
_____ Qu’y a-t-il après la mort ? Rien ?
De nouveau je me préoccupe de mon futur proche, car je me sens partir, doucement. Quelqu’un viendra-t-il me voir après ? Me tiendra-t-on la main ou au contraire on me la remettra bien droite, sur ma poitrine. Je vois d’ici le funérarium vide, avec, si j’ai de la chance, 1 ou 2 de mes voisins avec qui je jouais au Bridge, le samedi après-midi. La mort fait peur au gens, ils s’en éloignent le plus possible. Alors je reste interdite de visite, seule et oubliée dans un univers que je ne connais pas.
_____ Qu’y a-t-il après la mort ? Une autre vie ?
Cette vision là des choses me plait. J’aimerais tant avoir une seconde chance et vivre pleinement mes rêves de jeunesses, alors qu’il y a 75 ans j’ai été obligé de suivre le mari que l’on m’avait attitré. Je serais peut-être devenue une grande danseuse étoile, voltigeant au Bolchoï de Russie, reine de la piste, lumière des artistes. Si j’ai une autre chance, je vivrai ma vie jusqu’au bout. Afin de ne pas regretter sur mon lit de mort mes choix et mes décisions, qui se révèlent toujours mauvaises en fin de compte.
Qu’y a-t-il après la mort ? Je ne sais pas…
Vient le moment de la résignation, cela ne sert plus à rien de lutter pour quelque chose que je ne veux plus avoir. J’en ai marre de survivre entourée de câbles, de tuyaux qui essayent de me maintenir en vie. Je demande juste le repos, éternel si possible. Pouvoir fermer les yeux paisiblement et me laisser partir vers l’inconnu, ce qui préoccupe tant les hommes depuis la nuit des temps. Ça n’a plus d’importance pour moi, je fais confiance.
Enfin dans un dernier soupir, je plonge dans l’abîme inaccessible aux mortels.



TEXTE II.
Ma théorie macabre
by Speechless

_____« Du froid, des frissons, un souffle qui s'éteint dans une buée glacée. Rideau.
_____ Et soudain commence le parcours initiatique d'une petite âme en peine, balladée dans l'au-delà, parcourant l'univers en volant tel un super-héros zélé, mais errant sans réel but à travers les cumulus. La mort.
Ne plus rien sentir, ni le vent, ni la pluie, ni la douleur, ni le plaisir. Etre dans un état d'engourdissement permanent et devenir spectateur de la vie. Observer avec mépris ce monde décadent, et se rappeler « De mon temps... ».
Ouvrir la bouche bien grand, pour hurler un dernier adieu puissant. Mais qu'aucun son ne sorte. Vouloir vider son chagrin à travers des larmes. Mais que les yeux demeurent secs. Être inerte, être morte.
_____ Je vois de grands yeux ternes sur des visages terreux. Que seul la photographie argentique révèle. Des formes flous qui ondulent dans la noirceur de la nuit, une danse macabre qui dans nos souvenirs nous suit. Un ballet d'esprits frappeurs, qui refuse le statut de charogne, et veulent encore grignoter quelques miettes d'amusement. Boum ! Un petit corps de mémé grincheuse balancé contre un mur. Scrich ! Les nattes d'une petite fille capricieuse qui tombent mollement sur le sol. Bam ! Une sculpture hors-de-prix qui explose en mille morceaux épars. Lutte contre le matérialisme humain, inutile ici-bas. Vos valeurs sont faussées, la mort vous rappellera à l'ordre. Vous n'emmenerez rien dans votre tombe, si ce n'est votre encombrante carcasse, stupides êtres humains !
_____Une révolte silencieuse contre la vie, prendre tout ce qui respire comme ennemi. Notre envie devient haine, teintée de regrets et de peines. Puis on finit par s'oublier, oublier qui l'on était avant. Car c'est un éternel recommencement... Fermer les paupières, légères comme des plumes, qu'elles se collent et nous coupent de ce monde dont nous ne faisons déjà plus partie. S'abandonner et puis... attendre. La fin. La décomposition.
_____ Et sous une forme diverse, un chevreuil, une loutre, un caillou ou une poutre, on se réincarnera.
_____Aussi, tu dois comprendre, que prendre ta douche nu, au côté de ton chat, même derrière une paroi, n'est pas des plus ingénue, et si tu ne me crois pas, tu le lui demanderas.
_____ Bien amicalement, une ex-mouche qui en a vu, des vertes et des pas mûres, coincé dans les toilettes publiques de Namur.
»



TEXTE III.
After Death
by Zois'O

_____« Excusez-moi, j’aimerais savoir où nous nous trouvons.
- Nous sommes au paradis, madame.
- Ah, c’est loin de Paris ?
- Oui, madame.
- Et où puis-je trouver une voiture ?
- J’ignore ce qu’est une voiture, madame.
- Connaissez-vous les avions ?
- Oui madame. Mais nous ne nous déplaçons qu’en nuage.
- Où puis-je en acheter ?
- Il me semble qu’ils en vendent dans le grand magasin IKEA, derrière vous.
- Merci monsi… Comment vous appelez-vous ?
- Appelez-moi Jésus.
- Bonne journée Monsieur Jésus. »
_____ La dame de Paris se détourna et s’engagea dans l’allée des palmiers volants où volaient des palmiers. Ce pays complètement inconnu lui semblait original par son paysage (de la brume) et par sa population. Elle croisa une femme d’affaire qui tenait sa valise en laisse, un chauve souris avec une perruque, un homme qui marchait sur les doigts, un chihuahua à la coupe punk, un chat qui cancanait, un panneau publicitaire sur jambes poilues, un nuage de papillons blancs, et un chien à trois pattes. Parfois, elle apercevait des jeunes couples étalés par terre, tombés raides amoureux. Cela lui semblait bizarre, mais elle n’osait pas leur proposer son aide et se contentait de ne pas leur marcher dessus. Au bout de l’allée le magnifique magasin IKEA se dressait fière comme une cuillère à soupe. Il était entouré d’un jardin ceint d’une grille néo-gothique en guimauve. La dame, alléchée par son étonnante couleur, la goûta.
_____« Hey, vous ! » L’interpella un jeune homme vêtu d’une toge blanche aux allures de baba cool.
« Oui, moi. » Lui répondit naturellement la dame pas du tout habituée à être interpellée.
« N’avez-vous donc pas lu dans le règlement qu’il est interdit de manger le Paradis ?
- Excusez-moi, j’ignorais qu’il y avait un règlement.
- Bon, voyez-vous ce panneau là-bas ?
- Celui-ci ?
- Non, celui de gauche c’est un panneau publicitaire.
- Celui-là alors ?
- Mais non, regardez bien, c’est le menu d’un restaurant.
- Ah, c’est ce panneau à l’entré du jardin ! Excusez-moi monsieur … monsieur comment ?
- Je suis l’ag’ange de sécurité LeBaptiste. Jean Le Baptiste pour les intimes.
- Heureuse de faire votre connaissance.
Elle le salua prestement puis rejoignit le panneau-règlement accolé à la grille où une file nombreuse temporisait.
« Règlement du savoir-vivre paradisiaque. Liste non exhaustive :
- Le paradis est interdis aux porteurs de baskets blanches.
- Les chiens n’ont pas le droit d’avoir quatre pattes.
- Les chats n’ont pas le droit de miauler.
- Il est interdit de péter lorsqu’on a des gants roses.
- Il est interdit de manger des papillons.
- Le marché noir d’esprit est sévèrement sanctionné par des punitions gratuites.
- Le trafic de pégases est interdit à l’intérieur du Paradis.
- …
_____ La liste s’étendait encore longuement pour un message pourtant clair et précis : 1) n’ayez pas d’animaux, 2) habillez-vous correctement, et 3) n’essayez pas de vous faire plus d’argents. Elle commençait à trouver ce pays de moins en moins passionnant et de plus en plus inquiétant.
_____ Jugeant d’un rapide coup d’œil la file d’attente qui s’engouffrait dans l’IKEA, elle se résigna à l’intégrer.
« Bonjour. » l’interpella un jeune homme devant elle.
« Bonjour. On se connait ?
- Non, mais vous avez l’air perdu.
- Pas vraiment, j’attends mon tour comme toutes les personnes ici présentes. Et vous ?
- Je me promène. Vous savez, quand on a du temps …
- Mais que faites vous dans la journée ?
- Beaucoup de choses : Le matin je construis des arbres en misterfrise, puis je téléphone à Dieu pour prendre de ses nouvelles, ensuite j’ai un stage d’observation des vivants de la Terre. L’après-midi je débute avec un cours de musculation avec Hercule, et pendant mon temps libre je vends des ailes sur e-bay ou de me balade. Que venez-vous chercher à IKEA ?
- Je voudrais acheter un nuage.
- Vous … n’êtes pas d’ici ...
- J’habite à Paris.
- Ah. Et c’est loin … Paris ?
- Apparemment.
- Savez-vous qu’il est très long et difficile de redescendre ? Je veux dire les modalités, la paperasse … Ça prend un temps fou. Six cents ans, et seulement si vous avez de la chance.
- N’y a t-il pas de solutions rapides ?
- On peut toujours contourner mais il faut avoir de l’argent.
- Dites toujours.
- Et bien, il faut aller aux bureaux des Passages. Ils proposent des réincarnations en fantôme pour 3000000 $.
- Il n’y a pas de plus petits tarifs ?
- Si, mais je doute que vous vouliez vous réincarner en plaque d’égout. »



TEXTE IV.
Une mort pas si terr...ible
by Ewilan

_____-dis papa y'a quoi après la mort ?
-dis fiston, est-ce que tu pourrais un jour arrêter de poser des questions connes ? Ou s'est inclus dans ton mode d'emploi ?
-mais papa...
-va jouer j'te dit !
-répond à ma question
-tu sais ou tu peux te la mettre ta question ? Dans ton cu*
-non mais Henry tu débloques ! Ça va pas de parler sur ce ton à notre ptit Tom. Tu voudrais l'traumatiser que tu t'y prendrais pas autrement !
-nadine, ne me donne pas de leçon, j'essaie d'éduquer ton fils..
-tu appelles cela ''éduquer'', tu te fiches de moi...
_____ Nadine se tourne vers son fils:
-alors mon ptit bout, c'est quoi ta question
-j'voudrais savoir ce qu'il y a après la mort
-d'abord on dit je voudrais, arrête de parler comme une racaille Tom
-henry, il a six ans, comment veux tu qu'il parle comme une racaille, il sait même pas ce que c'est
-crois moi, il apprendra bien assez vite. Il faut le former à la vie pendant qu'il en est encore temps !
-pour répondre à ta question, mon ptit loulou, j'aimerai te dire une réponse banale et sotte, mais il s'avère qu'il n'y en a pas. Tout le monde à une interprétation différente de l'après mort. Pour bien que tu comprennes, je vais d'abord t'expliquer ce que tout le monde croit... lorsque tu meurt, ton cerveau va au paradis
-c'est de conneries le paradis !!!et d'ailleurs, c'est pas ton cerveau qui va au paradis, c'est ton esprit, ta part personnelle...
-Henry, tu veux bien la fermer !
-pardon, tu entends le ton sur lequel tu me parles, je t'avoue que cela fait peur. C'est pas en disant des sornettes à notre ptit loulou...
-des sornettes ?
-ben oui parce que si jamais le paradis existe, notre gamin vu sa gueule ira en enfer...
-henry tu es injuste, je sais que Tom n'est pas ton fils, mais tu pourrais, par respect, être gentil avec lui, il ne t'as rien fait. De plus, si tu pouvais te taire, cela m'arrangerait !
-je me tais, je ne voudrais rater pour rien au monde, ton explication niaiseuse de l'après mort...
-maman ! C'est quoi l'enfer ?
-mon doudou, l'enfer c'est pour les gens méchants, des gens qui ont commis de grosses bétises durant leur vie, tu comprends ?
-alors moi j'irais en enfer , parc'que j'fais beaucoup de betises
-non mon chéri tu vois l'enfer c'est...
-pour les ordures de la société...
-ton père s'est mal exprimé mais c'est tout a fait cela ! Tu vois l'enfer c'est pour les meurtriers..mais toi, Tom chéri, tu n'y ira jamais...ne t'en fais pas !
_____ La mère reprend la parole.:
-tu vois, moi je ne crois pas en la notion de l'enfer et du paradis. Tu veux entendre ma version des faits ?
-ouiii
-alors assis toi, et écoute moi bien. Ce que je vais te raconter, c'est une histoire que j'ai améliorée au fil des années. Il n'y a peut-être rien de vrai dans ce que je vais te dire, mais moi j'aime croire à cette version. Cela me rassure.
-et tu sais que ta mère est une angoissée de nature (le ''père'' se marre interieurement)
-Henry, tu veux bien la boucler et écouter pour une fois ?
-mais bien sûr ma chérie, suffit de le demander
-Tom, afin que tu comprennes bien ma conception de l'après mort, je vais te l'expliquer sous une forme d'histoire. Ça te va ?
-chouette une histoire !
-bon ok, alors c'est parti
_____ Geneviève était une femme assez âgée, et il s'avéra que par un beau matin de printemps, quelqu'un la retrouva morte dans son lit. La voir endormie dans son lit était assez étrange. M'enfin ,une morte n'est pas faîtes pour rester dans son lit. On appela donc un fossoyeur qui alla l'enterrer au cimetière du coin. Pourtant, son mari ne pouvait se résoudre à sa mort, et il tenta par tout les moyens de correspondre avec elle....et
-putain nadine, viens en au fait, on va pas poirauter pendant 20 ans, sur la tristesse du vieux, franchement qu'est ce qu'on en a à branl**
-ok, henry, je vais essayer d'accélerer
-tu n'essaies pas tu le fait
-alors tu vois Tom, la vielle dame était morte et le mari, Gilbert,était inconsolable. Afin de rejoindre sa bien aimée, il se suiccida en se pendant au lustre de son salon.
-et bla bla bla...tu peux me dire la relation qu'il y a avec l'après mort ?
-pardon ?
-je te signales nadine, que la question de ton fils, est de savoir ce qu'il y a après la mort, pas de savoir qu'un vieux s'est pendu à son rideau de douche
-un vieux, tu plaisantes ? depuis tout à l'heure, je te parle de mes parents, t'as vraiment aucun respect, prend tes clics et tes clacs et barre toi...ça c'est la goutte d'eau qui fait déborder le vase... allez casse toi ! Et pour ta gouverne , sache que mon père s'est pas pendu à un rideau de douche, mais au lustre de notre salon.
-tu sais Nadine, je m'en contrefout de ton histoire mais avant de me casser, je vais donner ma version de la mort à Tom. Qui sait, cela lui servira peut être un jour
Tu vois Tom, moi je pense que lorsqu'on meurt, on se mêle à l'essence de la terre. On s'acquitte de notre dette envers elle. Tu vois, on l'a tellement maltraitée pendant toutes ses années avec notre pollution, qu'à notre mort, pour nous racheter, on lui fait don de notre corps. On s'excuse de notre irresponsabilité. Grâce à nous, elle peut puiser à nouveau de l'energie. Cela l'empêche de mourir. Ça la fait devenir plus forte, plus belle...tu comprends ? On a une dette énorme envers elle. Et la moindre des choses, c'est qu'a notre mort on l'a paye. Durant toutes ces années, on a surfé sur la terre,comme bon nous semblait, sans nous soucier que notre irresponsabilité, tuait de jour en jour, la planète qui nous avait vu naitre. Je trouve cela horrible. L'homme est une espèce nuisible. Il ne vit que pour tuer le beau, il ne vit que pour tout contrôler. Heureusement, la terre est un élément incontrôlable. Alors pour se venger, l'homme, enterre au plus profond de son coeur, des dechets radioactifs, qui la font pleurer. La pluie que tu vois tomber, n'est rien d'autre, que la tristesse de la terre. Tristesse qui se manifeste par des pleurs plus ou moins violent. Tristesse qui devrait faire prendre conscience aux hommes, du chagrin de la planète sur laquelle on vit.
Tu vois Tom, ça c'est ma théorie de l'après-mort, et j'espère sincerement que cela se passera comme je l'aurais prédit. Nous avons besoin de la Terre, et la Terre à besoin de nous. Nous devons nous entraider les uns les autres. Ce n'est qu'à cette seule solution, que la race humaine se perpétrera.
_____-allez Nadine, je te souhaite bon courage avec le loulou. Prends bien soin de lui surtout..
-attends Henry,
-non, plus vite je serais parti mi... Mais tu pleures Nadine, qu'est ce qu'il y a ?
-ta réfléxion sur l'après mort m'a bouleversée, mais ça va aller t'inquiète pas !
-allez ptit Tom, veille bien sur ta mère...
-Henry, avant que tu t'en aille, accepterais-tu d'écouter ma version ?
-... …. ….. …... …....
-je n'en ai plus. C'est dur à dire, mais ta version a éffacé la mienne. Tu vois moi j'oscillais entre plusieurs versions. Tu vois, pour moi, l'après mort, c'était une compilation de plusieurs versions, mais en entendant la tienne,...
-Nadine...
_____ Il l'a prend dans ses bras, la serre longuement, l'embrasse sur les joues et se prépare à partir
-attend Henry, je t'aime, je t'aime malgré tes côtés cons, je t'aime parce que tu sais me remettre à ma place, je t'aime tellement que la vie sans toi ne vaudrait plus la peine d'être vécue.
-Nadine, ça fait un an que j'attend que tu me dises cela. Dire qu'il aura fallu pour nous rabibocher, que ton fils nous demande une version de l'après mort, ça prête à sourire. Mais moi je t'aime, et je t'aime tellement, que je prend un malin plaisir à te sortir de tes gonds. J'aime quand tu t'énerves. Tu me fait rire...c'est idiot n'est ce pas d'aimer quelqu'un de cette manière là ?
-je te trouve pas idiot henry, je te trouve courageux d'avoir su me dévoiler tout cela
-Maman, henry...
-Oui Tom ?
-me permettez vous que j'écrive votre histoire ?
-pour quoi faire mon ange ?
-parce que y'a un concours à l'école; celui qui a la meilleure version de l'après mort gagne !
-et il gagne quoi ?
-il gagne des bonbons,
-Tom, tu te trompe, répondit henry. Il n'y a pas de gagnant. Les gagnants ce seront ceux qui auront compris, qu'il vaux mieux chouchouter la terre, car c'est elle qui assure notre survie.



TEXTE V.
Comme des enfants, condamnés à suivre ce qu’on leur dit
by Melle Fredoune

_____ La mort. Ce mot dont beaucoup se méfie. Cette chose dont d’autres ont peur. Certains veulent s’en saisir, y aller, l’utiliser pour mettre fin à leur désespoir. Mais quel mot employer à l’approche de la mort ? En effet, s’en saisit-on, y allons-nous, ou l’utilise-t-on ?
_____ Tous ces proches qui m’ont quitté, souvent contre leur gré, sont-ils en train de penser à moi, haut dans le ciel, essaient-ils de me protéger assis sur leur nuage confortable.
_____ Ces ennemis méprisés, se souviennent-ils de ma personne, celle a qui ils ont gâchés la vie, tandis que je leur rendais la monnaie de la pièce, sont-ils derrière mon dos, à lire ces lignes, à chercher un moyen de se venger ?
_____ Où sont-ils tous, aimés et mal-aimés, soldat d’honneur ou assassin, acteur ou écrivain, mari ou amant, dans leur tombe, leur cœur arrêté de battre et leur âme éteinte, leurs pensées perdues, ou dans le royaume d’Hadès à errer, inconscient, en vain ?
_____ Toutes ces choses imaginées au court de leur existence, qui mériteraient parfois d’être refaites, ou revécues, que deviennent-elles sans être notées dans un carnet secret que quelqu’un retrouvera un jour ?
_____ Cet écrivain qui n’a pas eu le temps d’écrire le début de ce qui devait être son nouveau livre, veut-il reprendre contact avec sa fille sous forme fantôme, ou a-t-il tout simplement oublié de penser, arrêté de vouloir, d’aimer, de ressentir ?
_____ Ces personnes qui ont arrêté de me faire rire à leur mort, sont-elles en train de siroter un cocktail au paradis, côtoyant les anges, attendant que je les rejoigne ?
_____ Ma dernière question, mon ultime : Oublierais-je d’aimer mes amis, ma sœur, mon frère, ma Juju, ma Loulou, mon Samy, mon Milou, Coco et Lélé, je voudrais tous les citer, mais je m’étalerais trop, je ferais donc bref : Oublierais-je de les aimer, de penser à eux, de m’inquiéter pour eux, que je sois condamnée à errer sur terre, ou à m’amuser sur mon petit nuage, ces bons moments et ces engueulades demeureront en mémoire, ou tomberont dans l’oublie ?
_____ Je n’ai pas peur de la mort. J’ai peur de l’oublie. J’ai peur de tout perdre. J’ai peur de la tristesse qui m’envahira à leur perte. J’ai peur de celle que je pourrais leur causer. J’ai peur de la réponse à cette interrogation permanente:
Se retrouvera-t-on après y avoir tous succombé ?



TEXTE VI.
Canfyddiad
by Elshalan

_____ Une balle en plein cœur. Un voiture qui te fauche. Un peu de poison accidentellement versé dans ton café. Ton corps qui t'abandonne, de vieillesse, de douleur, d'autre chose.
_____ Il y a tant de façons de mourir, tant de façons de laisser ce monde continuer à vivre et évoluer sans nous. Peu importe laquelle sera notre. Nous sommes tous mortels.
_____ Mais qui as dit que la Mort était la fin ? L'esprit humain est immensément complexe, riche et puissant. Comment notre esprit, capable de surmonter la douleur, les membres brisés et les flots de sang pour nous forcer à survivre, pourrait-il s'éteindre par un simple manque de courant entre quelques neurones ? Comment notre âme, capable de nous forcer à nous mettre en danger pour sauver un enfant, pourrait-elle s'évanouir, comme le vent qui tombe après la tempête ? La logique, appliquée à la mort, nous montre que ce n'est pas l'ultime conclusion.
_____ Mais tu le savais déjà, comme moi. Instinctivement, tu t'en doutais. Tu pressentais déjà que la mort était pas la fin, que ce n'était...qu'une étape. Maintenant imagine.
_____ D'abord, l'émergence. Tu commences par ressentir cette subtile sensation de fluide qui te parcourt. Tu la visualises dans tes pensées, anesthésiées par ta mort toute récente. Tu vois ces influx qui te traversent, et tu prends conscience de toi. Pas vraiment une âme libre, plus vraiment un être de chair. Quelque part entre les deux.
Tu te souviens de ce qui s'est passé. Mais c'est vague. Comme un rêve qui s'étiole à la lumière du jour, ton ancienne existence devient de plus en plus floue au fur et à mesure que celle-ci s'impose à toi.
Maintenant, les sensations. Ouvre-toi à ce monde, comprends où tu es.
_____ Tu n'as pas vraiment d'yeux, mais tu vois. Tu n'as pas vraiment d'oreilles, mais tu entends. Tu n'as pas vraiment de corps, mais tu sens. Toutes ces sensations se mêlent, s'entremêlent en un écheveau de perceptions. Tu vois une odeur douce onduler autour de ton être, tu entends la lumière cliqueter sur tes membres, tu goûtes à chaque son qui émane de ton nouvel environnement. Tu perçois les autres esprits onduler autour de toi, se stabiliser, et acquérir la substance que tu possèdes. Eux aussi sont morts, là-bas. Eux-aussi arrivent ici, réfugiés d'un univers qui les as supprimés.
_____ Comment relier ce ressenti avec tes souvenirs ? Ils sont si ternes, en comparaison, si incompatibles avec ce que tu es désormais que tu les relègues au fond de ta nouvelle mémoire. Tant d'autres sujets t'accaparent. Un nouveau monde à voir, sentir, goûter, toucher, entendre, percevoir. Une nouvelle existence, promise par des divinités clémentes, par une astuce métaphysique. Où une simple obligation de préserver cette chose si précieuse qu'est l'âme de toute personne vivante.
_____ Il est temps, maintenant. Tu es capable de vivre ici, capable de comprendre ce que tu ressens, capable de prospérer. Relève-toi, et marche.



TEXTE VII.
C’est à toi de voir...
by Elisheba

_____ Ça commence par une grande douleur. Elle part de ta main, te fait frissonner. Puis, la grande douleur longe ton bras, arrive dans ta tête puis descend jusqu’à tes pieds. Tu te rends compte que ton âme s’est détachée de ton corps. Tu te sens libre, mais un peu vide aussi…
_____ Tu te tiens là, debout devant ton propre cadavre, sur le lieu de ton dernier soupir. Tu entends les pleurs de tes proches, de loin, même si tu ne les vois pas. Tu marches, attristé(e) par la vision de ta mort. Plus rien ne t’arrête. Tu es de plus en plus rapide, de plus en plus fluide dans tes mouvements. La douleur a complètement disparu. Tu n’es plus qu’une âme, tu ne fais plus qu’un avec l’éternité. Soudain, une douce lumière t’aveugle. C’est comme une porte qui s’est ouverte dans le paysage. La lumière t’attire, de plus en plus. Tu essaies de lui résister mais tes forces t’abandonnent rapidement et tu marches, aspiré(e) par la lumière terrifiante qui te pénètre. Tu finis par te laisser complètement submerger avant de ressentir une douce chaleur.
_____ Le tunnel dans lequel tu te retrouves est blanc. D’un blanc impossible à trouver sur Terre tant il est éclatant et pur. Des bribes de tes souvenirs te reviennent. Tu revois les visages de tous ceux que tu as connus, des paysages, des lieux qui ont marqué ton existence. En une fraction de seconde, tout disparaît autour de toi et tu te retrouves dans une grande salle. Une salle toute de marbre blanc. Devant toi il y a deux silhouettes, autour d’une balance. Et, près d’eux, tu vois des hommes, des femmes, des enfants. De tous âges, de toutes origines et des quatre coins du monde. Tu comprends que ce sont comme toi, des âmes qui cherchent le chemin vers le repos éternel. Tous se tournent vers toi et te regardent. Une des deux silhouettes de tend la main. Elle est blanche, d’un blanc crème lumineux et une aura jaune émane de sa personne. Tu lui prends la main et tu ressens la force que ce contact te procure.
-Il n’y a pas de chemin après la mort, te dit l’autre silhouette. Tout est instinctif !
Tu hoches la tête en signe de compréhension. Soudain, la silhouette place une main sur ton cœur et tu la vois en ressortir une petite boule de verre transparent.
-C’est ta vie, explique la mystérieuse silhouette. Dans cette boule se trouve tous tes bons actes et tes méfaits. Ma balance te jugera, tout comme les autres malheureux ici présents.
Tu vois la silhouette désigner les autres âmes d’une main calomniatrice. Puis, sans dire un mot, ta boule de verre est placée sur un des plateaux de la balance. Sur l’autre plateau, on place une plume.
-Tout se joue ici, explique ensuite la seconde silhouette de lumière. Si tu es plus léger que cette plume, tu gagnes le repos. Mais, dans ton Monde, c’est impossible, n’est-ce pas ?? Si tu es à égalité avec la plume, il te faudra te battre pour gagner l’éternité. C’est le cas de la majorité des gens. Ceux qui sont plus lourds que la plume sont condamnés à gagner le néant.
Tu frémis, devant ce sombre discours. Tu comprends que ton devenir ne t’appartient plus. Sans que tu puisses y changer quelque chose, ta boule de verre est placée sur la balance. Tu ne la quittes pas des yeux et tentes de rester calme. Mais c’est trop tard. Tu es à égalité avec la plume. Comme tous les autres. Alors, tu regardes les deux silhouettes en attendant leur jugement. Tu te dis que tu as de la chance ; que tu aurais pu disparaitre à jamais.
-Bien ! s’écrie une des silhouettes. Que le combat commence !
Tu ne comprends rien. Les autres non plus ne comprennent rien. Tu te demandes si les silhouettes ne sont pas quelques diables déguisés en êtres célestes. Tu vois l’une d’elle vous regarder, toi et les autres âmes avant de pointer deux de vous du doigt et de crier :
-Toi et… toi !!!!!!!
_____ Soudain, tout s’évanouit doucement autour de vous jusqu’à ne devenir qu’un grand espace clair. Il n’y a pas de mur, pas de ciel, pas de sol. Aucune limite. Tu ne ressens plus rien, pas même ta propre peur. Les deux âmes désignées se retrouvent soudain au centre. Vous attendez tous que le combat commence. L’éternité apparaît devant tes yeux ; un paysage pur, très ressemblant à la Terre mais qui a beaucoup de qualités. Des déserts où l’eau ne manque pas, des mers et des océans purs, des glaciers où il ne fait jamais froid, des forêts abondantes. Là-bas, tous tes moindres désirs sont exhaussés. Il te suffit juste de le demander ; même de juste l’imaginer. Personne ne manque de rien. Tu entends les rires et les bavardages des âmes bienheureuses qui ont réussi à intégrer ce paradis irréel. Tu les vois, certains, assis à une table, en train de manger et de boire des choses indescriptibles mais appétissantes.
La vision s’effaça pour te laisser voir les âmes malchanceuses, qui errent sur Terre. Ce sont eux qui hantent certains lieux.
Enfin, tu ne vois plus rien. Tu entends juste des cris et des pleurs. Ce sont ceux des âmes damnées qui ont été envoyées dans le néant.
Tout s’efface enfin et tu te réintègres enfin. Tu comprends que tu viens d’avoir un aperçu de ce qui t’attend si tu perds ton combat. Tu vois les deux âmes choisies par les silhouettes se lancer dans un combat que, de toute ton existence d’humain, tu n’as pu imaginer. Ils se servaient de leurs poings, leurs pieds… Il leur suffisait même d’imaginer quelque chose qui leur servirait à combattre, et cela apparaissait comme par magie. Ce combat digne des songes d’un fou cesse enfin, quelques minutes après mais qui t’ont parues interminables. Tu vois les deux silhouettes annoncer au vainqueur qu’il va gagner l’éternité bienheureuse, la même que celle que tu avais aperçue. Tu vois les autres âmes à côté de toi bouillonner de jalousie, puis tu ressens leur espérance d’avoir eux aussi la même chance que le valeureux combattant. L’âme vaincue est renvoyée sur Terre et est condamnée à errer éternellement, sans aucun retour possible.
Tu comprends que personne ne peut se permettre de perdre. La silhouette se tourne furtivement vers toi et s’écrie :
-A ton tour, maintenant !!!
_____ Tu as soudain envie de t’enfuir ou alors de supplier les deux silhouettes de te laisser encore un peu de temps. Mais tu ne peux pas. C’est à toi de jouer. Tout ne dépend que de toi. Arriveras-tu à gagner ce cruel combat ? La silhouette donne le signal pour annoncer le début de la bataille. Alors, une lueur dans les yeux, animé(e) d’un espoir qui te paraît vain, tu t’élances pour combattre, conscient que tu cours à ta perte certaine.



TEXTE VIII.
Errance
by Ezla

(Inspiré d'un fait réel)

_____ Le soir tombait et je m’ennuyais ferme. De plus, Pablo était parti. Je trainais donc seul dans la rue, à la recherche d’une éventuelle occupation. Tout serait bon à prendre. Les panneaux publicitaires animés, la course des voitures, m’indiquèrent que nous étions un jour de semaine, un mardi plus précisément. J’eus immédiatement une illumination : mardi, le jour de Marcello. Je me déplaçai rapidement pour atteindre l’entrée d’une petite ruelle pavée, lumineuse et bordée de fleurs. J’entrai dans la maison portant le numéro douze sans plus de précautions.
_____ Il y avait foule. Je repérai rapidement les informations de chacun des individus présents et me postai à côté de Marcello Bacci, le maître de maison, face à la station de radio. De l’autre côté un homme, bras croisés, air visiblement sceptique et chapeau de feutre gris descendu sur le front, attendait. Madame Bacci éteignit la lumière. Me délectant par avance de mon petit effet, je regardais les invités : tous étaient mal à l’aise et trépignaient sur leurs chaises. Il n’y avait que Madame Bacci, habituée, Marcello et l’homme au chapeau qui restaient impassibles. Au bout de quelques minutes, je posai ma main sur le poste. Un grésillement épouvantable se fit entendre, pire encore que celui que les enceintes crachouillaient depuis le début. Marcello sourit et entonna de son accent espagnol chantant :
- Es-tu là ?
Toujours ces mêmes questions. Es-tu là, fais-toi connaître, quel est ton nom et j’en passe. Cette fois pourtant, la présence de l’homme sceptique changea la donne.
- Peux-tu me donner le nom de la personne présente à mes côtés ?
Les informations scintillantes me rendirent la tâche aisée.
- Joska.
L’homme sursauta en entendant son prénom.
- Peux-tu lui parler dans sa langue, poursuivit calmement Marcello.
Il n’avait pas précisé de laquelle il s’agissait mais il me suffit de regarder à nouveau l’homme pour le savoir.
- Je suis enchanté de faire votre connaissance, déclarais-je à travers le vieux poste dans un hongrois impeccable, quoiqu’un peu rouillé.
Le sursaut de l’homme, devenu livide, me prouva que Marcello ne poursuivrait pas l’entretien. Les preuves étaient suffisantes pour lui. Doucement, je retirai ma main.
Le grésillement s’éloigna. L’assemblée se détendit. Quant à moi, je quittai la pièce.
_____ C’est un peu dépité que je retrouvai Pablo. Comme à chaque fois le mardi. J’aurais tant aimé que Marcello me pose au moins une fois la question : comment est-ce, la mort ? ou, qu’y a-t-il après ? Mais le vieil homme était trop prude, peut-être pas assez en confiance. Peut être cela viendrait-il avec le temps. Mais le temps est si incertain, pour moi. Pour lui. Alors que je ne savais combien de temps il me restait à parcourir de ma trop légère démarche les rues ensoleillées d’Espagne et d’ailleurs, Marcello fut toutefois le premier à renoncer ; Alors que moi je dépendais de mon passé, la longueur de mon séjour dépendant de ma vie, lui protégeait son futur et le peu d’années désormais qu’il lui restait à vivre. Il cessa de faire l’intermédiaire entre le monde des morts et celui des vivants. Je me surpris à me demander si j’aurais l’occasion de le croiser ici.
Je perdis donc la seule occupation amusante qu’il me restait. Ainsi, ressassant mon passé, comptant les jours qui s’écoulaient, la mort dans l’âme, moi, âme de mort, poursuivit mes déambulations, ni complètement matériel, ni complètement immatériel, mais invisible aux yeux de simples mortels.



TEXTE IX.
Texte 9. La grande question...
by Lygat


Âme égarée dans les
grandes steppes de l'ignorance.
Tu cherches en vain la
lumière du Salut.
Il est vrai, tu as vécu.
Et ta période de repos
commence...

La mort n'est pas une fin
en soi.
Maintenant, ce chemin qui
t'élève vers les cieux.
Te fait quitter ceux qui
te sont précieux.

Mais ce n'est que le début
d'un nouveau toi.
Pour certains, nous
parvenons au Paradis.
Pour d'autres, nous
commençons une nouvelle vie.
Il y a ceux qui croient au
Néant.
Et ceux qui ont peur du
temps...

Dans tous les cas, ces
thèses, ces fables.
Nous appellent à être
bons et secourables,
Pour mériter une suite à
son existence.
Ou du moins partir avec
bonne conscience...

Finalement, on ne sait pas
ce qu'il y a "après"...
Parce que personne n'en
est revenu pour en parler...
Si ça se trouve, c'est
que ça leur plaît.
Et qu'ils veulent que nous
travaillions dur, pour le mériter...

Je vois l'inquiétude dans
tes yeux gris.
Regarde moi petite fille,
Cesse d'avoir peur de ce
qui suit.
Et profite à fond de la
vie !

Quitte à savoir ce qu'il
y a après le trépas,
Autant le découvrir par
soi...
Et avoir une bonne
surprise...
Afin de vivre une vie sans
emprises...

C'est pour ça que je pose
ma plume...
Je regarde la Lune...
Je suis en bonne santé et
pas très vieux...
On a encore du temps pour
discuter un peu...



TEXTE X.
Il n’y aura plus rien
by Anaël

_____ Si tu me demandais ma conception de l’après, voilà ce que je dirais : jamais je n’ai craint le châtiment divin, jamais je n’ai espéré récompense ou justice : celle-ci n’existe pas. Sinon, pourquoi les hommes l’auraient-ils inventée ? Je sais ma conduite irrégulière, je sais mes choix discutables, mais j’ai refusé tout décrets : est-ce en les suivant qu’on est assurés du juste ? Je m’en moque : je fais ce que je crois être juste, je le fais parce que j’y crois, pas parce que je le dois. Parce que je sais, qu’au final, il n’y aura plus rien. Pourquoi y aurait-il un après ? Les hommes l’ont inventé parce qu’il n’y en avait pas, ils l’ont inventé pour se rassurer, pour adoucir le deuil. Ils l’ont inventé pour se mentir : à la fin, je le sais, il n’y aura plus rien.

_____ Je sais que tu aimes imaginer, mais imagine avec moi, imagine-moi mort, comparaissant devant Dieu ; moi qui toute ma vie l’aurais défié, mériterais-je le paradis ? Non, j’irai en enfer, j’irai en enfer car j’aurais refusé de croire ; est-ce ça la justice ? La justice n’est-elle pas d’accorder aux hommes ce qu’ils méritent plutôt que de ne proposer que la plénitude ou la mort ? Quelle vie mérite la plénitude, quelle vie serait menée sans fautes ? Quelle vie mérite souffrances ? Si un acte seul ne peut condamner toute une vie, alors comment une vie entière peut-elle éternellement condamner? Il n’y aura pas de justice. La justice est motivée par la haine. Parce que l’on veut voir son offensant payer, voilà pourquoi l’enfer. Parce que, quand on déteste un homme, on se complait à l’imaginer souffrant, voilà pourquoi l’enfer. Parce que ce qui effraie le plus, c’est aussi ce à quoi on ne peut échapper et ce dont on ne saisit la nature, voilà pourquoi l’enfer. L’enfer n’existe que pour faire peur aux hommes et mieux les diriger ; il n’existe que parce qu’il y a des hommes, car ce sont les hommes qui l’ont inventé. Les hommes ont créé Dieu à leur image, mais à la fin, je sais qu’il n’y aura rien.

_____ Je sais que tu aimes la beauté, je te sais en recherche d’idéal ; je sais que tu aimerais croire. Si seulement tu pouvais croire, si ça pouvait être vrai, cela ne donnerait-il pas un sens à la vie ? Le monde est-il fait pour être beau, est-il fait pour l’idéal ? Manifestement pas ; voilà pourquoi l’Eden. Le paradis n’existe que parce qu’il n’existe pas. Les hommes l’ont créé, ils l’ont imaginé pour croire en un monde parfait, ils l’ont imaginé pour donner un sens à l’existence ; mais ce qu’ils n’ont pas imaginé, c’est le sens qu’elle aurait au paradis… Il n’y en aurait pas, je sais qu’il n’y en aurait pas.

_____ Vivre ainsi n’aurait pas de sens, il ne peut y avoir de paradis : y aller reviendrait à mourir. Au summum de l’inaction de l’apothéose, peut-on dire que l’on vit ? Dieu ne vit pas, il n’existe qu’à travers nous, et non pas nous à travers lui. Qui meut, qui fait l’histoire ? Ce sont nous, pas les dieux. Au paradis, il n’y aura plus de passion, plus de motivation, plus d’envie, de vie, juste le néant. Ce qui fait l’attrait de la vie est sa diversité, ses surprises et ses obstacles, pas le bonheur monochrome. Car enfin, si on ressent constamment le bonheur, comment peut-on savoir qu’on est heureux ? Comment peut-on l’être si on n’a pas de douleurs pour comparer ? Si on goutte toujours autant au bien, on reste alors au même niveau de mal ! Tout serait donc au même niveau de bonheur et de malheur et le bien n’existerait plus, ne se ressentirait plus, ne resterait que l’ennui, la mélancolie et le souvenir d’une vie passionnée… nous vivrions dans le regret et la douleur plus que dans le bonheur, est-ce ça le paradis ? Il n’y a pas de paradis : à la fin, je sais qu’il n’y aura rien.

_____ Je sens venir tes questions : et si… ? Et s’il y en avait un ? S’il y avait un paradis, ce serait une place comme celle-ci, avec sa pluie, son Soleil, ses accidents… il n’y aurait ni meurtriers ni voleurs car il n’y aurait rien à meurtrir ou à voler, chacun pourrait suivre ses propres objectifs et son propre chemin dans un monde infini et empli de possibilités et de merveilles, un monde changeant dont on ne se lasserait pas, des milliers de personnes à rencontrer et à aimer, des personnes pour nous comprendre et d’autres pour nous rejeter ; mais un monde sans haine. Car là-bas nous aurions compris qu’elle n’apporte que le mal et ne résoudra rien. Un monde de disparités, de richesses et de pauvretés, de chauds et de froids, un monde d’eaux et de feux, de vents, de neiges et de terres innombrables ; un monde dont on ne fera jamais le tour car il continuerait de nous étonner par ses mystères et ses secrets, par ses dangers et ses décrets. Car oui il y aurait des lois, des choses qu’on ne pourra pas faire, sinon que devrions-nous contourner ? Les éléments de ce monde suivraient des lois étranges, telles que la gravité : incroyable gravité, toi qui en rassemblant les êtres a permis aux planètes de se former… mais il y aurait aussi l’électromagnétisme, la dynamique, le nucléaire, tant de lois plus incroyables les unes que les autres ! Un monde de particules improbables, des bosons de spin entier, des fermions, oui, un monde tout droit sorti du rêve, un monde inconcevablement immense et passionnant. Un monde, un univers, voilà mon paradis. Et nous vivons dedans, nous vivrons dedans dès que nous le remarquerons.

Mais je sais qu’à la fin il n’y aura plus rien…



TEXTE XI.
Post Xitius Vitem
by Antigone

« _ Une goutte de nostalgie.. Trois de désespoir.. Je vais mettre de la fatigue, tiens..
_ Mais grouille !
_ Quoi ? Et de la colère, aussi..
_ Putain mais on a déjà un retard de sept secondes, là !
_ Pour ? Et.. et de la solitude..
_ Mais la fille, là ! C'est bon ?
_ Ouais..
_ Il est où, ce mélange ?!
_ Là.
_ Bah qu'est-ce que t'attends pour l'envoyer ?!
_ Elle est en mission, déjà.
_ Putain ils font chier...
_ C'est bon chu' là !
_ Ah, Xitius ! C'est pas trop tôt ! Donne-lui !
_ Tiens.
_ Bon, alors ça c'est pour sa fille. Elle, ok ? Et tu vas récupérer ici. Juste à côté.
_ Où, t'as dis ?
_ Là. Magne !
_ J'y vais. »

*Depuis quelques secondes, je sais que ma mort est immédiate. Dans quelques secondes, je n'existerais plus. Je ne verrais plus. Je ne sentirai plus. Demain je ne me réveillerai pas. Et je le sais. Et je ne peux rien faire car ainsi va la vie. La vie. Insignifiante. Car ainsi va la mort. Sensation étrange. Extrêmement étrange. La plus étrange que je n'ai jamais eue. ..C'est beau, à mon âge. Je vais mourir dans quelques secondes. Calme. Posée. Demain, je ne penserai plus. Demain je ne serai plus.*

*Elle va mourir. Une partie de moi va se détacher. Je le sens. Pourtant je ne suis pas triste. Je ne ressens rien de particulier. Étrange. Suis-je sans cœur ? Ai-je un problème ? Pourquoi je ne pleure pas ? *

_ Maman ? Maman, je t'aime et je t'aimerai toujours. Merci, Maman. Pour tout ce que tu as fais pour moi.

Dehors. Là où ça vit encore.
Il marche. Une odeur désagréable ici. Il cherche. Une substance visqueuse là.. Presque au hasard. Une poussière dans cet œil. Il trouve sa cible. Haut-le-cœur pour elle. Il prend de la vitesse. Frisson. Voilà, c'est fait. Elle est tout ce mélange de sensations. Puis il prend l'autre.

Il n'y a plus de vie. Des cris. Un téléphone. Des larmes. Un mouchoir. Des reniflements. Un adieu. Éternel.


« _Tiens. Elle est lourde, c'est bizarre.
_ Ah ? Laisse-moi voir. ..ah ouais. Bon, donne là à celui-ci. Tu peux lui apporter. J'écris.
_ Mais grouille ! Il « est né » depuis 3 secondes. ..Comme ils disent, hahaha !!
_ Pfff.. Je sais pas pourquoi c'est toi qui va faire les missions, Vitem.. J'espère que tu t'marres pas comme ça d'vant eux, j'suis sûre qu'ils pourraient le sentir..
_ Mouais.. J'sais pas.. Encore une question..universelle.. qui restera sans réponse.. pour l'éternité..
_ Allez, grouille au lieu de faire de la philosophie ! »

« _ Pourquoi il pleure pas ?
_ Ne vous inquiétez pas, Madame. Ça arrive parfois.
_ Mais ça fait longtemps là, pourquoi ne pleure-t-il pas ? »

*Je me sens vide. Mon cœur bat mais il n'y a rien à l'intérieur. Qui suis-je ? Pourquoi suis-je ici ? Étranger à ce monde où quelques inconnues me regardent l'air inquiètes.*

Il cherche. Un sourire pour cette jeune fille. Puis accélère. Une main qui en serre une autre. Tourne à droite. Tiens, un fleur, pour toi. C'est bon il arrive. Toi, tu vivras. Tu seras comme ça. Comme elle.

« _ Ouiiiiiiiiiiin !!!!! »

_ Pfioou, j'ai cru que tu y arriverais jamais ! Il a du se poser des questions le pauvre !
_ Ouais nan mais c'est bon. Personne ne peut le comprendre et dans un an il aura tout oublié.. Car ainsi va la vie. Un autre ?»



TEXTE XII.
Théories...
by Tristann

_____ Un léger grincement ce fait entendre...
"- Tap, Tap... Gniiiiii
- Un, deux... Ça fonctionne. Mesdames, mesdemoiselles, messieurs, bonsoir. Je suis le professeur Henri Writtenburg. Je suis un scientifique, spécialisé dans la nécrologie, autrement dit, la science de la mort. Je vais vous parler d'un phénomène étrange, que j'ai découvert récemment. Laissez-moi introduire le sujet..."
_____ La lumière sur la scène s'affaiblit lentement, jusqu'à s'éteindre... Une photographie des "miraculés de l'Octobre deux mille-un" apparaît derrière le jeune professeur aux cheveux noirs ébène.
"- Rappelez-vous de cet énorme miracle : en deux mille-un, plus exactement durant le mois d'Octobre, plusieurs personnes ont été miraculeusement guéries. Tous genres de maux ont été éradiqués : cancers, asthme, ect... Et je continue dans le surprenant :
Quel fut l'autre élément majeur de l'année deux mille-un ? Je suis sûr que vous vous en souvenez !"
_____ L'image s’efface pour laisser apparaître les deux tours jumelles du World Trade Center lors de l'attentat du onze septembre...
"- Un mois au paravent, l'attentat du onze faisait plus de trois mille victimes. Mais, "quel est le rapport entre ces deux évènements ?", me direz-vous... Or mis l'année, qui fut la même, rien ne relie ces deux évènements... Ou presque..."
Un long silence dans la salle s'en suivit...
"- Eh bien, selon mon étude, qui ne se réfère pas qu'à cet évènement, lorsqu'un individu naît, il possède un "potentiel de vie". Il correspond au temps de vie qu'il aura jusqu'à sa mort naturelle. Et, si je continue mon développement, lorsque quelqu'un meurt, de manière non-naturelle, c'est à dire par meurtre, ou autre, le potentiel de vie non-utilisé est distribué parmi les personnes les plus souffrantes. Certes, si on regarde bien, ça ne rajoute qu'une minute de vie par individu, en règle générale. Mais sur une longue durée, trois milliards d'années que l'Homme existe, chaque individu voit son potentiel de vie augmenter. Ce qui donne, par tranche de cent ans, plus de cinq années de vie supplémentaires par humain."
La lumière se ralluma, et le professeur de recentra sur la scène.
"- C'est pourquoi, aujourd'hui que nous sommes le premier avril, j'ai réussi à vous faire gober tout cela, sans la moindre difficulté !"
Tous les spectateur affichèrent une mise surprise.
"- Les miraculés d'octobre 2001 n'ont jamais existé. C'était en 1998 que ce miracle eut lieu. Et je ne suis même pas professeur ! Je suis comédien ! C'est ce que j'appelle un poisson d'avril !"
_____ Toute l'équipe de faux scientifiques derrière le comédien se mirent à rire, suivi du public... Quoi de mieux qu'un poisson d'avril pour rendre la science amusant ?


Juste, je nous note là la liste des 12 participants :
Julie a écrit:
Anaël
Antigone
Elisheba
Elshalan
Ewilan
Ezla
Jool
Lygat
MelleFredoune
Speechless
Tristann
Zois'O





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MessageSujet: Re: Thème du 13 mars au 8 avril   Dim 15 Avr - 19:31


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Thème du 13 mars au 8 avril
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