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 "Promesse" (si vous avez une meilleure idée de titre, n'hésitez pas à proposer....ce titre reste provisoire pour l'instant)

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Lyadrielle
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MessageSujet: Re: "Promesse" (si vous avez une meilleure idée de titre, n'hésitez pas à proposer....ce titre reste provisoire pour l'instant)   Mer 25 Avr - 20:58

Je suis d'accord avec les commentaires de Zois, tu as bien exprimée ce que je ressentais !

Effectivement, je me disais que, ce ne devait pas être la première fois, que la femme qui fait les tests, soit confrontée à ce genre de violence. Ainsi, elle devrait avoir des gardes du corps par exemple et à la moindre montée de violence, vu le monde que tu as bâti, le jeune garçon aurait du être tué sur le champ sans discussion possible (régime totalitaire ne donne pas droit à l'expression ni à la rébellion).

De plus, comme beaucoup de livres de fantaisies (l'Epée de vérité par exemple), il n'y a de la violence gratuite certes, mais la violence doit montrer l'exemple. Ainsi, imaginons qu'il y a 10 ans, un jeune ou une jeune se soit rebellée, il ou elle aurait alors été tuée, et, par exemple, son corps aurait été accroché à un gibet le temps que tous les jeunes voit ce que peut faire la rébellion, afin de les dissuader ... Cela instaure bien la peur pour les personnages d'ailleurs.
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Ewilan
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MessageSujet: Re: "Promesse" (si vous avez une meilleure idée de titre, n'hésitez pas à proposer....ce titre reste provisoire pour l'instant)   Mer 2 Mai - 17:50

La suite du texte remodifiée


La voix aigre de la dame arrive enfin à me faire revenir sur terre....
Totalement abasourdie, je me déporte sur le côté qu'a désigné le monsieur élégant, quelques instants avant.
«Suivant, Laurent Peypers»
Il a l'air aussi abasourdi que moi.
«Oui.
- Etes vous prêt ? »
Un «oui» presque inaudible se fait entendre.
« Quel âge avez vous ?
- L'âge qu'il faut pour mourir, pour vivre.
- Bien, voici la question: quelle est la formule de l'eau ?"
- H²O.
- Qu'est ce qu'un opset ?
- Un rebelle.
- Quel est son sort s'il est pris ?
- Il écopera de la mort.
- Ses complices ?
- La mort.
- Sa famille?
- La mort.
- Ses amis ?
- La mort.
- Vous ?
- La mort si je le dénonce, la mort si je le connais.
- Le choix à faire ?
- Le tuer.
- Pourquoi ?
- Le crime est considéré comme un acte de bravoure.
- Tous les crimes ?
- Non, seulement ceux qui rendent service à la société. Si on améliore la société, on est un héros..
- Bien, merci Laurent, pouvez-vous aller rejoindre miss Asmellya et Liam ?
- Aucun problème.» Un heureux sourire vient éclairer le visage de Laurent. Il ne se rend pas compte, que pour le bienfait de la société, il aurait mieux fait de mourir. Un intello comme ça, ça nous procure du chauffage pendant une semaine au moins, mais bon voyons le prochain. Perdue dans mes pensée, je ne l'ai pas vu arriver. Putain, qu'est-ce qu'il est beau. Lui dire de réussir. Peux pas, je suis recluse. Gagne Yann, gagne. Tous les jours, j'attendais ta sortie. A ta simple vue, le brouillard m'enveloppant disparaissait, ma peur allait se terrer dans un trou... mais toi tu me voyais jamais. Sais-tu seulement si j'existe ? Zut, revenons sur terre. Faisons taire nos pensées. Écoutons tous ensemble les réponses de Yann:
« Etes vous prêt monsieur Sertine ? Voici la question: ''qu'est-ce que le Book '' ?
- Le livre où est écrit les noms des personnes carbonisées. Le nom des personnes ayant permis notre survie. Notre mort. Et la votre ? Elle est envisageable ? D'ailleurs, comment en êtes-vous arrivé à occuper cette place ? Vous êtes payé pour le faire ? Si c'est le cas, c'est écœurant, des milliers d'enfants attendent désespérément une trace de nourriture. Vous contribuez à leur mort ?
- TAISEZ VOUS ! La dame reprend d'une voix plus calme: Taisez vous ! Vous voulez finir à la centrale ? Ce serait bête avec tous les idéaux que vous avez. Il vous seront peut-être utile dans les prochaines épreuves... allez poursuivons. Vous êtes d'accord ?
- Non, je suis loin d'être d'accord. Cette société est pourrie. Il faut la changer. Vous rendez-vous compte que l'on évolue dans du totalitarisme... vous devriez vous en rendre compte...
- Taisez Vous, petit insolent ! Vous ne faites rien pour notre communauté et vous vous permettez de critiquer ?
- Je ne fais rien pour votre société ? J'y évolue pourtant !
- Ca vous plaît de vous tourner en ridicule ? Est-ce jouissif ?
- Ce qui est extrêmement jouissif, c'est de sentir votre colère monter... parce qu'au fin fond de vous, vous savez que je ne me tourne pas en ridicule...La raison et la vérité triompheront !»
Un sourire sadique se dessine sur les lèvres de la dame. Elle s'apprête à parler lorsqu'un geste de Yann lui demande de se taire... elle n'en tient pas compte et poursuit :
«J'ai été outragée...je demande réparation. Qu'on fasse venir le bourreau. Je demande un combat entre celui ci et le prétentieux. La centrale, c'est bien trop rapide. Je veux qu'il souffre. FAITES ENTRER LE BOURREAU.»

Sans m'en rendre compte, je me mets à frissonner. Dans quel guêpier s'est-il fourré. Tout le monde sait que le bourreau est invincible. Il va se faire massacrer. Faut que je trouve une idée pour le sortir de là. La voix sournoise de la dame me retire encore une fois de mes pensées.

«Bonjour ! Bonjour ! Amis de tous bords ! Vous avez, aujourd'hui, l'immense honneur d'assister à un combat singulier. En ce sens, je vous demande de faire cercle au tour de ce prétentieux jeune homme. C'est l'heure des adieux. Devant vos yeux ébahis, il ne sera bientôt plus...
- ATTENDEZ, je n'ai pas dit mon dernier mot...
- L'issue du combat est irrévocable Yann, vous allez mourir... vous le savez.
- Ce que je sais, c'est que je vous ferai mordre la poussière avant, vous allez regretter de m'avoir défié.
- Quelle arrogance, quel mépris ! Votre mort me satisfera au plus haut point...j'en rêve déjà. Bon trêve de discussion. Que le bourreau entre. »

Un silence de mort plane sur l'assemblée.
Soudain, j'entends une porte grincer, et vois une immense ombre noire se profiler derrière. Le combat va commencer. Accroche-toi Yann, accroche-toi...J'ai peur. Saisissant mon courage à deux mains, je prends la peine de me retourner, afin de jauger du regard, celui que Yann combattra. Mon regard fait face à un colosse d'au moins deux mètres de haut. Il est tout en muscle. Entraîné pour tuer.

Le bourreau s'incline une première fois devant l'assemblée, puis une seconde devant Yann. Le combat peut enfin débuter.
Chaque adversaire a droit à une arme. Le bourreau choisit une hache d'un bon mètre de haut. Yann, quant à lui opte pour un court poignard. L'inégalité fait encore ses preuves. Comment voulez-vous gagner contre une hache... ?

«Jeunes gens, jeunes gens, un peu de silence je vous prie ! Nous allons maintenant évoquer le prix du gagnant. Il est établi que si le bourreau gagne, il a le droit de prendre un candidat qu'il formera au métier de bourreau. Yannick, vous pouvez méditer votre futur métier... et oui, c'est pas de chance, c'est tombé sur vous. C'est bête non. Après avoir vu votre frère mourir, vous allez être condamné à devenir un bourreau. Quel triste de sort. J'en ai les larmes aux yeux..
- TAISEZ VOUS VIPERE INFERNALE !» la voix de Yann a claqué. Il reprend d'une voix plus douce « Quel est mon trophée si je gagne ?
- L'espoir fait vivre, comme on dit. Votre prix sera d'accéder directement à la deuxième épreuve. Mais ne vous faites pas d'illusion, vous allez mourir.
- Ceci n'est pas encore prouvé. J'ai plus d'un tour dans mon sac. Avant de m'avancer dans l'arène de la mort, puis-je parler cinq minutes avec mon frère ? Lui faire mes adieux.
- Nous ne sommes pas des monstres tout de même. Votre requête est accordée...»

Yann isole Yannick dans un coin.
«Yannick, si je meure, enfuis toi. Cours... ne deviens pas bourreau... je t'en prie.
- Yann, si tu meurs, je te suis. Je préférerais mourir plutôt que devenir égorgeur d'enfant, aie confiance !
- Non, justement Yannick, faut pas que tu meures. Faut que tu fasses ce que j'ai dit... La rébellion n'a besoin que d'un leader pour se manifester... sois celui-ci... pour moi, pour nous, pour nos frères...
- Je ne te promets rien, mais j'essaierai...
- J'ai confiance en toi mon frère mais surtout n'oublie pas que l...
- LES CINQ MINUTES SONT ECOULEES.»

Puisse le sort t'être favorable Yann. Je crois en toi. Pense que je suis la seule avec ton frère. Mais bats-toi, si Yannick n'a pas le cran de lancer la révolution, je l'aiderais... je te le promets...

Un pied après l'autre, Yann s'avance sur son lit de mort. Sa peur est palpable dans toute la salle.
Tandis que le bourreau affûte tranquillement sa lame, Yann dégaine son couteau. D'une démarche presque nonchalante, il s'incline devant son adversaire. Celui-ci hoche la tête et se lève.
Chacun des deux membres prennent place dans le cercle. Ils sont à moins de trois mètres l'un de l'autre.
Un gong sonore annonce le début du combat. Un second se fera entendre lorsque l'un des deux adversaires sera mort. Cela peut durer des lustres ou des secondes...
Malgré moi, je regarde le combat débuter sous mes yeux.

«Bourreau ? Êtes-vous prêt ? Ah j'oubliais. Votre armure n'est pas proportionnelle à la taille de votre cerveau... vous êtes idiot.. mais vous comprenez quand je vous parle... faut pas que je fasse des mimiques quand même ! Vous êtes trop grand pour cela... et bah alors tas de graisse, on n'est pas là pour voir le soleil se coucher... remuez-vous un peu... qu'attendez-vous ? J'commence à m'ennuyer !... T'as une besogne à accomplir ! T'as pas déjà oublié ! Franchement, tu me déçois beaucoup... tu me fais de la peine. Obligé de tuer des gens pour vivre. T'as pas choisi ta vie. On t'a embrigadé... mais cette vie que tu ne vis pas... c'est pas ta vie... il est encore temps que tu changes... t'as pas l'âme d'un tueur...
- J'ai pas le choix.» Le colosse a parlé d'une voix grave.
« On a toujours le choix.
- Pas moi, si je meurs, c'est mon fils qui deviendra bourreau. Je ne suis peut être pas très intelligent, mais aucun parent sensé ne ferait de son fils un meurtrier. Petit humain je dois te tuer...
- Comment ça ton fils ? Y'a un truc que je capte pas !
- On a un énorme privilège quand on est bourreau. On peut garder nos enfants avec nous. Ils sont alors maître d'arme du bourreau. Ils prennent soin de mes affaires. Mais lorsque que le bourreau meurt, c'est l'enfant aîné qui prend sa place. C'est une obligation. Et pour assurer la survie de sa famille, il est obligé de tuer. Tu comprends maintenant. Je n'ai qu'un fils, et le seul moyen de ne pas le faire devenir bourreau, c'est que je meure de vieillesse. Alors, rien que pour assurer un bel avenir à mon fils, je n'hésiterais pas à te tuer. Maintenant mets-toi en garde !
- Je comprends Bourreau, mais tu pourrais te rebeller ?
- Non, mais assez discuté. Je te tuerai rapidement et essaierai de ne pas te faire trop souffrir. Tu as ma promesse.»

- Trêve de discussion...je VEUX du sang, battez vous !
La voix de la dame hysterique s'est faite entendre.
Le géant empoigne sa hache, la soulève et l'abaisse violemment sur Yann. Mais celui-ci n'est déjà plus là. Avant que le géant n'abaisse sa lame, Yann s'est déplacé furtivement. La lame ne l'a manqué que de quelques centimètres. Le géant recommence sa manoeuvre. Lorsque le bruit de sa hache se fait entendre sur le sol, il n'y a plus personne. Yann s'est encore une fois furtivement déplacé.
Cela ne fait que renforcer la colère du titan. Prenant sa hache à deux mains, il commence à frapper, frappe, frappe, frappe encore mais jamais n'atteint Yann. Il est trop rapide pour lui. Yann danse entre les jambes du titan. Il évolue avec grâce sur la scène. Il est intouchable.
En voyant cela, la bouche de la dame se crispe. Elle est inquiète, cela se voit, et cela me rend heureuse. Yann va réussir à la faire sortir de ses gonds.
«Attends bourreau !» la clameur de Yann a résonné dans toute la salle. C'est un cri de désespoir. Bourreau aie pitié de lui. Ne le tue pas. Il ne le mérite pas.
"- Attends Bourreau, je viens d'avoir une idée.
- Je dois te tuer humain fou.
- Tu dois ? Non tu peux ? Maintenant écoute-moi bien.
- La dame surveille, tu vas te faire griller.
- On peut s'en sortir Bourreau. Si aucun de nous meure, ils seront bien obligés de cesser le duel. Si l'on rend nos armes, on est gagnants tous les deux. Joins-toi à moi.
- Frère, ta réponse est sage, mais la punition sera dure.
- Punition, il n'y aura pas. A mon cri, tu laisses tomber ton arme. On abandonne le duel ensemble.
- Pas d'entourloupe ?
- Aucune, la plus belle promesse que la terre ait jamais portée, je la tiens dans ma main...
- Yann, si le sang versé peut être évité, je te suivrai même en enfer...

Je n'ai capté que des bribes de mots de leur conversation. Que manigancent-ils ? Peut-on vraiment faire confiance à une bête, dont le métier est de tuer toute forme de rébellion ? Je ne suis pas sûre de la validité de l'idée de Yann. Mais s'il se passe quelque chose de grave, je l'aiderai avec mes possibilités.

"MAINTENANT !" Le cri de Yann résonne longuement dans toute la pièce.
Au même instant, le bruit de lames s'entrechoquant se fait entendre.
La dame, un immense sourire aux lèvres, se tourne, espérant sans doute voir le corps de Yann sans vie. Ce n'est pas le cas. A peine a-t-elle eu le temps d'appeler les gardes, que Yann la menace de son couteau.
"Je t'avais bien dit que tu me le payerais ! Tu sais ce que je vais faire de toi. Je vais te saigner, te tuer, tu vas autant souffrir que tous les enfants que tu as envoyés à la mort."
Yann appuie un peu plus fermement son couteau sur le cou de la captive. Une goutte de sang perle. La dame est livide...
La voix de Yann résonne encore "Bourreau, va chercher ta famille et ramène-la ici. Pour l'instant tu ne crains rien, La Royauté tient encore trop à son fayot... Mais lorsque que celle-ci sera morte, il te faudra trouver un abris sûr.
- Petit homme, je n'en ai que pour quelques minutes, je te fais confiance. Je te demande juste une faveur, attends mon retour pour la tuer. Je veux assister à sa mort...
- Ton voeu sera exaucé Bourreau.
- Appelle moi Maniels, je suis plus bourreau.
- Alors à tout à l'heure Maniels..."

Yann a à peine le temps de finir sa phrase que Maniels s'est déjà éclipsé. Il n'y a plus un bruit dans l'assemblée. Personne n'ose bouger. Nous sommes tous sur le qui-vive.
Au milieu de nous, Yann est souriant. A croire qu'il a menacé des gens toute sa vie !!!
"Yannick !!!" La voix de Yann se fait une nouvelle fois entendre.
"Lorsque la famille de Maniels sera là, amène-les au Refuge et restes-y. Je t'y rejoindrai avec Maniels. Tu as compris. Ne te fais pas suivre. Sinon, c'est une guerre qu'il faudra enclencher. Et j'ai envie de revoir ma stratégie avant de me battre avec ces pouilleux !
- Yann, voilà la famille de Maniels, je les emmène tout de suite ?
- Je te sais fragile jumeau, alors n'attend pas. Cours ! Mets-les à l'abris !"

Yannick ne se le fait pas dire deux fois. Suivant les conseils de Yann, il entraîne la famille de Maniels à sa suite.

"Maniels, tu es au courant, que lorsque cette dame ne sera plus, il nous faudra nous enfuir vite ? Es-tu prêt à courir ? Il faut sauver notre peau quoi qu'il arrive.
- Jeune homme, je cours vite mais ce serait plus pratique que tu viennes rapidement te jucher sur mes épaules après la mort de cette charmante demoiselle. Tu ne trouves pas ?
- Entièrement d'accord avec toi Man."

"Cher peuple opprimé depuis des lustres. Aujourd'hui est enfin le grand jour. Le jour où nous serons débarrassés d'une des vermines qui pollue cette société. Mais je ne suis pas malsain. La mort de cette dame sera brève mais fera beaucoup de bruit. C'est pourquoi, afin d'aider notre fuite, je demande aux participants, de dresser un mur entre nous et nos assaillants. Le corps de cette dame chutant sur le parapet, déclenchera une alarme. Pour éviter une tuerie générale, il semble normal que vous assuriez notre fuite. Pour votre défense, vous pourrez dire qu'on vous a obligés. J'ai confiance en vous mes frères. Et n'oubliez pas ! La Vérité triomphera !
La fin de cette tirade laisse un blanc dans l'assemblée. Mais un à un, les convives se mettent devant Yann. Le rempart n'est ma foi guère solide, mais c'est mieux que rien. En attendant, moi je me pose mille et une question : Où est ma place ? avec Yann ? avec les candidats ? Où suis-je la plus utile ?
Je n'ai pas de réponse valable. Si je reste ici, je prends le risque de mourir pour traîtrise. Si je pars avec Yann, je prends le risque de mourir pour rébellion. Je crois que ma place est aux côtés de Yann.

"Yann, puis-je partir avec toi ?
- Je ne crois pas."
Je tremble, j'ai peur. Je veux pas rester ici. Je veux l'aider. Mais à la place de la réplique que j'avais prévue, sors un simple mot: "Pourquoi ?
- Parce que je ne te fais pas suffisamment confiance. Tu pourras nous trahir d'un moment à un autre... je ne prends pas le risque de voir ma belle entreprise s'effondrer.
- C'est grâce à moi que tu es encore en vie. Le jour où ta mère s'est suicidée pour vous laisser la vie sauve à toi et ton frère. C'est parce que je l'avais prévenue. Je ne te connaissais pas, mais il me semblait anormal que deux enfants meurent pour un crime qu'ils n'avaient pas commis. J'avais lu dans les livres, que lorsqu'un des membres d'une famille est jeté dans la centrale, c'est toute sa famille qui meurt. Quand j'ai vu ton frère échouer à la Sélection, l'année dernière. Je suis allée prévenir ta mère. Les Gardiens avaient déjà poussé ton père dans la centrale. Tu allais subir le même sort. Ta mère était désespérée. Elle voulait à tout prix vous maintenir en vie. Alors, je lui ai fait part de mon idée. Lorsque qu'un membre d'une famille se suicide avant qu'on soit venu l'emmener à la centrale, et s'il ne reste plus de père ou de mère pour veiller sur l'enfant, alors celui-ci est libre, et est alors confié à une autre famille. C'est ce que ta mère a fait. Pour préserver vos vies, elle s'est tuée. Et toi tu oses dire que tu n'as pas confiance en moi ? J'aurais pu ne rien dire et ta mère aurait vu débarquer les Nettoyeurs chez elle. Elle n'aurait rien eu le temps de faire, et vous seriez alors morts tous les trois... j'ai risqué ma vie pour toi... Venir au secours d'une famille est un acte considéré comme criminel et tu le sais très bien. J'aurais pu mourir, et toi, tout ce que tu trouves à dire, c'est "j'ai pas confiance". La confiance, elle s'acquiert par le temps. Laisse moi une chance... ... ..."

"Excuse moi Asmellya, mais tu ne vas pas pouvoir nous accompagner.
- Et pourquoi ?
- Je n'ai pas à t'expliquer les raisons de mon choix.
- T'as rien dans le bide Yann. Vas y, parle, je t'écoute. J'ai hâte d'entendre ce que tu as à me dire.
- Tu veux l'entendre la vérité. Mais elle tache, elle éclabousse, elle fait mal la vérité.
- CRACHE LE MORCEAU Yann !
- Soit, alors voilà les raisons pour lesquelles je ne veux pas que tu viennes:
- primo je ne veux pas d'une femme dans mon clan. Une femme c'est peureux...
- deuzio, Asmellya t'as pas une once de courage pour réaliser tes idéaux
- tertio, j'ai aucune dette envers toi. Tu peux la vivre ta vie de soumise de recluse. J'ai rien à me reprocher."

Les mots de Yann me font mal. J'ai l'impression que des lames me transpercent le cœur. Je plante mes yeux dans ceux de Yann et le regarde fixement.
"Me regarde pas comme ça Asmellya. Ma décision est irrévocable.
- Yann, par quel moyen puis-je te montrer mon courage ? en me tuant ? Tu te rends pas compte que je t'aime ou quoi. Je ferai tout pour toi.
- C'est bien là le problème. Je ne veux pas qu'on puisse avoir un moyen de pression sur moi. Alors maintenant Asmellya, soit tu restes, soit tu prends tes cliques et tes claques et tu dégages."

A ce moment-là, la ronde des gardes apparaît. Le chef de troupe, d'un seul regard, juge la situation. Il ne sait pas comment réagir. Cela tombe bien, nous non plus. Yann le regarde et appuie un peu plus fermement son couteau sur le cou de la Dame. Celle ci couine de plus en plus fort avant de se mettre à hurler. Un mot chuchoté au creux de son oreille, la fait taire illico presto.

Pendant ce temps, les soldats ont dégainé leurs armes qu'ils pointent maintenant sur Maniels et Yann. Yann affiche un sourire moqueur. Il m'horripile. Est-ce en quoi consiste l'amour ?
Un des soldats prend enfin la parole :
"Gamin, si tu tiens à la vie, lâche la Dame.
- Pour me faire zigouiller aussitôt après. Non merci. Au moins là, l'espèce de Marie Pervenche est utile à quelque chose" rétorqua Yann.
"Soldats, à mon top, vous abattrez les deux criminels.
- Et chef ? et si on touche la femme ?
- C'est pas grave. Elle on s'en fout. Elle aura fait son temps. Le plus important c'est de tuer les rebelles pour maintenir la paix.
- DEPUIS QUAND UNE DICTATURE EST SYNONYME DE PAIX ?
- Gamin, épargne ta salive. Pleure car tu vas mourir."

Le chef de troupe s'adresse à ses soldats :
"Vous avez tous une montre. Alors voilà, lorsque l'Église sonnera les douze coups de midi, vous pourrez tuer les jeunes. Pas avant. Toutefois, c'est Franck, ici présent qui vous en donnera l'ordre. En attendant, j'ai envie de me défouler. Allez me chercher un gamin et attachez-le au poteau. Je vais lui faire sa fête.
- Chef ! Y'a quelqu'un qui vous ferait plaisir ?
- Ouais, cet intello de Liam. J'ai toujours haïs les intellos. Aujourd'hui je vais enfin pouvoir me venger de leurs sarcasmes !"
Une fois Liam solidement attaché à son lit de mort, le soldats dégaine son épée.
Dégoûtée je détourne les yeux. La voix d'un soldat me fait revenir sur terre :
"Tout le monde doit observer le combat. Si j'en vois un n'effectuant pas cette règle, son sort sera comparable à celui de Liam. Est-ce clair ?"
La rage au cœur, je reporte mes yeux sur le combat.

D'un pas apaisé, le chef de troupe s'avance vers Liam. Le regarde un instant, avant de brandir son épée au-dessus de sa tête et lui faire effectuer un demi-tour complet. L'épée tournoie vite. On ne la voit presque plus. Entraîné par son élan, le chef abat sa lame sur le poignet de Liam. Celui-ci tombe à terre. Enchaîné à son poteau, Liam hurle de plus en plus fort. Afin de le faire taire, le sergent laboure ses jambes de coups. Il y a du sang partout, et Liam continue de crier. Imperturbable, le chef enfonce son pieu dans l'œil de Liam et le lui crève. Je vomis. Du coin de l'œil, j'aperçois que le combat continue. Liam est maintenant mutilé de partout mais la leçon a porté ses fruits. Il ne crie plus. Afin d'achever cette torture, le chef abat froidement sa lame sur la nuque de Liam, le décapitant. La tête de Liam roule à mes pieds. Je n'ai pas le temps de détourner le regard, et pose malgré moi, mes yeux sur son visage. C'est horrible. Aucune partie de son corps n'a été épargnée par la haine du soldat.
Celui-ci, comme si de rien n'était, tourne les talons et se dirige vers la porte. Avant de la franchir, il lance à ses soldats :
"Abattez les rebelles d'une balle dans la tête. Ni plus ni moins."
S'adressant à nous : "Sachez que toute personne ayant des liens avec des rebelles, ou étant un rebelle subira le même sort. La mort de Liam n'était qu'un petit aperçu de ce dont je suis capable. J'espère m'être fait comprendre."
Regardant sa montre, il s'adresse à Yann et Maniels :"Dans deux minutes, il sera midi. Dans deux minutes, vous allez mourir."
Sur ce, le chef quitte la salle, en claquant violemment la porte derrière lui. Dans la pièce, pas un murmure se fait entendre. On est tous tétanisés.

Prenant mon courage à deux mains, je me relève et m'avance vers un des trois soldats. Arrivée à sa hauteur, je parviens à déchiffrer son nom sur le badge qu'il porte. Il s'appelle Danuls. Me voyant trop près de lui, Danuls pointe son arme sur moi et m'ordonne de reculer. Je ne bronche pas. Il me regarde interloqué et charge son fusil. Il n'a pas le temps de finir sa manœuvre. Mon coup de poing l'envoie direct au tapis. Ses deux acolytes se marrent avant de pointer leurs fusils sur moi. C'est la fin. En désespoir de cause, je me rue sur Danuls et l'embrasse. C'est ma seule chance de survie. Pendant que Danuls répond avec ardeur à mes baisers, je prie pour que les soldats, émus, ne me tirent pas dessus. Un cliquetis derrière moi, m'ôte tout espoir. La fin est proche je le sens. Tétanisée, je m'écarte de Danuls. J'ai peur. Les soldats chuchotent entre eux, mais je n'entends pas ce qu'ils se disent. Enfin, le plus âgé des trois, le chef, prend la parole :
"Toi la fille qu'a bécoté notre copain, retourne-toi !"
J'obéis, telle une automate à leurs injonctions. Je me fiche de ce qui peut m'arriver. Une vie avec un Yann qui vous hait, ne vaut pas la peine d'être vécue. La mort peut venir me chercher. Je n'ai plus peur. Perdue dans mes pensées, je n'ai pas entendu le monologue du soldat.
"Bon, jeune fille, tu sais que toucher un soldat est un acte interdit ? En conséquent, je vais devoir te tuer. Mais avant de te voir mourir, je vais m'offrir un petit plaisir et ta survie dépendra de celui-ci. Si tu me procures du bien, il se peut que je te laisse la vie sauve. Mais n'aie pas trop d'espoir. En attendant, suis-moi !"
Le suivre ? pour me faire violer ? Jamais. Je mourrai digne !
Franck reprend la parole:
"Fais pas l'idiote. De toute façon je profiterai de toi que tu sois ou non consentante. Alors maintenant active-toi !"
Tétanisée, je lui emboîte le pas. Nous sortons de la salle, et marchons quelques minutes avant d'arriver dans une sorte de débarras. Dedans, il n'y a qu'un lit. Une fois tous deux à l'intérieur, Franck ferme la porte à clef, et accroche la clef à une chaîne autour de son cou. Franck me regarde bizarrement et entreprend de me déshabiller. Il est violent. Il me fait mal. D'un simple regard, il me fait comprendre que je dois faire la même chose. J'obéis. Je viens de trouver une idée pour me sortir de là. Mon idée est folle, mais je risque le tout pour le tout. Je vais la tenter lorsque l'occasion se présentera.
Souriante, j'entreprends de défaire l'armure du soldat. Quelques minutes plus tard, il est torse nu. Je répète la même opération avec ses jambes. Je détache son poignard de la ceinture et le jette avec les vêtements. Franck est enfin entièrement dénudé.
Lentement je me relève et assemble les fringues dans un coin. Je prends toutefois garde à pousser du pied le couteau. Ça y est. Il est près du lit. A ma portée. Allongé sur le pieu, Franck n'a rien remarqué. Les yeux dans le vagues, il me sourit lorsque je viens le rejoindre. Tendrement je me colle à lui. Il faut que j'arrive à lui faire croire que je suis en son pouvoir. Doucement Franck me masse les cheveux et murmure "Tu es très belle, et gentille avec cela. Tu sais, je ferai attention à ce que tu ne meures pas."
Soudain, Franck m'enlace, me plaque sur le lit, et me caresse. Je suis dans un état second. Je ne sens rien. Les mains du soldats se font de plus en plus pressantes et violentes. Je crois qu'il est temps que je mette fin à cette mascarade. Pour donner le change, de ma main droite, je me met à le caresser ; tandis que ma main gauche farfouille désespérément près du lit. Je tâtonne méticuleusement. Ça y est, je le sens. Mais mon bras n'est pas assez long, je n'arrive pas à l'atteindre. En ultime recours, j'étends mes doigts au maximum et arrive enfin à saisir le fourreau. Millimètre par millimètre, j'entreprends de le faire glisser, doucement, jusqu'à moi, tout en surveillant mon tortionnaire du coin de l'œil. Lui ne se préoccupe nullement de moi. Je crois qu'il est dans un état proche de l'extase. Profitant de cette opportunité, je défais les sangles qui retiennent le couteau. Mais je suis allée trop vite. En s'échappant de son fourreau, le couteau a cogné le sol, provoquant un petit bruit. Le soldat, en entendant ce tintement, reconnaissable entre mille, me balance une droite et un revers. Je suis sonnée mais pas assez. Fébrilement, j'empoigne le poignard et me relève. Un mauvais rictus vient balayer le visage de Franck. Pas pour longtemps. Cédant à la rage, je plante mon couteau dans sa chair. Cette blessure le fait grimacer. Je suis déchaînée. Étant plus fort que moi, il me repousse, me saisit par le cou, et me lève au-dessus de lui. Il est trop loin. Même avec le couteau dans ma main, je ne peux pas l'atteindre. Franck serre de plus en plus fort. Doucement, je balance mes jambes d'avant en arrière. Je n'ai pas dit mon dernier mot. Et d'une force dont je ne me croyais plus capable, je lui balance mes deux pieds dans la figure. L'effet de surprise est immédiat. Il me lâche. Je ne lui laisse pas le temps de revenir à lui et enfonce mon couteau dans son cœur. Je lui crache à la figure et ne lui lance qu'un seul mot "Liam".
Lentement le corps tombe à terre. Je rigole. Il s'y attendait pas ce connard à recevoir un coup de pied latéral en pleine face. Eh oui, pauvre Franck, il a dû tomber sur la seule fille ayant appris le karaté. Tant pis pour toi. Voir ce corps à côté de moi me donne envie de gerber. Cependant je maîtrise ma répugnance et d'un coup sec casse la chaîne sur laquelle était la clef. Mes mains tremblent et j'ai du mal à insérer la clef dans la serrure. Ça y est ! Je pose la main sur la poignée, tourne la clef et m'apprête à ouvrir la porte. Je me ravise, et me penche sur le cadavre afin d'en retirer le poignard. Il me sera sûrement utile. Il est maculé de sang. En attendant, si mes calculs sont bons, les soldats attendent le retour de leur chef pour déclencher l'offensive. Eh bien, ils peuvent attendre longtemps ! Ayant ainsi réfléchi, j'ouvre la porte et reprends la direction de la salle où sont retenus Maniels et Yann. Après quelques minutes de marche, j'arrive enfin à celle-ci. A travers la porte vitrée, je peux distinguer les soldats. Ils sont de dos. En face d'eux, il y a toujours Maniels et Yann. Yann n'a toujours pas lâché la Dame. En gros, il ne pourra pas m'aider. Faut donc que je cherche quelqu'un d'autre. Mes yeux croisent ceux de Maniels. Il me regarde ébahi. A travers la vitre, je lui montre le poignard ensanglanté et par des mimes j' essaie de lui faire comprendre qu'il faut tuer les deux soldats. En créant une diversion. Maniels as-tu compris ? J'espère. Tout dépend de toi.

Soudain, j'aperçois les traits de Maniels se crisper. Il se met à trembler. Je crois qu'il simule une crise d'épilepsie. Son corps est devenu tout raide. Alerté, un des deux soldats s'avance près de lui. Au même moment, j'ouvre discrètement la porte. Personne ne m'a entendue. Furtivement, je me déplace jusqu'au soldat, et je lui plaque la lame de mon poignard sur le cou. Au même instant, Maniels se relève et d'un coup de poing bien placé, assomme le soldat.
Du coin de l'œil, j'aperçois Maniels se dirigeant vers moi. Arrivé ma hauteur, il lève sa main et l'abat sur la tête du soldat. L'effet est radical. Le second soldat tombe inanimé à mes pieds. Me voilà débarrassée d'un fardeau encombrant. Tout en poussant la Dame, Yann vient se placer auprès de moi. Après un long moment qui m'a semblé être une éternité, Yann prend enfin la parole :
"Il me semble évident à la lumière de tes récentes actions héroïques, que tu puisses nous accompagner, si tu le veux encore. Si c'est le cas, aurais-tu l'obligeance de venir de placer sur les épaules de Maniels et de m'attendre à la sortie ? Le temps de tuer la Dame et j'arrive. Mais il va falloir faire vite. Le bâtiment est peu gardé à l'intérieur. En effet, jusqu'à ce jour, personne ne s'était rebellé. Le gouvernement n'avait donc pas pris la peine de placer des soldats. Il n'y a en effet qu'une patrouille de troupe qui circule toutes les deux heures. Normalement, cette troupe doit être à 14h00 pile à son poste. Logiquement, en ne recevant pas d'appel de la patrouille, le gouvernement va lancer une alarme et il me semblerait judicieux, que nous ayons réussi à nous échapper avant, sinon, on risque d'avoir une foule de soldats à nos trousses. A vue de nez, je dirais qu'il nous reste environ 5 minutes avant le déclenchement d'une potentielle alarme.

Yann a à peine, achevé sa phrase, que le corps de la dame gît à ses pieds. Ne perdant pas une seconde, Yann me rejoint et se hisse à mes côtés. Tout deux, accrochés au cou de Maniels, nous prenons la fuite. Nous le savons, le monde sera bientôt en guerre. Bientôt.




Dehors, c'est le chaos. Partout, des alarmes glapissent. On ne s'entend plus, c'est horrible. Yann crie des ordres à Maniels, lui montre la route du Refuge. Je n'entends rien, juste les pas de nos poursuivants qui se rapproche de plus en plus. Je jette un coup d'œil par-dessus mon épaule, et manque de m'évanouir. Dernière nous, une horde de soldats. J'ai peur. Sentant que je me mets à trembler, Yann se retourne une première fois, puis une seconde.
«Maniels, tu m'entends ?
- Impec, Yann, qu'est-ce qu'il y a ?
- Les soldats se rapprochent. Va falloir changer nos plans. On peut pas les mener au Refuge. On va se séparer.
- Je te suis chef, je vais où ?
- Dans quelques minutes, on sera à un carrefour. A cet endroit, Maniels tu prendras à gauche, Asmellya tu iras à droite, et moi j'irai en face. C'est clair ?
- Yann !" Je suis obligée de hurler pour me faire entendre.
" Quoi Asmellya ?
- Où nous retrouverons-nous ?
- A ce même carrefour, à minuit précis. A cette heure-là, les gardes ont fini depuis longtemps leur ronde, on devrait donc pouvoir s'échapper facilement. Essayer de les distancer maintenant, relèverait de la pure folie. Jusque là, nous nous en sommes à peu près bien tirés. Faut pas tout faire capoter. A mon signal, vous sautez, et courez de tout votre soûl sans vous arrêter. Je n'ai nul besoin de vous dire que c'est une question de vie ou de mort. Allez mes amis, bonne chance !»

Je n'ai pas attendu le signal de Yann. J'ai sauté et je cours maintenant ventre à terre dans une petite ruelle sinueuse. Je cours, je cours. Derrière moi, j'entends des bruits, des voix, des cris. J'accélère. Soudain, j'aperçois devant moi, un soldat au garde-à-vous. Fébrilement, je regarde de tous les côtés. Pas un endroit où me cacher. Je suis cuite. Tentant, le tout pour le tout, je me retourne, et fais face au soldat. Je veux mourir en étant courageuse. Le soldat est à peine à vingt mètres de moi. Me voyant si proche, il accélère. Moi, je suis tétanisée. Mon corps entier m'ordonne de courir. Je peux pas, je sais pas, je peux plus. Devant moi, un soldat. Une lance devant mon cœur. Je n'ai pas peur. Le soldat ricane. Il pense être gradé s'il me tue. Il se trompe très lourdement. Je n'attendais que cela. Voyant la lance plonger sur moi, je l'attrape au vol, et la retourne vers mon agresseur, lui perforant le ventre. Avant qu'il ne glisse à terre, je récupère son flingue et le glisse sous mon gilet. Je reprends ensuite ma course folle. Je déboule enfin dans une minuscule ruelle. Je n'entends plus les soldats, mais je ne m'arrête pas. Tout à l'heure, j'ai eu de la chance que le soldat soit seul. Sinon je serais morte. Je continue de courir et arrive enfin près d'un petit lot de maisons. Entre celles-ci, il y a la déchetterie. Je m'y engouffre. Ici, je suis à l'abri. Temporairement du moins. Je tourne la tête de tous les côtés et aperçois enfin une plaque d'égouts. Je cours jusqu'à elle, et la soulève. Dessous, une échelle, je ne réfléchis pas, et avant de claquer la plaque d'égouts, je prends soin de la camoufler à l'aide de cartons trouvés ici ou là. Cela fait, je me glisse avec précaution dans les cartons et m'avance jusqu'à la plaque. Doucement, je descends les échelons. Arrivée à mi-hauteur de l'échelle, je replace la plaque d'égout. Telle quel. Prions pour que les soldats ne se mettent pas à fouiner partout. Prions pour que j'arrive à rester en vie, jusqu'à ce soir minuit. J'ai peur, mais continue à descendre l’échelle. Il fait noir en bas. A tâtons, j'avance lentement dans le couloir. Une odeur bizarre flotte sans l'air. Écœurée, je retiens ma respiration, et poursuis mon ascension.
Après environ une heure de marche dans ce couloir obscur, je m’octroie une petite pause. Je ne sais pas où je suis. Il faut que je reste en forme si jamais les soldats me trouvent... il faut... fatiguée, je m'assois et me roule en boule. J'ai sommeil. Inlassablement, je me répète, "Je ne dois pas m'endormir, je ne dois pas m'endormir, je ne dois pas m'endormir..."

Des martellements de bottes au-dessus de ma tête me réveillent. Mince j'ai dû m'assoupir ! Où suis-je ? Toujours en-dessous de la déchetterie ? Je sais pas. Faut pas qu'ils me trouvent. J'ai peur. Yann... Mon sang-froid s'évapore. Je le sens partir. Je me mets à trembler. Je grelotte...
Soudain, l'inévitable arriva. Totalement frigorifiée, je ne pus retenir un éternuement. Au-dessus de ma tête, le silence se fait. Un silence long et glacial, qui ne présage rien de bon. Il faut pas que je reste là. Rester ici, c'est signer ma mort, alors telle une automate, je reprends ma route. Route qui m'emmène tout droit vers l'inconnu. Route qui me fait peur.
Je marche depuis un petit moment déjà. J'ai l'impression que les voix se sont tues. J'espère. Le silence est, ici, accueillant, reposant. Tant qu'il durera, je sais que je risquerai rien. Je ne sais plus depuis combien de temps je marche. Est-ce un tunnel interminable ? Est-ce un tunnel condamné ? Je n'ai aucune réponse à apporter aux moult questions que je me pose. Je ferais bien de réfléchir à la stratégie de ce soir. Je suis épuisée. J'en peux plus de marcher. J'ai faim. Je dois préserver mes forces, alors un peu triste de ne pas pouvoir continuer, je m'arrête, et me pose à terre. Je suis OBLIGÉE de récupérer, sinon je vais faire un malaise, et serai alors à la merci des soldats.
"N"y songe pas Asmellya, tu te fais du mal", me répond une petite voix dans ma tête. Je ne me fais pas du mal. Je suis le mal. Aujourd'hui, pour la première fois de ma vie, j'ai tué quelqu'un. Certes, c'était pour me protéger, mais cela reste quand même un meurtre. Et je sais pertinemment, qu'en restant avec les rebelles, je tuerai encore et encore. Je ne sais que choisir. D'une part, je ne veux pas que Yann me voie comme une fille frêle et fragile, d'autre part, je veux arrêter de tuer. Le soldat que j'ai zigouillé tout à l'heure, n'avait même pas vingt ans. Il aurait pu être mon frère...
Je ne sais pas quelle décision prendre. Il paraît que dormir met les idées au clair. Dormons. Ça ira sans doute mieux à mon réveil. Espérons que ce somme me montre la route à suivre, le chemin à emprunter. Je sais que le chemin sera long, périlleux et semé d'embûches, mais pour instaurer la paix dans ce monde, je suis prête à suivre n'importe quelle voie. C'est sur ces pensées, que je m'endormis.


Voilà, fin du texte. Pareil que pour la première fois. Je vais un peu le remodeler. Ici, c'est un premier aperçu.
Je ne sais pas si c'est bien de :
-lancer une poursuite dans le tunnel (lorsque Asmellya éternue, elle peut se faire pourchasser par les soldats). Ou alors, garder cette scène pour plus tard
-sur la fin du texte, rester essentiellement sur les pensées de Asmellya. Comme ça le lecteur sait ce qu'elle ressent. (j'ai déjà commencée à le faire, mais faut que je développe)

alors voilà les questions que je me pose. Je vais essayer de me remettre rapidement à la fin du texte, mais en attendant, d'autres peuvent prendre la suite (qu'ils n'hésitent pas, si ils veulent insérer une poursuite dans le tunnel)
J'ai essayé de dégager la peur, mais je trouve cela pas réussi du tout. C'est pourquoi, si quelqu'un pouvait bien me donner des conseils et poursuivre le texte, ça m'aiderait beaucoup. En effet, j'ai besoin d'un regard neuf sur le texte. Ce n'est qu'en lisant une suite (qui ne sera pas de moi) que j'arriverai à m'améliorer. Enfin voilà, j'ai hâte de lire vos critiques (bonnes ou mauvaises !)

toutefois, je souhaite bon courage et bonne continuation à celui qui prendra la suite. Si personne ne se désigne, je poursuivrai sans doute le texte, mais je dois vous avouer que je n'ai plus aucune idée !
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Zois'O
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MessageSujet: Re: "Promesse" (si vous avez une meilleure idée de titre, n'hésitez pas à proposer....ce titre reste provisoire pour l'instant)   Mer 11 Juil - 14:39

Finalement, tu le poursuit en perso ce texte, ou ..?
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Ewilan
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MessageSujet: Re: "Promesse" (si vous avez une meilleure idée de titre, n'hésitez pas à proposer....ce titre reste provisoire pour l'instant)   Mer 11 Juil - 15:33

Pour Zois'O, si tu veux poursuivre, pas de problème, attend juste que j'ai posté la fin du texte. J'ai écrit a peu près 21 pages, donc faut que je mette à jour ce que j'ai mis sur levez l'encre. Tu me laisse le temps, et j'essaie de te poster ça avant jeudi/vendredi. Comme ça, ensuite libre à toi de poursuivre le texte, si celui ci t'inspire. Bon courage. Moi, je pense que je vais abandonner pour un petit moment, je n'y arrive plus trop =)
et j'ai rajouté les chapitres que j'ai écrit sur le chantier naval. Si tu veux écrire, tu peux écrire le chapitre 15 =)
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Zois'O
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MessageSujet: Re: "Promesse" (si vous avez une meilleure idée de titre, n'hésitez pas à proposer....ce titre reste provisoire pour l'instant)   Jeu 12 Juil - 15:56

Chapitre 15 (pfiou déjà ... je suis dépassée.), j'espère que je trouverais l'inspiration pour m'y mettre !
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Ewilan
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MessageSujet: Re: "Promesse" (si vous avez une meilleure idée de titre, n'hésitez pas à proposer....ce titre reste provisoire pour l'instant)   Jeu 12 Juil - 22:53

ok si tu veux écrire.......t'es pas obligée si la suite t'interesse pas =)
Sinon, si tu souhaites tenter le coup: BONNE CHANCE et BON COURAGE, tu en auras sûrement besoin (bien que ce ne soit pas une corvée d'écrire)
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Zois'O
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MessageSujet: Re: "Promesse" (si vous avez une meilleure idée de titre, n'hésitez pas à proposer....ce titre reste provisoire pour l'instant)   Mer 25 Juil - 18:54

J'ai fini de tout lire ! *trop contente* Bon, mise à part quelques fautes de concordance des temps et des tournures de phrases un peu spaces (si un jour j'ai le temps de faire un dépistage de tout ça ...), ton récit est prenant (rythme rapide, légèrement essoufflé, et une syntaxe vraiment superbe dans l'ensemble même si rien n'est parfait jamais. Et j'ai vu aussi que tu avais écrit le chapitre 15, du moins une partie (et je n'ai pas trouvé le truc que t'y avais caché Oo). Reste plus que d'écrire la suite (je m'y mets, promis) !
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Ewilan
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MessageSujet: Re: "Promesse" (si vous avez une meilleure idée de titre, n'hésitez pas à proposer....ce titre reste provisoire pour l'instant)   Mer 25 Juil - 19:11

alors là, Zois'O, tu me poses une colle...je ne me souviens plus du tout sur quel site, j'ai marqué qu'il y avait quelque chose caché dans un de mes textes.....(enfin je me souviens d'en avoir fait l'allusion à propos de ce texte là)
Afin que je ne cherche pas désespérément pendant 20 ans (c'est un peu excessif) pourrait tu me redonner le lien où tu as vu cela ? Je dois t'avouer que j'ai l'impression de perdre un peu la citrouille (enfin si jeune ça serait dramatique)
Sinon, si la suite t'inspire, tu me le dit, et je te laisse la place
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Zois'O
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MessageSujet: Re: "Promesse" (si vous avez une meilleure idée de titre, n'hésitez pas à proposer....ce titre reste provisoire pour l'instant)   Mer 25 Juil - 19:29

C’était ici => http://ptitecrevette313unblogfr.unblog.fr
(et oui, je veux bien continuer ^^)
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MessageSujet: Re: "Promesse" (si vous avez une meilleure idée de titre, n'hésitez pas à proposer....ce titre reste provisoire pour l'instant)   Aujourd'hui à 1:24

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"Promesse" (si vous avez une meilleure idée de titre, n'hésitez pas à proposer....ce titre reste provisoire pour l'instant)
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